Affaire de Nancy

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Le Courage héroïque du jeune Désilles, le 31 août 1790, à l'affaire de Nancy Le Barbier 1794

L’affaire de Nancy est une mutinerie de la garnison de la ville de Nancy, qui eut lieu pendant la Révolution française, du 5 au .

Contexte[modifier | modifier le code]

Composée de trois régiments (régiment du Roi, régiment de Mestre-de-Camp Général et régiment suisse de Châteauvieux), elle réclamait sa solde et avait emprisonné ses officiers dont le général Malseigne. Le marquis de Bouillé, gouverneur des Trois-Évêchés, la soumet après un combat de rues de quelques heures le 31 août 1790. Les combats auront fait trois cents morts et blessés[1].

Mort de Désilles[modifier | modifier le code]

Près de la porte Stainville, l'officier André Désilles s'interpose entre ses soldats mutinés et les troupes de Bouillé, tentant d'éviter la mise à feu des canons. Il mourra deux mois plus tard de ses blessures[2].

Répression[modifier | modifier le code]

Conformément aux traités encadrant l'engagement des gardes suisses, un conseil militaire composés d'officier des régiments de Castella et de Vigier et présidé par le lieutenant-colonel François Joseph de Girardier est formé pour instruire l'accusation de vol et de rebellions armée contre 138 soldats. Dans un premier temps tous sont condamnés à mort mais la sentence est revue, et le 4 septembre[3] : deux soldats qui ont parvenu à s'échapper sont condamnés par contumace ; 72 sont emprisonnés ; 41 sont condamnés à trente ans de galère ; 22 sont pendus. Enfin, l'un des cinq membres du comité des rebelles, un Genevois nommé André Soret est condamné au supplice de la roue ; il est vraisemblablement le dernier à subir ce sévice en France.

Impact[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative sur la porte Désilles

Ces évènements ont un écho important à Paris. Jean-Paul Marat publie un pamphlet « L’affreux réveil », avec les Jacobins il prend le parti des insurgés. Mais dans un premier temps ce sont les troupes de Bouillé qui sont célébrées et l'Assemblée nationale commande à Jean-Jacques Le Barbier un tableau commémoratif[2]. Le 20 septembre une fête funèbre est organisée au Champ de Mars, en l’honneur des citoyens de la garde nationale morts à Nancy[4]. On organise de nombreuses autres cérémonies partout en France. Deux pièces de théâtres sont montées à Paris : le 15 octobre Le nouveau d'Assas de Jean-Élie Bédéno Dejaure et Henri Montan Berton et le 3 décembre le tombeau de Desilles par Desfontaines-Lavallée.

Le 21 octobre 1790, le 5e régiment de hussards, impliqué dans la répression de la mutinerie de Nancy, est cette fois l'auteur d'une « affaire de Belfort » lors de laquelle des officiers avinés parcourent la ville en criant « vive le roi, vive les aristocrates, vive la canaille, au f. la nation ».

L'épisode de Nancy renforce le prestige de Bouillé sur les royalistes et convainc Louis XVI de la nécessité de quitter Paris, ce qui aboutira à la fuite de Varennes. Après cet épisode l'opinion bascule en faveur des insurgés.

En 1791 Jean-Marie Collot d'Herbois défend les mutins qui ont été condamnés aux galères et obtient leur réhabilitation. En 1792, après une marche de 25 jours depuis le bagne de Brest, ils arrivent à Paris où une « fête de la Liberté » est organisée en leur honneur le 15 avril. Leur bonnet rouge de bagnard, assimilé par la population parisienne au bonnet phrygien, devient un emblème de la République[5].

En 1867 la porte Stainville de Nancy, initialement édifiée en l'honneur de l'indépendance américaine, est renommée porte Désilles.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. La mutinerie de Nancy, août 1790
  2. a et b restaurations et dépôts, domaine de Vizille
  3. Un régiment à travers l'histoire, le 76e, ex-1er léger p.373 Henri Victor Dollin Du Fresnel, 1804
  4. La garde nationale (1789-1871) : Une force publique ambiguë p.91 Georges Carrot 2001
  5. Auguste Dupouy, Face au couchant, Brest, la côte et les îles, La Renaissance du livre, 1934, p. 171-170.