Maud d'Huntingdon

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Maud d'Huntingdon (vers 1070/75 – 1130 ou 1131), comtesse d'Huntingdon, est une importante héritière anglo-normande qui devient reine consort d'Écosse de David Ier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est la fille de Waltheof († 1076), comte d'Huntingdon et de Northumbrie, et de Judith de Lens († 1086 ou après). Son père est le dernier comte anglo-saxon d'Angleterre, l'un des rares à survivre à la conquête normande de l'Angleterre de 1066, qui réussit à s'intégrer dans l'aritocratie des nouveaux maîtres du royaume. Waltheof est aussi le cousin germain de Malcolm III d'Écosse. Il est exécuté pour trahison en 1076. Sa mère est une nièce de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie puis roi d'Angleterre après 1066. Par son côté normand, elle est cousine de Godefroy de Bouillon[1],[note 1].

Maud épouse Simon (I) de Senlis († entre 1111 et 1113), comte de Northampton, en 1190 ou peu avant 1090[2]. Elle a trois enfants connus avec lui.

Veuve vers 1112, elle épouse alors David d'Écosse († 1153), prince de Cumbrie. Elle doit alors être âgée de presque 40 ans, et avoir au moins dix ans de plus que lui[3]. Grâce à elle, David entre en possession de vastes domaines désignés par le terme « honneur d'Huntingdon ». Cet honneur comprend des terres allant du sud du Yorkshire au Middlesex, la grande majorité d'entre elles étant dans les comtés du Bedfordshire, Cambridgeshire, Huntingdonshire et Northamptonshire.

Cet honneur aurait dû revenir au fils de Maud, Simon (II) de Senlis, mais il est mineur à la mort de son père entre 1111 et 1113. La garde du titre de comte et de l'honneur d'Huntingdon est alors confiée au futur roi d'Écosse[4]. Même après avoir atteint la majorité, et après la mort de sa mère, il ne peut obtenir son héritage, car David Ier en garde le contrôle[4]. Le roi Étienne d'Angleterre reconnaît même Henry, son demi-frère, comte d'Huntingdon par les traités successifs de Durham en 1136 et 1139[4]. Ce n'est qu'à l'été 1141, quand les relations diplomatiques avec l'Écosse sont rompues, qu'il prend possession d'une partie de son héritage[4] comme comte de Northampton[5].

David devient roi d'Écosse en 1124. D'après Robert de Torigny, ils ont quatre enfants ensemble, dont seul Henry parviendra à l'âge adulte. Il précède d'un an son père dans la mort.

Plusieurs références datent la mort de Maud à 1131[6],[7]. Selon Jean de Fordun, elle est enterrée à l'abbaye de Scone[8].

Mariages et descendance[modifier | modifier le code]

Vers 1090, elle épouse Simon (I) de Senlis († entre 1111 et 1113). On connait trois enfants nés de cette union :

  1. Mathilde (Maud) de Senlis, mariée à Robert FitzRichard ;
  2. Simon (II) de Senlis, 4e comte d'Huntingdon et de Northampton ;
  3. Saint Waltheof de Melrose (v.1095-1159).

En secondes noces, Maud épouse David d'Écosse, prince de Cumbrie en 1113. Elle donne alors naissance à :

  1. Malcolm d'Écosse (vers 1114 – 1114/1115[9]) ;
  2. Henri d'Écosse (vers 1115-1152), 3e comte de Northumberland et d'Huntingdon ;
  3. Claricia d'Écosse (1115-1130) ;
  4. Hodierna d'Écosse (1117-1140).

Maud dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Maud d'Huntingdon apparait parmi les personnages du roman d'Elizabeth Chadwick The Winter Mantle (2003), ainsi que dans "Voices Of The Fire" (1995) d'Alan Moore et dans David the Prince (1980) de Nigel Tranter.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ils sont tous deux descendants du comte Eustache Ier de Boulogne et de sa femme Mathilde de Louvain.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Hrh Prince Michael of Albany et Walid Amine Salhab, « The Knights Templar of the Middle East », Weiser, p. 122, 2007.
  2. (en) Frank Barlow, « William Rufus », University of California Press, 2000, p. 172-173. (ISBN 9780300082913)).
  3. (en) G. W. S. Barrow, « David I (c.1085–1153) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, septembre 2004 ; édition en ligne : janvier 2006. Maud (d. 1131), DOI:10.1093/ref:odnb/49353.
  4. a, b, c et d (en) Keith Stringer, « Senlis, Simon (II) de, earl of Northampton and earl of Huntingdon (d. 1153) », dans Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  5. (en) E. B. Fryde et D. E. Greenway, « Handbook of British chronology », p. 474, Cambridge University Press, 1996.
  6. (en) Thelma Anna Leese, « Blood royal: issue of the kings and queens of medieval England, 1066-1399 », Heritage Books, P. 186, 1996.
  7. (en) Frederick Lewis Weis, Walter Lee Sheppard et David Faris, « Ancestral roots of certain American colonists who came to America before 1700 », Genealogical Publishing Com, 1992.
  8. (en) Rosalind Kay Marshall, « Scottish queens, 1034-1714 », Dundurn Press Ltd., p. 16, 2003.
  9. (en) Charles Cawley, « Medieval Lands: Scotland Kings », consulté le 14 novembre 2010. Informations d'après Orderic Vital.