Masamune

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Portrait de Masamune

Masamune Okazaki (正宗) ou Goro Nyudo Masamune est connu pour être l'un des plus grands forgerons japonais. Bien que très peu d'informations sur lui existent, il est généralement admis qu'il aurait fabriqué l'essentiel de ses sabres japonais entre 1288 et 1328 et qu'il vivait dans la province de Sagami.

Élève de Shintogo Kunimitsu, son travail est réputé pour sa très bonne qualité d'acier à une époque où le minerai était souvent impur. De plus, on considère souvent qu'il est le créateur de la technique faisant apparaître le nie.

Style[modifier | modifier le code]

Forgeron emblématique de la structure en soshu-gitae, les hamon de ses lames sont généralement dans les styles suguha (ligne de trempe droite) ou notare. Certaines lames sont aussi d'inspiration de Bizen, c'est à dire avce un ko-midare hamon. D'autre part, ses lames sont reconnaissables grâce aux nombreux chikei et kinsuji. On considère également que Masamune est l'homme ayant perfectionné le nie (錵).

Masamune fut loué par Toyotomi Hideyoshi comme l'un des Nihon San Saku, les trois artisans du Japon, ce qui lui conféra plus tard, pendant la période Edo, une aura de prestige immense associée aux Daimyō et aux Shōgun. Malheureusement, pour ces mêmes raisons, on pense que beaucoup de forgerons essayèrent de contrefaire Masamune afin de vendre leurs lames à bons prix aux samouraïs désireux d'accroître leur prestige, ce qui est l'une des causes de la confusion sur l'identité historique du forgeron, renforcée par le fait qu'il ait signé extrêmement peu de ses lames.

Les œuvres certifiées de Masamune sont d'environ une dizaine, selon le conservateur du musée Truman, où se trouve justement l'une d'entre elles. Beaucoup sont individuellement nommées, telles que Honjo Masamune (l'un des katana personnels des Shogun Tokugawa), le Musashi Masamune (qui aurait été porté par Miyamoto Musashi en personne) ou le Fudō Masamune (un tantō avec un horimono représentant la déité bouddhiste Fudō Myō'ō). Nonobstant, une quarantaine de lames signées Masamune sont listées sur le site du Nihonto Club, la plupart d'entre elles étant des Tantō.

Élèves[modifier | modifier le code]

Si un groupe de 10 fut constitué par les générations ultérieures, nommé Masamune Juttetsu, Masamune a eu de nombreux élèves, parmi lesquels Hikoshiro Sadamune (le fils biologique ou adoptif de Masamune, regardé comme l'égal de celui-ci), Soshu Ju Akihiro et Sagami-no-kuni Hiromitsu. Parmi tous ses élèves, on considère Go Yoshihiro comme le meilleur, suivi de près par Samonji. Ci-dessous, une liste des Masamune Juttetsu :

Chogi[modifier | modifier le code]

(備州長船住長義作 - Bishu Osafune Ju Chogi Saku) (備前國長船住長義 - Bizen Kuni Osafune Ju Chogi)
se lit aussi Nagayoshi. Bien que probablement pas un étudiant direct de Masamune en raison des dates où il forgeait, ses travaux sont considérablement influencés par le travail de Masamune et la tradition de Soshu aussi bien que le travail de Soden Bizen.

Kanemitsu[modifier | modifier le code]

(備前國長船住兼光 - Bizen Kuni Osafune Ju Kanemitsu) (備州長船住兼光 - bishu osafune ju kanemitsu) (備前國長船住左衛門尉藤原兼光 - Bizen-no-kuni Osafune ju Saemon-no-jo Fujiwara-no-Kanemitsu)
Considéré pour avoir créé certaines des épées les plus pointues jamais connues, il en produit pour beaucoup de grands hommes et généraux. Un autre étudiant qui très probablement n'a pas suivi l'enseignement de Masamune directement mais a été influencé par la révolution de Soshu et de Soden Bizen. Son nom complet se traduit à peu près ainsi : "Province de Bizen, artisan de Osafune (l'une des plus prestigieuses Forges de l'époque Koto) Saemon-no-jo (une charge honorifique à la Cour Impériale) Kanemitsu (il s'agit d'un Nanori, une sorte de prénom pour gentilhomme sinisé) du clan Fujiwara (nom de clan aristocratique ancestral)."

Shizu Saburo Kaneuji[modifier | modifier le code]

(Kaneuji - 兼氏)
Shizu Saburo Kaneuji a vécu dans la province de Yamato avant de partir dans celle de Mino où il devint l'élève de Masamune. À partir de ce moment, son style change radicalement à tel point que l'on confond souvent son travail avec celui de son maître.

Kinju[modifier | modifier le code]

(金重)

Aussi appelé Doami, de son nom bouddhiste, il était prêtre à Seisen-ji, en la province de Echizen-no-kuni. Kinju appréciait les Tachi de l'époque Nanbokucho, ses oeuvres en sont réminiscentes et fort raffinées. Ainsi, parmi les caractéristiques de ses oeuvres, on notera que ses épées sont longues, fines et élégantes, avec des courbures égales et des Sori peu profonds. Sans surprise de la part d'un moine bouddhiste, ses horimono sont typiquement des motifs religieux.

Kunishige[modifier | modifier le code]

(長谷部国重 - Hasebe Kunishige)
A créé l'école de Hasebe produisant des épées dans le modèle de la deuxième période de Soshu et de Yamashiro. Ses épées sont considérées par certains comme étant égales à Akihiro et à Hiromitsu. Il a créé Heshikiri Hasebe (Le coupeur puissant) énuméré dans le Kyoho Meibutsu Cho, possédé près Toyotomi Hideyoshi et puis Oda Nobunaga. Il soutient une marqueterie d'évaluation d'or de Honami Kotoku appelée un Kinzogan (金象嵌). Aujourd'hui l'épée est un héritage de famille du Kuroda Daimyo Ke. L'épée prend son nom de l'histoire d'Oda Nobunaga, qui utilisa Hesshikiri pour occire un certain Kannai, un maître de thé l'ayant trahi, Nobunaga aurait d'après l'anecdote utilisé le seul poids de l'épée pour tuer le pauvre homme, coupant en deux par là même la table derrière lequel il se cachait. Cette anecdote est particulièrement terrifiante dans la mesure où elle contredit pratiquement le mécanisme d'une coupe, pour laquelle le mouvement est impératif. Telle est l'impression de puissance qui se dégage de l'oeuvre de Kunishige.

Kunitsugu[modifier | modifier le code]

(来源国次 - Rai Minamoto Kunitsugu)
Va en outre par le Kamakura nommé Rai car il est le fils de Rai Kuniyuki. On peut observer l'influence des traditions de Soshu et de Yamashiro dans ses travaux

Saemonzaburo[modifier | modifier le code]

(左 - Sa) (筑州左 - Chikushu Sa) (筑前國住左 - Chikuzen Kuni Ju Sa)
Aussi connu sous le nom de Samonji ou Chikuzen Samonji. Ses oeuvres ont une grande valeur historique, notamment Yoshimoto Samonji, le tachi de Imagawa Yoshimoto récupéré sur son cadavre par Oda Nobunaga à Okehazama. Et Kōsetsu Samonji, tachi de Tokugawa Ieyasu. On dit aussi que lorsque Takeda Shingen effectua sa cérémonie du Genpuku (passage à l'âge adulte), il fît la commande d'un Samonji. Yoshimoto Samonji est actuellement une relique du sanctuaire Kenkun-jinja, dédié à Oda Nobunaga, c'est donc à la fois une sorte d'idole dédiée à l'adoration du Dairokuten Ma'ō (le Roi Démon des Six Mondes de la Transmigration, ennemi du Bouddhisme et persécuteur des êtres sensibles) et un mémorial à l'un des trois grands unificateurs du Japon pré-moderne.

Albert Yamanaka dit de Sa qu'il est indéniablement l'un des plus grands forgerons parmi les Juttetsu. Pendant la période Edo, une liste de 200 lames fût constituée pour établir les plus fameuses dans tout le Japon : 6% d'entre elles étaient des oeuvres de Samonji ! Une légende va jusqu'à prétendre que les sabres de Sa avaient finis par devenir plus acérés que ceux de son maître, Masamune. L'on sait que nombre des plus beaux Tantō forgés par Samonji furent jadis mépris et transmis en tant qu'oeuvres de Masamune, avant d'êtres identifiés par les experts ultérieurs.

Bien que beaucoup de forgerons descendants de Samonji et de ses élèves avaient l'habitude de signées "Sa" avec désinvolture, et bien que nombre d'entre eux soient de grands forgerons, on considère qu'aucun d'entre eux n'a atteint l'éminence et la perfection technique du véritable Sa. L'un des plus illustres connaisseurs en Nihontō, Fujishiro, donne à Samonji le grade ultime de Sai-Jo-Saku ("facture suprême", grand maître, soit une note de 5/5), tandis que ses six fils et étudiants sont gradés Jo-Jo-Saku (facture supérieure-supérieure, soit une note de 4/5). Les oeuvres de Samonji sont donc aisément distinguables de celles de ses élèves et des imitateurs !

Les fils et disciples en question sont nommés Sa Yasuyoshi, Sa Yoshisada, Sa Yoshihiro, Sadayuki, Yukihiro et Sadayoshi. Certains d'entre eux ont produits des oeuvres ayant étés distingués comme Kokuho ou Juyo Bunkazai ce qui démontre que Chikuzen Samonji était un grand professeur en plus d'être un très grand forgeron, et d'une certaine façon, cela augmente encore la gloire de son maître, Masamune.

Environ 47 de ses oeuvres furent estimées Juyo Token (oeuvre importante) ou supérieur par les autorités japonaises de la NBTHK. Parmi lesquelles 16 sont des katana Mumei (sans signature), 1 est un Tachi signé, 1 est un Tachi transformé en Wakizashi, 1 est un Naginata-Naoshi et 28 sont des Tantō. 6 de ces seize Katana ainsi que 8 Tantō sont Tokubetsu Juyo Token (oeuvre extrêmement importante). Et enfin, 9 Kokuho (Trésors Nationaux) sont des œuvres de Samonji, un nombre extrêmement élevé (le total de Kokuho Nihonto est d'environ 110). En raison de leur grande valeur, les oeuvres de Samonji font rarement surface et sont généralement gardées jalousement par les collectionneurs, parmi lesquels la Famille Impériale, qui en détient un certain nombre. Une lame Tokubetsu Juyo mumei forgée par Samonji peut valoir entre 150 000 et 200 000 Dollars ou plus.

Saeki Norishige[modifier | modifier le code]

(則重 - Norishige, 佐伯 - Saeki)

Ayant aussi signé ses oeuvres sous le nom de Etchu-no-kuni Norishige et Sagami-no-kuni Norishige entre autres. Bien qu'on l'associe traditionnellement à Masamune, d'autres théories modernes pense que ce forgeron et Kunimitsu étaient compagnons d'apprentissage et indépendants de Masamune tout en étant rattaché à la tradition Soshu. Bien que spécialisé dans les Tantō, ses Daitō sont de qualité supérieure bien qu'ayant un sugata très classique. Plusieurs de ses oeuvres sont titrées Tokubetsu Juyo et au moins l'une d'entre elles est Kokuho.

Go Yoshihiro[modifier | modifier le code]

(郷(江) - Go, 義弘 - Yoshihiro. De son nom complet Etchu Matsukura Go Umanosuke Yoshihiro. Le plus fameux des étudiants de Masamune, il est membre d'un petit groupe d'élite appelé Nihon San Saku, les trois artisans du Japon, expression désignant les trois forgerons favoris de Toyotomi Hideyoshi. Les deux autres sont Awataguchi Yoshimitsu et Masamune lui-même. Fils d'un samouraï du clan Tomoi, il devint forgeron très jeune mais décéda à 27 ou 30 ans, selon les sources, ce qui rendit son travail très rare... un fait encore accentué par la pratique du Suriage, d'où une ancienne expression japonaise disant que "l'on ne voit jamais des fantômes ou des (sabres signés par) Go", car les Go Yoshihiro étaient maintenus dans les collections des grands seigneurs et le public ne pouvait qu'en entendre parler à travers les rumeurs. Son travail est si rare et difficile à trouver que même aujourd'hui les revendeurs japonais utilisent ce proverbe quand on parle d'un jour posséder un Go Yoshihiro ! Le Dr Honma rapporte encore que depuis les temps anciens, on considère que l'infortuné Yoshihiro n'était ni supérieur ni inférieur à son maître, qu'il s'en distinguait par la clarté de son Ji-ha, et que des forgerons aussi excellents que Kotetsu, Inoue Shinkai et Shigekuni imitèrent son œuvre.

Naotsuna[modifier | modifier le code]

(石州出羽直綱作 - Sekishu Izuwa Naotsuna Saku) (直綱作 - Naotsuna Saku)

Un forgeron talentueux travaillant dans le style So-den Bizen (tradition Soshu influencé par celle de Bizen), il est classé Jo-Jo-Saku par Fujishiro. Ses oeuvres sont plutôt rares et la plupart sont des Daitō sans horimono.