Massacre de Port-Arthur

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Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec la Tuerie de Port-Arthur (Australie) (en)(en)
Représentation de soldats japonais mutilant des corps dans un journal occidental.

Le massacre de Port-Arthur se déroule durant la première guerre sino-japonaise du 21 novembre au 23 ou 24 novembre 1894 dans la ville portuaire de Lüshunkou (appelée Port-Arthur par les Anglais) en Chine. Des unités d'avant-garde de la 1re division de la 2e armée japonaise, commandée par le général borgne, Yamaji Motoharu (en), assassinent entre 1 000 et 20 000 soldats et civils chinois, ne laissant que 36 survivants pour enterrer les corps[1]. Les plus hautes estimations du nombre de victimes sont suspectes puisqu'une étude contemporaine estime la population de Port-Arthur à 6 000 habitants en 1894, à laquelle il faut ajouter 13 000 soldats de garnison[2]. D'autres études estiment que 18 000 personnes de chaque camp[Lesquels ?] furent impliquées dans l'incident et qu'il y eut 1 500 morts chinois[3].

Contexte[modifier | modifier le code]

Localisation de la péninsule du Liaodong à l'extrémité de laquelle se trouve Port-Arthur.

Dans le cadre de sa stratégie maritime durant la première guerre sino-japonaise, le Japon avance des troupes par la Corée, engage les forces chinoises à Asan près de Séoul puis à Pyongyang en septembre 1894, et remportent des victoires décisives dans ces deux rencontres. Après la victoire à Pyongyang, la 2e armée japonaise du général Ōyama Iwao fait route vers le nord et la Mandchourie dans l'objectif de prendre Port-Arthur, base de la flotte de Beiyang, une ville fortement fortifiée qui domine le passage maritime entre la Corée et le Nord-Est de la Chine. En septembre, la marine impériale japonaise porte un coup critique à la flotte de Beiyang lors de la bataille du fleuve Yalou (1894), bien que les Chinois réussissent à débarquer leurs troupes non loin de la frontière sino-coréenne. Après l'élimination de la flotte de Beiyang, la marine japonaise commence le siège de Port-Arthur tandis que la 2e armée avance vers la ville en passant par la Mandchourie et que la 1re armée traverse le fleuve Yalou. Après une série de batailles dans la péninsule du Liaodong, la 1re division de la 2de armée du général Yamaji encercle Port-Arthur vers la fin novembre. Le 18 novembre 1894, les Japonais stoppent brusquement leur avancée en découvrant que leurs troupes blessées à l'arrière ont été horriblement mutilées par les Chinois qui leur ont coupé les mains et les pieds[3]. Certains Japonais ont même été enterrés vivants[2]. Les habitants de Port-Arthur fuient vers l'est par terre ou par mer et les Chinois mutilent de nouveau plusieurs corps japonais qu'ils exposent à l'entrée de la ville, provoquant la colère des Japonais. Après une résistance symbolique, la ville tombe le matin du 21 novembre. Les habitants restants sont alors massacrés par les troupes japonaises[4] bien que l'échelle et la nature de la tuerie continue encore aujourd'hui à être discutées[5].

Mention dans la presse occidentale[modifier | modifier le code]

La série de victoires japonaises à Pyongyang et à la bataille du Yalou amène l'Occident à s'intéresser davantage au conflit. Au moment de l'assaut sur Port-Arthur, plusieurs journalistes occidentaux accompagnent la 2e armée japonaise. Leurs récits du massacre sont controversés. La plupart des correspondants, comme l'Américain James Creelman (en) du New York World et le Britannique Frederic Villiers du London Black and White, décrivent un massacre à grande échelle et de sang froid. Tandis que le Français Amédée Baillot de Guerville (en) du New York Herald écrit qu'aucun massacre n'a eu lieu[6] mais il admettra plus tard le contraire[7].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. p. 330 Villiers, Frederic. The Truth About Port Arthur Cornell University Online Scans
  2. a et b Northrop, Henry Davenport. Flowery Kingdom and The Land of Mikado or China, Japan and Corea: Graphic Account of the War between China and Japan-Its Causes, Land and Naval Battles (1894)
  3. a et b Everett, Marshall. Exciting Experiences in the Japanese-Russian War. (1904).
  4. p.209 Barry,R. Port Arthur: A Monster Heroism.
  5. see Chapter Seven of Stewart Lone, Japan's First Modern War (London: St. Martin's Press, 1994).
  6. New York Times 30 December 1894.
  7. Amédée Baillot de Guerville, Au Japon. Paris : Alphonse Lemerre, 1904, pp. 269-280.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Allan, James. Under the Dragon Flag. London: William Heinemann, 1898. (This purports to be a true account of the massacre by a young Englishman who had been trapped in the city at the time of its fall.)
  • Creelman, James. On the Great Highway, the Wanderings and Adventures of a Special Correspondent. Boston:Lothrop Publishing, 1901.
  • De Guerville, A.B. Au Japon. Paris : Alphonse Lemerre, 1904.
  • De Guerville, A.B. “In Defense of Japan. The Alleged Atrocities at Port Arthur Denied,” Leslie’s Weekly (3 January 1895).
  • Dorwart, Jeffrey M. “James Creelman, the New York World and the Port Arthur Massacre,” Journalism Quarterly, 50 (4) (1973):697-701.
  • Hardin, Thomas L. “American Press and Public Opinion in the First Sino-Japanese War,” Journalism Quarterly, 50 (1) (1973):53-59.
  • Kane, Daniel C. "Each of Us in His Own Way: Factors Behind Conflicting Accounts of the Massacre at Port Arthur," Journalism History, vol. 31 (1) (Spring 2005):23-33.
  • Lone, Stewart. Japan’s First Modern War. New York: St. Martin’s Press, 1994.
  • Paine, S.C.M. The Sino-Japanese War of 1894-1895: Perception, Power, and Primacy. Cambridge: Cambridge University Press, 2003.
  • Villiers, Frederic, The Truth about Port Arthur The North American Review, vol. 160, no. 460 (March 1895):325-331.