Martyrs du Japon
On appelle habituellement Martyrs du Japon le groupe de catholiques qui, le 5 février 1597, à Nagasaki au Japon, furent crucifiés, en répression de la foi chrétienne. Ils étaient 26 - la grande majorité japonais - et formaient un groupe très varié de jeunes et de vieux, de prêtres, religieux et laics, franciscains et jésuites. Ce premier supplice collectif, en 1597, ne doit pas être confondu avec le "Grand Martyre" du 10 septembre 1622, également à Nagasaki, au cours duquel 23 chrétiens furent brûlés au poteau et 22 décapités, ni avec les "16 martyrs" dominicains exécutés à Nagasaki entre 1633 et 1637.
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Le contexte [modifier]
Saint François Xavier avait débarqué en août 1549, à Kagoshima, afin d'évangéliser les Japonais. Avec lui, et à sa suite, de nombreux Jésuites et Franciscains avaient réussi à propager le Christianisme dans le pays, en même temps qu'ils créaient des écoles, des paroisses, et des hôpitaux.
Quelques décennies après, pour des motifs à la fois religieux et politiques, les missionnaires et les Japonais qui étaient devenus catholiques furent durement persécutés de 1597 jusqu'en 1637.
Le shogun cherchait à la fois à unifier le pays et à lutter contre les puissances religieuses locales. Il s'en prit donc aux Chrétiens qui représentaient à ses yeux une insupportable influence étrangère. Les missionnaires ayant été expulsés, le Christianisme implanté devint clandestin. Mais dix ans plus tard, la persécution des Chrétiens reprit et en février 1597, vingt-six d'entre eux seront arrêtés et massacrés.
Les martyrs [modifier]
Parmi ces vingt-six martyrs, crucifiés sur une colline de Nagasaki, face à la mer, se trouvaient :
- Paul Miki, fils de militaire, séminariste jésuite japonais et excellent prédicateur.
- Deux frères jésuites, Jean Soan (dit Jean de Goto) et Jacques Kisaï (père d'un fils, Jean, qui devait devenir un poète fameux sous le nom d'Akira Kisaï[1]), tous deux catéchistes.
- Six Franciscains :
- Pierre Baptiste, provincial franciscain au Japon,
- Martin d’Aguire, professeur de théologie,
- François Blanco, prêtre,
- Philippe de Las Casas,
- Gonzalo Garcia, séminariste indien (de Bassein, Bombay)
- François de Saint-Michel, tous trois frère convers.
- Dix-sept laïcs Tertiaires Franciscains, membres de la communauté de Méaco :
- Côme Tachegia,
- Michel et Thomas Cozaki,
- Paul Ibarki,
- Léon Carasumo (catéchiste et interprète),
- Mathias,
- Bonaventure,
- Joachim Saccakibara (médecin),
- François de Méaco (médecin),
- Thomas Dauki (interprète),
- Jean Kinoia,
- Gabriel de Duisco,
- Paul Suzuki (catéchiste et interprète),
- François Danto et Pierre Sukejiro
- Louis (11 ans) et
- Antoine (13 ans).
Après les avoir torturés et exhibés pour l'exemple de ville en ville, ils arrivèrent sur une colline proche de Nagasaki où ils furent suspendus à un gibet en forme de croix, du haut duquel ils continuèrent à chanter des psaumes et à proclamer l'Évangile, jusqu'à ce qu'ils soient transpercés d'un coup de lance.
Béatification, canonisation et fête [modifier]
Ils furent tous béatifiés en 1627 par le Pape Urbain VIII et canonisés le 8 juin 1862 par le Pape Pie IX. Liturgiquement ils sont commémorés ensemble le 6 février. À Nishizaka, la colline où les martyrs furent crucifiés, on trouve un monument représentant les martyrs, ainsi qu’une chapelle moderne et un musée abritant des souvenirs de l’époque[2]. Le 10 juin 2012, la Conférence des évêques catholiques du Japon a désigné « haut lieu de pèlerinage national », le site de leur crucifixion[2].
Vénération [modifier]
- Un monument a été érigé à la mémoire de Paul Miki et de ses compagnons à Nagasaki.
- En France deux endroits sont dédiés à la mémoire des saints japonais :
- à Paris, au siège des Jésuites,
- à Cambrai, à la chapelle des Jésuites.
Notes [modifier]
- Victor de Buck, Les Saints martyrs japonais de la Compagnie de Jésus : Paul Miki, Jean Soan de Gotto et Jacques Kisai, p.27
- Au Japon, Nagasaki devient un haut lieu de pèlerinage catholique, La Croix, le 19 juin 2012
Voir aussi [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Giuseppe Boero, Histoire de la vie et du martyre des saints japonais, Toulouse, 1963.
- Victor de Buck, Les Saints martyrs japonais de la Compagnie de Jésus : Paul Miki, Jean Soan de Gotto et Jacques Kisai, 1863 [lire en ligne]
- Lettres du Japon - Chronologie des Jésuites au Japon [lire en ligne]
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
- Histoire du christianisme au Japon, où l'on voit les différentes révolutions qui ont agité cette monarchie pendant plus d'un siècle (1828) Vol. 1
- Histoire du christianisme au Japon, où l'on voit les différentes révolutions qui ont agité cette monarchie pendant plus d'un siècle (1828) Vol. 2
- Histoire de l'établissement, des progrès et de la décadence du Christianisme dans l'empire du Japon, où l'on voit les différentes révolutions qui ont agité cette monarchie pendant plus d'un siècle (1828-29) Vol. 1
- Histoire de l'établissement, des progrès et de la décadence du Christianisme dans l'empire du Japon, où l'on voit les différentes révolutions qui ont agité cette monarchie pendant plus d'un siècle (1828-29) Vol. 2
- Saints PAUL MIKI, JEAN SOAN (DE GOTO) et JACQUES KISAI, site de la Province de France des Jésuites