Masjid al-Haram

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Mosquée al-Haram de La Mecque
Image illustrative de l'article Masjid al-Haram
Présentation
Nom local المسجد الحرام (Al-Masjid Al-Ḥarâm)
Culte Musulman
Type Mosquée
Début de la construction VIIe siècle
Fin des travaux XXIe siècle
Style dominant Divers
Géographie
Pays Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite
Région Province de La Mecque
Commune La Mecque
Coordonnées 21° 25′ 19″ N 39° 49′ 34″ E / 21.422, 39.82621° 25′ 19″ Nord 39° 49′ 34″ Est / 21.422, 39.826  

La Masjid al-Haram (en arabe : المسجد الحرام, al-Masjid al-Ḥarâm, « la Mosquée sacrée ») est une mosquée de la ville de La Mecque en Arabie saoudite, la plus grande du monde et le premier lieu saint de l'Islam. On trouve en son centre la Kaaba, dans laquelle est incrustée une pierre noire que les musulmans tentent de toucher au cours des tawaf (circumambulations) durant leur pèlerinage (hajj).

Tradition musulmane[modifier | modifier le code]

Selon la croyance et la tradition islamique, Al Haram Al-Shérif a été construit par des anges avant la création de l'humanité sous ordre d'Allah pour être le reflet sur terre de Al-Baytu Maˤmur[pas clair] (arabe: البيت المعمور) le lieu de culte des anges que l'on croit être directement au-dessus du Kaaba dans le ciel. La Kaaba a été construite par les anges, puis par Adam, le premier homme, qui l'a reconstruite[pas clair]. Abraham est le dernier humain qui reconstruit la Kaaba avec l'aide de son fils Ismaël. La pierre noire qui provient du paradis est située sur le quatrième coin du Kaaba. Sa couleur noire vient du fait qu'elle aurait le pouvoir surnaturel d'absorber les péchés des hommes qui la touchent.

Histoire[modifier | modifier le code]

La mosquée a beaucoup évolué au fil du temps, les différents régimes musulmans y accordant une grande importance, mais elle est encore très peu étudiée, car elle semble avoir eu un impact limité sur l'architecture islamique. Son état actuel date pour une grande partie de la période ottomane.

S'étant vu refuser l'entrée dans la ville en 628 pour y effectuer un pèlerinage, Mahomet parvient à y effectuer l'année suivante, le rite du Tawaf, c'est-à-dire circumambulation, à l'occasion d'une trêve. En 630, après la reddition de la ville, il brise les idoles du temple, mis à part une Vierge à l'Enfant selon certains hadiths[1]. C'est cette même année que la qibla, la direction de la prière se fixe définitivement, passant de Jérusalem à la Kaaba.

Une porte de la mosquée vue de l'extérieur.

La première extension de la Mosquée fut réalisée vers l'an 638, sous le règne du second calife, Omar ibn al-Khattâb (634-644). Afin d'accueillir le nombre croissant des pèlerins, le calife Omar fit construire un mur de 1,5 mètre de haut autour de la Kaaba afin de de délimiter une zone de prière.
Durant le règne de son successeur, le calife Othmân ibn Affân (644-656), l'espace de prière fut agrandi, puis recouvert d'un toit en bois supportés par des colonnes et des arcs.

En 692, après que le calife omeyyade Abd al-Malik (685-705) eut reconquis la Mecque sur Ibn Zubayr, le gardien du lieu saint releva les murs extérieurs, recouvrit le plafond de teck et fit peindre d'or les colonnes.

Son fils Al-Walid ben Abd al-Malik (705-715) fit annexer une portion de terrain à la superficie de la Mosquée et rénova le bâtiment, en remplaçant le bois et en élevant des arceaux décorés de mosaïque sur des colonnes de marbre provenant d'Égypte ou de Syrie.

Le calife abbasside Abou Ja'afar Al Mansour (754-775) donna ordre d'adjoindre une vaste superficie à la Mosquée d'Al Haram et fit construire un couloir circulaire. Il fit doubler la taille de l'aile nord et l'ouest de la salle de prière et érigea le minaret de Bab al-Umra sur le coin nord-ouest.

En 776, en raison du nombre croissant des pèlerins, le calife Al-Mahdî (775-785), acheta lors de son pèlerinage les maisons situées entre la mosquée d'Al Haram et le Massa'a, qui furent ensuite détruites pour porter la superficie totale de la mosquée, centrée sur la Kaaba, à 120 000 coudées-carré, soit 196 mètres sur 142 mètres. Al-Mahdi fit également construire trois minarets couronnés de créneaux au-dessus des portes de Bab al-Salam, Bab Ali et Bab al-Wadi.

L'intérieur de la mosquée.

La superficie de la mosquée a atteint son apogée en 306 de l'Hégire (918 de notre ère), sous le calife abbasside Al Mouqtadir Billah, pour rester inchangée jusqu'à l'époque saoudienne. Aucun agrandissement ne fut entrepris pendant les règnes des Fatimides, Ayyoubides, Mamelouk et Ottomans, durant lesquelles les seuls travaux entrepris se limitèrent à la restauration et à la réparation du complexe.

Ainsi, en 1399, la partie nord de la mosquée a pris feu, une centaine de colonnes de marbre, ainsi que le plafond furent endommagés. Les autres sections subirent des dommages lors d'une inondation. La mosquée fut alors reconstruite par le sultan mamelouk An-Nâsir Faraj ben Barquq (1399-1412). Les colonnes de marbre endommagées furent remplacées par des colonnes en pierre venant des carrières situé à proximité des montagnes du Hedjaz, tandis que le toit était reconstruit avec du bois venant des montagnes de la région de Taïf.

Les sultans ottomans ont également contribué à la construction de la mosquée. En 1571, le sultan Selim II (1566-1574) ordonna à son architecte Sinan de la rénover. Sinan remplaça le toit de la salle de prière par des dômes dorés et décorés de calligraphie à l'intérieur et introduisit de nouvelles colonnes entre les anciennes afin de soutenir le nouveau toit.
En raison de la dégradation due aux pluies de 1611, le sultan Murad IV (1623-1640) ordonna lui aussi la restauration de la mosquée et la Kaaba fut reconstruite en 1629. La bâtiment comportait de nouvelles arcades en pierre appuyées sur de fines colonnes, avec des médaillons entre les arches. Les dalles de sol autour de la Kaaba furent remplacées par de nouvelles dalles de marbre de couleur et la mosquée fut équipée de sept minarets. À la fin de la domination ottomane dans le Hedjaz, au cours de la Première Guerre mondiale, l'enceinte extérieure de la mosquée mesurait 192 mètres sur 132 mètres.

Le Mas'a, tunnel dans lequel les pèlerins effectuent le saʿīy en reliant Safâ et Marwah.

Le roi Saoud ben Abdelaziz Al Saoud lança en 1955 un très important programme d'extension et de reconstruction de la Mosquée d'Al Haram, ainsi que la restauration de la Kaaba. La nouvelle structure nécessita d'importants travaux de démolition autour de la mosquée ottomane. On construisit une arcade à deux étages de colonnes en pierre artificielle recouverte de panneaux de marbre sculpté. Le plafond de ces galeries fut décoré de caissons moulés en plâtre, et le sol fut carrelé de pierre et de marbre. Au cours de cette première extension saoudienne, le Mas'a (la galerie reliant le rocher d'Al-Safa à celui d'Al Marwah) a été prolongé pour atteindre la mosquée. L'extension a été construite sur deux étages, avec une structure de béton armé revêtue d'arches sculptées dans le marbre et de la pierre artificielle. Cette salle communique avec la rue et la mosquée par onze portes. Les portes Bab al-Salam et Bab al-Umra ont également été rénovées afin de faire correspondre leur style à celui de la porte du Roi Abdul Aziz, de construction récente, située sur la façade sud. Quatre minarets ont été construits près de Bab al-Umra et Bab al-Salam, et les trois plus anciens ont été remodelés. Actuellement, ils font quatre-vingt-neuf mètres carrés à la base. Chacun d'entre eux possède deux balcons décorés de colonnettes octogonales.

Au début des années 1960, la superficie totale de la Mosquée atteignait ainsi presque 200 000 m2 (contre 30 000 m2 avant extension) et pouvait accueillir simultanément 400 000 fidèles. En 1979, le GIGN intervint lors de la Prise de la Grande Mosquée de La Mecque par les islamistes.

Le Roi Fahd ben Abdelaziz al-Saoud engagea de nouveaux travaux d'extension qui portèrent la superficie totale de la mosquée à plus de 320 000 m2 pour une capacité d'accueil de plus d'un million de fidèles.
Ils se composaient d'une nouvelle aile et une zone de plein air pour la prière, toutes deux situées au sud-est de l'actuelle mosquée. La nouvelle salle de prière devint accessible par le biais de la monumentale Porte du Roi Fahd au sud qui mène à la Kaaba. Celle-ci est composée de deux étages séparés dans certaines sections par une mezzanine qui abrite des services mécaniques ; on fit circuler la climatisation au-dessous du carrelage et par le biais de grilles de ventilation situées à la base de chaque colonnes. La salle de prière est construite sur l'espace de cinq mètres de la grille[pas clair]. Son arcade est carrée avec des coffres de toit décorés avec du plâtre de moulage[pas clair]. Les colonnes sont des panneaux plaqués de marbre, alors que les voûtes sont recouvertes de pierre artificielle et les moulures en plâtre. Le long de l'axe reliant la Porte du Roi Fahd à la Kaaba, trois modules de grille[pas clair] sont couverts de coupoles décorées avec muqarnas squinches moulé en plâtre, qui transportent des tambours perforés par trente-deux fenêtres[pas clair]. Le dôme de l'espace[Quoi ?] est lumineux avec des chandeliers en verre de couleur et un rétro-vitrail[Quoi ?] au sommet. Les murs intérieurs de la salle de prière sont habillées de marbre avec une rainure de 2,5 m de haut[Quoi ?]. Cette décoration fut utilisée pour dissimuler des haut-parleurs et le câblage électrique

En 2013, de nouvelles expansions se sont traduites par la destruction de certaines des parties les plus anciennes de la mosquée[2].

Architecture[modifier | modifier le code]

Article connexe : architecture islamique.

La mosquée, d'une superficie de 400 800 m², s'étend sur deux niveaux ainsi que sur une immense terrasse, un sous-sol et des esplanades autour. Sa capacité d'accueil est de 900 000 personnes, soit quelque deux millions de fidèles durant la période du hajj, ce qui fait d'elle la plus grande mosquée au monde. Ses sept minarets culminent à 89 mètres. Son premier mihrab date du VIIIe siècle.

La Kaaba[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Kaaba.

Le cœur du sanctuaire en lui-même est un monument très simple, presque cubique, avec ses 15 m de haut et ses côtés de 10 et 12 m. Elle a aussi une porte au sud-est, qui s'appelle ritaj.

La pierre noire était vénérée[réf. souhaitée] avant l'Islam, et donnait lieu à un pèlerinage pour les populations de la région. Selon la tradition musulmane, son culte remonterait à Abraham et Ismaël[3]. Avant l'Islam, la Kaaba servait de lieu où étaient déposés les idoles des polythéistes[pas clair]. Un toit plat soutenu par six piliers avait été construit pour la protéger vers le début du VIIe siècle, sans doute par des Coptes d'Égypte[4]. Ils y avaient réalisé une décoration peinte.

La position de la Kaaba indique la direction (qibla) vers laquelle se tournent les musulmans pour effectuer leur prière.

Son personnel[modifier | modifier le code]

De nombreuses personnes travaillent à la mosquée Al-Haram dont une quinzaine d'imams et de muezzins dont voici la liste :

Imams[modifier | modifier le code]

  • Plus en fonction :
    • Muhammed Al-Subayyil (en arabe : محمد السبيل)
    • Ali Bin Jabir (en arabe :على بن جابر)
    • Umar Al-Subayyil (en arabe : عمر السبيل) (fils de Muhummad Al-Subayyil)
    • Abdullah al Humaid - ministre de la Justice d'Arabie saoudite.
    • Abdullah Khayyat
    • Abdullah Al-Khulaifi

Muezzins[modifier | modifier le code]

  • Ali Ahmed Mulla (en arabe : على أحمد ملا)
  • Mohammed Farouk Abdul Rahman Hadhrawi (en arabe : محمد فاروق عبد الرحمان حضراؤى), Muezzin de Masjid al-Haram de Masjid Namirah, jour d'Arafat.
  • Mohammed Shaker Muezzin (en arabe : محمد مؤذن).
  • Ahmed Raiyes (en arabe : أحمد ريس)
  • Majid Ibrahim Abbas (en arabe : ماجد ابراهيم عباس)
  • Abdullah Basnawi
  • Abdul Rahman Basamji
  • Ahmad Toufik
  • Naif
  • Faisal Nu'maan

Les muezzins de Haram Sharif doivent posséder un certain nombre de qualités, dont les plus importantes sont : une bonne morale et une bonne voix. Ils sont actuellement au nombre de seize. Durant le ramadan, 6 autres sont ajoutés en renfort. Durant la prière, un muezzin soutient aussi les imams en répétant leurs paroles à voix haute.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Wensinck 1999: 10:927b
  2. (en) The photos Saudi Arabia doesn't want seen – and proof Islam's most holy relics are being demolished in Mecca — Archaeologists fear billion-pound development has led to destruction of key historical sites, Jerome Taylor, 15 mars 2013, The Independent
  3. Selon Henri Stierlin, Islam, de Bagdad à Cordoue, des origines au XIIIe siècle, Taschen, Cologne, 2002, p. 16
  4. selon R. Ettinghausen, O. Grabar et M. Jenkins-Madina, Islamic art and architecture 650 - 1250, Yale University Press, New Haven et Londres, 2001, p. 3