Massoud Radjavi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Massoud Radjavi

Massoud Radjavi (né en 1948) est le président du Conseil national de la résistance d'Iran (CNRI), qu'il a fondé en 1981 et qui regroupe différentes organisations d'opposition iranienne ; et un dirigeant de l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien.

Jeunesse, opposition au Shah[modifier | modifier le code]

Durant ses études à l'université de Téhéran, Massoud Radjavi adhère à l'Organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI) en 1967 et devient le plus jeune membre du comité central de cette organisation d'opposition à la dictature du Shah. En 1971, tous les dirigeants du mouvement sont arrêtés, puis exécutés. Massoud Radjavi, condamné à mort, voit sa sentence commuée en peine de prison à perpétuité grâce à une campagne internationale menée depuis Genève (Suisse) par son frère Kazem Radjavi, professeur de sciences politiques, qui sera finalement assassiné en 1990 par les services secrets iraniens.

Massoud Radjavi passe alors sept ans dans les prisons du Shah et ne retrouve la liberté que peu avant la révolution iranienne de 1979.

Opposition à Khomeiny[modifier | modifier le code]

Après sa sortie de prison, Radjavi réorganise l'OMPI, et se présente à la première élection présidentielle en Iran, en 1980. Il est le candidat d'une coalition de partis de gauche et du centre et des minorités ethniques et religieuses, mais sa candidature est annulée par Khomeiny lui-même, qui déclare que ceux qui n'ont pas voté pour la constitution, n'ont pas le droit de se présenter.

En juin 1981, une grande manifestation pacifique organisée par l'OMPI et réclamant le respect des libertés est réprimée dans le sang. L'OMPI se lance alors dans la lutte armée contre le régime islamiste.

Exil[modifier | modifier le code]

En 1982, il s'enfuit pour la France à bord d'un Boeing d'Iran Air détourné avec l'aide de quelques-uns de ses partisans. Le premier président de la République islamique d'Iran, Bani Sadr l'accompagne à bord. Arrivés à Paris, ils obtiennent immédiatement le statut de réfugié politique et bénéficieront pendant plus de six ans de la mansuétude du gouvernement socialiste français, surtout du président de la République François Mitterrand.

Quelques mois après la mort au combat de sa première épouse Achraf Radjavi et de son bras droit Moussa Khiabani toujours restés en Iran, il se marie avec Firouzeh Bani Sadr, la fille de son allié politique du moment, l'ancien président Bani Sadr, avec lequel il fonde formellement à Paris le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), coalition qui regroupe la plupart des mouvements d'opposition, notamment les Kurdes iraniens, à l'exclusion des monarchistes. Ce mariage sera dissous dès que des dissensions politiques avec le père apparaîtront. Massoud Radjavi épouse ensuite, en 1985, Maryam Abrichantchi, cadre inférieur du mouvement mais dont le potentiel charismatique est rapidement décelé par le leader. Politiquement, son rôle est de coaliser toutes les femmes iraniennes, dont le statut social est brutalisé par l'idéologie islamiste.

Lors de la première cohabitation française, le Premier ministre Jacques Chirac expulse Massoud Radjavi du territoire français pour réchauffer les relations diplomatiques franco-iraniennes et régler certains dossiers électoralement sensibles, notamment la question des otages français au Liban.

L'installation en Irak[modifier | modifier le code]

Expulsé de France, le mouvement trouve repli en 1986 chez Saddam Hussein et s'installe dans un territoire de 36 km2, nommé pour l'occasion "Camp d'Achraf" en mémoire de la première épouse du leader. Saddam Hussein dote rapidement le mouvement d'un matériel de guerre important, comptant notamment des dizaines de tank pris à l'Iran pendant la guerre Iran-Irak. Désormais intitulée "Armée de Libération Nationale Iranienne" (ALNI), cette armée est présentée par l'OMPI comme le glaive qui fera tomber Khomeiny.

Lumière éternelle[modifier | modifier le code]

En 1988, l'OMPI organise sa première grande opération militaire lancée depuis le territoire irakien contre le territoire iranien. Cette attaque, "bapteme du feu" est intitulée "Lumière Eternelle"[1]. En l'absence de soutien logistique international, cette attaque est considérée pour les uns comme un échec où de nombreux Moudjahidin périront et pour ces derniers comme une victoire puisqu'elle a ébranlé le régime des mollahs et a permis de s'emparer de la ville garnison de Mehran où l'ALNI a saisi pour 2 milliards de dollars d'armement (dont 200 chars d'assaut, des véhicules blindés, des canons et des centaines de tonnes de munition). Hystérique de colère, l'ayatollah Khomeiny punira très durement cette opération militaire en faisant brutalement exécuter tous les moudjahidin détenus dans ses prisons depuis la Révolution, notamment Monireh Radjavi, la sœur cadette du leader Massoud. La fatwa du Guide suprême ordonnant ce massacre a été officiellement publiée par le régime[2]. Pret de 30000 opposants sont exécutés en 2 mois. C'est aussi à cette époque que Khomeyni lance un vaste mouvement d'assassinat de ses opposants en exil. En 1990, Kazem Radjavi, frère du leader est exécuté à Genève par un commando des services secrets iraniens, tous porteur d'un passeport diplomatique. À Paris, Chapour Bakhtiar, l'ancien premier-ministre du Shah est égorgé avec son secrétaire. On dénombrera plus de 250 exécutions de cette nature dans le monde.

Les années d'Or[modifier | modifier le code]

De leur installation en 1987 en Irak jusqu'au 11 septembre 2001, déclencheur de l'invasion américaine en Irak, l'OMPI vivra ses années d'or. Vivant en vase clos, la principale activité du mouvement sera d'organiser épisodiquement des attentats en Iran et, surtout, de construire une puissante machine internationale de propagande pour se faire connaître auprès des chancelleries et parlements étrangers. En 1992, Maryam Radjavi revient s'installer en France pour garantir au mouvement une continuité du leadership en cas d'attaque massive de l'Iran contre l'ALNI et Massoud Radjavi, qui restera désormais avec ses troupes, au cœur du danger.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Iran Moudjahidines du peuple la résistance aux ayatollahs. Mehdi Abrichamtchi. Ed jean picollec 2004.p111
  2. Pasdasht e Haghighat par Mohsen Rezaee and Abbas Salimi-Namin. Page 147, 2002