Math (mythologie celtique)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Math.

Dans la mythologie celtique brittonique, Math, fils de Mathonwy[1] est un souverain du Gwynedd, qui a l’obligation, en temps de paix, de demeurer avec les pieds posés dans le giron d’une vierge, dans sa résidence de Caer Dathyl[2], sous peine de mort. Il ne peut déroger à cette contrainte que pour aller à la guerre. Il est l’un des personnages de la quatrième branche du Mabinogi : « Math fils de Mathonwy ».

La quatrième branche du Mabinogi[modifier | modifier le code]

Le viol de Goewin[modifier | modifier le code]

Goewin, « la plus belle jeune fille que l’on connut de sa génération », est la jeune vierge dans le giron de laquelle, Math doit mettre ses pieds, quand il n’est pas à la guerre[3]. Il ne peut même pas faire la tournée de son royaume, deux de ses neveux Gilfaethwy et Hyfeidd s’en chargent. L’un d’eux, Gilfaethwy, est tombé amoureux de Goewin et son autre frère le magicien Gwydion imagine un stratagème pour que Math s’éloigne de Goewin. Il s’agit de provoquer une guerre entre le Gwynedd, le Powys et le Deheubarth. Gwydion informe son oncle que des porcs fabuleux, venus de l’Annwvyn, étaient arrivés chez Pryderi, le prince de Dyfed. Et qu’il peut se les approprier avec onze de ses compères déguisés en bardes[4].

À la résidence de Pryderi, les faux bardes sont reçus à la cour et Gwydion, qui est un excellent conteur, charme son auditoire en racontant une histoire. Puis il révèle le but de sa visite et échange les porcs contre 12 étalons et 12 lévriers, qui ne sont que le fruit de sa magie et n’existent que 24 heures. Gwydion et ses complices rentrent en Gwynedd avec Pryderi et ses armées à leurs trousses. Le soir même, pendant que Math est à la guerre, Gilfaethwy en profite pour violer Goewin. La bataille est un grand massacre et elle prend fin quand Gwydion tue Pryderi dans un combat singulier. De retour à la résidence royale, Goewin apprend à Math qu’elle ne peut plus assumer sa fonction de « porte-pieds » puisqu’elle n’est plus vierge et lui raconte le viol. Il l’épouse pour préserver son honneur et lui « remet l’autorité sur ses domaines ». En guise de punition, il transforme ses neveux, l’un en cerf et l’autre en biche, les condamne à avoir un petit et les bannit. Puis, il les transforme en laie et en sanglier et ensuite en loup et en louve et, au bout de trois années, leur rend apparence humaine. Les trois enfants qu’ils eurent pendant ces transformations sont Hyddwn, Hychtwn et Bleiddwn.

Les trois interdits de Llew Llaw Gyffes[modifier | modifier le code]

À la recherche d’une vierge pour succéder à Goewin, le nom d’Arianrhod, fille de Dôn et nièce du roi, est suggéré. Pour s’assurer de sa virginité, elle doit subir une épreuve qui consiste à passer sur la baguette magique de Math. Or, elle donne immédiatement naissance à deux fils. Le premier, à peine baptisé, rejoint la mer et se fond dans l’océan, d’où son nom Dylan Eil Ton, c’est-à-dire « Dylan fils de la vague ».

Le second enfant est dérobé par Gwydion, qui le met secrètement en nourrice ; il grandit deux fois plus vite que la normale. Successivement, sa mère va lui jeter trois sorts ou interdits (geisa dans les mythes irlandais) :

  • Il n’aura pas de nom, si ce n’est celui que sa mère voudra bien lui donner ;
  • Il ne pourra jamais porter d’armes, à moins qu’elles viennent de sa mère ;
  • Il n’aura pas de femme humaine.

Gwydion, usant de magie, contraint Arianrhod à faire ce qu’elle avait défendu : elle nomme son fils Llew Llaw Gyffes (« Lleu à la Main Sûre ») et elle l’aide à revêtir une armure. Pour le troisième tabou, Math et Gwydion unissent leurs dons de magie pour créer, avec des fleurs, une femme (« la fille la plus belle et la plus parfaite du monde[5] ») qui est appelée Blodeuwedd (« Aspects de Fleurs »). Puis Math lui donne le cantref de Dinoding et en fait le souverain.

Les enfants de Dôn[modifier | modifier le code]

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dôn
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Gwydion
 
Hyfeidd
 
Gilfaethwy
 
Amaethon
 
Gofannon
 
Arianrhod
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Hyddwn
 
Hychtwn
 
Bleiddwn
 
 
 
Dylan Eil Ton
 
Llew Llaw Gyffes

Math dans le schéma trifonctionnel[modifier | modifier le code]

Compléments[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. On trouve les graphies Math fab Mathonwy et Math ap Mathonwy.
  2. La localisation exacte de ce toponyme est l’objet de discussions, sans que la question soit tranchée. Voir note n° 4 de Pierre-Yves Lambert dans Les Quatre branches du Mabinogi, page 362.
  3. « [...] si l’on se rappelle que le pied est un substitut phallique bien connu, nous sommes là évidemment dans une nouvelle expression de l’union nécessaire entre le roi et son royaume, d’autant que la vierge en question est appelée Aranrhod « la Grande Roue », une des formes attestées de la Terre-mère ». Claude Sterckx, Mythologie du monde celte, page 247.
  4. Les bardes sont une catégorie de druides, dans la civilisation celtique, ils appartiennent donc à la classe sacerdotale. Voir Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux, Les Druides, pages 33 à 44, « Définitions et distinctions : druides, vates et bardes ».
  5. Les Quatre branches du Mabinogi, page 112.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Anonyme, Les Quatre branches du Mabinogi et autres contes gallois du Moyen Âge, Paris, éditions Gallimard, coll. « L'aube des peuples »,‎ octobre 1993, 415 p. (ISBN 2-07-073201-0)
    traduit du moyen gallois, présenté et annoté par Pierre-Yves Lambert.
  • Paul-Marie Duval, Les Dieux de la Gaule, Paris, éditions Payot,‎ février 1993, 169 p. (ISBN 2-228-88621-1)
    Réédition augmentée d'un ouvrage paru initialement en 1957 aux PUF. Paul-Marie Duval distingue la mythologie gauloise celtique du syncrétisme dû à la civilisation gallo-romaine.
  • Albert Grenier, Les Gaulois, Paris, Petite bibliothèque Payot,‎ août 1994, 365 p. (ISBN 2-228-88838-9)
    Réédition augmentée d'un ouvrage paru initialement en 1970. Albert Grenier précise l’origine indo-européenne, décrit leur organisation sociale, leur culture et leur religion en faisant le lien avec les Celtes insulaires.
  • Christian-J. Guyonvarc'h, Magie, médecine et divination chez les Celtes, Bibliothèque scientifique Payot, Paris, 1997 (ISBN 2-228-89112-6).
  • Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux :
    • Les Druides, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », Rennes, 1986 (ISBN 2-85882-920-9) ;
    • La Civilisation celtique, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », Rennes, 1990 (ISBN 2-7373-0297-8) ;
    • Les Fêtes celtiques, Rennes, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire »,‎ avril 1995, 216 p. (ISBN 9782737313158)
      Ouvrage consacré aux quatre grandes fêtes religieuses : Samain, Imbolc, Beltaine, Lugnasad.
  • Philippe Jouët, Aux sources de la mythologie celtique, Yoran embanner, Fouesnant, 2007 (ISBN 9782914855372).
  • Venceslas Kruta, Les Celtes, Histoire et Dictionnaire, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins » , Paris, 2000 (ISBN 2-7028-6261-6).
  • Claude Sterckx, Mythologie du monde celte, Paris, Marabout,‎ octobre 2009, 470 p. (ISBN 978-2-501-05410-2).
  • Consulter aussi la bibliographie sur la mythologie celtique et la bibliographie sur la civilisation celtique.

Articles connexes[modifier | modifier le code]