Mathilde en Bavière

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Mathilde en Bavière (v. 1870)

Mathilde Ludovica, duchesse en Bavière et comtesse de Trani (née le 30 septembre 1843 à Munich – décédée le 18 juin 1925 à Munich) était une des filles du duc Maximilien en Bavière et de son épouse née Ludovica de Bavière, fille cadette du roi Maximilien Ier. Ses proches l'avaient affectueusement surnommée Spatz (« moineau » en allemand) pour sa gaieté.

Elle est la sœur de :

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Mathilde reçoit la même éducation sans contrainte que ses frères et sœurs, l'hiver dans le palais de la Résidence à Munich (Die Residenz), l'été à la campagne près du lac de Starnberg au château de Possenhofen, surnommé Possi par toute la famille.

Elle a 8 ans quand sa sœur Elisabeth dite Sissi épouse leur cousin utérin l'Empereur d'Autriche. Dès lors, Mathilde et ses sœurs deviennent de facto des partis intéressants. C'est une revanche pour leur mère, meurtrie de n'avoir pas épousé une tête couronnée.

Mariage[modifier | modifier le code]

Marie-Sophie et son époux le roi François II des Deux-Siciles
Marie-Thérèse de Bourbon, princesse de Hohenzollern

En 1859, une sœur de Mathilde, Marie-Sophie, épouse le roi François II des Deux-Siciles. Les Deux-Siciles sont peu après envahies par les chemises rouges de Garibaldi, et après deux ans de lutte, le couple royal trouve refuge à Rome sous la protection du pape Pie IX, tandis que le royaume de François II est intégré au nouveau royaume d'Italie. Marie-Sophie s'ennuie auprès de son mari et, avec sa sœur aînée l'impératrice d'Autriche, Elisabeth, elle décide d'arranger le mariage de leur cadette. Ainsi, le 5 juin 1861, Mathilde épouse à Munich le prince Louis (Luigi) des Deux-Siciles, Comte de Trani, second fils du roi Ferdinand II des Deux-Siciles. Les deux couples vivent en exil à Rome où les deux sœurs, inséparables, sont souvent rejointes par leurs autres sœurs et reforment alors le cercle de Possi.

À l'instar de sa sœur et belle-sœur Marie-Sophie, Mathilde s'entend mal avec son mari. Le prince, jeune homme plein de vie, s'était brillamment illustré dans la défense de la forteresse de Gaëte et avait vivement reproché à son demi-frère l'abandon de la citadelle. Amer, il se réfugie dans l'alcoolisme et la débauche. Le couple Trani vit une séparation officieuse, Mathilde voyageant à travers l'Europe en compagnie de sa sœur, bénéficiant du soutien financier de la famille Rotschild. Mathilde prend un amant, le diplomate espagnol Salvador Bermudez de Castro, marquis de Lema, (dont elle aurait eu une fille en janvier 1864) puis se réconcilie avec son mari.

Le 15 janvier 1867, elle met au monde une fille, Marie-Thérèse-Madeleine, dont la légitimité n'a jamais été mise en doute. La jeune Marie-Thérèse sera très proche de sa cousine, l'archiduchesse Marie-Valérie d'Autriche, et épousera en 1889 Guillaume, Prince de Hohenzollern-Sigmaringen. Le couple donnera une petite-fille et deux petits-fils à Mathilde, veuve depuis quelques années. En effet, le 8 juin 1886, le comte de Trani, a été découvert sans vie dans un hôtel parisien et l'on a parlé, sans vraiment savoir, de suicide.

Mathilde s'installe avec sa fille dans la ville thermale de Baden-Baden. Concommitamment, le roi Louis II de Bavière, cousin de Mathilde et chef de la Maison de Wittelsbach est déclaré fou, destitué et retrouvé noyé dans le lac de Starnberg, non loin de Possenhofen. Trois ans plus tard, c'est le fils d'Élisabeth, le Rodolphe d'Autriche, qui est découvert sans vie dans un pavillon de chasse au côté de sa maîtresse, une jeune fille mineure. Hélène, princesse de Tours et Taxis, l'aînée de la fratrie, a aussi perdu un fils précocement et a dû être internée pendant quelque temps. Une autre sœur, Sophie Charlotte, duchesse d'Alençon, a aussi passé plusieurs mois dans une clinique pour soigner ses nerfs malades. À chaque fois, les princesses étaient soutenues par leur frère Charles-Théodore qui, veuf à 28 ans, avait quitté l'armée pour entreprendre tardivement des études de médecine avant de devenir un ophtalmologue réputé.

Hélène et Sophie-Charlotte trouvent le réconfort dans la religion. La première meurt en 1890 à 56 ans, la seconde périt brûlée vive dans l'incendie du Bazar de la Charité à Paris en 1897. L'année suivante, Élisabeth est assassinée à Genève.

Mathilde n'a pas non plus été épargné par les épreuves. À l'instar de ses frères et sœurs, elle souffre de tendances dépressives et son frère, le prince-médecin Charles-Théodore, déclare non sans humour « nous avons tous un grain dans la famille ».

Plus grave, sa fille unique, la princesse de Hohenzollern développe une sclérose multiple, maladie dégénérative face à laquelle la médecine de l'époque se déclare impuissante. Mathilde, trois fois grand-mère, se consacre entièrement à son unique enfant. Marie-Thérèse meurt en 1909, âgée de 42 ans.


En 1912, sa petite-fille Augusta-Victoria de Hohenzollern épousait l'ex-roi Manuel II de Portugal. La petite Spatz avait depuis longtemps perdu sa gaieté et sa vivacité. Comme ses sœurs, elle était une femme brisée. Elle survécut encore à la Grande Guerre et vit s'effondrer les monarchies séculaires européennes. Sa sœur et elle durent se résoudre à économiser. En 1923/1924, la comtesse de Trani eut un accident qui l'obligea à porter une prothèse rééducatrice qui la fit beaucoup souffrir.

Sa sœur et souveraine Marie, ex-reine des Deux-Siciles s'éteignit au début de l'année 1925 non sans s'être opposée - en vain - au futur mariage de sa petite-nièce Marie-José de Belgique avec le prince héritier d'Italie,arrière-petit-fils de "l'usurpateur". Mathilde la suivit de peu et s'éteignit le 18 juin de la même année.