Mary Anning

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Marry Anning

Mary Anning () est une collectionneuse de fossiles et une paléontologue britannique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle naît dans un village côtier du sud de l'Angleterre, dans le Dorset, Lyme Regis. A l'âge de 15 mois, elle vit une expérience hors du commun : Mary est la seule survivante de la foudre qui a frappé quatre personnes du village, dont la nurse qui la tenait dans ses bras.

Son père, ébéniste, arrondit ses fins de mois en vendant des fossiles aux touristes. Quand il meurt de la tuberculose en 1810, la famille se retrouve sans ressources. Mary et son frère Joseph commencent alors à rechercher les fossiles à plein temps. C'est un travail difficile particulièrement en hiver, mais également dangereux, et Mary manque d'y laisser sa vie en 1833 lors d'un glissement de terrain.

La collection de fossiles est en vogue à la fin XVIIIe et au début du XIXe siècle, d'abord comme passe-temps, à la manière d'une collection de timbres, puis elle s'est progressivement transformée en une science au fur et à mesure de la prise de conscience de l'importance des fossiles en géologie et en biologie. Mary Anning débute par l'aspect purement commercial, mais la communauté scientifique devient rapidement sa principale source de demande.

La première cause de cet intérêt des scientifiques et de l'orientation de la carrière de Mary Anning, est sa découverte, quelques mois après la mort de son père, d'un squelette complet d'ichtyosaure. Son frère avait trouvé un crâne de ce qui semblait être un grand crocodile un an plus tôt. Le reste du squelette tout d'abord manque, mais Mary, accompagnée de son frère, découvre le corps après une tempête. Cette espèce avait déjà été décrite en 1699 à partir de fragments découverts dans le Pays de Galles, mais c'est le premier squelette d'ichtyosaure retrouvé complet. Il s'agit d'une découverte importante qui est rapidement décrite dans Transactions of the Royal Society. Mary est alors âgée de douze ans.

L'attention de Thomas Birch, un collectionneur aisé, est attirée par Mary Anning dont la réputation grandit. Perturbé par la pauvreté de Mary Anning et de sa famille, il organise une vente de ses propres fossiles, et en remet le bénéfice aux Anning (environ 400£). Débarrassée des soucis financiers pour la première fois, Mary continue sa collection même après que son frère trouve un emploi de tapissier.

Sa découverte majeure suivante est une première : le squelette d'un plésiosaure, en 1821. Le spécimen découvert est un Plesiosaurus dolichodeirus et est encore considéré de nos jours comme le spécimen type de cette espèce. En 1828, elle découvre un important fossile de ptérodactyle, un Pterodactylus macronyx, le premier trouvé hors d'Allemagne. Elle revend le fossile à William Buckland qui lui donnera le nom de Dimorphodon.

Pterodactylus

Ces trois découvertes forment la partie majeure de sa contribution à la paléontologie, mais elle continuera de rechercher et collectionner les fossiles toute sa vie, faisant de nombreuses autres contributions dans ce domaine. Dans les années 1830, elle reçoit une rente annuelle de la British Association for the Advancement of Science en récompense de ses efforts. Elle meurt à 47 ans d'un cancer du sein. Quelques mois avant sa mort, elle est élue membre honoraire de la Geological Society of London en dépit des statuts sexistes de l'époque interdisant l'élection de femmes.

Postérité[modifier | modifier le code]

Prises ensemble, les découvertes de Mary Anning sont une des clefs montrant l'évidence de l'extinction d'espèces suggérée à partir de la fin du XVIIIe siècle par des zoologues comme Georges Cuvier. Auparavant, il était en effet admis que Dieu avait créé tous les êtres vivants lors de la Création et il était impensable que des espèces vivantes puissent s'éteindre. Un squelette bizarre trouvé était supposé appartenir à une espèce vivant encore dans une partie inexplorée de la Terre. La nature si étrange des squelettes découverts par Mary Anning et d'autres paléontologues de l'époque, comme Gideon Mantell, le « découvreur » des dinosaures, donne un coup sévère à ces arguments et prépare à une meilleure compréhension de la vie dans les périodes géologiques précédentes.

L'influence d'Anning se porte aussi sur le terrain de la géologie : ses découvertes forment les bases d'une révolution dans le domaine de la géochronologie, à savoir l'utilisation des fossiles pour reconstruire l'histoire de la terre.

Le naturaliste américano-suisse, Louis Agassiz impressionné par sa rencontre avec Mary Anning et sa complice Elizabeth Philpot, nommera deux espèces en son nom (Acrodus anningiae et Belenostomus anningiae). Cependant, après sa mort, le nom d'Anning tombera dans l'oubli.

Redécouverte ces dernières décennies, elle est maintenant honorée comme une figure importante et pittoresque de la paléontologie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La romancière Tracy Chevalier a publié une biographie romancée de Mary Anning sous le titre Remarkable Creatures (HarperCollins, 2009), en français Prodigieuses créatures (Paris, éditions Quai Voltaire/ La Table ronde, 2010).