Mathilde de Ringelheim

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Sainte Mathilde
Image illustrative de l'article Mathilde de Ringelheim
Reine
Naissance vers 896
Décès  
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 14 mars
Saint patron des familles nombreuses


Sainte Mathilde de Ringelheim[1] ou Maud de Ringelheim (vers 896 - † 14 mars 968), fille du comte de Westphalie Théodoric de Ringelheim, fut l'épouse du duc de Saxe, le futur Henri l'Oiseleur, roi de Francie orientale, et la mère d'Otton I, fondateur du Saint-Empire romain germanique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les détails de sa vie proviennent en grande partie d'une Histoire des Saxons (Res gestae saxonicae sive annalium libri tres (en)) rédigée par le moine chroniqueur Widukind de Corvey et de deux hagiographies (la vita antiquior et la vita posterior) écrites respectivement vers 974 et vers 1003[2].

Fille du comte de Westphalie Théodoric de Ringelheim (ou en allemand Dietrich von Ringelheim et en français Thierry) et de son épouse Reinhild (d'origine dano-frisonne), ses biographes lui attribuent comme ancêtre le fameux héros saxon Widukind de Saxe. Jeune fille, la princesse saxonne fut envoyée à l'abbaye d'Herford dirigée par son aïeule paternelle Maud. Réputée pour sa beauté et sa vertu, la tradition raconte qu'elle attira l'attention d'Otton Ier de Saxe qui la fiança à son fils Henri dès que celui-ci eut divorcé de sa première épouse, Hateburge.

Mariés en 909 à Wallhausen (qui constitua la dot), ils eurent trois fils et deux filles :

  1. Hedwige de Saxe, épouse de Hugues le Grand, marquis de Neustrie et duc des Francs.
  2. Otton Ier, roi puis empereur de Germanie.
  3. Gerberge de Saxe, épouse de Louis IV d'Outremer, roi de France.
  4. Henri Ier de Bavière.
  5. Brunon, archevêque de Cologne.

Lors de la désignation d'Otton comme héritier, en septembre 929, Henri accrut considérablement les biens de Mathilde pour la prémunir en cas de veuvage. Il lui concéda l'usufruit sur les domaines de Quedlinbourg, Pöhlde, Nordhausen, Grone et Duderstadt (mais elle ne pouvait pas se remarier).

Veuve d'Henri l'Oiseleur après vingt-trois ans d'un mariage heureux, elle resta à la cour de son fils Otton I. Elle fut bientôt accusée par des conseillers royaux de dilapider le trésor royal par ses nombreuses aumônes. Elle prit également le parti de son fils cadet Henri Ier de Bavière et de son gendre Giselbert lors de la grave révolte de la Lotharingie en 939 contre Otton.

Dépouillée de tous ses biens d'origine royale mais conservant son héritage personnel en Saxe occidentale, elle se retira au monastère d'Enger en Westphalie. À la demande de la reine Edith de Wessex, épouse d'Otton, les deux princes se réconcilièrent ensuite avec leur mère, la rétablissant à la cour dans sa première fortune. Ayant fondé de nombreuses institutions religieuses, comme un centre théologique et quatre monastères bénédictins, dont l'abbaye de Quedlinbourg avec une communauté de chanoinesses (Frauenstift) sur la colline du château, où les filles de la haute noblesse étaient éduquées. C'est dans cette abbaye qu'elle mourut au cours d'une de ses nombreuses retraites spirituelles. Elle s'y fit enterrée auprès de son mari Henri[3].

Culte[modifier | modifier le code]

Elle consacra le reste de sa vie à des œuvres charitables et aux prières ; son premier biographe la décrit (dans un passage redevable à la Vie de sainte Radegonde rédigée au VIe siècle par Venance Fortunat) quittant furtivement le lit de son mari en plein milieu de la nuit pour aller réciter tout le psautier avant le chant du coq. La tradition rapporte aussi, que, pendant son agonie, elle se fit coucher sur un cilice et se répandit elle-même de la cendre sur le chef. Sa fille Gerberge envoya de France un drap doré pour recouvrir son cercueil.

Sa grande dévotion lui valut la canonisation, son culte étant surtout répandu en Saxe et en Bavière. L'Église catholique la fête le 14 mars. Elle est la patronne des familles nombreuses et est invoquée pour venir en aide aux parents en conflit avec leurs enfants[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Généalogie de Mathilde sur le site Medieval Lands
  2. (en) Deborah Mauskopf Deliyannis, Historiography in the Middle Ages, Brill,‎ 2003, p. 78
  3. a et b (en) Lise Fournier Ausman, Lise Fournier Ausman's Genealogy, Ausman,‎ 2003, p. 85