Mathons

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Mathons
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Département Haute-Marne
Arrondissement Saint-Dizier
Canton Joinville
Intercommunalité Communauté de communes Marne Rognon
Maire
Mandat
Michel Truilhé
2014-2020
Code postal 52300
Code commune 52316
Démographie
Gentilé Mathonais, Mathonaises
Population
municipale
64 hab. (2011)
Densité 4,8 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 25′ 09″ N 5° 02′ 41″ E / 48.4191666667, 5.0447222222248° 25′ 09″ Nord 5° 02′ 41″ Est / 48.4191666667, 5.04472222222  
Altitude 308 m (min. : 242 m) (max. : 349 m)
Superficie 13,4 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Haute-Marne

Voir sur la carte administrative de Haute-Marne
City locator 14.svg
Mathons

Géolocalisation sur la carte : Haute-Marne

Voir sur la carte topographique de Haute-Marne
City locator 14.svg
Mathons

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Mathons

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Mathons
Liens
Site web Site de la ville

Mathons est une commune française, située dans le département de la Haute-Marne en région Champagne-Ardenne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Mathons se situe sur le plateau surplombant Joinville par l'ouest. Entre la Marne et la Blaise, la commune se compose du village en lui-même ainsi que des hameaux tel que celui des BonsHommes. 1340 hectares.

Localisation : 9 km à l'ouest de Joinville.

Le village est relié à Morancourt, Guindrecourt-aux-Ormes, Nomécourt, Ferrière-et-Lafolie.

Pas d'industrie mais de l'agriculture : élevages bovins, polyculture (blé, colza, maïs) et sylviculture.

Histoire[1][modifier | modifier le code]

Le lieu-dit "les Bonshommes" est située sur la commune de Mathons.
La celle de Mathons fut fondée en 1168 par Geoffroy III, sire de Joinville et sénéchal de Champagne.
Dès 1181, la chapelle de Mathons possédait des reliques des compagnes de Sainte Ursule, laissées sans doute par des moines de Grandmont à leur retour de Cologne. C'est vraisemblablement à cette époque que fut institué à Mathons le pèlerinage à St Fiacre et aux compagnes de Ste Ursule. Pourtant certains historiens ne feraient remonter ce pèlerinage qu'au XVe siècle en se fondant sur le fait que l'évêque de Metz, Henri de Lorraine, obtint du pape Alexandre VI (Borgia élu en 1492 et mort en 1503), des indulgences pour ce sanctuaire qui était le siège d'un pèlerinage très fréquenté…
En 1201, Godefroy de Joinville fit don aux religieux de Mathons de deux familles de serfs à Nomecourt; son frère, Simon de Joinville, en donna d'autres en 1206. En 1209, Aubry de Brachey, vassal de Godefroy, leur donna à Brachey, une maison, des prés, des bois et même des serfs…
En 1255, Gauthier de Vignory leur donna une rente sur un péage à Vignory.
En février 1269, Renier, chevalier de Curel, leur constitua une rente sur sa grange d'Ancigne.
Et ainsi de suite, de nombreux dons étant accordés aux religieux de Mathons durant tout le XIIIe siècle

Vestiges

Seuls, le mur nord de l'église, le passage des morts, la façade ouest de la salle capitulaire ont survécu à l'incendie du 12 août 1944 allumé par les troupes allemandes en représailles contre les exploitants de la ferme, supposés avoir aidé les maquisards.
Cet ensemble a néanmoins survécu grâce à la curieuse conformation du voûtement en quart de cercle du passage des morts, et aux arcatures des fenêtres côté cloître de la salle capitulaire. À noter que le voûtement en quart de cercle du passage des morts est tout à fait exceptionnel dans l'architecture grandmontaine. Cette disposition semble faire office d'arc-boutant au mur nord de l'église. La largeur de ce passage est de 2,20 m.
La salle capitulaire a été voûtée comme le prouvent des arrachements sur les murs intérieurs. Elle s'ouvrait côté cloître par une porte encadrée de deux baies jumelées, séparées chacune par deux courtes colonnes. Cette salle a été habitée jusqu'en août 1944.
Un escalier de bois a existé à l'intérieur, contre le passage du cimetière, pour accéder à l'étage.
Le reste de la celle de Mathons n'a malheureusement pas survécu; il ne reste que la base des murs des bâtiments est et sud, et le mur sud de l'église sur environ 1 m de hauteur….

Un saut dans l'histoire vers l'époque actuelle :

….fin juillet 1944 le maquis s'installa dans la forêt de Mathons, au chalet des Gaudes sous le commandement de Georges Debert. Ce groupe comprenait une trentaine d'hommes plus sept aviateurs canadiens formant l'équipage d'un bombardier abattu par les Allemands. Il disposait de deux tractions réquisitionnées, d'armes de récupération et de deux mitrailleuses d'avion. La base de ravitaillement était la ferme des Bonshommes tenue par la famille Douillot. Le 10 août, vers 4 heures du matin, les Allemands au nombre de 1 200 à 1 500 hommes attaquèrent le maquis. Celui-ci se scinda en deux groupes. Le premier était commandé par Georges Debert et parvint à s'échapper vers le sud. Le deuxième groupe sous le commandement d'un garde forestier Gabriel Sanrey, essuya une fusillade nourrie à la lisière nord du bois et se replia. Il se scinda en deux groupes. Le premier comprenant Gabriel Sanrey (23 ans), Maurice Launois (26 ans), René Jakubas (18 ans) et Serge Dervaire (17 ans) ainsi que les sept canadiens se font passer auprès des Allemands pour des bûcherons, Gabriel Sanrey étant en tenue de garde forestier. Les Allemands semblent accepter puis les martyrisent et les assassinent, quant aux Canadiens, ils sont fait prisonniers. Le second groupe comprenant onze hommes échappe, providentiellement, aux recherches des Allemands, en restant groupé bien camouflés sous des feuillages autour d'un gros chêne. Quant aux époux Drouillot, ils sont interrogés, menacés, leur ferme-prieuré, est pillée et incendiée sous leurs yeux. Ils sont incarcérés pendant huit jours à Chaumont. Le lendemain 11 août les Allemands reviennent aux Bonshommes, et là ils tirent sur les personnes présentes. Le fils des époux Douillot, Bernard âgé de 11 ans est tué par une rafale alors qu'il s'enfuyait. Ses parents ne connaîtront son décès qu'en sortant de prison.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1984 1990 Léon Pincemaille    
1990 2001 Jean Graillot    
2001 2010 Alain Bruncher    
2010   Michel Truilhé    
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 64 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
269 265 267 203 293 299 300 312 321
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
312 303 267 257 263 214 195 180 165
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
151 157 154 142 110 112 99 116 103
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
92 75 68 55 51 52 56 57 64
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Lieux, monuments et même objets…[modifier | modifier le code]

L'église Notre-Dame de l'Assomption (fin XIIe à début XIIIe) classée pour ses fresques probablement du XIVe siècle dont certaines sont dans un bon état de conservation. Elles représentent des saints et saintes sur les murs de la nef. Nous pouvons y voir sainte Marguerite sortir du ventre du dragon terrassé dont l'ombre est en train de se détacher. Saint Philippe et saint Thomas entre autres sont également présents.

Les vestiges du prieuré de bonshommes (désignant les Grandmontains : membres de l'ordre religieux de Grandmont inspiré par saint Étienne) sont désormais très peu visibles et de plus sur une propriété privée. Mais le rayonnement de ces lieux fut important au Moyen Âge notamment avec le commerce de denrées alimentaires et les échanges intellectuels.

Deux objets nous sont parvenus :

Le bas-relief en pierre intitulé le silence de Carrache visible sur le maître-autel de l'église communale et offert à la commune par le propriétaire de l'ancien prieuré.

La croix de Mathons, crucifix en émaux sur cuivre, de trente-cinq centimètres de haut et vingt-cinq de large qui se compose de la croix principale complétée de quatre éléments à chaque extrémité (dont trois ont été répertoriés). Sur ceux à la gauche et à la droite du Christ sont représentés des animaux divins (un lion et un bœuf ailés tenant quelque chose dans leurs pattes probablement les saintes écritures). L'élément inférieur représente un saint tenant sur la poitrine une tablette. L'élément supérieur serait décoré également d'une représentation d'un personnage. Cet œuvre se trouve au Musée national du Moyen Âge de Cluny (Paris)[4]. La croix de Mathons est attribuée au Maître de l'autel de Grandmont (dont dépend le prieuré des Bonshommes (sur la commune de Mathons). Plusieurs symboles des évangélistes sont présents notamment sur les potences de la croix qui disposent de palmettes dorées, ourlée d'une zone émaillée en dégradée. Cette particularité se rencontre sur l'épaule et la cuisse du lion et du bœuf (potences latérales de l'œuvre) mais aussi sur l'aigle de saint Jean (présence sur une potence probablement du sommet (jadis propriété de Martin Le Roy)). La potence du pied (inférieure) n'a pas de reconnaissance, nous pouvons y observer un saint (probablement un évangéliste si nous nous référons aux symboles couramment utilisés par l'ordre) debout sur un arc de couleur, tenant une tablette et montrant sa main droite en forme de bénédiction. Plusieurs exemples de croix émaillées (un peu différentes sont visibles notamment dans les collections du Limousin (origine de l'ordre).

Cette œuvre (avec d'autres) est représentative de l'école d'orfèvrerie de Grandmont (issu des principes de vie de saint Étienne) qui s'ajoute aux capacité et spécificité de bâtisseurs de l'Ordre. En effet, sans doute grâce à la générosité des rois d'Angleterre principalement, Grandmont put entretenir une école d'orfèvrerie. C'est l'ordre de Grandmont qui diffusa les émaux limousins en France. De nombreuses dépendances grandmontaines possédaient des croix ou des reliquaires émaillés. Cette école fut enfin reconnue, et admirée, dès le milieu du XIXe siècle, une centaine d'années trop tard malheureusement, car la Révolution avait envoyé à la fonte les plus beaux exemplaires de cette école. Ce sont donc des vestiges qu'il nous reste, dont la collection réunie par Edmond du Sommerard, qui se trouve actuellement au Musée national du Moyen Âge (Cluny) à Paris.

Voir aussi la Châsse de Mathons (reliquaire en émaux à champs levés) inscrite au trésor de la cathédrale de Troyes.

Le plus bel exemple du passé et de son activité de sylviculture restent sans doute sa "Forêt de Mathons" qui se trouve au sud du village et permet de longues promenades en pleine nature (attention aux 4x4 qui disposent d'un petit parcours dans une portion) renseignez-vous également sur les périodes de chasse. Vous y rencontrerez également la stèle en souvenir des maquisards fusillés (voir article sur l'histoire de Mathons) situé à l'entrée de la forêt.

Est présent également un beau lavoir à l'ouest de la commune.

Sans oublier la fameuse "rue du Lac" et son hôtel qui prouvent que les habitants ont de l'humour. Le lac n'est en fait qu'une petite marre (boueuse à l'époque) aujourd'hui comblée, se situant derrière la mairie actuelle. Son fameux hôtel comportait une chambre avec vue …. sur le lac bien sûr. Café, Restaurant, Tabac, Téléphone et Hôtel on trouvait de tout dans cet établissement.

Les petites choses de la vie[modifier | modifier le code]

L'association Saint Fiacre soutenue par des bénévoles œuvre dans la commune pour l'embellissement (fleurissement estival des édifices et illuminations de Noël) et pour la conservation historique (ouverture de l'église aux journées du patrimoine).

Construit par les bénévoles de la commune, le camping « La Croix » situé à la croisée des chemins, à l'entrée du village.

En 2004, Mathons s'est équipé d'une connexion haut débit internet par satellite et Wifi. C'est l'un des tout premiers villages en France à proposer aux habitants une connexion à internet par ondes radio (Wifi)[réf. nécessaire] mais la particularité se présente également par une émission/réception via un satellite.

En 2006, les habitants ont voté pour attribuer un nom à chacune de leurs rues.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://perso.orange.fr/grandmont/Mathons.html
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  4. À propos d'un lion champlevé limousin : La survivance d'un thème sassanide Geneviève Souchal Gesta, Vol. 15, No. 1/2, Essays in Honor of Sumner McKnight Crosby (1976), pp. 285–292 doi:10.2307/766778