Matrix

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Matrix

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Titre québécois La Matrice
Titre original The Matrix
Réalisation Andy et Larry Wachowski
Scénario Andy et Larry Wachowski
Acteurs principaux
Sociétés de production Warner Bros.
Village Roadshow Pictures
Groucho II Film Partnership
Silver Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de l'Australie Australie
Genre Science fiction
Sortie 1999
Durée 130 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Matrix (en France) ou La Matrice (au Québec et au Nouveau-Brunswick) (The Matrix) est un film australo-américain de science-fiction[1], un « cyberfilm[2]», réalisé par Andy et Lana Wachowski (à l’époque Larry) et sorti en 1999.

Matrix est le premier volet d’une trilogie qui se poursuivra avec les films Matrix Reloaded et Matrix Revolutions, sortis en 2003. Il est considéré comme l’un des films du genre le plus important de son époque[3],[4].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Thomas A. Anderson, un jeune informaticien connu dans le monde du hacking sous le pseudonyme de Néo[5], est contacté via son ordinateur par ce qu’il pense être un groupe de hackers. Ils lui font découvrir que le monde dans lequel il vit n’est qu’un monde virtuel dans lequel les êtres humains sont gardés sous contrôle.

Morpheus, le capitaine du Nebuchadnezzar, contacte Néo et pense que celui-ci est l’Élu qui peut libérer les êtres humains du joug des machines et prendre le contrôle de la matrice (selon ses croyances et ses convictions).

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Coproducteur : Dan Cracchiolo
Producteurs délégués : Bruce Berman, Andrew Mason, Barrie M. Osborne, Erwin Stoff, Andy et Larry Wachowski
Producteurs associés : Carol Hughes et Richard Mirisch

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

En 1994, les frères Wachowski présentent le script d’Assassins à la Warner. Le président de la production de l'époque, Lorenzo di Bonaventura, lit le script et en achète les droits, ainsi que ceux deux autres scénarios des Wachowski : Bound et Matrix. Suite au succès critique de Bound, première réalisation d'Andy et Larry, ils parviennent à monter le projet Matrix[6].

Le producteur Joel Silver est venu demander aux studios Warner de produire le premier volet de Matrix, ces derniers n'ont accepté de le financer que sur la base d'un accord de distribution exclusive[réf. souhaitée] avec sa société de production Silver Pictures. De plus, Matrix étant dès le départ prévu comme une trilogie[7],[8], ils acceptèrent d'envisager de produire deux suites[réf. souhaitée] pour la vidéo en cas de succès.

Casting[modifier | modifier le code]

Le rôle de l'Agent Smith a été proposé à l'acteur français Jean Reno, qui l'a décliné pour tourner le film Godzilla. Will Smith a été envisagé pour incarner Néo, mais il a refusé le rôle pour tourner le film Wild Wild West[9],[10].

D'autres rumeurs ont entouré le film : Brad Pitt et Ewan McGregor pour le rôle de Neo, Val Kilmer dans celui de Morpheus, Jada Pinkett Smith pour Trinity[11].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage a duré 25 semaines (118 jours) et a entièrement eu lieu en Australie, à Sydney[11]. Il a lieu aux Fox Studios Australia ainsi que nombreuses localités de Sydney. Certains plans extérieurs ont été tournés à Nashville dans le Tennessee et San Francisco en Californie[12].

Certains décors du film Dark City (Alex Proyas, 1998) sont réutilisés pour Matrix, notamment des sombres toits d'immeubles sur lesquels Trinity tente d'échapper aux agents[11].

Musique[modifier | modifier le code]

The Matrix: Music from the Motion Picture[modifier | modifier le code]

The Matrix:
Music from the Motion Picture

Bande originale par divers artistes
Sortie 30 mars 1999[13]
Durée 62:36
Genre rock, rock alternatif, nu metal
Producteur Guy Oseary, Russ Rieger
Label Warner Bros. / Maverick
Critique

Bandes originales de Matrix

Cet album constitue la bande originale du film, composée de chansons de plusieurs groupes et artistes de rock comme Marilyn Manson, Rob Zombie, Rage Against the Machine ou encore Rammstein.

Liste des titres
  1. "Rock Is Dead" de Marilyn Manson – 3:11
  2. "Spybreak! (Short One)" de Propellerheads – 4:00
  3. "Bad Blood" de Ministry – 5:00
  4. "Clubbed to Death (Kurayamino Mix)" de "Rob D" – 7:26
  5. "Prime Audio Soup" de Meat Beat Manifesto – 6:17
  6. "Leave You Far Behind" de Lunatic Calm – 3:13
  7. "Mindfields" de The Prodigy – 5:40
  8. "Dragula (Hot Rod Herman Remix)" de Rob Zombie – 4:37
  9. "My Own Summer (Shove It)" de Deftones – 3:34
  10. "Ultrasonic Sound" de Hive – 4:54
  11. "Look to Your Orb for the Warning" de Monster Magnet – 4:42
  12. "Du hast" de Rammstein – 3:54
  13. "Wake Up" de Rage Against the Machine – 6:04

Certaines chansons présentes dans le film n'apparaissent sur l'album : "Dissolved Girl" de Massive Attack, "Plasticity" de Plastikman, "Minor Swing" de Django Reinhardt, "I'm Beginning to See the Light" de Duke Ellington.

The Matrix: Original Motion Picture Score[modifier | modifier le code]

The Matrix:
Original Motion Picture Score

Bande originale par Don Davis
Sortie 4 mai 1999[14]
Enregistré Newman Scoring Stage (Los Angeles)
Durée 29:53
Genre musique de film
Compositeur Don Davis
Label Varèse Sarabande
Critique

Bandes originales de Matrix

Le 2e album commercialisé comprend les 10 pistes de la musique originale composée par Don Davis. Cependant, ces morceaux ne donnent qu'un aperçu de 30 minutes de son œuvre pour le film.

Le réel travail orchestral tient en fait sur un album, de deux CD de 50 minutes chacun, intitulé The Complete Motion Picture Score. C'est notamment dans cet album, très rare, que l'on retrouve la musique de la séquence du début dans sa version complète, ainsi que la musique du combat Neo/Smith dans le métro (The Subway Fight) mais aussi celle de la scène du miroir (The Lafayette Mirror) ou encore celle du combat dans le Dojo entre Neo et Morpheus (Bow Whisk Orchestra et Switch Or Break Show qui sont des anagrammes de Wachowski Brothers)

Liste des titres
  1. Main Title/Trinity Infinity (3:54)
  2. Unable to Speak (1:15)
  3. The Power Plant (2:41)
  4. Welcome to the Real World (2:28)
  5. The Hotel Ambush (5:23)
  6. Exit Mr. Hat (1:23)
  7. A Virus (1:33)
  8. Bullet-Time (1:10)
  9. Ontological Shock (3:32)
  10. Anything Is Possible (6:48)

Distinctions principales[modifier | modifier le code]

Sources et distinctions complètes : Internet Movie Database[15]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Oscars 2000 
BAFTA 2000 
26e cérémonie des Saturn Awards 2000 
Empire Awards 2000 

Nominations[modifier | modifier le code]

BAFTA 2000 
26e cérémonie des Saturn Awards 2000 

Commentaires[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

L'apparition des robots, au service de l'homme puis de l'Intelligence artificielle, a entraîné une confrontation entre humains et machines, lesquelles ont finalement fabriqué leur propre domaine et concurrencent directement celui des humains. Cette confrontation s’est intensifiée lors du jugement d’un robot pour meurtre, de la haine grandissante contre eux et lors de la création d'un état uniquement dédié aux robots dans le Moyen-Orient qui a fait basculer l'économie mondiale (voir Animatrix).

« Nous vous l’avions bien dit, ça devait arriver : à force de produire des machines pour vous servir, vous êtes devenus vous-mêmes les esclaves de vos instruments. »

— Patrice Maniglier, « Mécanopolis, Cité de l’avenir[16] »

Voyant leurs forces diminuer au fil du temps, les Humains ont recouvert la terre d'un épais nuage, provoquant un « hiver nucléaire », empêchant ainsi les rayons du soleil (la seule source d'énergie abondante utilisable par les Machines) de passer. Les Machines ont donc dû chercher une nouvelle source d'énergie et ont tourné leurs recherches vers la bio-électricité. Une fois la victoire acquise, les machines ont fabriqué les tours nécessaires au fonctionnement et à la maintenance de leurs générateurs, et se sont assurées d'une production régulière d'humains en les cultivant et en les conservant dans des cocons remplis d'un liquide nutritif. Une fois le cocon connecté sur une tour, les câblages permettent de fournir l'air à l'humain ainsi que de renouveler le liquide nutritif, et à prélever sa bio-électricité. Le problème était qu'emprisonnés de la sorte, dans un état végétatif, les Humains ne fournissaient pas assez d'énergie. Les Machines ont donc créé la Matrice, sorte d'univers virtuel dans lequel les Humains sont projetés sous forme d'avatars, et peuvent s'y épanouir, de sorte que leurs cerveaux produisent une activité électrique bien plus importante en réaction aux stimulus virtuels, et apportent ainsi une quantité d'énergie considérable aux Machines[17]. Les humains n'ont donc pas conscience de la réalité et du « monde qu'on superpose à leur regard ».

« La Matrice est universelle. Elle est omniprésente. Elle est avec nous ici, en ce moment même. Tu la vois chaque fois que tu regardes par la fenêtre, ou lorsque tu allumes la télévision. Tu ressens sa présence, quand tu pars au travail, quand tu vas à l’église, ou quand tu paies tes factures. Elle est le monde, qu’on superpose à ton regard pour t’empêcher de voir la vérité[18]. »

— Morpheus, Matrix, 1999, écrit par les Frères Wachowski

L'exigence de productivité explique aussi pourquoi l'univers de la matrice est imparfait, avec son lot de souffrances et d'épreuves pour chacun des branchés. Le grand architecte raconte à Néo que la première version de la matrice avait été conçue sur le modèle d'un monde idéal, mais avait été remaniée du fait de son manque de dynamisme. Cependant, cette matrice imparfaite contient différents bugs, qui se manifestent à travers les nombreuses légendes, folklores et mythologies qui émaillent l'Histoire (vampires, loups-garous, anges, miracles et autres apparitions étranges...). Parmi eux, le plus important est l'apparition d'un homme qui peut jouer avec les paramètres de ce monde virtuel. Cet homme est considéré comme un Élu par les quelques dizaines de milliers d’humains qui ont pu survivre dans le monde réel, cachés sous Terre dans la ville de Sion, dont ceux qui ont été débranchés suite à leur choix de prendre la pilule rouge proposée par Morpheus, qui ont voulu "découvrir la vérité". Les Humains libres voient en l’Élu le sauveur de l’humanité, attendant de lui qu'il apporte la victoire sur les machines, et la libération des prisonniers de la Matrice.

Cependant, tout au long de leur combat, les rebelles doivent affronter les agents de la Matrice chargés de réparer les bugs, ainsi que des hackers cyniques (tel que le Mérovingien) qui se satisfont de la réalité virtuelle générée par les machines, et préfèrent conserver leur business d'exploitation de programmes.

« N'envoyez jamais un humain faire le travail d'un programme[19]. »

— Agent Smith, Matrix, 1999, écrit par les Frères Wachowski

Technique[modifier | modifier le code]

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Ce film fut considéré par le grand public comme une véritable révolution[20]. Sur le plan esthétique, son emploi intensif d’une technique de tournage (existant antérieurement mais assez peu utilisée) : le bullet time, effet de « caméra mobile » (une série d'appareils photo disposées en cercle) autour d’un sujet en mouvement ralenti, a séduit les spectateurs. Cette technique inventée par Emmanuel Carlier en 1995 fut utilisée par Michel Gondry dans une publicité pour Smirnoff en 1997, la première utilisation au cinéma fut sans doute dans Perdus dans l'espace (Lost in Space) de Stephen Hopkins (1998). De nombreux éléments graphiques ont été repris de Ghost in the Shell de Mamoru Oshii, notamment le générique[21].

Sur le fond, cependant, aucun des éléments pris séparément n’est proprement révolutionnaire. La manière de filmer est très inspirée du cinéma de Hong-Kong et de John Woo, les thèmes sont des classiques du cyberpunk, avec des éléments de Tron (Steven Lisberger, 1982, le nom de M. Anderson étant le nom d’un programmeur dans l’histoire de Tron) et de Terminator (James Cameron, 1984) pour le thème central (les machines dominant le monde dans le futur).

Interprétations[modifier | modifier le code]

La science-fiction est qualifiée de « révélateur[4] », dans le sens où elle retranscrit les « fantasmes », « questions » qui se développent parallèlement aux avancées, aux progrès des sciences, mais aussi en même temps que l’évolution des lois et des mœurs[22].

« The Matrix est la saga qui va marquer, comme Star Wars ou Dune. Même mélange universel de philosophie, de culture ancienne, de légendes et de mythes. Même grosse soupe spirituelle d’où doivent émerger un leader guerrier, un élu noble, sa fiancée, une prophétie, une entité ennemie, une rébellion, une guerre »

— Voir, 15 mai 2003[23]

Des articles de presse ont souligné lors de sa sortie, la récupération ou l'utilisation par Matrix de concepts ou mots existants déjà préchargés de sens et sur lesquels il se greffe : « Morpheus » (Morphée divinité des rêves, donc de l'illusion), le lapin blanc de Lewis Carroll, la notion d’éveil inspirée du bouddhisme, la Bible (messianisme avec l'élu, les noms « Nebuchadnezzar » et « Zion » sont les transcriptions phonétiques anglaises de « Nabuchodonosor » et « Sion ». « Trinity » est la Trinité)…

Il peut être vu d'un œil dénonçant une élite dominant le monde, dans la mesure où, la matrice contrôlée par les machines représente le contrôle de notre société actuelle par une élite.

Elle peut aussi bien être considérée comme une reprise adaptée au monde moderne du concept hindouiste de la mâyâ et de l’allégorie de la caverne de Platon[24],[2],[4], où le monde que nous voyons ne reflète que les ombres du réel.

« cinéma pour préparer à Platon, aurait dit Pascal, s’il avait su »

— Matrix, machine philosophique, Alain Badiou, p. 129[2]

Cette adaptation est un thème qui a souvent été abordé par la science-fiction de la seconde moitié du XXe siècle. On peut évoquer :

  • Dreams for sale, réalisé par Tommy Lee Wallace de la série La Cinquième Dimension diffusé en France en 1985 : une jeune femme découvre que ce qu'elle perçoit comme la réalité d'un merveilleux pique-nique en famille n'est en fait qu'un rêve suggéré dans son esprit pendant que son corps et celui de nombreuses personnes sommeillent sous le contrôle d'une technologie futuriste ;
  • Tempests, de la série Au-delà du réel : l'aventure continue diffusé en France en 1995 : Le perçu du réel qu'y a un astronaute en voyage pour amener un remède à une colonie spatiale est la résultante d'une drogue administrée en continu par des extraterrestres parasites aux corps des astronautes qui gisent inconscients dans l'épave de leur navette qui s'est écrasée.

Dans ces deux œuvres comme dans Matrix le monde perçu est suggéré à l'esprit humain inconscient. Dans diverses œuvres la science-fiction a aussi longuement traité du sujet des mondes virtuels parallèles connectés au nôtre. Il s'agit souvent de simulacres électroniques ou d'univers gérés par des ordinateurs. On peut évoquer :

On peut noter que le film a d'ailleurs suscité un livre de philosophie regroupant plusieurs contributions : Matrix, machine philosophique (éditions Ellipses, 2003).

Le désir de rechercher une explication d’ensemble a engendré une profusion d'hypothèses, aucune n'ayant jamais été confirmée ni démentie par les frères Wachowski. L’une d’entre elles en fait une synthèse rassemblant des visions philosophiques très diverses, dont, entre autres la philosophie de Berkeley, de Descartes, de Spinoza, Karl Marx ou encore Nietzsche[2],[4]. Le court-métrage The philosophy and the Matrix en a été tiré. Une troisième y voit une vision tiers-mondiste en arguant du fait que les agents sont toujours des blancs habillés uniformément à l'occidentale, alors que les autres personnages reflètent, surtout à partir du deuxième film, la diversité des populations de la planète. Une quatrième y voit une théorie développée par des sources ufologiques ou par Robert Monroe, Valdamar Valerian, ainsi que Laura Knight-Jadczyk, qui expliquent que toute forme de vie terrestre est une source d'énergie pour des entités d'une dimension supérieure compénétrant la nôtre, source qui de ce fait, doit être tenue sous contrôle, etc.

L’aspect numérique mis en avant dans le film s’inscrit dans la culture actuelle, dite « culture technologique ». On y voit ainsi des références à Microsoft, Apple. L’enseignement secondaire développe cette tendance en facilitant l’accès aux nouvelles techniques de communications aux élèves[25].

Références et allusions[modifier | modifier le code]

Les références à divers films, contes ou autres œuvres sont nombreuses dans Matrix.

L'une d'entre elles est Alice au pays des merveilles. Outre la référence directe au lapin blanc, Andy et Larry Wachowski multiplient les indices rapprochant leur film de cette œuvre. Ainsi, quand Néo se « réveille » dans le monde réel, il tombe dans un tuyau interminable avant de tomber dans un lac souterrain de la même manière qu'Alice tombe dans l'interminable terrier vertical du lapin blanc. De plus, dans la scène précédente, Néo observe son reflet dans le miroir et passe sa main « à travers » ce miroir. Or, le deuxième tome des aventures d'Alice s'intitule De l'autre côté du miroir.

Une autre référence est celle reprenant un élément de 1984 de George Orwell. En effet, dans ce roman, la salle de torture redoutée de tous est la salle 101. La chambre où Néo habite au début du film est numérotée 101 ; par ailleurs, l'appartement 303 (soit 3 × 101) est vu deux fois dans le film : au début, quand la police tente d'interpeller Trinity, et à la fin, là où Néo meurt ; dans Matrix Reloaded l'étage où réside le Mérovingien est l'étage 101 ; c'est aussi le code que Morpheus donne pour caractériser le Freeway, qui peut également faire référence à l'autoroute du même nom aux États-Unis (Californie). Ceci peut aussi s'expliquer par le fait que 101 reflète le code binaire du langage informatique. Dans l'enseignement aux États-Unis, 101 désigne aussi le cours d'initiation à une matière quelconque : Philosophy 101[26], Programming 101[27], English 101[28], etc. (module 01 de la 1re année de cours).

La référence à la "pilule rouge" viendrait du film de Paul Verhoeven, Total Recall (film qui est une adaptation à l'écran de la nouvelle Souvenirs à vendre de Philip K. Dick), dans lequel la prise de celle-ci signifie l'acceptation psychologique d'un retour à la réalité pour le héros de l'histoire. L'univers de Matrix dans son ensemble semble largement s'inspirer des thèmes et constructions de Philip K. Dick, et notamment du roman Ubik, et son monde parallèle des "semi-vies".

Le terme Matrix aurait été utilisé pour la première fois dans ce sens dans un épisode de la série Doctor Who, puis a été popularisé dans l'œuvre de William Gibson, dont sont également inspirées les allusions aux Rastafaris et à la Cité de Sion. À noter aussi les connexions avec Johnny Mnemonic (au-delà du fait que c'est le même acteur qui joue le rôle principal).

Les caractères utilisés pour représenter le code de la matrix (pluie numérique) sont constitués en grande partie de katakanas inversés. Cela peut être rapproché au fait que les frères Wachowski ont cité certains animes japonais comme Ghost in the Shell pour source d'inspiration[21].

Cypher appelle Néo Dorothy et lui parle de quitter le Kansas, ce qui est une référence au Magicien d'Oz.

La mescaline, substance hallucinogène, est citée dans le premier épisode. Plus généralement, la trilogie s'inspire des expériences psychédéliques.

La tenue des différents capitaines de vaisseaux dans le monde réel tel que Morpheus et Niobe, fait référence à la série Star Trek, puisqu'elle utilise le même code couleur.

De nombreuses références à des films d'arts martiaux sont utilisées tout au long du film. Néo prend régulièrement des poses de combat rappelant celles de Bruce Lee ou autres.

De plus, nous pouvons remarquer que Néo est capable de voler (dans les trois volets) et « voit » malgré son aveuglement causé par l'agent Smith via Ben dans le troisième film ce qui pourrait faire penser aux différents pouvoirs de super-héros DC Comics : Superman (la veste de Néo faisant office de cape, dans Matrix Reloaded Néo rattrape Trinity en plein vol tel Superman, rattrapant Loïs Lane) et de super-héros Marvel: Daredevil pour sa « vision » exceptionnelle du monde alors même que ce héros est aveugle.

On peut noter des similitudes de scénario et de décors avec le film Dark City, sorti un an avant Matrix alors que la version définitive du scénario de Matrix aurait été achetée en 1994 par la Warner Bros. Pour des raisons de budget, Matrix aurait réutilisé certains des décors de Dark City, les deux films ayant été tournés dans le même studio.

Filmographie Matrix[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Matrix (série de films).

Produits dérivés[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

L'univers de Matrix[modifier | modifier le code]

L'environnement[modifier | modifier le code]

Les personnages évoluent dans deux univers :

  • la Matrice : univers virtuel réaliste dans lequel les humains sont enfermés, cet univers modélise le monde actuel. Il a existé plusieurs versions de la matrice, qui se corrige au fur et à mesure des itérations.
  • le monde réel : il s'agit de la Terre en ruine et sous une couche de nuages cachant définitivement le Soleil. Les machines ont pris le contrôle, et utilisent les êtres humains comme source d'énergie.

Pour les garder vivants et productifs, ils les branchent à la Matrice pour leur donner une impression de liberté.

Des humains rebelles ont formé une ville souterraine, Sion, à laquelle les machines cherchent à accéder par tous les moyens afin de la détruire. En anglais, Zion est l'écriture phonétique de Sion, nom qui désigne le mont Sion, sur lequel est bâtie Jérusalem ; par extension, Sion désigne Jérusalem. Il est également précisé dans Matrix Reloaded que Sion comporte environ 250 000 habitants.

Les Personnages[modifier | modifier le code]

Sion (Humains)[modifier | modifier le code]

Exilés[modifier | modifier le code]

Les exilés apparaissent dans les deux derniers volets de la trilogie Matrix Reloaded et Matrix Revolutions. Ce sont des programmes de la Matrice qui, une fois leur mission terminée, refusent la destruction et se cachent en son sein. Parmi eux sont à nommer l'Agent Smith, l'Oracle, le maître des clefs (the Keymaker), ou encore Sati, la petite fille rencontrée par Néo dans la station de métro[29].

Les Machines[modifier | modifier le code]

  • Les Sentinelles : machines se promenant dans le monde réel afin de tuer toute forme de vie non autorisée. Elles sont contrôlées par la Matrice. Elles font partie du programme Monde du Dessous de la Matrice, de manière à faire croire aux humains du Monde du Dessous la rivalité entre humains et machines.
  • Les APU : ce sont des machines pilotées par les humains dans le but de défendre Sion. Le chef des unités d'élite d'APU est le capitaine Mifune.

Les « Programmes » dans la Matrice[modifier | modifier le code]

Les Agents[modifier | modifier le code]

Ils se promènent librement dans la Matrice pour en assurer la sécurité et lutter contre les humains la piratant. On ne peut pas les tuer car ils intègrent les corps humains branchés sur la matrice en se téléchargeant « sur » eux ; s'ils se font tuer, ils se téléchargent sur un autre corps, en laissant derrière eux le cadavre de leur hôte. On peut tuer les agents s'ils ne se téléchargent sur un corps humains branchés sur la matrice d'après Morpheus.

L'Agent Smith[modifier | modifier le code]

L'Agent Smith est tout d'abord lié à la Matrice puis, à cause d'un bug causé par Néo sur ce programme, réussit à s'en émanciper. Son oreillette ne fonctionne alors plus. Il ne peut désormais plus se télécharger à distance, et ainsi passer de l'image résiduelle d'un être humain à un autre. En revanche il peut se multiplier à l'infini, créant des doubles totalement indépendants, par contact, tant sur des images résiduelles d'êtres humains que sur des agents, et même passer dans le monde réel en répondant à un appel de sortie de la matrice, habituellement utilisé par les humains. Sa haine des humains et le bug engendré par sa défaite contre Néo changent son but : de protecteur de la Matrice, il en devient l'ennemi. Il souhaite alors se dupliquer jusqu'à avoir le contrôle total de la Matrice, puis du monde des machines (monde réel). Dans Matrix Revolutions, il fusionne avec l'Oracle, formant ainsi un programme considérablement plus puissant que l'Agent Smith original, prenant même le dessus sur Neo.

L'Oracle[modifier | modifier le code]

Programme très ancien ayant vu l'évolution de la Matrice. Elle sert de guide aux humains. Toujours très énigmatique, elle est protégée par Séraphin. C'est elle qui manipule tout le monde depuis le début, car, en tant que programme de la Matrice, il est de son devoir de la protéger de l'anomalie Néo. Une autre interprétation est qu'elle est une autre anomalie de la matrice car elle agit en dépit de l'Architecte, dans le troisième volet.

Le Mérovingien[modifier | modifier le code]

On pense que le Mérovingien fut créé peu après l'apparition de la Matrice, plusieurs éléments dans les films laissent à penser qu'il survivrait au-delà des différents matrices tout en emportant des programmes avec lui. C'est un trafiquant d'informations très dangereux. Il fait des contrats avec les autres programmes de la Matrice et tient prisonnier le maître des clefs.

Les jumeaux[modifier | modifier le code]

Les jumeaux sont les gardes du Mérovingien, ils peuvent devenir translucides et avoir un corps fantôme quand on leur tire dessus ou qu'on essaie de les toucher avec une arme blanche. Ils ont, comme les agents, de très bons réflexes.

L'Homme du train[modifier | modifier le code]

Il est au service du Mérovingien. Il gère la liaison entre la Matrice et la source du monde des machines.

L'Architecte[modifier | modifier le code]

Concepteur de la Matrice. Il révèlera à Neo toute la machination de la Matrice (Monde du Dessus, du Dessous, les mensonges de l'Oracle, l'existence de plusieurs versions de matrices,…).

Sati[modifier | modifier le code]

Petite fille, programme responsable de l'aurore : première apparition dans Matrix Revolutions

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le monde imaginé dans cette trilogie est un monde imaginaire : des mondes totalement imaginaires peuvent être envisagés (comme, par exemple, dans la série des Matrix, 1999-2003). Joël MAGNY, « CINÉMA (Réalisation d'un film) - Mise en scène  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 mars 2013. URL : (Texte en ligne)
  2. a, b, c et d Gilles Behnam, Mag Philo%5D « Critique de Matrix, machine philosophique par [[Alain Badiou]] », sur Centre national de documentation pédagogique,‎ Dernière mise à jour de 2007 (consulté le 29 mars 2013)
  3. (en) The neo Wave sur Entertainment Weekly : « The Matrix is the most influential action movie of its generation. This is not hyperbole. It isn’t even a stretch ».
  4. a, b, c et d David Morin Ulmann, « Matrix ou le sablier de nos représentations », sur http://quaderni.revues.org,‎ 05 octobre 2008 (consulté le 30 mars 2013)
  5. Préfixe grec signifiant « nouveau » et anagramme de (The) One en anglais, signifiant « l'Élu ».
  6. (en) Under The Influence: The Matrix sur Webcitation.org, archivé depuis Screened.com
  7. http://www.ew.com/ew/article/0,,273348_2,00.html
  8. http://www.ew.com/ew/article/0,,273003_5,00.html
  9. « Ces acteurs ont refusé des rôles en or ! / Will Smith », Allocine.fr
  10. « Smith Has No Matrix Regrets », contactmusic.com
  11. a, b et c « Secrets de tournage », sur AlloCiné (consulté le 26 juillet 2014).
  12. (en) Lieux de tournage sur l’Internet Movie Database
  13. a et b (en) « Original Soundtrack - Matrix », sur Allmusic (consulté le 26 juillet 2014).
  14. a et b (en) « Don Davis The Matrix (Score) », sur Allmusic (consulté le 26 juillet 2014).
  15. (en) Distinctions sur l’Internet Movie Database
  16. « Mécanopolis, cité de l’avenir », un chapitre du livre par Patrice Maniglier, sur le site du CIEPFC » Cité de l’avenir », in A. Badiou, Thomas Bénatouïl, E. During, P. Maniglier, D. Rabouin, J.-P. Zarader, Matrix, machine philosophique, Ellipses, 2003, pp. 98-108.
  17. Animatrix La Seconde Renaissance, parties I et II
  18. Citations Matrix - Morpheus sur Wikiquote
  19. Citations Matrix - Smith sur Wikiquote
  20. Commentaires sur le film
  21. a et b Évocation de Ghost in the Shell par les frères Wachowski
  22. Les films de science-fiction - Michel Chion, Les Cahiers du cinéma, 13 novembre 2008
  23. The Matrix Reloaded : Prise femelle - Voir, 15 mai 2003 (avant la sortie du 2)
  24. Cinema et philosophie - Juliette Cerf, Les Cahiers du cinéma
  25. Le choc des cultures - Jean-François Mattéi, Encyclopædia Universalis (accès payant)
  26. Philosophy 101
  27. Programming 101
  28. English 101
  29. Matrix trilogie

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]