Mary Somerville

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Mary Somerville

Mary Somerville (26 décembre 1780 - 28 novembre 1872) était à la fois un écrivain et une scientifique écossaise en un temps où la participation des femmes à la science était découragée. Elle traduisit et popularisa la « Mécanique Céleste » de Laplace et amena John Couch Adams à chercher et découvrir la planète Neptune.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mary Somerville

Elle était la fille de l'amiral William George Fairfax[1] et naquit dans le presbytère de Jedburgh, en Écosse. C'était la maison de la sœur de sa mère, qui était la femme de Thomas Somerville (1741-1830), auteur de My Own Life and Times. Son fils William devint plus tard le second mari de Mary[2].

Elle reçut une éducation décousue. Elle grandit à Burntisland, Fife[1]. Quand elle eut dix ans, son père l'amiral, qui avait été absent à cause d'un voyage en mer, la considéra comme « une sauvage » et l'envoya à Muselburgh, un pensionnat, où elle apprit à lire, à écrire (maladroitement), un peu de français ainsi qu'à faire de l'arithmétique simple. Àpres cela, elle étudia la géographie et l'astronomie, mais son éducation était plus limitée de celle de son frère. Une fois, alors que son frère étudiait avec un tuteur de la mathématique, elle répondit tandis que son frère ne le put pas. Par la suite, le tuteur, impressionné, lui enseigna officieusement. Elle trouva d'autres opportunités d'étudier avec son oncle Thomas Somerville, qui lui enseigna le latin[1] et avec son professeur d'art Alexander Nasmyth, qui lui enseigna la perspective à Edinburgh[1]. Lorsque la sœur de Mary mourut à dix ans, ses parents lui interdirent d'étudier, car ils croyaient que les études avaient contribué au décès de sa sœur. Elle finit par maîtriser l'algèbre et Euclide[1] en secret, sans aucune aide extérieure[3].

Malgré cela, elle était « la rose de Jedburg » en Edinburgh, douce et polie, fille obéissante d'une bonne famille[3]. En 1804 elle se maria avec son cousin éloigné, le consul de Russie à Londres, le capitaine Samuel Greig, fils de Samuel Karlovitch Greig. Ils ont deux enfants, dont l'un, Woronzow Greig, devint barrister et scientifique[4]. Ils habitent en Londres, où Somerville était malheureuse, parce que, bien qu'elle pouvait étudier plus facilement, son mari n'approuvait pas. Greig meurt en 1807 et Somerville revint en Écosse[3].

Après le décès de son mari, l'héritage lui permet d'acquérir la liberté de poursuivre ses études. En 1812, elle se marie avec son autre cousin, le docteur William Somerville (1771-1860), inspecteur de l'Army Medical Board, qui l'encourage et lui apporte une aide importante dans les sciences physiques. Ils ont quatre autres enfants. Pendant ce mariage elle fit la connaissance des scientifiques les plus éminents du temps, qui remarquent son talent. Avant qu'elle ait atteint une large renommée, Pierre-Simon de Laplace lui dit :« Seules trois femmes m'ont compris. C'est vous, Mrs Somerville, Caroline Herschel et une Mrs Greig dont je ne connais rien. » Somerville était, en fait, la première et la troisième. En 1835, Somerville et Caroline Herschel devinrent les premières femmes de la Royal Astronomical Society.

William et Mary Somerville allèrent en Italie 1838 ; William meurt à Florence en 1860, et Mary à Naples en 1872. En 1868, quatre années avant son décès à l'âge de 91 ans, elle signa la pétition de John Stuart Mill pour le suffrage des femmes[5]. Elle est enterrée à l'English Cemetery, Naples[6].

Publications[modifier | modifier le code]

En 1831, à la demande de Lord Brougham, elle publie « The Mechanism of the Heavens », qui connut un grand succès. C'était une traduction de la « Mécanique Céleste » de Laplace, ce qui popularisa cette œuvre. Elle dit : « Je traduisit l'œuvre de Laplace de l'algèbre en un langage simple ».

Ses autres œuvre sont « On the Connexion of the Physical Sciences » (1834), « Physical Geography » (1848) et « Molecular and Microscopic Science » (1869)[1]. Sa discussion au sujet d'une planète hypothétique perturbant Uranus, dans la sixième édition de « On the Connexion of the Physical Sciences » (1842), mena John Couch Adams à chercher et à découvrir la planète Neptune.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f (en) Mary T. Brück, « Mary Somerville, mathematician and astronomer of underused talents », Journal of the British Astronomical Association, vol. 206, no 4,‎ août 1996, p. 201 (lire en ligne)
  2. (en) Somerville, Mary Fairfax Greig, vol. 11 & 12, New York, Charles Scribner's Sons, p. 521
  3. a, b et c (en) Somerville, Mary Fairfax Greig, vol. 11 & 12, New York, Charles Scribner's Sons, p. 522
  4. Appleby, J. H., « Woronzow Greig (1805-1865), F.R.S., and his scientific interests », Notes and Records of the Royal Society, vol. 53, no 1,‎ 1999, p. 95–106 (lien DOI?, lire en ligne)
  5. Robyn Arianrhod, « What sort of science do we want? », OUPblog, Oxford University Press,‎ 29 novembre 2012 (consulté le 29 novembre 2012)
  6. Giancarlo Alisio, Il Cimitero degli Inglesi, Naples, 1993, ISBN 88-435-4520-5

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]