Massif de l'Esterel

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43° 30′ N 6° 49′ E / 43.5, 6.817

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Massif de l'Esterel
Image illustrative de l'article Massif de l'Esterel
Géographie
Altitude 618 m, Mont Vinaigre
Massif Chaîne pyrénéo-provençale
Longueur 15 km
Largeur 10 km
Superficie 320 km2
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Départements Var, Alpes-Maritimes
Géologie
Âge 250 millions d'années
Roches Roches volcaniques

Le massif de l'Esterel est un massif montagneux volcanique de faible altitude de 32 000 hectares, situé sur le bord de la mer Méditerranée au Sud-Est du Var à la frontière des Alpes-Maritimes, en France. La partie Est abrite le parc départemental de l’Esterel.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Vue du massif depuis Cannes.
Monts du massif de l'Esterel.

Plusieurs hypothèses existent concernant l'origine du nom du massif :

  • pré-latin ester (« rocher escarpé, gorge ») à rapprocher du village basque Esterenzubi et du chaînon d'Ester dans les Préalpes bavaroises (Bavière) ;
  • latin sterilis (à cause de la pauvreté des sols) ;
  • sueltiri du nom d'une tribu celto-ligure ayant occupé l'endroit.

Il est nommé Esterèu tant en occitan selon la norme classique qu'en provençal selon la norme mistralienne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Calanque dans le Massif de l'Esterel.

Situé dans le Sud-Est de la France, c'est un massif cristallin d'origine volcanique qui se jette dans la mer Méditerranée entre Saint-Raphaël (Var) et Mandelieu (Alpes-Maritimes).

Séparé des Maures par la vallée de l'Argens. Le relief est déchiqueté et profondément raviné (Grenouillet, Malinfernet...).

Le massif s'étend sur 320 km2 dont 130 km2 classés et protégés. 60 km2 de forêt domaniale sont entretenus par l'Office national des forêts.

Panorama sur le pic de l'Ours et le cap Roux ; en arrière-plan, le massif du Mercantour-Argentera et la baie de Cannes.

Principaux sommets[modifier | modifier le code]

Tour au sommet du mont Vinaigre

Géologie[modifier | modifier le code]

Pic du Cap Roux vu d'Anthéor.

C'est un massif hercynien (ancien). À la fin du Paléozoïque ou ère primaire, il y a 250 millions d'années (système Permien), une intense activité volcanique règne durant 30 millions d'années avec émission de basaltes puis de rhyolites rouges (volcan de Maure-Vieille). Puis, le massif subit une très forte érosion durant l'ère secondaire (Mésozoïque) (-150 millions d'années). Pendant les ères tertiaire (Cénozoïque) et quaternaire, le soulèvement alpin fait basculer le massif dans la mer Méditerranée.

Le massif est majoritairement composé de roches porphyriques (volcaniques), notamment de rhyolite qui lui donnent sa coloration rougeâtre (avec des veines ponctuelles d'esterellite bleue). Des roches de l’Esterel se retrouvent en Corse, la dérive datant de l'ère tertiaire.

De grandes failles orientées est-ouest (laves amarantes) sont présentes.

Climat[modifier | modifier le code]

Climat méditerranéen, étés chauds et secs, hivers doux et assez secs, automnes humides dus au fait que la Méditerranée emmagasine la chaleur, pluies pouvant être torrentielles entraînant une forte érosion.

Faune[modifier | modifier le code]

Cerf, sanglier, lézard, tortue d'Hermann, cigale, papillon, perdreau, faisan, lièvre...

Flore[modifier | modifier le code]

La flore de l'Esterel varie selon l'exposition : l'adret (versant sud), très ensoleillé et sec a une végétation typiquement méditerranéenne qui a dû s'adapter pour limiter l'évapotranspiration (feuilles vernissées et coriaces...). Le versant nord du massif (ubac) est plus frais et humide (microclimat assez proche du type alpin avec la présence de fougères, houx, bruyères...). La végétation a dû s'adapter à des sols très pauvres : sols volcaniques, durs et acides, donc peu dégradables et lessivés par les pluies. Le lac de l'Écureuil, point d'eau artificiel permanent jusqu'en 2009, offrait une végétation typique des milieux plus humides ; en 2009, après l'apparition de fissures dans la digue en terre du barrage, l'ONF a décidé de purger le lac et de détruire l'édifice. Le lac de l'Écureuil n'existe donc plus, et a laissé place à une prairie dans lequel serpente l'Agay. Subsiste en aval le lac du Grenouillet.

Strate arborée[modifier | modifier le code]

Pin maritime, pin parasol, chêne-liège, olivier... L'eucalyptus, importé d'Australie, y est devenu subspontané, et parfois considéré comme invasif.

Maquis et broussailles[modifier | modifier le code]

Lavande, genévrier, romarin, thym, arbousier, bruyère (callune), ciste, genet, myrte, mimosa, cinéraire, lentisque, férule...

Historique[modifier | modifier le code]

Époque protohistorique[modifier | modifier le code]

Paléolithique : présence de burins de Noailles sur le site de Gratadis près d'Agay. Les burins de Noailles sont des outils en silex. C'est un burin d'angle, parfois multiple, sur troncature et encoche d'arrêt (cf. musée archéologique de Saint-Raphaël). Les burins de Noailles tirent leur nom de la grotte éponyme en Corrèze, près de Brive.

Mégalithes : menhir d'Aire Peyronne, de la pierre levée, des veyssières

Occupation de l'Esterel par des peuples celto-ligures (par exemple les Ligauniens au-dessus de la ville de Fréjus). Retraite des Oxybiens après l'invasion romaine en 57 av. J.-C., ils laissent des constructions comme : oppidum du Rastel d'Agay, du mont Saint-Martin près de Mandelieu, sur le bonnet du Cappelan, au Barban les restes d'un village et enfin sur l'Auriasque une spectaculaire forteresse à double rempart en pierres sèches encore visible de loin aujourd'hui.

Les rhyolites ont été exploitées dès l'Antiquité pour la fabrication de meules, par exemple la meulerie de Bagnols-en-Forêt (pour les moulins à huile et à céréales). Des meules pratiquement dégagées ont été découvertes, signe que les habitants de l'époque avaient dû fuir devant un danger : une interruption de l'exploitation a eu lieu au XIVe siècle (période des grandes épidémies : peste...)

L'exploitation qui s'est poursuivie jusqu'au XVIIIe siècle. Des meules de rhyolites de l'Esterel ont été retrouvées dans l'épave d'un bateau de type sarrasin daté du Xe siècle.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Colonisation du rivage par les Grecs: fondation de Marseille par les Phocéens en 600 av. J.-C., villes d'Antipolis (Antibes) et de Nikaïa (Nice)...

Occupation ensuite par les Romains (la voie aurélienne, dallée et large de 2,50 m, reliait la région à Rome via Fréjus, forum Juli).

On a retrouvé une borne milliaire (du nom de la distance - le mille, 1,478 km - séparant la borne de Rome sur le tracé de l'actuelle Nationale 7, près de l'auberge des Adrets de l'Esterel)

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Voie d'accès à la grotte de Saint-Honorat
Grotte de Saint-Honorat (Sainte-Baume)

La Sainte Baume est la grotte de l'ermite Honorat d'Arles (Saint Honorat) (IVe siècle de l'ère chrétienne). Voir la Vida de sant Honorat du poète Raymond Féraud (XIIIe siècle). Les habitants du coin jaloux de la popularité de la Sainte Baume de Marie-Madeleine à l'ouest du département du Var donnèrent également ce nom à la grotte de saint-Honorat. Ils montaient lui rendre visite. Devant l'afflux de pèlerins, il s'exila quelques années plus tard sur l'île la plus inhospitalière des îles de Lérins, à laquelle il donna son nom. Au fils des siècles d'autres ermites s'installèrent également dans la grotte.

Depuis le XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Esterel5bv.jpg

Le massif a longtemps été le repaire de brigands : Gaspard de Besse (1757-1781), qui détroussait les voyageurs et agents du fisc au XVIIIe siècle, s'y abritait. Son histoire inspira Jean Aicard pour son roman Maurin des Maures. « Passer le pas » de l'Esterel était une expression fameuse et la toponymie témoigne encore de l'insécurité de ces lieux (cf Maison forestière de Malpey, « mauvaise montagne »)

Refuge également des forçats évadés du bagne de Toulon.

Au XIXe siècle, pénétration plus systématique et exploitation économique (bouchons à partir des chênes-lièges...). La route de la corniche d'Or est construite à l’initiative du Touring-Club de France entre 1901 et 1903[1].

Construction des Maisons Forestières (Trois Termes, Gratadis, Roussiveau...). Le nom de l'Ingénieur des Eaux et Forêts Auguste Muterse (1851-1922) reste attaché à cette période (construction des routes...)

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Une partie du Débarquement de Provence a lieu sur la plage du Dramont (Opération Anvil Dragoon, 15 août 1944) après qu'un commando a pris le viaduc d'Anthéor (plus à est).

Loisirs[modifier | modifier le code]

Randonnées, VTT, escalade (Roussiveau...)

Attention : durant l'été, et notamment durant les périodes de mistral, les routes sont fermées afin de protéger le massif, régulièrement victime des incendies (1986, 2003, 2007...). En 1964, la quasi-totalité de la forêt a été ravagée par un gigantesque incendie.

Accès[modifier | modifier le code]

Par l'autoroute française A8, sortie no 38 à Fréjus - Saint-Raphaël. Prendre la direction de Fréjus/Tour de Mare.

Pour visiter l'intérieur suivre la route nationale 7 qui chemine à l'intérieur du massif en passant par l'auberge des Adrets, près de son point culminant le mont Vinaigre.

Pour découvrir les calanques continuer en direction de Saint-Raphaël centre, puis Agay par Valescure. De nombreuses routes forestières sont accessibles, balisées par les panneaux d'information de l'Office national des forêts. À partir de la baie d'Agay, la route de la Corniche d'or, créée à l'initiative du Touring club de France, inaugurée officiellement le 11 avril 1903, longe la mer jusqu'à Cannes. L'opposition entre le rouge flamboyant des rochers et le bleu de la mer offre un paysage contrasté particulièrement émouvant au lever de soleil. Parmi les passages remarquables : le rocher Saint Bartélémy, la calanque d'Aurèle et la pointe de l'Esquillon. La route, extrêmement sinueuse, perdit son rang de Route nationale 7 dès l'entre-deux-guerres (1935) pour devenir Route nationale 98.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Écomusée du pays de la Roudoule, La Route des Grandes Alpes, Édition de l’écomusée du pays de la Roudoule, Puget-Rostang (ISSN 1246-1938), p 23

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]