Maurice Noguès

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Maurice Noguès

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Naissance 1889
Drapeau de la France Rennes (Ille-et-Vilaine)
Décès 15 janvier 1934 (à 45 ans)
Corbigny (Nièvre)
Nationalité Française
Profession
Distinctions
Ligne Noguès entre Paris et Hô-Chi-Minh-Ville

Maurice Noguès, né à Rennes le 31 octobre 1889 et mort le 15 janvier 1934 à Corbigny (Nièvre), est un aviateur français d'origine bretonne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Maurice Noguès naît à Rennes le 31 octobre 1889 d'un père colonel d'artillerie et d'une mère membre de la haute-bourgeoisie. Très tôt, il se passionne pour les innovations technologiques rendues possibles par la Révolution industrielle (les moyens de locomotions comme la voiture, le bateau à moteur et l'avion), et dévore les romans de Jules Verne. Il est obligé de renoncer l'Ecole navale pour des raisons de santé.

Carrière de pilote[modifier | modifier le code]

Une passion devenue métier[modifier | modifier le code]

En 1909, il échange sa voiture pour un avion biplan de marque Farman ; il s'empresse de l'essayer à l'aérodrome d'Issy les Moulineaux et frole la mort. Il obtient son brevet le 21 juin 1910 sur un Voisin et participe à la 2e Semaine d'Aviation de la Champagne à Bétheny, du 3 au 10 juillet 1910.

Réformé pour faiblesse cardiaque, il s'engage pour la durée de la guerre le 22 août 1914. Il est tout d'abord affecté comme mécanicien au 1e Groupe d'Aviation puis, breveté pilote militaire le 6 février 1915, il rejoint l'escadrille le 21 avril et sous-lieutenant le 15 juillet après s'être vu décerner la Médaille Militaire avec deux citations. En 1916, il participe activement aux premiers bombardements de nuit mais, victime d'une défaillance en vol, il percute le sol le 24 juin et se blesse grièvement. En octobre 1916, il est affecté à l'escadrille de protection MF29 puis passe dans la chasse à l'Escadrille des Cigognes, à l'escadrille N73, dont il prend le commandement en mars 1918. Il reçoit la Croix de Guerre avec cinq citations et la Légion d'honneur après sa seconde blessure, survenue à la suite d'un capotage le 27 avril 1918.

Il épouse ensuite une femme du nom de Magdeleine qu'il aime éperdument, lui écrivant une lettre par jour lors de ses longs voyages.

Installations de lignes en Orient[modifier | modifier le code]

En 1922, il intègre la Compagnie franco-roumaine de navigation aérienne qui deviendra plus tard la CIDNA. Il passe son brevet de pilote de transport public le 6 juillet 1922 et est affecté au secteur paris-Strasbourg où il fait sa première liaison sur un Salmson le 13 août 1922 dans le sens Strasbourg-Paris. Les vols de nuit sont mis au point sous sa responsabilité et il assure la première liaison régulière de nuit Strasbourg-Paris en septembre 1923. Il effectue quelques liaisons sur Prague, Vienne et Budapest et, du 7 au 24 septembre, un voyage de reconnaissance jusqu'à Constantinople sur Caudron. Au cours de ce voyage il fait une liaison Bucarest-Belgrade en vol de nuit. Du 7 au 14 novembre 1924 il fait une mission à Moscou et il est chargé de porter à l'URSS l'acte de reconnaissance français puis de chercher des lignes aériennes qui contourneraient l'espace aérien allemand.

Le 1e janvier 1925, la Franco-Roumaine change de nom et devient la CIDNA. Maurice Noguès fait un voyage d'études Paris-Téhéran puis quitte la C.I.D.N.A. quelques années plus tard pour entrer à la Compagnie des Messageries Transaériennes dans laquelle il obtient toute liberté d'action pour créer une ligne vers l'Extrême-Orient. Il avait compris qu'il était inutile de s'entêter à vouloir rejoindre la Syrie en survolant la Turquie à cause de la concurrence allemande et de la politique pro-allemande du gouvernement turc. Il décide donc de passer par la Méditerranée ce qui offre, de surcroit, l'avantage d'un temps plus clément pendant la saison d'hiver. Le survol de la Méditerranée devant nécessairement se faire par hydravion, Noguès passe son brevet le 2 août 1926 et, dès le 27 août, il décolle du plan d'eau d'Argenteuil pour tenter de rallier Athènes. Une panne de moteur l'oblige à un amerrissage au large de Naples mais les naufragés sont recueillis quelques heures plus tard par un navire norvégien.

La Compagnie des Messageries Transaériennes, devenue Air-Union Lignes d'Orient début 1927, reçoit un contrat pour effectuer plusieurs voyages d'essais entre La Ciota et Beyrouth via Athènes. Maurice Noguès remplit ce contrat avec succès sur un hydravion Meteore et obtient un nouveau contrat pour 1928 où il réalise sept nouveaux voyages, mettant définitivement au point la ligne Marseille Marseille-Beyrouth. Du 6 au 8 juin 1929, le premier voyage hebdomadaire Marseille-Beyrouth est réalisé, quatre escales étant prévues sur la parcours Naples, Corfou, Athènes et Castelrosso.

Le service France-Liban étant en exploitation régulière, Noguès pense déjà à prolonger la ligne vers l'Orient. Il négocie avec l'Irak et obtient le droit d'escale à Bagdad. La première liaison régulière Damas-Bagdad est réalisée le 3 janvier 1930 et le premier vol postal le 2 avril.

Installations de lignes en Asie[modifier | modifier le code]

Pour Maurice Noguès, Bagdad n'était pas un but mais une simple étape vers l'Indochine française. Le 12 janvier 1930, avec Louis Allègre, administrateur de la Compagnie A.U.L.O., il se rend à Saïgon à bord d'un monomoteur Farman où il atterrit le 10 mars. Un accord intervient avec la compagnie Air-Asie et, dès le mois de juillet, les deux compagnies fusionnent et deviennent Air Orient. Après de difficiles négociations avec les autorités britanniques en Inde, les droits d'escale sont enfin obtenus, pour les avions uniquement, les hydravions ne pouvant amerrir sur les plans d'eau.

Maurice Noguès ne voulant pas attendre plus longtemps la mise en service de la ligne Indochine et les constructeurs français ne pouvant offrir un ensemble d'appareils capable d'assurer l'exploitation commerciale du trajet Damas-Saïgon, il obtient l'autorisation de louer trois avions trimoteurs Fokker. La première liaison entre Marseille et Saïgon (Indochine) a lieu le 9 mars 1930 et le premier service régulier est effectué du 17 au 27 janvier 1931. Le premier service retour Saïgon-Marseille a lieu du 4 au 16 février, le survol de la Méditerranée étant toujours fait en hydravion. Le service, tout d'abord effectué à raison d'un voyage toutes les deux semaines, devient hebdomadaire à partir de mai 1932. Maurice Noguès peut maintenant se consacrer à l'extension de la ligne jusqu'en Chine. En octobre/Novembre 1932, une mission d'étude et de négociation se rend à Hong-Kong et Canton. Les négociations avec les autorités chinoises sont très difficiles et n'aboutiront qu'en 1936, après la mort de Noguès. Ce projet lui demande un grand investissement qui l'amène à décliner les propositions de traverses l'océan Atlantique ; il déclare : « L'idéal d'un pilote de ligne, ce n'est pas la conquête de titres de gloire, mais la réalisation d'un programme établi de sorte qu'il apporte à notre pays un champ de découvertes nombreuses facilitant ses relations avec le reste de l'univers »[1]. Son prochain projet est d'ouvrir une ligne reliant l'Europe au Japon.

Décès[modifier | modifier le code]

Maurice Noguès trouve la mort le 15 janvier 1934, en s'écrasant avec l'avion protoype Dewoitine D 332 L'Émeraude alors que, joignant Saïgon à Paris, il traverse le Morvan. À bord de l'appareil, piloté par Launay, se trouvait également le directeur général de l’aviation civile, Emmanuel Chaumé, ainsi que le gouverneur général de l'Indochine, Pierre Pasquier[2]. Il était alors directeur général adjoint, chargé de l'exploitation, de la nouvelle compagnie Air France, créée en 1933

Maurice Nogués était Directeur Général adjoint, chargé de l'exploitation, de la nouvelle compagnie Air France, créée en 1933. Il avait été auparavant chef-pilote d'Air Orient, et précédemment de la CIDNA. Ayant travaillé pour la CIDNA, Air Orient et Air France, c'était l'un des plus grands aviateurs français de cette époque, à l'instar de Jean Mermoz, Henri Guillaumet, Maryse Hilsz ou Hélène Boucher.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michèle Kahn, La Tragédie de l'Émeraude. 15 janvier 1934, Saïgon-Paris, Éditions du Rocher, 2007.
  • Gérard Collot, Les grands pilotes français : Maurice Noguès, dans le Bulletin de la 72e Vente sur Offres Bertrand Sinais, Novembre 2011.

Honneurs posthumes[modifier | modifier le code]

  • En hommage à Maurice Noguès, créateur de la ligne aérienne Paris-Saigon, La Poste française émet un timbre le 15 octobre 1951[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Air France Magazine, février 2010.
  2. Le Gall, Erwan, « L’Emeraude des pilotes : Maurice Noguès », En Envor, consulté le 2 mars 2014.
  3. Voir le timbre

Liens[modifier | modifier le code]