Maurice L'Abbé

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Maurice L'Abbé (1920 à Ottawa - 21 juillet 2006) était un professeur de mathématiques québécois.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il était l'époux de France Mignault et père de quatre enfants.

Enseignement et recherche[modifier | modifier le code]

La carrière de Maurice L'Abbé est d'abord consacrée à l'enseignement et à la recherche. Ses travaux, amorcés à l'Université de Princeton, haut lieu mondial des mathématiques, se poursuivent activement à son retour au pays en 1948 et lui valent une bourse postdoctorale de la Société royale du Canada (1952-1953), ainsi que le prix du Concours scientifique de la province de Québec (1954).

Très tôt, Maurice L'Abbé reconnaît l'importance de créer des organismes voués au développement des mathématiques au Québec. Nommé directeur du Département de mathématiques de l'Université de Montréal en 1957, il transforme ce qui est alors un département de services en un véritable organisme de recherche et de formation de chercheurs et d'enseignants. En 1962, il fonde le Séminaire de mathématiques supérieures, séminaire dont la tenue constitue chaque année un événement important au sein de la communauté internationale. En 1968, il joue un rôle primordial dans la création du Centre de recherches mathématiques de l'Université de Montréal. Ces deux organismes, le Séminaire et le Centre, ont eu un effet extraordinaire sur le développement des mathématiques au Québec en incitant les meilleurs mathématiciens du monde à participer à la vie scientifique montréalaise.

L'influence de Maurice L'Abbé sur la vie mathématique du Québec est unique. Il sait non seulement créer de toutes pièces les organismes qui contribueront à la réputation actuelle du Québec en recherche et en formation supérieure, mais son action s'étend aussi largement à la formation préuniversitaire (enseignement secondaire et collégial), par sa participation à la création de l'Association mathématique du Québec, du Concours mathématique du Québec et du Camp mathématique d'été. Ces organismes stimulent toujours aujourd'hui l'intérêt des jeunes pour cette discipline indispensable.

Carrière administrative[modifier | modifier le code]

À partir de 1968, Maurice L'Abbé exerce diverses fonctions qui font appel à son leadership, d'abord dans le champ plus vaste de la recherche universitaire en général et, ensuite, de la politique scientifique et technologique du Canada, plus spécialement du Québec. Ainsi, le mathématicien est nommé vice-recteur à la recherche de l'Université de Montréal en 1968. Durant les dix années de son mandat, il insuffle à l'établissement un enthousiasme et un dynamisme qui lui permettent de faire un bond avant décisif et de se définir véritablement comme une université de recherche et de formation supérieure. Premier titulaire du poste de vice-recteur à la recherche au Québec, Maurice L'Abbé met en place les mécanismes de la politique, de la gestion et du financement de la recherche à l'Université de Montréal. Par ailleurs, il s'emploie à la création et au développement d'au moins une dizaine de centres de recherche, parmi lesquels on compte le Centre de recherche sur les transports, l'Institut d'histoire et de sociopolitique des sciences et l'Observatoire du Mont Mégantic.

En 1980, Maurice L'Abbé quitte l'Université de Montréal pour prendre le poste de directeur général du Conseil des sciences du Canada, qu'il occupe durant quatre ans. Quand le gouvernement du Québec crée, en août 1983, le Conseil de la science et de la technologie, Maurice L'Abbé est appelé à en devenir le premier président. Il est singulièrement bien préparé pour ce nouveau défi grâce à son expérience à l'Université de Montréal, à sa collaboration avec l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) (1978-1979) durant un congé sabbatique à Paris et, surtout, grâce à son travail à Ottawa à la direction du Conseil des sciences du Canada. Aussi, il n'est pas étonnant que, sous sa présidence, le Conseil de la science et de la technologie joue un rôle de premier plan dans l'élaboration des politiques scientifiques, technologiques et industrielles au Québec. Les nombreuses études publiées sous sa direction par le Conseil portent sur des sujets d'intérêt national, constituant des outils fiables pour l'ensemble des acteurs dans le domaine des sciences et de la technologie.

En 1991, Maurice L'Abbé devient le premier président de la Commission de vérification de l'évaluation des programmes créée par la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ). En 1995, il accepte la présidence du comité d'évaluation du Centre de recherche en calcul appliqué (CERCA) et, en 1998, il préside le comité d'évaluation scientifique de la même organisation. Enfin, en 2000, il ajoute à ses nombreux titres celui de président du comité d'évaluation scientifique du Centre francophone de l'informatisation des organisations (CEFRIO).

Premier récipiendaire du prix Walter-Hitschfeld (1990), décerné par l'Association canadienne d'administrateurs de recherche universitaire (ACARU), officier de l'Ordre national du Québec (1993), membre de l'Académie des grands Montréalais (1995)… Un honneur n'attend pas l'autre au cours des dernières années pour souligner les réalisations de Maurice L'Abbé. Ses nombreuses conférences, ses judicieuses interventions et sa participation aux divers programmes de réforme qui jalonnent l'histoire scientifique du Québec, voilà qui témoigne d'un engagement de tous les instants et atteste, à plus d'un titre, l'incontestable prestige dont jouit le mathématicien auprès de ses pairs, au pays comme à l'étranger.


Honneurs[modifier | modifier le code]