Marville (Meuse)

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Marville
Le quartier de l’église Saint-Nicolas
Le quartier de l’église Saint-Nicolas
Blason de Marville
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Meuse
Arrondissement Verdun
Canton Montmédy
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Montmédy
Maire
Mandat
Jean-Michel Jodin
2014-2020
Code postal 55600
Code commune 55324
Démographie
Gentilé Marvillois
Population
municipale
574 hab. (2011)
Densité 29 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 27′ 10″ N 5° 27′ 24″ E / 49.4528, 5.456749° 27′ 10″ Nord 5° 27′ 24″ Est / 49.4528, 5.4567  
Altitude Min. 197 m – Max. 313 m
Superficie 19,55 km2
Localisation

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Marville

Marville est une commune française située dans le département de la Meuse en région Lorraine.

Ses habitants sont appelés Marvillois. Marville fait partie de la Lorraine gaumaise.

Géographie[modifier | modifier le code]

L’église Saint-Nicolas

Marville est situé sur la N43, à 13 km au sud-est de Montmédy, à 13 km à l'ouest de Longuyon et 10 km au sud de la frontière belge. Le village est traversé par l'Othain.

Géologie[modifier | modifier le code]

Marville repose sur un massif karstique comprenant de nombreuses cavités et un ruisseau souterrain auxquels il est possible d'accéder par de nombreuses dolines (profondes jusqu'à presque plus que 20 mètres), dans le Bois de Marville et le Bois de Rupt-sur-Othain. Le ruisseau souterrain peut être visité par des spéléologues confirmés en rampant d'abord au fond d'une doline à travers un étroit boyau, rempli à moitié de boue liquide. Après une cinquantaine de mètres, il faut descendre en rappel une cascade de quelques mètres puis suivre le ruisseau sur plusieurs centaines de mètres jusqu'à un siphon. En cas de crue, les eaux resurgissent comme un geyser à partir de sources souterraines inondant parfois une partie du village de Delut ; on les appelle les bouillons de Delut.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Iré-le-Sec Flassigny Villers-le-Rond Rose des vents
Remoiville N Saint-Jean-lès-Longuyon
O    Marville    E
S
Remoiville Delut Rupt-sur-Othain
et Petit-Failly

Climat[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Martis-villa (IXe siècle), Martis-villæ (1158), Marvilla (1220), Marville (1267), Marwille (XVe siècle).

Histoire[modifier | modifier le code]

La présence humaine est attestée de longue date en Lorraine ; la culture celte y a notamment prospéré au Ve siècle av. J.-C.. Située sur le territoire de l'ancienne Gaule romaine, Marville est à mi-chemin entre les grandes cités de Verdun et d'Arlon en Belgique. Au Moyen Âge, Marville est intégrée au royaume de Lotharingie, au cours du IXe siècle, puis de la Francie orientale.

Les plus anciennes mentions de Marville remontent à la fin du XIIe siècle ; le comte Thiébaut 1er de Bar y fait édifier une forteresse. Il affranchit partiellement la cité vers 1190 et confère de la sorte de nombreux avantages aux habitants et aux métiers de Marville, notamment dans le domaines économiques et judiciaires.

Par son mariage avec la comtesse Ermesinde de Luxembourg, fille d'Henri l'Aveugle, le comte Thiébaut 1er de Bar fait entrer Marville dans les possessions du Luxembourg. Mort en croisade contre les Albigeois dans le sud de la France, il laisse une veuve qui épousera le marquis d'Arlon et comte de Limbourg.

Le 15 octobre 1415, Antoine de Brabant, souverain du Luxembourg et Edouard III, comte de Bar, meurent tous les deux à Azincourt ; Marville perd ses deux seigneurs. À Edouard III succède son frère Jean. Dès 1419, il transmet ses états à son petit-neveu René I d'Anjou marié à Isabelle, héritière de Lorraine. Le décès simultané de ces deux personnalités ne modifie en rien le destin particulier de Marville. Les héritiers d'Ermesinde continueront de se transmettre la cité, provoquant une indivision pour quatre siècles entre le comté de Bar et celui de Luxembourg. Cette période est appelée « Les Terres Communes ». Elle se caractérise par une profitable neutralité pour les habitants de Marville au cours de la tumultueuse époque des guerres féodales. La ville s'enrichira de cette favorable position et connaîtra son apogée à la Renaissance aux XVIe et XVIIe siècles.

Maisons Renaissance

En 1441, une lointaine descendante d'Ermesinde, duchesse en titre mais désargentée, vendit le comté du Luxembourg à Philippe III de Bourgogne ; Marville entre dans les Etats Bourguignons. La petite-fille de celui-ci, Marie de Bourgogne, épouse l'héritier des Habsbourg. Leur petit-fils s'appellera Charles Quint. De cette succession, Marville a conservé un patrimoine bâti lié à la présence espagnole en Lorraine. Pendant cette période, Marville faisait en effet partie des Pays-Bas espagnols; il reste quelques maisons de style Renaissance espagnole extrêmement intéressantes par leur état de conservation et leur rareté en Gaume[1].

En 1659, à l'occasion du Traité des Pyrénées réconciliant la France et l'Espagne, Marville est intégrée au royaume de France, rompant ainsi le lien qui l'unissait au Luxembourg. Une partie de la Franche-Comté, alors espagnole, fut donnée à la France ; l'état souverain du duché de Bar est annexé mais reste gouverné par le duc Charles IV de Lorraine.

La fortification des défenses de Montmédy, sur ordre de Louis XIV, s'accompagna du démantèlement de celles de Marville, en 1672, dans le but de limiter les pouvoirs de la noblesse locale ainsi que d'éviter d'offrir à tout ennemi potentiel une place forte en état de fonctionnement. La politique centralisatrice de Louis XIV et sa stratégie militaire provoquèrent le déclin de Marville.

La cité garde son nouveau statut de bourgade de province jusqu'au conflit de 1914 ; la ligne de front se stabilise en effet rapidement sur une ligne de 500 km orientée du nord au sud, passant par les hauteurs de Verdun, à quarante kilomètres vers le sud-ouest. Marville est située juste à l'arrière des lignes allemandes et subira des dégâts lors de bombardements. En 1940, le 132e Régiment d'Infanterie de forteresse s'y est battu.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1971 31 mai 2012 Claude Biwer UDF
puis NC
Conseiller général du canton de Montmédy (1976-2008)
Sénateur (2001-2011)
juillet 2012 mars 2014 Marie-José Mertz    
mars 2014 en cours Jean-Michel Jodin    

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 574 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
996 1 063 1 066 1 215 1 263 1 328 1 288 1 311 1 324
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 341 1 315 1 278 1 196 1 092 994 1 008 943 957
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
887 806 709 512 540 541 528 450 633
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
549 550 494 551 518 532 553 597 560
2011 - - - - - - - -
574 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Outre ses monuments religieux et funéraires remontant au Moyen Âge, Marville possède de rares témoins de la Renaissance espagnole en Gaume, avec ses belles façades, nées de l'implantation de familles nobles, bourgeoises ou commerçantes attirées par l'époque prospère du XVIe siècle. Le village possède surtout l'un des rares cimetières classés -sinon le seul-, en raison de son exceptionnel état de conservation et de la diversité de ses tombes.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Hilaire (XIIe-XIVe)
  • Piéta des Lépreux - XIIe siècle (église St Nicolas)

Moyen Âge et Temps modernes[modifier | modifier le code]

  • Vestiges de l'enceinte (XIIIe - XVIIe)
  • L'église Saint-Nicolas, qui contient de multiples trésors :
  • la Vierge Couronnée
  • les chapelles gothiques
  • la chapelle Sainte Fine
  • le tombeau de Salantin de Gavroy
  • la magnifique tribune d'orgues de style gothique.
  • Ossuaire de 40 000 crânes et cimetière classés

Temps Modernes[modifier | modifier le code]

  • Maisons et hôtels particuliers de style Renaissance
  • Prieuré des Bénédictins

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Aux alentours immédiats, on peut également citer :

Marville et le cinéma[modifier | modifier le code]

  • Un épisode de la série Maigret avec Bruno Cremer ( Le fou de Sainte Clotilde ) y a été en partie tourné.
  • Juillet 2013, tournage d'un épisode de la Suite française

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Simone Collin-Roset, Marville, dans Congrès archéologique de France. 149e session. Les Trois-Évêchés et l'ancien duché de Bar. 1991, p. 185-189, Société Française d'Archéologie, Paris, 1995
  • Simone Collin-Roset, Marville, église Saint-Nicolas, dans Congrès archéologique de France. 149e session. Les Trois-Évêchés et l'ancien duché de Bar. 1991, p. 191-195, Société Française d'Archéologie, Paris, 1995
  • Simone Collin-Roset, Marie-France Jacops, Marville, église Saint-Hilaire, dans Congrès archéologique de France. 149e session. Les Trois-Évêchés et l'ancien duché de Bar. 1991, p. 197-206, Société Française d'Archéologie, Paris, 1995
  • Simone Collin-Roset, Jacques Guillaume et Anne Remy-Tosi, Marville : l'apport de l'étude des sous-sols à la connaissance de l'architecture civile, In Situ. Revue des patrimoines, no 2, 2002 ( lire en ligne )

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de Marville sur www.festival-marville.fr
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  4. http://www.luxemburgensia.bnl.lu/cgi/luxonline1_2.pl?action=fv&sid=luxbio&vol=07&page=128&zoom=3 La Famille de La Fontaine à Marville