Maurice de Hirsch

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Hirsch.
Maurice de Hirsch

Maurice baron de Hirsch de Gereuth (Munich, Bavière, 1831Ersékùjvàr, Hongrie, 1896), financier.

Sommaire

Biographie [modifier]

Petit-fils d'un banquier de l'Allemagne méridionale, anobli par la maison de Bavière, à dix-sept ans, il joue déjà son argent de poche à la Bourse des matières premières. Il épouse en 1855 la fille du banquier Jonathan-Raphaël Bisshoffsheim, Clara Bischoffsheim dont un fils, Lucien (1857-1887). À Bruxelles, Maurice de Hirsch est le co-fondateur avec son beau-frère Ferdinand Bischoffsheim, de la Banque Bischoffsheim de Hirsch, qui, absorbée en 1870 par la Banque de crédit et de dépôt des Pays-Bas, donne naissance en 1872, après fusion avec la Banque de Paris, à la Banque de Paris et des Pays-Bas. En 1873, après le krach de la Bourse de Vienne, il investit avec succès en Autriche. En 1869, il obtient la concession de la Porte ottomane pour la construction du chemin de fer reliant Istanbul au reste de l'Europe. Il fonde alors la Compagnie des Chemins de fer d'Orient.

Ses affaires lui valent l'inimitié de Bismarck, mais également celle des banquiers catholiques qui lui prêtent un rôle de première main dans le krach de l'Union générale en 1882. Compromis dans l'aventure boulangiste aux côtés des royalistes, il ne s'intéresse cependant guère à la politique mais se mobilise pour les Juifs de Turquie, finançant des écoles et des dispensaires, puis surtout pour ceux de Russie, soumis depuis l'assassinat du tsar Alexandre II de Russie en 1881 à une vague de pogroms. Il consacre une partie de sa fortune à organiser leur émigration vers l'Amérique, essentiellement l'Argentine, où il donne une somme de 50 millions de francs. Le succès n'est pas à la hauteur des espérances et l'entreprise est combattue par Theodor Herzl, fondateur du sionisme. Les deux hommes s'expliquent en tête à tête en 1895, un an avant la mort de Hirsch mais la discussion tourne court. À la mort de Hirsch, la Jewish Colonization Association, créée en 1891, possédait en Argentine plus de 100 000 hectares, sur lesquels vivront un millier de familles.

Maurice de Hirsch

À Paris, Maurice de Hirsch habite un hôtel particulier au 2, rue de l’Élysée (construit pour l’impératrice Eugénie, agrandi et englobé dans le n° 4 par le baron de Hirsch, auj. annexe du Palais de l'Élysée, ISMH). Il possède également le château de Beauregard à La Celle-Saint-Cloud, acquis en 1872, qu’il fait entièrement restaurer pour lui redonner sa splendeur passée[1].

En Angleterre, il possède une écurie de chevaux de courses qui remportera quelques courses prestigieuses (Oaks Stakes, St. Leger Stakes, 1000 guinées Stakes et l'Ascot Gold Cup).

Le baron décède le 21 avril 1896, à l'âge de 65 ans en Hongrie. Sa femme continue son œuvre charitable, jusqu'à son propre décès, qui intervient le 1er avril 1899.

Descendance de Maurice de Hirsch [modifier]

Maurice et Clara de Hirsch adoptent en 1887 Lucienne-Irène-Marie Premelic Hirsch, la fille de leur fils Lucien [1], déclarée le 6 octobre 1885 à la mairie du 8e arrondissement « de père et de mère non dénommés », et reconnue le 13 mai 1887, par sa mère Irène-Catherine Premelic. Maurice de Hirsch désigne son beau-frère Georges Montefiore-Levi tuteur de Lucienne, qui grandit et est élevée au château du Rond-Chêne à Esneux, par sa tante Hortense Montefiore-Bischoffsheim[2].

Références [modifier]

Notes [modifier]

  1. Le château, bombardé en 1940, sera démoli en 1956. En 1950, le comte de Bendern, son propriétaire à la mort du baron de Hirsch, l’avait légué à la Ville de Paris sous condition d’y construire des logements pour des familles modestes.
  2. François Stockmans, "Georges Montefiore-Levi", dans Biographie nationale, publiée par l'Académie royale des lettres, des sciences et des beaux-arts de Belgique, tome 38, supplément tome X, fascicule 1er, Bruxelles, Etablissements Emile Bruylant, 1973, colonnes 596-616

Bibliographie [modifier]

  • Dominique Frischer, Le Moïse des Amériques : Vies et œuvres du munificent baron de Hirsch. Paris, Grasset, 2002.
  • Serge-Alain Rozenblum, Le Baron de Hirsch. Un Financier au service de l'humanité, Editions Punctum, Novembre 2006, 424 p.

Sur les autres projets Wikimedia :