Masnavi

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Spécimen calligraphique du masnavi de 1490 au Mevlâna mausoleum à Konya en Turquie

Le Masnavi-I Ma'navi, transcrit aussi Masnawī, Mathnawi ou Mesnevi, (en perse: مثنوی معنوی, en turc: Mesnevi) est un ouvrage du XIIIe siècle écrit en persan par le poète soufi Jalâl ud Dîn Rûmî. C'est à la fois une des plus connues et des plus influentes œuvre du soufisme et de la littérature persane ce qui a valu à son auteur les surnoms de « notre maître »[Note 1]. En outre, le nom de l'œuvre a fini par désigner un style poétique lyrique bien particulier, la poésie masnavi. Masnavi-I Ma'navi peut être traduit par « couplets rimés d'une profonde signification spirituelle ». L'œuvre se décompose en six livres et comptent au total 424 histoires qui illustrent la condition humaine dans sa recherche de Dieu. Composé d'environ 25 000 distiques, les histoires allégoriques du Masnavi puise leur inspiration de versets du Coran, certaine fois même d'un seul verset. L'ouvrage a également une importance historique, en effet l'auteur fait régulièrement référence à des croyances populaires et décrit les différents mode de vie des différentes couches de la société, les différents groupes sociaux, etc[1]... Il décrit par exemple la plus ancienne méthode connue pour faire parler un perroquet[2]. L'œuvre s'inspire aussi de fables d'Ésope, mais adaptées pour souligner un des aspects les plus fondamentaux de l'islam, le Tawhid c'est-à-dire le monothéisme[3].

Histoire de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Le célèbre géographe arabe Ibn Battuta du Moyen Âge rapporte un récit sur la conception du Masnavi. Il y écrit que « Rumi était dans sa jeunesse un instructeur d'une madrasa. Un jour, alors qu'il donnait un cours à ses étudiants, il a remarqué un vendeur de friandises. Après avoir vu la marchandise de l'homme il choisit de partir avec lui. Ses étudiants, partis à sa recherche, ne le trouvèrent pas. Quelques années plus tard, Rumi réapparut en ne parlant que par des vers rimés. C'est cette poésie qui a permis de composer le Masnavi ».

De nombreuses traductions ont été faites, dans les différentes langues de la régions, de l'actuel Iran à l'Inde. L'ouvrage, du fait des allusions sexuelles utilisées pour décrire l'amour des croyants envers Dieu a été mal accepté par la société anglaise victorienne lors de sa première traduction Occidentale par James Redhouse en 1881. Pourtant celui-ci avait pris la précaution de traduire les passages les plus osés en latin plutôt qu'en anglais. Ces allusions liées à l'amour charnel ont pourtant été courantes, tant pour les mystiques chrétiens que musulmans. La première traduction complète de la Masnavi en anglais a été publiée par Reynold A. Nicholson, entre 1925 et 1940.

le Style Masnavi[modifier | modifier le code]

Mais même si ce style porte le nom de cet ouvrage, il n'a pas été inventé par Jalâl ud Dîn Rûmî. Les poèmes du soufi Sanaï, qui ont eu une grande influence sur Jalâl ud Dîn Rûmî de l'aveu même ce celui-ci, utilisent déjà ce style. Cette forme de poésie lyrique a été reprise par de très nombreux auteurs dont certains sont célèbres durant une longue période, on retrouve par exemple ce style chez le poète ottoman Fuzûlî au sein du Leylâ ve Mecnun ou le perse Nizami dans Les Cinq joyaux. Farid Al-Din Attar en a été aussi très inspiré.

Comme dans le Masnavi-I Ma'navi, les textes de style masnavi sont des longs poèmes lyriques et narratifs, voire didactiques. La disposition des rimes est singulière et diffère des autres styles poétiques utilisés dans la poésie médiévale perse comme par exemple celle des lettres amoureuses du style Ghazal ou des poèmes panégyriques du style Qasida. Le nombre de couplets est infini et les rimes se suivent par deux, à la fin de chaque hémistiche du même distique.

En Inde médiévale ce style n'est principalement utilisé que pour deux types de récit, le panégyrique royal et le conte romantique. En Perse, le style masnavi fut aussi utilisé pour les romans ou pour rapporter une légende des Parthes comme dans le Vis-o Râmin de Fakhredin Assad Gorgani.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Respectivement transcrit par Mowlânâ et par Djalal-el-dine
  1. Mehrân AFSHARI Traduit par Babak Ershadi, « L’empreinte de la culture populaire dans le Masnavi de Djalâl al-Din Roumi », La Revue de Théhéran,‎ juin 2009
  2. (en) wikisource:Masnavi I Ma'navi Livre V, p. 73, vers 1432-1436
  3. Laura Gibbs, Rumi: The Fable of the Lion’s Share, "Journey to the Sea", Issue 4, 1 October 2008, http://journeytothesea.com/rumi-lion/