Marwan Lahoud

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Marwan Lahoud (Arabe: مروان لحود), né le 6 mars 1966, est un ingénieur de l'armement français d'origine libanaise, actuel directeur général délégué à la stratégie et au marketing du groupe Airbus

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse, études[modifier | modifier le code]

Il naît au Liban en 1966 dans une famille de chrétiens maronites[1]. Il est le fils de Victor Lahoud, un ancien officier supérieur de renseignement libanais qui a émigré en France avec sa famille en 1982.

Entre 1974 et 1975, sa famille s’installe près de Bourges où Marwan Lahoud suit une année scolaire à l’école Sainte-Jeanne de Saint-Martin-d'Auxigny. En 1975, le pays est déchiré par la guerre. Élève déjà brillant, il va alors passer un an (la classe de troisième) à Castres dans la famille du colonel Cann, commandant du 8e RPIMa français, alors en mission au Liban dans le cadre de la mission onusienne de la FINUL. Il retourne au Liban où la guerre s’est calmée mais en 1982 les hostilités reprennent. Pour lui éviter d'être recruté par une milice, son père le retire de l’école a 16 ans. Après une attente de six mois il le fait émigrer seul en France en 1982 avant de le rejoindre avec toute sa famille. Il passe son bac cette même année. Après deux ans de classe préparatoires au lycée Sainte-Geneviève à Versailles, il intègre l’École polytechnique en 1983. Une première fois refusée, il obtient la nationalité française grâce à l’appui de Philippe Séguin alors ministre des Affaires sociales et chez qui son dossier était remonté[1]. Il est alors admis dans le corps de l'armement et opte en école d'application de l'X pour SUPAERO.

Haut fonctionnaire[modifier | modifier le code]

Marwan Lahoud a débuté sa carrière à la Délégation générale pour l'armement, en 1989, comme chef du centre de calcul du Centre d’essais des Landes, puis chargé des projets de rénovation des moyens d’essais et de la coordination des investissements. En 1994, il devient chargé de mission au service technique des systèmes de missiles tactiques (STSMT) puis il est nommé peu de temps après adjoint auprès du directeur des missiles et de l’espace de la DGA, Jean-Pierre Rabault.

Fin 1995, il est conseiller pour les affaires industrielles, la recherche et l’armement au cabinet de Charles Millon, ministre de la Défense. Il participe à la restructuration des industries du secteur avec notamment l’éviction d’Alain Gomez de Thomson-CSF. Il prépare la fusion entre l'Aérospatiale et Dassault Aviation mais le processus échoue peu avant son terme, à cause de la dissolution de 1997[2].

Dirigeant dans l'industrie aéronautique[modifier | modifier le code]

Marwan Lahoud est recruté en 1998 par l'Aérospatiale et devient directeur du développement. Il y négocie en 2000 la fusion avec Matra, première étape de la création d'EADS[2]. En juin 1999, Marwan Lahoud est nommé directeur adjoint au directeur délégué chargé de la coordination stratégique de la société Aérospatiale-Matra et au directeur délégué aux Affaires militaires.

À la création d’EADS en juillet 2000, il est nommé Senior Vice-Président Mergers and Acquisitions, et, à ce titre, est chargé des opérations de fusions et acquisitions d’EADS, comme la création de la société Airbus, de MBDA, d’Astrium. Le 1er janvier 2003, à 36 ans, il devient PDG de MBDA. Il présente son frère Imad à Jean-Louis Gergorin, qui deviendront les protagonistes de l’affaire Clearstream 2. La plupart des dirigeants politiques ou des affaires ont considéré qu’il ne l’a pas fait à mauvais escient, et ne lui ont pas tenu rigueur[2].

En juin 2007, il est nommé Chief Strategy and Marketing Officer (directeur général délégué à la stratégie et au marketing) du groupe EADS. Il remplace à ce poste clé Jean-Paul Gut[1]. Dans ces fonctions, il négocie la fusion avec BAE Systems qui n’aboutira pas[3]. En 2012, il est nommé patron de EADS France, en gardant son poste de directeur stratégique[2].

Son nom est évoqué pour la direction d’Areva en 2012, puis celles de Thales[4] et de Safran en 2014[5].

Participation à des institutions[modifier | modifier le code]

Marwan Lahoud a été membre des conseils d'administration de Dassault Aviation et de Technip ; membre du conseil de surveillance de l'Institut Aspen France.

Il est président du comité d'audit de BPCE (Banque Populaire Caisse d'Epargne) et président du conseil d’administration de l’Institut des hautes études scientifiques (IHES)[6], il est membre du conseil d’administration de l’association des anciens élèves et diplômé de l’École polytechnique (AX)[7]. Il est élu en juillet 2013 président du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS) et il est nommé en 2014 membre du Conseil stratégique de la recherche[8].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Marwan Lahoud est officier de l’ordre national de la Légion d’honneur depuis le 12 juillet 2013[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Marwan Lahoud. Une sacrée trajectoire », Le Point,‎ 14 juin 2007 (lire en ligne)
  2. a, b, c et d Alexandra Schwartzbrod, « Marwan Lahoud. Missile dominici », Libération,‎ 18 septembre 2012 (lire en ligne)
  3. Guy Dutheil et Dominique Gallois, avec Frédéric Lemaître et Marc Roche, « EADS-BAE : les dessous d'une négociation au pas de charge », Le Monde,‎ 11 octobre 2012
  4. Alain Ruello, « Thales : quel successeur pour trouver un second souffle ? », sur www.lesechos.fr,‎ 15 ocotbre 2014
  5. Guy Dutheil et Cédric Pietralunga, « Safran : l’Etat a choisi Philippe Petitcolin », Le Monde,‎ 3 décembre 2014 (lire en ligne)
  6. « Accueil > Conseil d'administration », sur www.ihes.fr (consulté le 6 décembre 2014)
  7. « Accueil > L'Association > Conseil AX > Membres », sur www.ax.polytechnique.edu (consulté le 6 décembre 2014)
  8. Décret du 3 février 2014 portant nomination au Conseil stratégique de la recherche
  9. Décret du 12 juillet 2013 portant promotion et nomination