Maurice Le Sage d'Hauteroche d'Hulst

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Maurice Le Sage d'Hauteroche d'Hulst
Biographie

Maurice Le Sage d'Hauteroche d'Hulst est un prélat, un auteur et un prédicateur catholique, né à Paris le 10 octobre 1841 et mort à Paris le 6 novembre 1896. Fondateur et premier recteur de l'Institut catholique de Paris, il fut aussi député du Finistère. On le désigne le plus souvent comme « Mgr d'Hulst ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Après de brillantes études au Collège Stanislas, Maurice d'Hulst entra au séminaire Saint-Sulpice et termina ses études à Rome, où il fut reçu docteur en théologie. À son retour il travailla quelque temps comme vicaire dans la paroisse populaire de Saint-Ambroise. Pendant la guerre de 1870 il servit comme aumônier, engagé volontaire. En 1873 le cardinal Guibert l'appela pour participer à l'administration du diocèse, mais il fut surtout occupé par la fondation et l'organisation de l'Université Catholique libre, que les évêques avaient ouverte à Paris après le vote de la loi du 12 juillet 1875, accordant la liberté à l'enseignement supérieur. Il en devint recteur en 1880 et pendant quinze ans se consacra à son développement dans tous les domaines d'études ; soucieux de son orthodoxie, il n'en avait pas moins le souci de la mettre en accord avec les besoins du progrès scientifique. En 1891 il succéda au père Monsabré dans la chaire de Notre-Dame de Paris et y prêcha les conférences de Carême six ans de suite, sur les bases de la morale chrétienne et du Décalogue. En 1892 il fut élu député du Finistère à la mort de Mgr Freppel. Bien que royaliste par tradition de famille, Mgr d'Hulst n'hésita pas à apporter son appui à la République quand le pape Léon XIII le demanda aux catholiques français. Outre tous ces travaux, il fut un directeur de conscience infatigable. Il mourut en pleine activité, à 55 ans, après une courte maladie, regretté de l'Église française tout entière.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Il se sentait incliné vers les études philosophiques. Par ses paroles et par ses écrits, il entendait se placer au service de la religion, de l'éducation et de la charité ; mais ses principaux efforts tendaient à relever dans le clergé français le niveau des études, surtout celle des sciences sacrées. À ce sujet, il réalisa un important travail en organisant les Congrès scientifiques internationaux pour les catholiques. Comme orateur, ses mots étaient un peu froids et didactiques, mais très clairs, précis et lourds de sens. Outre deux biographies, la Vie de la Mère Marie-Thérèse (Paris, 1872) et la Vie de Juste de Bretenières (Paris, 1892), il a écrit L'éducation supérieure (Paris, 1886); Le Droit chrétien et le Droit moderne, un commentaire de l'Encyclique Immortale de Léon XIII (Paris, 1886), un volume de Mélanges philosophiques (2e édition 1903) ; et aussi publié deux volumes de Mélanges oratoires (Paris, 1891 et 1892) et les six volumes de ses Conférences de Notre-Dame, enrichis de notes et d'appendices (Paris, 1891-96). Il est impossible de mentionner les nombreux articles auxquels il a contribué dans les revues de son époque, mais parmi les plus importants nous pouvons citer l'« Examen de conscience de Renan » ; « Une âme royale et chrétienne » (nécrologie du comte de Paris) et « La Question biblique ». La plupart de ses discours occasionnels ont été recueillis et publiés par l'abbé Odelin dans les quatre volumes intitulés Nouveaux Mélanges oratoires (Paris, 1900-1907). Mgr Baudrillart, son successeur à la tête de l'Institut catholique, après le rectorat de Mgr Péchenard, a publié une collection de Lettres de Direction de Mgr d'Hulst.

L'opinion de Loisy[modifier | modifier le code]

Alfred Loisy a écrit à son sujet[1] : « Bien qu'il fût très bon, ses façons de grand seigneur me gênaient quelque peu. J'admirais comme tout le monde l'extrême facilité de son esprit ; mais cette facilité si grande tournait presque à la légèreté, parce qu'il ne prenait le temps de rien approfondir. Il avait l'esprit ouvert à toutes les idées neuves ; mais il s'effrayait lui-même, à certains moments, de ses hardiesses, et il se repliait alors derrière sa foi et les principes fondamentaux de la théologie qu'on lui avait enseignée au séminaire. Autant qu'il m'en souvient, nous n'avons jamais conversé ensemble pendant seulement deux minutes sur un sujet quelconque de théologie ou de critique. L'abbé de Broglie, qui le connaissait bien, me disait de ne pas trop compter sur lui. Je n'avais pas besoin de cet avertissement. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Choses passées, publiées par l'Union pour la Vérité, Paris, 1912-1913.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cet article est partiellement ou en totalité issu d'une traduction de l'article de la « Catholic Encyclopedia » en anglais : Maurice Le Sage d'Hauteroche d'Hulst (édition de 1913, domaine public).
  • A la mémoire de Mgr Maurice Lesage d'Hauteroche d'Hulst. Lettre de son Em. le Cardinal Richard. Oraison funèbre par Mgr Touchet. Discours de M. le Comte de Mun. Allocution de M. l'Abbé Clerval. Paris, Ch. Poussielgue, 1896, 51 pages.
  • Cardinal Alfred Baudrillart. Vie de Mgr d'Hulst. Gigord, 1912.
  • Cordonnier (chanoine). Monseigneur D'Hulst; sa vie, ses luttes, son rayonnement 1841 - 1896 Grasset, 1952, 355pp.
  • Beretta, Francesco. Monseigneur d'Hulst et la science chrétienne. Portrait d'un intellectuel. Préface de Mgr P. Valdrini. Beauchesne, 1997.
  • Bressolette, Claude. « Monseigneur d'Hulst, premier recteur de l'Institut Catholique de Paris ». Revue de l'Institut catholique de Paris, 1997, no63, pp. 103-126.
  • « Monseigneur d'Hulst : fondateur de l'Institut catholique de Paris », Actes du colloque de Paris, 21-22 novembre 1996, Institut catholique de Paris. UER de théologie et de sciences religieuses, Claude Bressolette, préfacier, Beauchesne (Paris), 1998.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]