Match de football Chili – URSS (1973)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Chili - URSS Football pictogram.svg
Estadio Nacional de Chile 2.jpg
L'Estadio Nacional de Chile (en 2006) où s'est déroulé le match, le 21 novembre 1973.
Contexte
Compétition Éliminatoires de la Coupe du monde 1974
Date 21 novembre 1973
Stade Estadio Nacional de Chile
Lieu Santiago, Chili
Affluence 40 000 spectateurs
Résultat
Chili Drapeau : Chili 1 - 0 Drapeau : URSS Union soviétique
Mi-temps 1 - 0 0
Buteur(s) But inscrit après ? minutes ?e Drapeau : Chili Francisco Valdés
Arbitrage  ?

Le match de football Chili - URSS du 21 novembre 1973 est un match de football opposant l’équipe du Chili de football à celle de l'URSS à l'Estadio Nacional de Chile, remporté un but à zéro par le Chili. Même si l'URSS déclara « forfait » pour ce match de barrage retour des qualifications pour la coupe du monde de football 1974 pour des raisons liées au coup d'État du 11 septembre 1973 au Chili, le match a eu lieu ; sans adversaire opposé à l'équipe du Chili, qui dut tout de même marquer dans un but vide (but inscrit par[1] Francisco « Chamaco » Valdés Muñoz), pour valider sa qualification à la coupe du monde (le match aller à Moscou s'était terminé sur un score nul, 0 à 0).

Le contexte[modifier | modifier le code]

Vue du stade national et de militaires, en septembre 1973.

Le 26 septembre 1973 et malgré le coup d'État du 11 septembre 1973, les équipes du Chili et d'URSS s'opposent (0 - 0) à Moscou pour le match aller du barrage qualificatif pour la coupe du monde de football de 1974. À Santiago du Chili, la police à la solde du Géneral Pinochet réquisitionne dès le 12 septembre 1973, le stade national pour y parquer, torturer et exécuter des milliers d'opposants[2]. Le stade n'était donc pas « disponible » pour organiser le match retour, mais les autorités sportives chiliennes promirent qu'il serait effectivement disponible pour la date prévue du match retour[2] ; le comité d'organisation de la FIFA en prit acte et entérina la date du 21 novembre 1973, sous réserve toutefois, du retour positif d'une délégation dédiée[2]. Les deux délégués la composant, le Suisse Helmut Käser et Abilio d'Almeida[Note 1], rendirent un rapport rassurant et même quelque peu surréaliste compte tenu de la situation chilienne à l'époque :

« Nous avons trouvé que le cours de la vie était normal, il y avait beaucoup de voitures et de piétons, les gens avait l'air heureux et les magasins étaient ouverts[2]. »

— Helmut Käser, Abilio d'Almeida, (en) Report on visit by Mr. A. d'Almeida, Vice-President and Dr H.Käser, General Secretary, to Santiago de Chile on 23 and 24 october 1973.

Toujours selon le rapport précité, le stade national constituait un simple « centre d'orientation » [sic], alors même que la presse internationale le surnommait « stade de la mort »[2]. Un télégramme fut donc envoyé par la FIFA, à la fédération soviétique, confirmant la faisabilité du match retour au Chili[2]. La fédération soviétique demanda alors expressément, la tenue du match dans un pays tiers[3]  ; cette proposition lui fut refusée[Note 2].

Le « match »[modifier | modifier le code]

Francisco « Chamaco » Valdés Muñoz, le buteur du « match ».

À la date du 21 novembre 1973, le stade national, camp de concentration depuis le 12 septembre, avait retrouvé l'apparence d'une enceinte sportive classique.

Contre toute attente, le match eut bien lieu : onze joueurs chiliens restèrent donc 90 minutes (sous un contrôle arbitral habituel et devant 40 000 spectateurs[4]) sur la pelouse du stade national[1], quand bien même aucune adversité ne leur était proposée. L'équipe chilienne se contenta du score minimum permettant la qualification pour la coupe du monde, 1 à 0[Note 3], but de Francisco Valdés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Alors vice-président de la FIFA et proche de João Havelange alors président de la fédération brésilienne et futur président de la FIFA.
  2. Le refus de l'URSS d'aller jouer au Chili, semble donc plus lié à l'utilisation du stade national à des fins de prison et de centre de tortures d'opposants, qu'au coup d'État lui-même : en effet, le match aller s'étant déroulé après le coup d'État, l'URSS aurait alors pu boycotter la double confrontation dans son ensemble.
  3. À noter tout de même, que la FIFA indique (au 28 avril 2012), le score de 2 à 0 sur son site web.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (es) [vidéo] Gol fantasma de Francisco Chamaco Valdez sur YouTube.
  2. a, b, c, d, e et f Paul Dietschy, Histoire du football, Paris, Éditions Perrin (Pour l'Histoire),‎ avril 2010, 607 p. (ISBN 978-2-262-02710-0), p. 289-289.
  3. (en) News from the FIFA World Cup committee, FIFA News, numéro 127, décembre 1973.
  4. (en) « A Brief History of Qualifying 1974-2002 », sur planetworldcup.com (consulté le 14 avril 2012).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]