Mathieu de la Drôme

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Mathieu de la Drôme

Antoine Philippe Mathieu dit Mathieu de la Drôme (né le 7 juin 1808 à Grand Serre, près de Romans - mort le 16 mars 1865 dans cette ville) était un homme politique et savant français.

La trajectoire politique de Mathieu de la Drôme[modifier | modifier le code]

Fils d᾿agriculteur, Mathieu étudie au petit séminaire de Valence. Puis il s᾿installe à Lyon et fonde un cours privé, où il donne des conférences littéraires et scientifiques. Il prend part à la révolution de 1830. En 1846, il quitte Lyon pour Romans où il crée un nouvel établissement, l᾿Athénée des belles lettres. Dans les années 1840, il s᾿engage dans l᾿action politique, participe à des banquets réformistes, s᾿exprime en faveur d᾿un abaissement du cens électoral. Le suffrage universel (masculin), conçu comme le moyen d᾿émancipation des couches populaires, est le grand credo de Mathieu. Mais son activisme inquiète les autorités : l᾿Athénée, où il donne des cours d᾿économie politique, est interdite.

Ses positions se radicalisent : d᾿un réformisme modéré, qui voyait dans la monarchie de Juillet la perspective d᾿une émancipation politique et sociale, il évolue vers des convictions républicaines et socialisantes. En 1847, il fonde une revue mensuelle, La voix d᾿un solitaire. Elle fait partie, avec Le courrier de la Côtes d'Or de Pierre Joigneaux ou Le patriote des Alpes de Saint-Romme, de ces publications locales, de diffusion restreinte, qui constituent le gros de la production éditoriale républicaine sous la monarchie de Juillet.

Mathieu accueille avec enthousiasme la révolution de 1848. Chef de file des républicains de la Drôme, il est élu à la Constituante le 23 avril, et y gagne son surnom. Il siège à l᾿extrême gauche, avec la Montagne, et se fait connaître en défendant — vainement — l᾿inscription du “ droit au travail ˮ dans le préambule de la Constitution. En novembre 1848, il participe à la Solidarité républicaine avec Ledru-Rollin et Charles Delescluze. Réélu à l᾿Assemblée aux élections de mai 1849, il s᾿oppose à la politique du prince-président. Il est expulsé vers la Belgique au moment du Coup d'État du 2 décembre 1851 mais il peut regagner la France dès l'été 1852, après quelques mois d᾿exil.

Mathieu de la Drôme et la science météorologique[modifier | modifier le code]

Sous le second Empire, Mathieu de la Drôme se fait connaître en publiant un ouvrage consacré à la prédiction du temps par les phases lunaires (De la prédiction du temps, 1862). Il adresse de nombreuses prédictions aux journaux et à l'Académie des sciences. S'ensuit une polémique au cours de laquelle il s'affronte au directeur de l'Observatoire de Paris, Urbain Le Verrier, sur fond d'enjeux politiques (Le Verrier est l'un des principaux soutiens de Napoléon III au sein du monde savant).

En novembre 1863, Mathieu de la Drôme publie le premier numéro d'un Almanach annuel, basé sur ses prédictions. Le succès de cette publication va être massif. Les almanachs Mathieu de la Drôme paraissent sans discontinuer pendant plus de soixante-quinze ans, de 1863 à 1939. En effet, la mort de Mathieu de la Drôme n᾿interrompt pas la publication. Son gendre, Louis Neyret, reprend dès l'édition de 1866 la fonction de pronostiqueur. Après le gendre, ce sera au tour d'Ernest Dupuy, le petit-fils de Mathieu de la Drôme, de diriger cette publication jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale.

Sources[modifier | modifier le code]