Massacre de Batepá

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Le massacre de Batepá – parfois désigné sous les appellations « révolte » ou « guerre » de Batepá – est un épisode sanglant de l'histoire de Sao Tomé-et-Principe qui fit plusieurs centaines de victimes au début du mois de février 1953 autour de Batepá, un village situé près de Trindade, à une dizaine de kilomètres de Sao Tomé, la capitale de Sao Tomé-et-Principe. Ces événements tragiques ont fortement imprégné la culture santoméenne et constituent l'un des jalons qui marquent l'histoire de la décolonisation en Afrique centrale.

Origines et événements[modifier | modifier le code]

L'économie de Sao Tomé s'est longtemps appuyée sur une agriculture de plantation (canne à sucre, puis cacao). Avec l'abolition de l'esclavage en 1875, l'archipel se trouve confronté à une pénurie de main d'œuvre. Des travailleurs contractuels, les serviçais, sont amenés d'Angola, du Cap-Vert et du Mozambique, alors que les Forros (ou filhos da terra) refusent de travailler la terre. Les autorités coloniales veulent les y contraindre, dans un climat général de tensions sociales. Ils manipulent les serviçais qui participent aux actions violentes menées contre les Forros. Les affrontements du mois de février 1953 se soldent par des centaines de morts.

Postérité[modifier | modifier le code]

La répression menée par les autorités coloniales a fortement contribué à l'émergence d'un sentiment nationaliste santoméen qui aboutira à l'indépendance en 1975.

Sao Tomé-et-Principe commémore chaque année les événements tragiques du 3 février 1953, sous le nom de Martires da Liberdade (Fête des martyrs de la Libération). La première commémoration date du 3 février 1975[1], soit quelques mois avant l'indépendance, proclamée le 12 juillet 1975.

Au musée national de Sao Tomé-et-Principe sont présentés photos et documents liés au massacre.

Une artère au centre de Santo Antonio, la plus grande ville de l'île de Principe, a été baptisée « Avenida Martires da Liberdade ».

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Revue française d'études politiques africaines, nos 115-120, Société africaine d'édition, 1975, p. 11

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (pt) Agostinho Neto, « Massacre de São Tomé », poème, 1953, dédié à Alda do Espírito Santo
  • (pt) Manuel Teles Neto Da Costa, Retalhes do massacre de Batepá (préface de Alda do Espírito Santo), União dos Escritores Angolanos, Luanda, 2006, 238 p.
  • (pt) « Criminosos de Batepá », poème de Carlos Espírito Santo (né en 1952), in Poesia do Colonialismo, 1978
  • (fr) René Pélissier, « La 'guerre' de Batepá », in Le naufrage des caravelles. Études sur la fin de l'empire portugais (1961-1975), éditions Pélissier, Montamets, Orgeval, 1979, p. 229-240 (ISBN 2902804032)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • (pt) Batepá, long métrage d'Orlando Fortunato, Angola, 2010

Liens externes[modifier | modifier le code]

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