Massacre de Wormhout

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50° 52′ 47″ N 2° 26′ 37″ E / 50.87972, 2.44361

Massacre de Wormhout
Illustration.
Informations générales
Date 28 mai 1940
Lieu La Plaine au Bois près de Wormhout et d'Esquelbecq
Issue Exécution de masse de prisonniers de guerre
Belligérants
2e bataillon du Royal Warwickshire Regiment, Cheshire Regiment, Royal Artillery, armée française 2e bataillon de la 1re régiment SS Leibstandarte Adolf Hitler
Pertes
80 morts, 15 blessés
Coordonnées 50° 52′ 47″ N 2° 26′ 37″ E / 50.8797, 2.4436150° 52′ 47″ Nord 2° 26′ 37″ Est / 50.8797, 2.44361  

Le massacre dit de Wormhout ou massacre de la Plaine au Bois est un crime de guerre perpétré par la Waffen SS envers 80 prisonniers de guerre français et britanniques durant la Bataille de France en mai 1940.Il s'est déroulé en réalité sur le territoire d'Esquelbecq.

Combats[modifier | modifier le code]

Durant la retraite du corps expéditionnaire britannique vers Dunkerque, la 48th Division (en) tenait la route qui va de Bergues à Hazebrouck via Wormhout et Cassel pour retarder l'avance allemande. Faute de munitions et d'appui blindé, les unités britanniques à Wormhout furent débordées par l'avancée des soldats allemands, la Leibstandarte Adolf Hitler, régiment SS appuyée par des blindés du 3° panzer régiment. Ayant épuisé toutes leurs munitions, les troupes britanniques se rendirent, pensant être emprisonnées en respect de la convention de Genève.

Massacre[modifier | modifier le code]

Après leur reddition, les soldats du second bataillon du Royal Warwickshire Regiment (en), du Cheshire Regiment (en), et de la Royal Artillery ainsi qu'un militaire français en charge d'un dépôt militaire sont emmenés dans une grange de La Plaine au Bois près de Wormhout à Esquelbecq le 28 mai 1940. Les troupes alliés s'inquiètent de plus en plus du comportement brutal des soldats SS lors du trajet vers la grange, avec la fusillade d'un certain nombre de traînards blessés. Arrivé à la grange, un officier britannique, le capitaine J.F Lynn Allen, proteste mais il est immédiatement réprimandé par un soldat SS[1]. L'officier est ensuite tué[2].

Une fois la centaine d'hommes entrés dans la grange, les soldats du 2° bataillon du régiment SS Leibstandarte Adolf Hitler lancent des grenades à main dans le bâtiment tuant et blessant un grand nombre d'occupants malgré le sacrifice des sous officiers Jennings et Moore qui se jettent sur les grenades. Les grenades ne tuent pas tout le monde, en grande partie grâce au courage de ces deux sous-officiers britanniques, le sergent Moore et le CSM (en) Jennings, qui se sacrifient pour faire écran à l'explosion et aux éclats avec leur corps[1]. Après avoir réalisé qu'il y avait des survivants, les SS demandent à deux groupes de cinq personnes de sortir. Les hommes sortent et sont abattus ; le Gunner Brian Fahey survit à ces tirs sans que les SS le sachent à ce moment-là. Quand les SS exigent qu'un troisième groupe de prisonniers sorte pour être exécutés, les britanniques refusent de sortir. C'est alors que les SS tirent dans la grange avec leurs armes[3].

Quelques soldats britanniques réussissent à s'échapper alors que quelques autres, comme Fahey, sont laissés pour mort[4]. 80 hommes sont tués dans ce massacre. Après quelques jours, Fahey et les autres sont découverts par des soldats de la Wehrmacht qui ratissent le terrain à la recherche de tués ou blessés. les survivants sont alors conduits dans un hôpital. Ils sont soignés avant d'être envoyés dans un camp de prisonniers en Europe occupée[4]. Certains d'entre-eux, grands mutilés, seront rendus à leur pays avant le terme de la guerre.

Suites[modifier | modifier le code]

Le régiment SS Leibstandarte Adolf Hitler était sous le commandement de l’Obergruppenführer Sepp Dietrich qui a prétexté que réfugié plusieurs heures dans un fossé entre Esquelbecq et Wormhout avec WÜNSCHE, il n'avait pas pu donner l'ordre d'exécution. D'après des témoignages après la guerre les soldats auteurs du massacre appartenaient au second bataillon sous le commandement de l'Hauptsturmführer Wilhelm Mohnke. Cependant Mohnke qui était prisonnier des soviétiques jusqu'en 1955, n'a jamais été jugé pour sa participation présumée à un crime de guerre lors de cette tuerie hors de combat. Mohnke a fortement nié les accusations, racontant à l'historien Thomas Fischer « Je n'ai pas ordonné de faire prisonnier des anglais ni de faire exécuter des prisonniers[5]. » Mohnke est mort en août 2001.

En 1947, certains survivants du massacre retournent sur les lieux accompagnés de membres de la War Crimes Interrogation Unit, l'enquête est dirigée par le bureau du Judge Advocate General (en). Il s'est avéré impossible de monter un dossier suffisamment solide pour ouvrir des poursuites. Un certain nombre de témoins oculaires présumés sont morts sur le Front de l'Est, alors que d'autres ont invoqué le serment SS et ont refusé de parler[1].

En 1988, après une campagne du parlementaire britannique Jeff Rooker (en), l'affaire est de nouveau ouverte mais un procureur allemand conclut qu'il n'y a pas assez de preuves pour lancer des poursuites[4]. Des archives allemandes de l'époque, il s'avère que Sepp Dietrich avait été libéré de son fossé avant le massacre et que les meurtres étaient de toute façon de sa responsabilité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) 6:36PM BST 26 Sep 2012, « Charlie Daley », Telegraph,‎ 26/09/2012 (consulté le 18/11/2012)
  2. Weale 2010, p. 254.
  3. Weale 2010, p. 254, 255.
  4. a, b et c Weale 2010, p. 255.
  5. Fischer 2008, p. 26.
  • Esquelbecq - Ledringhem - Wormhout - Mai 1940 Le massacre oublié - Guy ROMMELAERE - 2000 - 1° et 2° édition - traduite en anglais sous le titre "The forgotten massacre"

Voir aussi[modifier | modifier le code]