Massinissa Guermah

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Massinissa Guermah

Naissance 1983
Beni Douala, Grande Kabylie
Décès (à 18 ans)
Alger
Nationalité algérienne
Pays de résidence Drapeau de l'Algérie Algérie
Diplôme

Massinissa Guermah est un jeune lycéen kabyle, mort le 20 avril 2001 à l'âge de 18 ans suite aux blessures subies le 18 avril dans les locaux de la gendarmerie de Beni Douala en Grande Kabylie[1]. Sa mort est à l'origine de la révolte kabyle de 2001-2002, ou « Printemps noir », qui a fait plus de cent morts et des centaines de blessés.

Histoire de l'affaire Guermah[modifier | modifier le code]

Le 22 avril 2001, le commandement de la gendarmerie nationale rend public un communiqué dans lequel il déclare que Massinissa Guermah a été interpellé « suite à une agression suivie de vol ». Le même jour, trois collégiens sont arrêtés arbitrairement dans la localité d'Amizour (Béjaïa) par le chef de brigade de la gendarmerie. De son côté, le ministre de l'Intérieur, Yazid Zerhouni, affirme indûment que Guermah est un « délinquant de vingt-six ans ». En réponse à cela, les parents envoient à la presse nationale un bulletin scolaire attestant que le jeune Massinissa est bel et bien un lycéen, âgé de dix-huit ans.

Ces fausses déclarations ainsi que l'arrestation arbitraire des trois collégiens provoquent alors, dans toute la région, une série de manifestations pacifiques pour dénoncer ces abus de pouvoir, le mépris, le reniement de la culture et de la langue kabyle, l'injustice sociale et le manque de liberté. Cette mobilisation citoyenne et pacifique est violemment réprimée par les forces anti-émeutes — gendarmerie et compagnies nationales de sécurité (CNS)—, ne laissant d'autre choix aux manifestants que le recours aux émeutes de rue.

Ces dernières touchent alors — et encore aujourd'hui — plusieurs villes et villages de l'est, de l'ouest, du sud et du centre du pays, exprimant un ras-le-bol généralisé de la société algérienne. Les manifestants s'attaquent à l'ensemble des édifices, symboles de l'État et du pouvoir central, dont les sièges d'APC, les daïras, les Impôts, les Contributions et les tribunaux[2].

L'instruction de l'affaire[modifier | modifier le code]

Sept jours après la mort de Massinissa Guermah, les autorités militaires annoncent la mise sous mandat de dépôt de Mestari Merabet, le gendarme responsable du décès du jeune homme. Ce dernier est déféré devant le tribunaI militaire de Blida pour « infraction aux consignes et homicide involontaire ». Pourtant, le témoignage de Koceila Merakeb, qui a été arrêté avec Massinissa, est plus qu'éloquent :

« Le gendarme Mestari Merabet s'avance, son Kalachnikov sur l'épaule. C'est alors qu'une première rafale résonne comme un bruit de tonnerre dans la salle d'attente. Deux balles ricochent sur le sol alors que la troisième atteint au pied un gendarme se trouvant à proximité. Merabet dirige ensuite son arme sur Massinissa. Le doigt sur la détente, il lâche une seconde rafale. »

Malgré ce témoignage devant le procureur du tribunal militaire de Blida, à ce jour le procès n'a pas encore eu lieu[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. "Le 18 avril 2001, un jeune lycéen de 19 ans, Guermah Massinissa, reçoit dans le corps, à l’intérieur des locaux de la Brigade de gendarmerie de Béni-Douala, et d’après le rapport d’autopsie, trois des six balles de kalachnikov tirées en rafale par le gendarme Mestari. L’une des balles tirées a blessé un autre gendarme qui se trouvait à proximité.
    Le jeune Guermah fut admis à la polyclinique de Béni-Douala, puis à l’hôpital de Tizi-Ouzou pour les premiers soins. Devant la gravité de ses blessures, il fut transféré à l’hôpital Mustapha à Alger. Il devait y décéder le 20 avril 2001 à 8h15.
    " D'après le Rapport Issad.
  2. a et b Algérie, le livre noir - Documents réunis et présentés par Reporters sans frontières, pages : 120 et 138. Editions : La Découverte, 2003.

Liens internes[modifier | modifier le code]