Massacre d'Hébron (1994)

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Le massacre d'Hébron de 1994 ou massacre du Tombeau des Patriarches ou massacre de la mosquée d'Ibraham ou massacre de la grotte de Mahpéla est un acte de terrorisme qui eut lieu le 25 février 1994, lorsque Baruch Goldstein, un colon israélien membre du parti nationaliste-religieux Kach et Kahane Chai, tua 29 Palestiniens de la ville d'Hébron et en blessa 125 autres, alors qu'ils étaient en train de prier un vendredi du mois sacré de ramadan. La résolution 904 du conseil de sécurité des Nations unies a été émise pour exprimer la condamnation ferme de cet acte[1]. Le massacre, commis sur fond des accords de paix d'Oslo, a déclenché un renouveau de la violence entre communautés juives et palestiniennes.

Contexte[modifier | modifier le code]

Hébron est considérée comme une ville sainte par les trois grands monothéismes, depuis l'acquisition, par Abraham, selon la Bible, d'une grotte où est bâtie actuellement le Tombeau des Patriarches. Tout au long de l'Histoire, la ville a connu à plusieurs reprises la cohabitation d'une minorité juive aux côtés d'une majorité musulmane[2]. "Dans le contexte du conflit israélo-palestinien la ville d'Hébron est depuis longtemps un lieu volatile théâtre de tensions religieuses et politiques"[3] En 1929, le conflit entre Juifs et Arabes donne lieu sur tout le territoire palestinien à des émeutes, qui atteignent leur paroxysme avec le massacre de 67 des 750 habitants juifs. En 1936, après de nouvelles exactions, les derniers habitants juifs sont évacués[2],[4]. Après la conquête d'Hébron par l'armée israélienne suite à la Guerre des Six Jours, une nouvelle population de Juifs, appartenant au mouvement Gush Emunim, s'établissent sur une colline proche la colonie de Kiryat Arba, et négocient avec l'armée le droit d'accéder au Caveau des Patriarches, générant la colère de la population arabe. Il s'ensuit une escalade de violence entre les deux communautés, chacune des deux s'estimant dépossédée par l'autre, avec des exactions physiques et des actes réciproques de vandalisme de livres sacrés[4].
En septembre 1993, Yitzhak Rabin et Yasser Arafat signent les accords d'Oslo[2]. Alors que les attaques palestiniennes avaient considérablement déclinées[5] tout de suite après la signature des accords de paix, le Hamas, opposé à ces accords, multiplie les attentats faisant au total 22 morts israéliens qui génèrent en représailles des raids de colons contre des localités palestiniennes jusqu'en janvier 1994[6].

Du côté palestinien, Hébron est considérée comme étant une ville traditionaliste et religieuse et comme un bastion du Hamas[7], mouvement islamiste et radical palestinien[8],[9] qui exerce notamment son contrôle sur l’université d'Hébron[10].

Du côté israélien, la colonie de Kiryat Arba est peuplée majoritairement par des sympathisants et des militants du mouvement sioniste fondamentaliste Gush Emunim[11] qui est engagé depuis 1974 dans le développement de petites communautés juives à proximité de zones à forte densité arabe[12]. Baruch Goldstein était un sioniste religieux d'origine américaine habitant la colonie de Kiryat Arba, membre du parti Kach[13] et médecin servant dans l'armée.

Événements ayant précédé le massacre[modifier | modifier le code]

Au début de février 1994, lors de la prière musulmane à la mosquée d'Ibrahami, Sheikh Taissir Tamimi (en) le juge islamique en chef de l'Autorité palestinienne fait un sermon incitant à « la lutte armée » et à « tuer les infidèles ». Des tracts appelant à une attaque contre les Juifs sont distribués par le Hamas dans la ville. À l'issue d'une réunion d'urgence sans précédent du commandement militaire israélien d'Hébron ordre est donné aux soldats de faire preuve d'une « vigilance extrême ». Les habitants de Kiryat Arba, dont Baruch Goldstein, furent informés trois jours avant la fête juive de Pourim de renseignements militaires faisant état de l'intention d'introduire des explosifs dans l'enceinte de l’édifice et de l'imminence d'une attaque planifiée par le Hamas pour le matin de ce jour de fête durant l'office religieux juif au Tombeau des Patriarches. Le quotidien israélien Yediot Aharonot avait publié dans le même temps une information faisant état d'avertissements par le Hamas à la population arabe l'enjoignant à s'approvisionner en nourriture en anticipation d'un couvre-feu militaire qui fera suite à une attaque importante contre les Juifs. La veille du massacre, des tensions se manifestèrent par le rassemblement de nombreux fidèles musulmans en colère durant le service religieux juif dans le hall d'Isaac auquel assistait Goldstein. Selon la Commission Shamgar qui a enquêté sur ce massacre « la raison de cette tension était un arrangement entre le gouverneur militaire et le Waqf, qui n'était pas du goût de quelques-uns des fidèles musulmans. Selon cet arrangement, en raison de la fête de Pourim et la lecture du Livre d’Esther dans le hall d'Isaac, les prières musulmanes du vendredi soir dans ce hall ne commenceraient seulement qu'à 20h00. ». La mort d'un membre des Brigades Izz al-Din al-Qassam du Hamas le 24 février à Abu Dis et la capture d'un autre considérés comme responsables de plusieurs assassinats d’Israéliens[14] a suscité une vive émotion parmi les fidèles musulmans, environ 200 scandèrent des slogans appelant à « tuer les Juifs », l'un des fidèles juifs souligna « Les Arabes hurlaient durant nos prières que les Juifs devaient être égorgés »[15],[16]. Selon l'un des témoins musulmans « les juifs aussi scandaient des slogans hostiles ». Les fidèles juifs quittèrent le Hall d'Isaac à l'heure convenue, le service musulman débuta à 20 heures, la situation se calma.

Le massacre[modifier | modifier le code]

Le gouvernement israélien avait partagé le Tombeau des Patriarches en deux sections distinctes  : l'une réservée aux juifs et l'autre aux musulmans. Le matin du 25 février 1994 à 05h00, 800 musulmans palestiniens entrent dans le Tombeau pour la prière de l'aube (fajr), la première des cinq prières quotidiennes. L'armée israélienne gardait le Tombeau, mais des neuf soldats qui étaient censés être de garde, quatre étaient en retard et seulement un officier était présent.

Peu de temps après, Baruch Goldstein entre dans le Tombeau des Patriarches vêtu de son uniforme militaire et portant un fusil d'assaut IMI Galil et quatre chargeurs de munitions pour un total de 140 cartouches. Il n'a pas été arrêté par les gardes qui ont supposé qu'il était un officier se rendant du côté juif du Tombeau pour prier. Il se plaça devant l'unique sortie de la section musulmane, dans le dos des fidèles, et ouvrit le feu, abattant 29 Palestiniens en pleine prière et en blessant 125 autres[17]. D'après les rescapés, il avait attendu le sojud, la prière que les musulmans disent en étant agenouillés en directions de la Mecque[18]. Un fidèle lui lança un extincteur sur la tête, puis, avec d'autres fidèles, le battit à mort. Lors d'entretiens avec le New York Times des témoins palestiniens ont affirmé que pendant le chaos au moins un soldat a ouvert le feu sur la foule qui essayait de s'échapper et qu'au moins une personne avait été tuée. Deux soldats en faction devant la porte ont reconnu qu'ils avaient tiré non seulement en l'air mais aussi au moins quatre fois vers la porte, certains de ces tirs étaient à hauteur de poitrine, mais ils ont soutenu que personne n'a été touché par leurs balles[19]. Ces soldats ont dit qu'ils voulaient créer un bouchon à la porte pour empêcher le tireur de sortir, et que les tirs ont cessé quand ils ont vu un homme blessé sortir de la mosquée. Ils ont compris à ce moment que le tireur était juif et non arabe. Le commandant de la police frontalière à Hébron, où des petites enclaves juives sont entourées de la population palestinienne, déclara que les ordres de l'armée étaient de ne jamais tirer sur un colon, même si ce dernier était en train de faire feu sur des Palestiniens ou des soldats[19].

Les circonstances exactes de ce massacre donnent lieu à nombreux témoignages contradictoires relayés par la presse sur la présence d'une autre personne venant en aide à Goldstein[20], sur l'arme utilisée, sur l'attitude de l'armée immédiatement après le massacre. Toutefois, selon la commission d'enquête Shamgar, Goldstein a prémédité et accompli seul le massacre[21].

Motivations[modifier | modifier le code]

Baruch Goldstein était un fondamentaliste religieux, membre du mouvement loubavitch[22], ainsi que du parti messianiste Kach[23], regroupant de nombreux autres immigrés juifs américains vivant dans des colonies en vase-clos, en raison de leur mauvaise connaissance de l'hébreu[24] qui en tant que médecin de l'armée, refusait de soigner les arabes, y compris ceux appartenant à l'armée israélienne, même sur les injonctions de sa hiérarchie, au point qu'un de ses supérieurs directs tenta sans succès de l'envoyer en cour martiale[25].

Plusieurs hypothèses ont circulé sur ses motivations, sans qu'aucune ne puisse être prouvée.

Selon le New York Times et l'Independent, Goldstein avait juré de venger la mort du rabbin Meir Kahane, dirigeant du Kach, assassiné par un Égyptien quelques années plus tôt[26],[27]. Selon Amnon Kapeliouk, il aurait déclaré  : « Un jour viendra où un seul juif se lèvera et tuera des dizaines d'Arabes pour venger l'assassinat du rabbin Kahane »[28],[29].

D'autres, et notamment la commission Shamgar lui attribuent la volonté de faire échec au processus de paix suite aux accords d'Oslo signés en septembre de l'année précédente, processus de paix qui aurait validé la présence de Palestiniens sur la « terre d'Israel », à l'instar de Yigal Amir, l'assassin de Yitzhak Rabin, qui indique aux enquêteurs avoir pris sa décision le 3 mars 1994, jour des funérailles de Goldstein, et justifie son geste l'année suivante par sa volonté « de poursuivre ce que Goldstein avait commencé : mettre un terme aux processus de négociations »[30].

Pour l'anthropologue Robert Paine, les motivations possibles sont essentiellement d'ordre religieux, en raison de son caractère doublement profanatoire : massacre commis dans la symbolique Hébron, et le jour de la conjonction de la fête juive de Pourim et du début du Ramadan, et peuvent s'analyser soit comme une lutte fratricide entre descendants du Livre, soit comme tentative de réparation d'autres profanations commises par les musulmans, avec la volonté de purifier la terre promise de ses éléments étrangers[31].

Réactions[modifier | modifier le code]

Réactions officielles en Israël[modifier | modifier le code]

Ce massacre fut immédiatement condamné par le gouvernement israélien comme immoral et terroriste. Les victimes se virent offrir des indemnisations[32]. Le Premier ministre israélien, Yitzhak Rabin, s’exprimant au nom des Israéliens, parla tout d'abord de l'acte d'un psychopathe[33], puis exprima son dégoût et sa révulsion, ainsi que sa profonde tristesse à l’égard de l’acte commis par quelqu'un qu'il considérait comme « indigne d'être un citoyen israélien », tandis que la Knesset adoptait une résolution condamnant très fermement le crime : « La Knesset exprime sa profonde indignation et condamne le crime abominable commis au tombeau des Patriarches. ».

John Rayner (en) rapporte : « ce massacre a été immédiatement condamné par les responsables de la communauté juive tant en Israël que dans la diaspora. Le Président israélien la qualifié de « tragédie répugnante et de pire chose étant arrivée dans l'histoire du sionisme ». Le Premier ministre a déclaré qu'il s'agissait « d'un meurtre épouvantable de civils innocents ». La Knesset l'a condamnée massivement. Elle a voté une résolution faisant part de « son choc profond face à ce meurtre criminel et révoltant ». Le grand rabbin séfarade s'est déclaré « tout simplement honteux qu'un juif commette un acte aussi crapuleux et irresponsable ». Le grand rabbin ashkenaze l'a nommé « profanation du nom de Dieu ». »

David Jacobson (diplomat) (en) rapporte : « Peu après le massacre le président israélien Ezer Weizman est allé faire ses condoléances à la Municipalité d'Hébron et a condamné l'attaque la « qualifiant d'anti-juive et anti-israélienne ». Itzhak Rabin a déclaré dans un discours devant le parlement israélien en s'adressant à Goldstein « Vous n’êtes pas partenaire de l'entreprise sioniste, vous êtes un implant étranger, vous êtes une mauvaise graine, le judaïsme humain vous crache dessus ». Le Secrétaire général du Conseil de Judée Samarie, Uri uriel a déclaré que l'acte de Goldstein « allait au-delà de ce que la tradition juive pouvait accepter, cet acte est non juif, inhumain, et ce qui moins important mais tout de même important, cela ne mène nulle part et a pour effet de détériorer de la situation » »[34].

Ce massacre a été condamné fermement par tous les principaux partis politiques israéliens[32] Le parlement israélien a adopté dans la foulée une loi interdisant « d’ériger des mémoriaux aux terroristes » en réaction à celui érigé pour Goldstein[35].

Réactions du public israélien[modifier | modifier le code]

Selon le Jerusalem Post, le massacre fut condamné par une « large majorité » des Israéliens[35]. Spencer C. Tucker) (en) et Priscilla Mary Roberts ainsi que Peter Chalk rapportent que des sondages réalisés au début du mois de mars 1994 ont montrés que la vaste majorité du public israélien a considéré que ce massacre « n’était rien d'autre que de la lâcheté et un acte de terrorisme »[32],[36].

  • Selon le Globe and Mail du 3 mars 1994[37] et l'Independent du 4 mars 1994[38], « presque tous les élèves » d'une école de Jérusalem considéraient Goldstein comme un héros, un fait que John Rayner rapporte comme « très dérangeant »[39]. Selon l'Independent, ce « soutien substantiel au massacre » conduit le ministère de l’éducation israélien à mettre en place des cours spéciaux ayant pour objet la tolérance et la valeur de la vie humaine[38].
  • Selon un sondage réalisé par Teleseker pour le Centre international pour la paix au Moyen-Orient, 78,8 % des réponses condamnent le massacre d'Hébron, 11 % considèrent qu'il « doit être compris dans le contexte du terrorisme arabe contre les Juifs » et 3,6 % approuvent le geste de Goldstein[40],[41].
  • Un autre sondage, basé sur un échantillon représentatif de toute la population israélienne, réalisé par Eliyahu Hassin et publié le 11 mars 1994 par l'hebdomadaire Shihin, donne les résultats suivants : 6 % de justification du massacre, 30 % de « compréhension » sans justification et 63 % de condamnation[42]. Israel Shahak fait toutefois observer que l'échantillon comprend des arabes israéliens, qui représentent 14,5 % de la population[42].

Réactions des Palestiniens[modifier | modifier le code]

Tout de suite après l'annonce du massacre, des milliers de Palestiniens manifestèrent un peu partout dans les territoires occupés. De graves émeutes eurent lieu au cours desquelles 26 Palestiniens et 9 Israéliens furent tués.

Réaction de la communauté internationale[modifier | modifier le code]

La résolution 904 du conseil de sécurité des Nations unis a été émise pour exprimer la condamnation ferme du massacre. Israël s'est exprimé à propos de cette résolution[43], en déclarant qu'il espérait que cette résolution ouvrira la voie à la reprise des pourparlers, et en rappelant qu'Israël a été le premier à condamner le massacre.

Le Conseil de l'Europe condamne lui aussi ce massacre dans sa résolution 1026[44].

Le grand rabbin du Royaume-uni, rabbi Johnathan Sacks, a déclaré que « les violences sont le mal, des violences commises au nom de Dieu sont doublement mauvaises. Des violences commises contre des personnes occupées au culte de Dieu est inqualifiablement mal ». Ce sentiment a été exprimé par de nombreux rabbins et chefs de communautés juives orthodoxes et progressives britanniques au nom de nombreuses organisations faisant parties du Board of Deputies of British Jewry. Des messages de condoléances ont été adressés à l'OLP, des Juifs et des Palestiniens ont participé conjointement à un service de deuil à la West London synagogue[39].

La commission Shamgar[modifier | modifier le code]

Le général Danny Yatom témoignant devant la commission Shamgar.

Une commission d'enquête, la commission Shamgar, est créée par les Israéliens afin de faire toute la lumière sur ces événements. Parmi les très nombreuses questions qu'elle a à traiter, la première consiste à déterminer si Goldstein a agi seul ou pas. Après avoir examiné des témoignages mettant en avant une possible complicité d'autres individus non identifiés, elle conclut finalement qu'il a agi seul, se basant pour cela sur d'autres témoignages ainsi que ses propres études.

Le second point étudié par la commission est de savoir si l'armée israélienne et la police des frontières en charge d'assurer la sécurité du lieu, peuvent être taxées de complicité ou de négligence. La conclusion est partiellement négative, les sous-effectifs étant notamment attribués à la crainte d'une attaque terroriste du Hamas contre les Juifs, qui a mobilisé les troupes en d'autres lieux[45]. Toutefois, la Commission rappelle ses vives critiques faites en termes d'obéissance et de commandement.

Une troisième question porte sur l'organisation des secours, et sur le refus allégué par des médecins français et égyptiens de l'hôpital Hadassah de recevoir ces blessés. La commission considère que ces témoignages ne sont pas fiables, et ne relève pas de faute sur ces questions.

Les directives de l'armée de ne pas tirer sur un colon s'attaquant à des palestiniens ou des soldats font l'objet d'une remise en cause.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Conséquences en Israël[modifier | modifier le code]

Interdiction du parti Kach[modifier | modifier le code]

Le parti Kach, dont Baruch Goldstein était membre[13], et l'organisation liée Kahane Chai furent interdits par les autorités israéliennes au titre d'une loi anti-terroriste de 1948[46],[47].

Apologie de Goldstein[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Baruch Goldstein.

Malgré le rejet très majoritaire de son geste au sein de la population israélienne, Baruch Goldstein devint un héros dans certaines franges de l’extrême droite, en particulier religieuse. Yigal Amir, le futur assassin du premier ministre israélien Yitzhak Rabin, assista à la cérémonie funéraire. Un livre en son honneur fut publié par le rabbin « extrémiste d'ultra-droite » Yitzchak Ginsburgh (en) du mouvement Loubavitch avec trois membres du mouvement Kahane Chai. Le livre, bien qu'interdit, continue à circuler en 2013, et l'un des quatre auteurs, le rabbin Ido Alba sera condamné à 18 mois de prison. Ginsburgh sera placé en détention préventive pour une période de deux mois en 1996[pertinence contestée].

Parallèlement à la condamnation publique du massacre, l'armée israélienne avait interdit que les funérailles aient lieu à Hébron craignant que les arabes profanent la tombe de Goldstein. La communauté de Kiryat Arba menaça de se livrer à des représailles contre les Palestiniens. Un compromis fut trouvé : le cortège funéraire défila dans les rues de Jérusalem avant l'enterrement à Kiryat Arba. Plusieurs centaines se recueillent sur sa tombe depuis sa mort. En 2000, des cérémonies avaient encore lieu en son honneur, comme chacune des années passées, dans le cimetière.

Conséquences à Hébron[modifier | modifier le code]

Tout de suite après le massacre, un couvre-feu fut instauré. Il fut levé au bout d'un mois, à la demande du Ministre de la Défense, Shimon Peres, qui argumenta : « Nous ne pouvons maintenir des situations absurdes qui sont complètement inacceptables… Mettre 120.000 résidents arabes sous couvre-feu pour protéger environ 400 Juifs »[48].

Une grève générale fut organisée sur l'ensemble des Territoires occupés pour marquer le mois écoulé après le massacre[49].

La mosquée fut fermée jusqu'en novembre 1994. Sa réouverture le 7 du même mois, s'accompagna de mesures de sécurité : mise en place d'entrée séparées pour les juifs et les musulmans, portes d'acier séparant les deux communautés, obligation désormais pour les colons de déposer leurs armes, détecteurs de métaux et circuits de vidéo-surveillance[49].

Incidence sur le conflit israélo-palestinien[modifier | modifier le code]

Le massacre entraina les mois suivants une recrudescence des violences réciproques entre Palestiniens et Israéliens, avec des violences dues aussi bien à l'armée israélienne, au Hamas, qu'à des actes isolés de Juifs ou d'Arabes[49]. Selon HRW « le Hamas organisa des attentats en représailles, notamment son premier attentat-suicide contre des civils israéliens, qui fit huit morts et trente-quatre blessés à Afula »[50]. Cette thèse est contredite par le professeur israélien de psychologie Ariel Merrari, qui recense plusieurs attentats-suicides commis par le Hamas en Israël avant qu’eut lieu ce massacre[51].

Les pays arabes rendirent Israël totalement responsable du massacre et proférèrent des menaces à son encontre[Lesquelles ?] ; les pays en discussion avec ce dernier suspendirent toutes leurs négociations en cours.

Le processus de paix, relancé avec les accords d'Oslo, fut mis en échec[52], répondant aux vœux des extrémistes des deux bords, Hamas et Gush Emunim, ainsi qu'à ceux du Likoud[6]. Selon Charles Enderlin ce massacre a grandement contribué à l'échec du processus de paix[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Résolution 904
  2. a, b et c About Hebron
  3. (en)http://www.washingtontimes.com/news/2002/nov/17/20021117-101522-5024r/?feat=article_related_stories
  4. a et b (en) Robert Paine, « Behind the Hebron Massacre, 1994 », Anthropology Today,, Royal Anthropological Institute of Great Britain and IrelandStable, no 11,‎ 1995, p. 8-15 (lire en ligne)
  5. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées mea.
  6. a et b Enderlin 2013, p. 159-163
  7. (en)http://www.usnews.com/usnews/news/articles/970113/archive_005969_2.htm
  8. (en)http://news.bbc.co.uk/2/hi/in_depth/middle_east/2001/israel_and_the_palestinians/issues/1683017.stm
  9. (en)http://partners.nytimes.com/library/world/mideast-talks-hebron.html
  10. (en)http://www.haaretz.com/print-edition/news/hamas-scores-decisive-win-in-hebron-university-elections-1.153309
  11. (en)The Ideological Resonance of Zionist Fundamentalism in Israeli Society Katherine Allen, Behavioral Sociology of Identity Conflict.
  12. (en)http://www.britannica.com/EBchecked/topic/755673/Gush-Emuni
  13. a et b (en) Leonard Weinberg, Ami Pedahzur et Arie Perliger, Political Parties and Terrorist Groups, Routledge,‎ 2008 (lire en ligne), p. 125
  14. (en)American Jewish Year Book, 1996, Volume 96,pages 370,371
  15. (en)Jerold S. Auerbach; Hebron Jews: Memory and Conflict in the Land of Israel, p. 125,126.
  16. (en)http://mfa.gov.il/MFA/AboutIsrael/State/Law/Pages/COMMISSION%20OF%20INQUIRY-%20MASSACRE%20AT%20THE%20TOMB%20OF%20THE.aspx Citation de la Commission d'enquête : « Moslem prayers in the hall on Friday evening would begin only at 20:00. Following an incident in Abu-Dis, which ended in the deaths of a number of members of Az-A-Din Al-Qassam [of Hamas], emotions ran high among the Moslem worshipers (about two hundred), who shouted hostile slogans ("Qassam", "kill the Jews") [at the Jewish worshipers], making it necessary to call in army and Border Police forces. According to one of the Moslem witnesses, the Jews also shouted hostile slogans. The Jewish worshipers left the Isaac Hall at the appointed time »
  17. La paix impossible? de Fabien Ghez, Liliane Messika, p. 297
  18. Yoram Peri, The assassination of Yitzhak Rabin, Stanford University Press, 2000 p. 101.
  19. a et b Clyde Haberman, « Confusing Israeli Testimony Poses Possibility of Hebron Accomplice », The New York Times,‎ 1994-03-18 (lire en ligne)
  20. « Le tueur d’Hébron n’était pas seul », humanite.fr (consulté le 25 décembre 2009)
  21. (en)« Commission of Enquiry - Massacre at the Tomb of the Patriarchs in Hebron », Israel Ministry of Foreign Affairs,‎ 26 juin 1994
  22. (en) Israel Shahak et Norton Mezvinsky, Jewish Fundamentalism in Israel, Pluto,‎ 1999 (lire en ligne), p. 104
  23. Paine 1995, p. 8
  24. Paine 1995, p. 13
  25. The Background and Consequences of the Massacre in Hebron, Shahak, 1994
  26. (en) Allison Mitchell, « A Killer's Path of Militancy: From Brooklyn to West Bank », New York Times,‎ 26 février 1994 (lire en ligne) :

    « Mr. Gross recalled that Dr. Goldstein pledged the day would come when a Jew would kill dozens of Arabs in revenge for the assassination of Rabbi Kahane in 1990. »

  27. (en) Peter Pringle, « Hebron Massacre: Brooklyn doctor with a prescription for hatred », The Independent,‎ 27 février 1994 (lire en ligne) :

    « He repeatedly vowed revenge for Kahane's death »

  28. Alain Louyot, « Vendredi 25 février - Carnage au tombeau d'Abraham », L'Express,‎ 22 décembre 1994 (lire en ligne)
  29. Françoise Germain-Robin, « Le «j'accuse» d'Amnon Kappeliouk », L'Humanité,‎ 21 octobre 1004 (lire en ligne)
  30. Enderlin 2013, p. 166-168
  31. Paine 1995
  32. a, b et c (en) Spencer C. Tucker et Priscilla Mary Roberts, The Encyclopedia of the Arab-Israeli Conflict: A Political, Social, and Military History, ABC-Clio,‎ 2008 (lire en ligne), p. 438
  33. Journal de Genève, « Le massacre d’Hébron (1994), menace pour la paix », sur Letemps.ch,‎ 26 février 2009 (consulté le 14 juin 2013)
  34. Israeli Poetry and the Bible,p. 90,91 consultable en ligne sur Google Livres
  35. a et b (en)http://www.jpost.com/Features/In-Thespotlight/This-Week-in-History-The-second-Hebron-massacre
  36. Encyclopedia of Terrorism, par Peter Chalk, consultable en ligne sur Google Books.
  37. (en) Reuters, « Gunman hero to young Israelis Schools teaching tolerance lessons », Globe and Mail,‎ 3 mars 1994
  38. a et b (en) Sarah Helm, « Hebron killer praised as a hero by young Israelis; Teachers are shocked at the level of support for anti-Arab violence, writes Sarah Helm in Jerusalem », Independent,‎ 4 mars 1994 (lire en ligne)
  39. a et b (en) John Rayner, A Jewish Understanding of the World, Bergham Press,‎ 1998 (lire en ligne), p. 90
  40. « Public Opinion: Israeli, Palestinian Support for Peace Accord Was Dropping Before Massacre », Washington Report on Middle East Affairs,‎ 31 mai 1994
  41. (en) Geoffrey Paul et Jenni Frazer, « From Brooklyn to Kiryat Arba - the story of a doctor who 'wanted to stop the peace process dead' », The Jewish Chronicle,‎ 4 mars 1994
  42. a et b (en) Israel Shahak, « Poverty, Religious Instruction Breed Xenophobia in Israel », Washington Report on Middle East Affairs,‎ juillet 1994 (lire en ligne)
  43. Réponse d'Israël
  44. Assemblée du Conseil de l'Europe, « Massacre d'Hébron et aux conséquences sur le processus de paix au Proche-Orient », sur assembly.coe.int,‎ 28 février 1994 (consulté le 3 juin 2013)
  45. Elle note des échanges de slogans hostiles entre juifs et musulmans, suite à des incidents ayant entrainé la mort de plusieurs membres du Hamas  : la veille du massacre, deux cents fidèles qui avaient pénétré dans la synagogue et interrompu l'office religieux, auquel Goldstein assistait, et crié leur haine des Juifs ("Tuer les Juifs", "Mort aux Juifs!"), au point qu'il avait fallu faire appel à l'armée et à la police des frontières. Enfin, elle précise que les rapports des renseignements avertissaient d'une attaque du Hamas contre les Juifs
  46. (en)« Cabinet Communique », Israel Ministry of Foreign Affairs,‎ 13 mars 1994 (consulté le 23 juin 2013)
  47. (en) Stephen Sloan et Sean K. Anderson, Historical Dictionary of Terrorism, Scarecrow Press,‎ 2009 (lire en ligne), p. 339
  48. (en)« We cannot maintain absurd situations that are completely unacceptable....To put 120,000 Arab residents under curfew to protect about 400 Jews » in Paine 1995, p. 14
  49. a, b et c Paine 1995, p. 14
  50. Joe Stork Erased in a Moment: Suicide Bombing Attacks Against Israeli Civilians, Éditions Human Right Watch, 2002
  51. (en)Ariel Merari, Driven to Death: Psychological and Social Aspects of Suicide Terrorism, Oxford University Press, 2010, 315 pages, p.35
  52. Enderlin 2013, p. 164

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]