Massacre de Khatyn

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Khatyn
Chatyń
Monument à Joseph Kaminski.
Monument à Joseph Kaminski.
Administration
Pays Drapeau de la Biélorussie Biélorussie
Voblast Voblast de Minsk
Démographie
Population 161 hab. (1943)
Géographie
Coordonnées 54° 20′ 10″ N 27° 56′ 27″ E / 54.336156, 27.940753 ()54° 20′ 10″ Nord 27° 56′ 27″ Est / 54.336156, 27.940753 ()  
Divers
Site(s) touristique(s) Mémorial national des victimes biélorusses
Localisation

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Khatyn

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Khatyn
Liens
Site web Site officiel du mémorial

Le village de Khatyn (en biélorusse et russe : Хатынь ; en polonais : Chatyń, prononciation ['xatɨɲ]), est un ancien village de Biélorussie, situé dans le raïon de Lahoïsk (voblast de Minsk) à 54 km au nord-est de Minsk. En 1943, le village a été rasé et sa population massacrée par les Nazis en représailles à une attaque de partisans. Un mémorial a été construit sur son emplacement.

Occupation allemande[modifier | modifier le code]

Motifs[modifier | modifier le code]

Le 22 mars 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale, un convoi allemand motorisé est attaqué par les partisans près de Koziri, un village situé à 6 km de Khatyn. Quatre officiers de la police miliaire du 118e bataillon Schutzmannschaft, un bataillon de police composé majoritairement de collaborateurs ukrainiens, de prisonniers de guerre et de déserteurs[1],[2] sont tués. Parmi les morts figure le champion des jeux olympiques de 1936, Hans Woellke, officier commandant le bataillon[3],[1],[2].

Massacre[modifier | modifier le code]

L'après-midi du 22 mars 1943, la population du village de Khatyn est rassemblée par le 118e bataillon « Schutzmannschaft » et le « bataillon SS spécial Dirlewanger »[4],[5].

L'horreur[modifier | modifier le code]

Les SS entassent toute la population — femmes, vieillards, enfants — « coupables » d'avoir aidé les partisans, dans une grange en bois au centre du village et qu'ils incendient, ainsi que les 26 maisons de la localité. Ceux qui tentent de s'arracher au brasier sont mitraillés à bout portant. Il n'y a qu'un survivant, Josef Kaminski, resté par miracle en vie après avoir perdu connaissance à cause de ses blessures. Les autres habitants, dont 75 enfants, ont péri dans les flammes ou sous les balles des SS.

Il y aurait eu d'autres survivants. Viktor Zhelobkovich, un jeune garçon de sept ans. Il survécut au feu dans la grange sous le cadavre de sa mère[5]. Un autre garçon âgé de 12 ans, Anton Baranovsky, fut laissé pour mort, blessé à une jambe[5]. Le seul adulte survivant, Josef Kaminski, également blessé et brûlé, reprit connaissance après le départ des SS. On dit qu'il retrouva son fils brûlé qui mourut dans ses bras. Cet épisode inspira plus tard une statue au mémorial de Khatyn[5].

Procès après-guerre[modifier | modifier le code]

Le village de Khatyn n'a jamais été reconstruit. Un mémorial a été aménagé à son emplacement pour perpétuer le souvenir de la tragédie de Khatyn et de centaines d'autres villages martyrs biélorusses.

Bilan[modifier | modifier le code]

Au moins 5 295 villages furent détruits par les nazis et dans certains cas la population massacrée.

  • Dans la région de Vitebsk, 243 villages furent brûlés deux fois, 83 villages trois fois et 22 villages quatre fois ou plus.
  • Dans la région de Minsk, 92 villages furent brûlés deux fois, 40 villages trois fois, neuf villages quatre fois et six villages cinq fois ou plus[6].

Au total, 2 230 000 personnes furent tuées en Biélorussie pendant les 3 années d'occupation nazie, environ un quart de la population du pays[7],[8].

Châtiments[modifier | modifier le code]

Le commandant des sections du 118e Bataillon Schutzmannschaft, l'Ukrainien Vasyl Meleshko, comparut devant une cour soviétique et fut exécuté. Le chef d'état major du 118e bataillon Schutzmannschaft, l'Ukrainien Grigory Vassiura, fut jugé à Minsk en 1986, reconnu coupable de tous ses crimes par le verdict du tribunal militaire du district biélorusse et condamné à mort. Les délibérations et les jugements des principaux coupables du massacre ne reçurent pas une grande publicité dans les médias. Les dirigeants des républiques soviétiques se faisaient du souci à propos du maintien de bonnes relations internationales entre les peuples Biélorusses et Ukrainiens.

Un des auteurs membre des Schutzmannschaft, Vladimir Katriuk, a été localisé au Québec comme étant bien vivant. Une polémique est actuellement en cours au Canada, suite aux révélations du Centre Simon Wiesenthal qui a exploité les archives soviétiques du NKVD. Il est question de lui retirer la citoyenneté canadienne et de l'expulser. Il est accusé d'avoir servi une mitrailleuse et d'avoir tiré sur ceux qui tentaient de fuir les flammes. Les journaux canadiens ne souhaitent pas que leur pays serve de terre d'accueil à d'anciens nazis.

Le mémorial[modifier | modifier le code]

Panorama du mémorial du village de Khatyn.

Historique[modifier | modifier le code]

Pendant l'ère de Léonid Brejnev en URSS, beaucoup d'attention fut apportée aux crimes de guerre nazis, peut-être pour détourner l'attention du massacre de Katyn des officiers polonais. Selon Norman Davies du Collège Wolfson (Oxford), le village fut choisi et le mémorial créé par les autorités soviétiques dans une politique calculée de désinformation[9].

Réalisation[modifier | modifier le code]

Khatyn devint un symbole des tueries de masse de populations civiles pendant le combat entre les partisans militaires, les troupes allemandes et les collaborateurs. En 1969, il fut déclaré Mémorial national de guerre de la RSS de Biélorussie.

À l'emplacement des 26 maisons incendiées, furent placées 26 stèles, qui rappellent des cheminées, surmontées de cloches. Des plaques de marbre portent gravés les noms et prénoms de ceux qui habitèrent ces maisons. La sculpture de granit noir de Josef Kaminski portant sur ses bras étendus son fils mort accueille ceux qui arrivent à Khatyn. Au fond du mémorial se trouve un cimetière où sont enterrées les cendres de 186 autres villages.

Parmi les symboles les plus connus du complexe du mémorial figure un monument avec trois bouleaux et une flamme éternelle à la place du 4e arbre, un hommage au quart des Biélorusses morts dans la guerre[7]. Il y a aussi une statue de Josef Kaminski portant son enfant mourant et un mur avec des niches pour représenter les victimes de tous les camps de concentration, avec de grandes niches représentant ceux où il y eut plus de 20 000 victimes. Des cloches sonnent toutes les 20 secondes pour commémorer le taux auquel les vies biélorusses furent perdues pendant la durée de la Seconde Guerre mondiale.

Visiteurs notoires[modifier | modifier le code]

Parmi les leaders étrangers qui ont visité le Mémorial de Khatyn pendant leur mandatures figurent Richard Nixon des États-Unis, Fidel Castro de Cuba, Rajiv Gandhi de l'Inde, Yasser Arafat de l'OLP et Jiang Zemin de Chine[10].

Galerie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Cet article a été traduit depuis un certain nombre d'articles de la wikipédia anglaise ; c'est pourquoi la plupart des références sont en anglais. Il serait évidemment souhaitable de les remplacer par des références en français, quand elles existent.

Article général Pour un article plus général, voir Holocauste en Biélorussie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Zur Geschichte der Ordnungspolizei 1936—1942, Teil II, Georg Tessin, Dies Satbe und Truppeneinheiten der Ordnungspolizei, Koblenz 1957, s.172-173
  2. a et b (en) Leonid D. Grenkevich, David M. Glantz, The Soviet Partisan Movement, 1941-1944: A Critical Historiographical Analysis, London, Routledge,‎ 1999, 133–134 p. (ISBN 0-7146-4874-4, lire en ligne)
  3. Genocide Policy, khatyn.by
  4. Ce bataillon était composé de criminels et était commandé par un psychopathe notoire.
  5. a, b, c et d The tragedy of Khatyn, khatyn.by
  6. (en) « Genocide policy », Khatyn.by, SMC Khatyn,‎ 2005 (consulté le 26 août 2006)
  7. a et b (en) Vitali Silitski, « Belarus: A Partisan Reality Show », Transitions Online,‎ mai 2005, p. 5 (lire en ligne [PDF])
  8. (en) « Genocide policy », Khatyn.by, SMC Khatyn,‎ 2005 (consulté le 26 août 2006)
  9. Norman Davies, Europe: A History, Oxford University Press, 1996, p. 1005. (ISBN 0-19-513442-7)
  10. (ru) « Хатынь — интернациональный символ антивоенных акций (Khatyn: international symbol of anti-war actions) », khatyn.by, ГМК «Хатынь»,‎ 2005 (consulté le 26 août 2006)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexandra Goujon, « La mémoire des villages brûlés pendant la Seconde Guerre mondiale : l'exemple de Khatyn en Biélorussie », in David El Kenz, François Xavier Nérard (dir.), Commémorer les victimes en Europe, XVIe ‑ XXe siècle, Seyssel, Champ Vallon, 2011, pp. 77-90.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]