Maurice (film)

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Maurice est un film de James Ivory, sorti en 1987 et adapté du roman largement autobiographique d'Edward Morgan Forster.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Cambridge, 1909-1910. Le très conventionnel Maurice Hall sympathise avec deux aristocrates et esprits forts : le dandy Risley et le séduisant Clive Durham. Très vite, Maurice et Clive éprouvent l’un pour l’autre plus que de l’amitié. Mais Clive voit dans leur relation un amour platonique qui ne satisfait pas Maurice. Renvoyé de l’Université, Maurice décide de faire carrière dans les affaires à la City tout en continuant à voir Clive dans la propriété de ce dernier à Pendersleigh Park.

1911. Destiné à une carrière d’avocat et à un brillant avenir politique, Clive passe tous ses week-ends avec Maurice. La condamnation de Risley pour conduite immorale l’effraie et il décide de prendre ses distances avec Maurice. 1912. Au retour d’un voyage en Grèce, Clive rompt brutalement avec Maurice : « Nous devons changer ». 1913. Clive se marie avec Anne, une jeune fille de son milieu, et Maurice, en visite à Penderleigh, tombe sous le charme du jeune garde-chasse, Alec Scudder. Après avoir en vain essayé de guérir son obsession, Maurice accepte enfin l’amour dans les bras du vigoureux campagnard.

Commentaires[modifier | modifier le code]

Maurice raconte la difficulté de vivre son homosexualité dans l'univers conformiste de l’Angleterre édouardienne. Il s’agit sans doute du sommet de la trilogie consacré par Ivory à l’adaptation d’œuvres de Forster et qui comprend aussi Chambre avec vue et Howard’s End. Il bénéficie du soin habituel des productions Merchant/Ivory mais il est animé d’un souffle que l’on trouve plus rarement chez ce réalisateur : les trois interprètes principaux sont particulièrement remarquables.

Maurice est le roman le plus autobiographique de son auteur et ne fut publié qu’à titre posthume en raison de son sujet scandaleux. L’histoire se déroule dans un pays et à une époque où l’homosexualité était un délit passible de la prison et du fouet. Parfait représentant de la Middle class, élevé dans les valeurs traditionnelles, soucieux de ne rien faire dont il puisse être honteux, Maurice découvre la vérité de ses sentiments par l’aveu de Clive : « j’aurai vécu une vie de larve si vous ne m’aviez réveillé ». Clive regrette d’ailleurs aussitôt son aveu : il a peur d’être dénoncé au doyen ou à la police. Le personnage de Risley, personnage qui a beaucoup été développé et transformé par rapport au roman, s’inspire d’Oscar Wilde, victime d’un procès retentissant. De même, Maurice, vers la fin du film craint-il d’être victime d’un chantage de la part de son jeune amant. Il avait dit à Clive : « Nous sommes des hors-la-loi, tout cela nous serait enlevé si les gens savaient ». Clive semble sacrifier son bonheur, et se transforme en pantin guindé et corseté par les conventions par peur du scandale, comme le souligne Lasker-Jones, l’hypnotiseur que consulte Maurice pour se guérir de son mal : « l'Angleterre n'a jamais eu beaucoup d'inclination pour accepter la nature humaine ».

Dans une société figée en castes où les aristocrates regardent de haut les bourgeois et ne voient même pas leurs domestiques, la liaison entre Maurice et Alec est d’autant plus intolérable. En effet, l’amour homosexuel, en raison de son caractère hérétique, fait fi des barrières de classe si marquées dans l’Angleterre de ce temps. De nombreux critiques ont reproché le happy end, un tel amour ne pouvant avoir d’avenir en raison des différences sociales : la vie même de Forster dément pourtant ce type d’affirmation péremptoire.

Le dernier plan, montrant Clive à la fenêtre, alors que surgit une dernière fois l’image de Maurice tel qu’il l’avait connu à Cambridge, souligne le gâchis d’une existence qui s’est soumise aux règles de la normalité. Maurice, lui, a brisé la cage et choisi pour la première fois d’être lui-même : conclusion romantique mais dont l’optimisme est tempéré par la date où s’achève l’histoire, à la veille de la Grande Guerre.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Venise 1987 : Lion d'argent, Prix d'interprétation masculine pour Hugh Grant et James Wilby, Meilleure musique

Lien externe[modifier | modifier le code]