Matthaeus Pipelare

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Matthaeus Pipelare, actif vers 14981500, est un compositeur et maître de chant néerlandais. Selon certains chercheurs, son nom indiquerait que son métier, ou celui de son père, fut celui de musicien au service de la ville.

Biographie[modifier | modifier le code]

On est peu renseigné sur la vie de Pipelare. À la différence de beaucoup d’autres polyphonistes de l’école franco-flamande, dont plusieurs trouvèrent un emploi en Italie, en Espagne ou ailleurs, Pipelare ne semble jamais avoir quitté les Pays-Bas. Il se peut qu'il soit natif de la ville de Louvain. Dans les comptes de l’illustre confrérie de Notre-Dame de Bois-le-Duc, il fut enregistré comme Matthaeus et Mattheussen (donc comme « fils de Matthieu ») de jusqu’au dans la position de maître de chant. Sans doute, il lui fut accordé un congé pour partir de la fin de novembre 1499 jusqu’au mi-janvier 1500.

On sait qu’il vint d’Anvers lorsqu’il lui fut offert une position à Bois-le-Duc.

Il se peut que Pipelare ait eu une fonction à Gand dans les années 1460 ou 1470. Sa messe Sancto Livinus l’indique, puisque Saint Liévin est un des saints patrons de cette ville. Il est à noter que Pipelare et le compositeur Jacob Obrecht, originaire de Gand, avaient écrits quelques messes employant différents canti firmi.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Pipelare est considéré comme un compositeur extrêmement doué et polyvalent. D’après le jugement d’Ornithoparchus, son œuvre serait sortie de la source même de l’art. Il maîtrisa tous les genres avec autant de verve. Il écrivit dans presque toutes les formes vocales de son époque : messes, motets et chansons profanes dans les langues des Pays-Bas. On ne connaît de lui aucune pièce purement instrumentale. L'atmosphère de sa musique varie de chansons profanes légères jusqu’à des motets teintés de mélancolie, très proche de ceux de son contemporain Pierre de la Rue, attestant d’une mélancolie profondément ressentie.

Nombreux sont les manuscrits disparus au cours de la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, onze messes complètes ont été conservées jusqu’à nos jours, ainsi que 10 motets et 8 chansons, tant en néerlandais qu’en français. Une de ses messes à quatre voix en style cantus firmus emploie la chanson populaire bourguignonne L'homme armé, et fut composée dans un style déjà dépassé à l’époque. La mélodie est portée de voix en voix, mais se trouve le plus souvent dans le ténor. Sa Missa Fors seulement est basée sur une de ses propres chansons, qui sert ici de cantus firmus. Memorare Mater Christi est un motet à sept voix sur les Sept Douleurs de la Sainte Vierge Marie ; chacune des sept voix représente une autre dolor. La troisième des sept voix cite le villancico espagnol contemporain Nunca fué pena mayor (jamais il y eut plus grand douleur) du polyphoniste néerlandais Juan de Urrede (Johannes de Wreede [ Bruges, 14511482?, Madrid]). Deux caractéristiques particulières de ses compositions sont l’ample emploi de rythmes syncopés et de séquences.

Messes[modifier | modifier le code]

  • 1. Missa de feria
  • 2. Missa Dicit Dominus : Nihil tuleritis in via
  • 3. Missa de Sancto Livino
  • 4. Missa Fors seulement
  • 5. Missa Joannes Christi care / Ecce pier meus (fragment)
  • 6. Missa L’homme armé, à quatre voix et à cinq dans le deuxième et troisième Agnus Dei.
  • 7. Missa Mi-mi
  • 8. Missa Omnium carminum (uniquement altus et bassus)
  • 9. Missa sine nomine (I) ; Missa sine nomine (II)
  • 11. Missa (à huit voix, détruite lors de la Seconde Guerre mondiale)
  • 12. Credo de Sancto Joanne evangelista

Motets[modifier | modifier le code]

  • 13. Ave castissima (uniquement pourvu d’un incipit)
  • 14. Ave Maria virgo serena (contreténor II incomplet, fut reconstitué)
  • 15. Hic est vere martyr (uniquement conservé en tablature)
  • 16. Magnificat im 3. Ton
  • 17. Memorare mater Christi (à sept voix, cantus firmus emprunté à la chanson Nunca fué pena major du compositeur flamand Johannes Wrede)
  • 18. Salve regina
  • 19. Virga et baculus tuus (probablement un fragment d’une messe perdue)

Chansons profanes néerlandaises et françaises[modifier | modifier le code]

  • 20. (nl) Een vrolic wesen
  • 21. (fr) Fors seulement (I) [1]
  • 22. (fr) Fors seulement (II)
  • 23. (nl) Ic weedt een molenarinne
  • 24. (nl) Morkin ic hebbe (uniquement pourvu d’un incipit)
  • 25. (fr) Vray dieu d’amours (existe en 2 variantes)

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Missa "L'homme armé", Chansons, Motets, Huelgas Ensemble, dir. Paul van Nevel (1995, Sony SK 68 258)

Références[modifier | modifier le code]