Martin Ier de Sicile

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Armes de la Sicile insulaire

Martin Ier, dit le jeune, (né en 1374 et mort le à Cagliari) est un roi de Sicile de la fin du XIVe et du début du XVe siècle. Il était fils de Martin dit le vieux, roi d'Aragon et de Sicile et de Maria López de Luna.

Biographie[modifier | modifier le code]

Martin épouse à Barcelone, le , Marie, reine de Sicile, fille de Frédéric III le Simple, et de Constance d'Aragon, avec une dispense du pape Clément VII pour cousinage.

Il prend aussitôt le titre de roi, et passe en Sicile avec sa femme. Ils débarquent à Trapani le . La Sicile, privée de souverains depuis 1379, est alors en proie aux plus grands désordres, déchirée par plusieurs factions, et tyrannisée par les principaux seigneurs. Martin doit se présenter à la tête d'une armée pour reprendre Palerme, que le comte de Clermont Andrea Chiaramonte tenait en son pouvoir. Le peuple, lassé des exactions de ce seigneur, se soulève et ouvre les portes de la ville. Clermont est néanmoins amnistié et rallie la cause royale. Martin et la reine Marie sont couronnés en mai 1392 à Palerme.

La réconciliation du comte de Clermont avec la cour déplait à Bernardo Cabrera, seigneur aragonais et favori du roi. Dans le but de supplanter le comte et d'obtenir ses domaines, il l'accuse de complot contre le roi, et en donne pour preuve un poignard que Chiaramonte porte, malgré la défense faite de paraître armé à la cour. Le comte, soumis à la question, avoue, est condamné à mort et exécuté le 1er juin avec ses prétendus complices. Ses biens sont confisqués, et son comté de Modica est adjugé à son accusateur (20 juin 1392[1]), qui obtient aussi la charge de grand-amiral. Cette exécution excite dans Palerme une telle émeute parmi les barons que la cour doit se réfugier à Catane. La sédition s'étend dans toute la Sicile, et il ne reste bientôt plus à Martin que Catane, Messine et Syracuse. Les corsaires hafsides d'Afrique profitent alors des troubles pour mener des raids en Sicile. En juin 1393, ils enlèvent nombre d'habitants susceptibles de payer rançon, dont l'évêque de Syracuse. Par les conseils des archevêques de Palerme et de Monreale, les Palermitains se soumettent en 1399, suivis par les autres villes. La paix est rétablie.

Le , la reine Marie meurt, instituant son époux pour son héritier. L'année suivante Martin se remarie avec Blanche de Navarre, fille du roi Charles III. La Sardaigne s'étant révoltée contre le roi d'Aragon Martin le vieux, Martin le jeune conduit une expédition au secours de son père, et remporte, le 30 juin 1409, une grande victoire sur les rebelles, commandés par Guillaume II, vicomte de Narbonne. Peu de temps après, il tombe malade, et meurt de la malaria à Cagliari, où il est enterré dans la cathédrale Sainte-Marie. Il laisse deux enfants illégitimes, un fils nommé Frédéric, légitimé par le pape Benoît XIII, mort empoisonné le 29 mai 1428 au château de Branzat, en Aragon, où sa turbulence l'avait fait enfermer, et une fille, Yolande, qui mariée deux fois dans la maison de Gusman. Un autre fils, nommé lui aussi Frédéric, que Martin avait eu de sa première femme, la reine Marie était mort quelque temps avant sa mère (1402). Son père Martin le vieux, roi d'Aragon en 1395, succède à son fils à sa mort et laisse la régence de Sicile à la reine Blanche de Navarre.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il feudalismo in Sicilia, storia e dritto publico, de Diego Orlando
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Blason Sicile Insulaire.png
roi de Sicile (insulaire)
Martin II l’Humain