Martin Dumollard

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Martin Dumollard

Martin Dumollard en 1861.
Information
Surnom Raymond · L'assassin des bonnes
Naissance 21 avril 1810
Tramoyes, Ain
Décès 8 mars 1862 (à 51 ans)
Montluel, Ain
Cause du décès Guillotiné
Condamnation 1er février 1862
Sentence Peine de mort
Meurtres
Nombre de victimes Douze agressions ou projets d'agression, dont trois assassinats
Période février 1855 - juin 1861
Pays Drapeau de la France France
Régions Côtière de l'Ain · Lyon
Arrestation 2 juin 1861

Martin Dumollard, né le 21 avril 1810 à Tramoyes dans l'Ain en France et mort guillotiné, le 8 mars 1862 à Montluel également dans l'Ain, est un journalier, connu pour avoir agressé et assassiné des domestiques lyonnaises. Les futures victimes sont abordées à Lyon par Dumollard qui leur propose une place attrayante en Côtière de l'Ain. Convaincues, elles finissent par le suivre et, durant leurs pérégrinations à pied, Dumollard les agresse. La totalité des douze agressions ou tentatives d'agressions connues se produisent à la fin des années 1850 et au début des années 1860 jusqu'à celle de Marie Pichon le 28 mai 1861. Il est alors rapidement arrêté, ainsi que sa femme et complice, Marie-Anne Martinet, qui fait recel des effets personnels des domestiques pour son utilisation propre ou pour la revente. Leur procès se déroule du 29 janvier au 1er février 1862 : Martin Dumollard est condamné à mort et son épouse, à vingt ans de travaux forcés. Cette affaire, qui précède d'une trentaine d'années celle de Joseph Vacher, a eu un grand retentissement en France ; elle est souvent considérée comme la première affaire contemporaine de tueur en série dans ce pays. Dumollard est notamment évoqué dans Les Misérables de Victor Hugo.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Représentation des époux Dumollard parue en 1864.
Représentation des époux Dumollard parue en 1864.

Martin Dumollard est le fils de Marie-Josephte Rey et de Pierre Dumollard[1]. Ce dernier, originaire de la ville de Pest en Hongrie[1], arrive en France à Salins où il rencontre Marie-Josephte Rey, qui est originaire de la région[1]. Par la suite, le couple s'installe entre Dagneux et Tramoyes où Martin Dumollard naît en 1810. Il est baptisé à Mionnay car Tramoyes ne constitue pas encore une paroisse à cette époque[2]. En 1813, le couple a un second enfant prénommé Raymond qui meurt en bas âge[1],[3]. Martin Dumollard est d'ailleurs surnommé par la suite « Raymond » par les villageois de Dagneux[4].

Selon certains auteurs, le nom de famille « Dumollard » serait une francisation du nom hongrois du père de Martin Dumollard : « Demola »[1]. À ce propos, certaines sources relient parfois, à tort, le nom de « Dumollard » au lieu-dit de Dagneux nommé « Le Molard »[5].

Lors de son procès, Martin Dumollard raconte ainsi le supposé funeste destin de son père : il aurait fui la Hongrie à cause d'un passé criminel là-bas. Or quand les armées austro-hongroises arrivent dans l'Ain en 1814, le père de Martin Dumollard craint d'être reconnu et s'enfuit alors vers Padoue. Toutefois, des troupes austro-hongroises sont également présentes à Padoue et le père de Dumollard est reconnu par des soldats hongrois comme étant un criminel recherché. Ceux-ci l'auraient alors arrêté puis exécuté par écartèlement. Martin Dumollard, âgé de quatre ans, et sa mère Marie-Josephte y auraient assisté[1].

Marie-Josephte Rey meurt le 15 avril 1842 à Dagneux dans une réelle pauvreté, alors que son fils s'est « exilé » à Lyon à la suite de larcins réalisés dans la région et qui auraient pu lui être reprochés[6].

Martin Dumollard commence à travailler dès l'âge de huit ans, comme berger. Il est notamment domestique au service de Guichard, possesseur du château de Sure à Saint-André-de-Corcy[7]. Il y rencontre Marie-Anne Martinet[7], avec laquelle il se marie bien plus tard, le 29 juin 1840[8]. À la suite de ce mariage, les jeunes époux s'établissent dans le village du Montellier[8], dans la région de la Côtière, puis à Dagneux.

Parcours criminel connu[modifier | modifier le code]

Localisations associées aux affaires connues
Lyon est située au coin sud-ouest de la carte.

Son mode opératoire consiste à aborder des jeunes filles (en particulier à Lyon) et à se faire passer pour un employé de maître à la recherche d'une nouvelle domestique. Dumollard propose alors des émoluments importants pour ce type de poste et entraîne alors la jeune fille, qui a rassemblé prestement quelques affaires, dans la région rurale de la Côtière de l'Ain. Quelques-unes de ces jeunes filles comptent parmi ses victimes, entre 1855 et 1861.

L'enquête conduite par le juge Genod de Trévoux « ne retiendra » finalement que douze agressions (dont trois assassinats), projets d'agressions et vols avec ruse. Les agressions sont extrêmement violentes comme en témoigne celle de Marie-Eulalie Bussod, le 26 février 1861[9], qui après avoir été dépouillée de ses vêtements, est blessée à la tête et violée avant d'être enterrée vivante[10].

Voici les douze cas d'agressions, projets d'agression ou vols par ruse[9] :

  1. Marie Baday (assassinat), fin février 1855 ;
  2. Olympe Alubert, 4 mars 1855 ;
  3. Josephte Charletty, 22 septembre 1855 ;
  4. Jeanne-Marie Bourgeois, 31 octobre 1855 ;
  5. Victorine Perrin, novembre 1855 ;
  6. l'inconnue du bois de Montmain (assassinat), novembre ou décembre 1855 ;
  7. Julie Fargeat, 18 janvier 1859 ;
  8. l'inconnue du moulin de Sainte-Croix, 11 décembre 1859 ;
  9. la fille de l'auberge Laborde, février 1860 ;
  10. Louise Michel, 30 avril 1860 ;
  11. Marie-Eulalie Bussod (assassinat), 25 ou 26 février 1861 ;
  12. Marie Pichon (tentative d'assassinat), 26 mai 1861.

L'absence de faits démontrés entre 1855 et 1859 est par ailleurs examinée. Dumollard évoque notamment une jeune fille accompagnée du côté de Vénissieux en 1856 ou 1857, avant de se rétracter. Or le corps d'une jeune fille est effectivement retrouvé dans ce voisinage qui devient d'ailleurs le lieu-dit de « La femme morte »[9],[Note 1]. De plus, certaines affabulations de Dumollard mettent en scène des complices qui auraient tué du côté de Neyron. Enfin, seule une minorité des 648 effets personnels retrouvés chez Dumollard sont liés aux douze affaires précitées[9].

Marie Baday[modifier | modifier le code]

Photographie du corps de Marie Baday par Bernabé en 1855, exposé sur le parvis de l'église de Tramoyes.
Photographie du corps de Marie Baday par Bernabé en 1855, exposé sur le parvis de l'église de Tramoyes.

Le premier crime à l'origine de ce que l'opinion publique identifie comme les agressions et les assassinats de jeunes filles en Côtière a lieu fin février 1855[11]. Il s'agit de l'assassinat de Marie Baday, dont le corps est découvert en forêt de Montaverne, à Tramoyes[11],[12]. Son identification va prendre plusieurs mois ; pour faciliter celle-ci, le photographe lyonnais Bernabé vient prendre des clichés de la victime[13]. Après avoir d'abord identifié à tort la victime comme étant Marceline Ganelli[14], le nom de Marie Baday est associé au corps, notamment grâce aux vérifications effectuées auprès de sa famille[15]. Sa dernière patronne, Madeleine Aussandon, précise que le jour de sa disparition, elle a quitté la place qu'elle a occupée auprès d'elle, en arguant une proposition reçue d'une nouvelle place payée à plus de 200 francs annuellement[15]. Un premier suspect dénommé Jacques Verger est arrêté[16] : il reste trois mois en prison avant d'être disculpé[16]. Un second suspect du nom de Martin Mauriat est inquiété[16], mais il était en prison lors de l'assassinat de Marie Baday[16].

Olympe Alubert[modifier | modifier le code]

Le juge Genod a reçu le signalement du cas d'une jeune fille qui semble avoir été agressée en mars 1855, avant de trouver refuge chez la famille Barbet à la ferme des Ragesses à Mionnay[17]. Par la suite, l'enquête permet d'identifier puis de recueillir le témoignage de la jeune fille agressée nommée Olympe Alubert[17]. Genod obtient ainsi des précisions sur le modus operandi de l'agresseur. Dumollard l'aborde le 25 février 1855 place de la Guillotière à Lyon et lui propose une place de bonne très bien rémunérée localisée « entre Neuville et Miribel »[17]. Le dimanche suivant, il vient la chercher avant de la conduire dans la région de Mionnay et de l'agresser ; elle parvient à s'échapper[17].

Dans son témoignage, Olympe Alubert donne plusieurs éléments relatifs à celui qui n'est pas encore identifié comme étant Dumollard[17] :

« Il a simplement la lèvre un peu difforme[Note 2]. […] Il m'inspirait confiance malgré sa lèvre boursouflée, avec son air bon enfant, […] parlant bien le français. Il paraissait avoir la cinquantaine. »

Josephte Charletty[modifier | modifier le code]

Josephte Charletty, originaire de Saint-Félix et domestique à Vernaison, témoigne qu'en septembre 1855, un homme l'aborde à Lyon et lui propose une place intéressante en Côtière. Rendez-vous est alors pris le 22 septembre entre l'individu, qui n'est autre que Dumollard, et Charletty pour se rendre chez ce nouveau patron. Ils partent tous les deux de Lyon, se rendent à pied sur le plateau de La Croix-Rousse puis continuent leur chemin par le fort de Montessuy. Les questions répétées que Dumollard adresse à la femme au sujet de l'éventuel pécule qu'elle aurait emporté avec elle, contribuent à la rendre méfiante. En chemin, elle prend l'initiative de demander le gîte pour la nuit dans une ferme, puis se met d'accord avec Dumollard pour un rendez-vous le lendemain, rendez-vous qu'il n'honore pas. Elle retourne donc à Lyon[18], où elle ne dépose pas plainte.

Jeanne-Marie Bourgeois[modifier | modifier le code]

Photographie du domaine de Polletins en 2013.
Domaine de Polletins (en 2013) où Jeanne-Marie Bourgeois trouva secours le 31 octobre 1855 au soir.

Dumollard utilise à nouveau le même mode opératoire le 30 octobre 1855[19] ; en effet, il aborde Jeanne-Marie Bourgeois, à Lyon. Originaire de La Chapelle-Thècle[19], elle est alors âgée de 22 ans. Il lui propose une place grassement payée aux environs de Trévoux[19]. La jeune femme est convaincue et ils prennent la route à pied, dès le lendemain 31 octobre. De plus en plus méfiante et inquiète au cours du trajet, elle quitte la compagnie de Dumollard en courant vers la première ferme aperçue[19]. Elle se retrouve au domaine de Polletins situé à proximité immédiate de l'ancienne chartreuse de Poleteins à Mionnay. Le fermier qui la recueille, Benoît Berthelier, fait immédiatement le lien avec le meurtre de Marie Baday, découverte dans la forêt de Montaverne[19]. En mars-avril 1856, Bourgeois est interrogée par le juge Genod dans le cadre de l'« affaire Marie Baday ». À cette époque, Jacques Verger est incarcéré : Genod organise donc une confrontation. Le témoignage de Bourgeois participe à le disculper car elle précise qu'elle ne reconnaît absolument pas l'individu[19].

Victorine Perrin[modifier | modifier le code]

En novembre 1855, Dumollard parvient à persuader Victorine Perrin (22 ans, originaire de Lons-le-Saunier) de le suivre en Côtière, à nouveau avec la promesse d'une bonne place. Il parvient également à la convaincre d'emporter ses affaires les plus précieuses dans une petite malle qu'il lui propose de porter[20]. Ils partent donc en direction de Montluel en passant par La Croix-Rousse puis Rillieux[20]. Aux environs de Neyron, Dumollard s'enfuit en lui volant ses affaires. Victorine Perrin est alors recueillie par des habitants de Neyron[20].

L'inconnue du bois de Montmain[modifier | modifier le code]

L'affaire de l'inconnue du bois de Montmain[Note 3] (un lieu-dit de Dagneux) n'est connue qu'après l'arrestation de Dumollard et de son épouse[21]. Le 28 juillet 1861, le juge Genod demandera à entendre Marie-Anne Martinet. Au cours de l'interrogatoire, elle racontera que son mari a tué une jeune fille, quatre ans auparavant, au bois de Montmain. Un soir, il revient avec quelques effets de la victime, dont des boucles d'oreilles en or. Il ressort aussitôt pour aller l'enterrer. Le lendemain, il va à la gare de Montluel pour prendre la malle de la victime qui y est entreposée[21]. Le 31 juillet, Genod, Guillot (le greffier), messieurs de Piellard (procureur impérial) et Raspail (commandant de gendarmerie de l'arrondissement) accompagnent les époux menottés au bois de Montmain. Après quelques recherches, le corps de la jeune fille est découvert[21]. Dumollard, impassible, nie les faits, malgré les injonctions de son épouse[21].

Julie Fargeat[modifier | modifier le code]

Dumollard aborde Julie Fargeat le 17 janvier 1859, rue de la Charité à Lyon[22]. Celle-ci, originaire de Thizy, vient de perdre sa place de bonne pour cause de grossesse ; elle se laisse convaincre d'accepter un autre emploi dans les environs de Saint-André-de-Corcy, que Dumollard lui fait miroiter (celui-ci suivant à nouveau le même mode opératoire). Elle suit donc Dumollard dès le lendemain en direction de Saint-André-de-Corcy[22]. À la nuit tombée, il agresse Julie Fargeat en lui arrachant son tablier contenant ses économies. Elle crie alors si fort que Dumollard prend la fuite ; ses cris attirent deux villageois de Saint-André-de-Corcy, Simon Mallet et son fils Louis, qui arrivent prestement[22]. Le 20 janvier, elle effectue une déclaration auprès des gendarmes de Saint-André-de-Corcy ; n'ayant aucun document pour justifier de son identité (ils se trouvent dans le tablier volé), son histoire n'entraîne que le scepticisme et Julie Fargeat est finalement inculpée de vagabondage[22].

L'inconnue du moulin de Sainte-Croix[modifier | modifier le code]

Le 11 décembre 1859, un meunier de Sainte-Croix, dénommé Jean-Pierre Chrétien, assiste partiellement à l'agression d'une inconnue à Sainte-Croix[23]. Si l'inconnue n'est jamais retrouvée ni même identifiée, cette agression est l'une des douze affaires retenues lors du procès de Dumollard durant lequel Chrétien est d'ailleurs l'un des soixante-et-onze témoins[24]. Il raconte ainsi le déroulement des faits : après avoir vu, dans la soirée, passer une jeune fille accompagnée d'un homme portant un colis, il voit, quelques minutes après, la jeune fille revenir en courant[23]. Celle-ci lui explique que l'individu s'est enfui avec son colis contenant ses affaires ainsi que ses économies[23]. Chrétien tente de le rattraper, sans succès[23]. Il héberge pour la nuit la jeune fille qui serait repartie le lendemain à Lyon[23]. Sans plus de détails connus, la jeune fille est appelée « l'inconnue de Sainte-Croix » dans les documents judiciaires[23].

La fille de l'auberge Laborde[modifier | modifier le code]

On ne sait que très peu de choses sur cette femme[25]. L'affaire relative à cette victime a surtout permis de mieux comprendre le modus operandi de Dumollard. En effet, si sa « méthode » d'approche est systématiquement la même, il apparaît qu'il a également certaines habitudes à chaque fois qu'il vient à Lyon : il mange régulièrement au restaurant de Marguerite Chorel au 7, rue de Turenne et a l'habitude de dormir à l'auberge Laborde tenue par Louise-Adèle Fleury, épouse de Louis Laborde[25]. Début février 1860, il se présente à l'auberge accompagné d'une jeune fille qu'il dit être sa nièce ; il demande une chambre à deux lits. Quelques instants après, la jeune fille s'enfuit, sans doute par méfiance ; elle est poursuivie par Dumollard. Il ne se représente que fin février à l'auberge Laborde (comme le dévoile l'enquête)[25]. On ne sait ni qui est la fille de l'auberge Laborde ni si Dumollard parvient à la rejoindre lorsqu'il la poursuit[9]. Toutefois, au cours de l'instruction, madame Laborde reconnaît formellement le cabas et la robe de l'inconnue, préalablement prélevés au domicile de Dumollard[9], ce qui laisse la place à une suspicion de meurtre supplémentaire.

Louise Michel[modifier | modifier le code]

Opérant invariablement de la même façon, Dumollard accoste Louise Michel le 29 avril 1860. Il parvient non sans difficulté à la convaincre de le suivre et rendez-vous est pris pour le lendemain sur le pont Tilsit[26]. Ils prennent alors le chemin de Neuville-sur-Saône puis de Civrieux, en voiture, à cheval, puis à pied[26]. C'est aux environs de Civrieux que Dumollard agresse alors Louise Michel et la somme de lui donner son argent. Elle parvient toutefois à s'échapper puis est recueillie par un fermier, Claude Aymond[26].

Dumollard renonce à la poursuivre et bifurque vers Saint-André-de-Corcy en coupant par des terres agricoles, où il croise deux paysans qui lui demandent ce qu'il fait là[26]. Il s’avère que ce sont Simon et Louis Mallet qui, deux ans auparavant, en janvier 1859, ont recueilli Julie Fargeat[26]. En mai de la même année, les Mallet, accompagnés de Claude Aymond, déposent leur témoignage auprès du juge Genod à Trévoux. Celui-ci fait venir Louise Michel à Trévoux et lui présente un suspect alors détenu nommé Audrillat, qu'elle ne reconnaît pas[26]. Il semble surtout qu'à ce moment, le juge Genod ne croit que modérément à un même coupable « à la lèvre boursouflée » pour l'ensemble des affaires d'agression de bonnes[26].

Marie-Eulalie Bussod[modifier | modifier le code]

Vue du Bois de la Morte à Pizay en novembre 2013.
Vue du « Bois de la Morte » à Pizay en novembre 2013.

Ce n'est qu'après l'arrestation de Dumollard survenue en mai 1861, et à la suite de l'écho donné à cette affaire, que les trois sœurs de Marie-Eulalie Bussod signalent aux autorités sa disparition depuis février 1861[27]. Le juge Genod convoque alors l'une des sœurs, Marie-Josephte, le 16 juillet 1861 à Trévoux, pour entendre son témoignage[27]. Il lui présente également les nombreux effets vestimentaires saisis chez les Dumollard et entreposés à Trévoux : parmi ceux-ci, elle en reconnaît immédiatement certains appartenant à sa sœur disparue[27]. La disparition de Marie-Eulalie étant consécutive à la venue d'un individu lui proposant une place de bonne que Marie-Josephte avait furtivement rencontré, Genod entreprend donc de confronter Dumollard à la femme : celle-ci reconnaît alors immédiatement l'individu que sa sœur a suivi quelques mois auparavant[27].

À la suite de certaines révélations de Marie-Anne Martinet, Genod fait inspecter le bois des Communes près de Pizay[28],[Note 4] à partir du 31 juillet. Le 1er août, Marie-Anne Martinet et Martin Dumollard sont amenés séparément sur les lieux où, contre toute attente, Dumollard déclare[28] :

« Je connais l'endroit où était le cadavre et je suis prêt à vous y conduire[28]. »

Dumollard tient parole et un corps enterré est rapidement exhumé. Les premières constatations participent à conclure que la victime aurait été enterrée vivante après avoir été violée[28]. Les trois sœurs Bussod sont convoquées à Pizay où elles identifient formellement le corps comme étant celui de Marie-Eulalie[27]. L'émotion est si vive à Pizay que deux croix sont rapidement érigées sur le territoire communal : la première se trouve sur le lieu de la découverte du corps dans le bois des Communes appelé depuis « bois de la Morte »[29]. Elle porte l'inscription suivante :

« Ici Marie-Eulalie Bussod a été assassinée
Le 25 février 1861
De profundis[28]. »

La seconde est située au cimetière de Pizay et porte l'inscription suivante :

« Ci-gît une des victimes d'un infâme assassin
Marie-Eulalie Bussod
Âgée de 42 ans de Loysiat (Jura)
Assassinée le 25 février
Et enterrée le 2 août 1861
De profundis[28]. »

En novembre 2013, ni la croix du cimetière ni la croix du « bois de la Morte » ne semblent être présentes aux lieux indiqués. Pour cette dernière, si l'ouvrage Richesses touristiques et archéologiques du canton de Montluel indique qu'elle est toujours localisée dans ce bois en 1999[29], elle est signalée comme disparue par le site internet de la ville de Pizay en 2013[30].

Marie Pichon et l'arrestation de Dumollard[modifier | modifier le code]

Carte postale ancienne de la maison des Dumollard, à Dagneux.
La maison des Dumollard, à Dagneux.

Le 28 mai 1861, Dumollard aborde Marie Pichon sur le pont de la Guillotière[31] à Lyon et lui propose une place de bonne à Dagneux payée 250 francs annuellement[32]. Pichon accepte la place, rassemble quelques affaires dans une malle et suit Dumollard dans le train vers Montluel où ils arrivent en fin de soirée[33]. Il s'ensuit alors une marche dans les bois, vers les hauteurs de Dagneux[33]. Dumollard l'agresse mais Pichon s'échappe[34],[35] puis court jusqu'à ce qu'elle trouve refuge dans la ferme d'un dénommé Joly à Balan[36]. Joly s'en va alors solliciter Croix-Moine, le garde champêtre de Dagneux[36]. À l'écoute de la description précise de Marie Pichon, Croix-Moine pense reconnaître Dumollard domicilié rue du Mollard à Dagneux[36]. Après une rapide visite au domicile de « Raymond », comme les Dagnards surnomment Dumollard[37], la conviction de Croix-Moine est faite et il va immédiatement avertir le juge Genod de Montluel[38] qui ordonne alors son arrestation[39],[38]. Quelques jours après, le 3 juin 1861[39], une première confrontation a lieu entre Marie Pichon et Martin Dumollard, qu'elle reconnait immédiatement.

L'enquête permet d'identifier que l'un des objectifs des assassinats est le vol de tissus et d'habits ; une multitude de vêtements féminins appartenant aux victimes est retrouvée dans le logement de Dumollard[39]. Dumollard et son épouse sont emprisonnés à Trévoux en attendant leur procès[40] prévu pour le 29 janvier 1862 à Bourg-en-Bresse[40].

Le procès des époux et l’exécution de Dumollard[modifier | modifier le code]

Procès[modifier | modifier le code]

Photographie de Maître Lardière, l'un des deux avocats de Dumollard.
Maître Lardière, l'un des deux avocats de Dumollard.

Le procès des époux Dumollard se déroule du 29 janvier jusqu'au 1er février 1862 au palais de justice de Bourg-en-Bresse devant lequel une foule de 4 000 à 5 000 personnes se presse dès le matin du 29 janvier[41]. Deux avocats assurent la défense des époux Dumollard : Marius Lardière[Note 5] et maître de Villeneuve[42]. Maître Lardière est choisi par Dumollard car il est originaire de Dagneux[43],[44]. Le palais de justice de Bourg-en-Bresse accueille des journalistes d'une douzaine de journaux dont Le Salut public, le Mémorial de la Loire, le Journal de Genève et le Progrès de Lyon[41]. Darmet et Guérin, libraires au 23, rue Neuve, sont en charge de la transcription des débats du procès[41]. L'accusation est représentée par Louis Gaulot (procureur général), de Prandière (substitut du procureur) et Joachim Jeandet (procureur impérial)[42]. La cour d'assises est présidée par Marilhat, assisté du vice-président de Varennes[42] et de trente-six jurés[43], tous originaires de communes de l'Ain.

Outre le rappel de la liste des chefs d'accusation ainsi que de celle des 71 témoins prévus, la première journée, le 29 janvier, est consacrée aux interrogatoires successifs de Dumollard puis de son épouse[45]. Les journées des 30 et 31 sont essentiellement consacrées à la présentation des nombreuses pièces à conviction (les centaines d'effets personnels saisis chez les Dumollard) et à l'audition de témoins[46]. L'audience du 1er février est consacrée à la fin des auditions de témoins puis au réquisitoire ainsi qu'aux plaidoiries jusqu'à environ quatre heures de l'après-midi[47], quand le jury quitte la salle pour examiner les différentes questions. Il revient vers six heures et quart et le président Marilhat commence alors à interroger leur porte-parole, Jean-Jacques Celsi, sur les différents verdicts apportés par le jury aux questions successives[48] ; la Cour se retire pour délibérer et revient environ trente minutes plus tard. Le président Marilhat annonce alors les différentes sentences[49] : Dumollard est condamné à mort. Sa femme est condamnée à vingt ans de travaux forcés. Elle mourra en Haute-Marne en 1875[50].

Exécution[modifier | modifier le code]

Photographie de la place Carnot où fut guillotiné Dumollard.
La place Bourgeat (renommée depuis « Place Carnot ») où fut guillotiné Dumollard.
Torse et visage d'un homme d'église.
Lithographie de Mgr de Langalerie qui rencontra Dumollard dans sa cellule en février 1862.

Après sa condamnation à mort le 1er février 1862, Dumollard est de nouveau emprisonné à Bourg-en-Bresse. Il reçoit alors un certain nombre de visites[51] : de maître Lardière d'abord, puis de l'abbé Béroud, vicaire et aumônier des prisons à Bourg-en-Bresse[51]. Il reçoit également la visite de Mgr de Langalerie, évêque de Belley, qui tente d'obtenir, sans succès, un repentir de sa part. Il lui donne néanmoins la bénédiction et lui offre un portrait du curé d'Ars[51].

Le 27 février 1862, Dumollard apprend que son pourvoi en cassation est rejeté, les deux avocats commis d'office pour l'occasion, Achille Morin et Gigot, n'ayant même pas déposé de mémoire[51]. Il apprend également le mode d'exécution retenu (la guillotine), annonce à laquelle il aurait réagi ainsi : « J'aime mieux ça que d'être comme mon père, écartelé sur une roue en étant tiré dans tous les sens par des chevaux[51]. »

Le 7 mars, la guillotine entreposée à Bourg-en-Bresse est emportée à Montluel pour installation place Bourgeat[52]. Ce même jour, l'abbé Béroud obtient que Dumollard partage un dernier repas avec son épouse. Aussitôt après, il est emmené vers Montluel dans une voiture à cheval de la gendarmerie, accompagné par l'abbé Béroud[52]. La voiture arrive le 8 mars vers quatre heures du matin à Montluel, attendue par une foule considérable malgré l'horaire matinal[53]. La prison de Montluel étant alors en très mauvais état, Dumollard est conduit à la salle du conseil municipal où il est accueilli par le juge de paix Simonnet[53]. Celui-ci donne alors son accord pour un dernier entretien en privé entre Dumollard, l'abbé Béroud et le curé Carrel de Montluel[53]. Dumollard boit ensuite un café, puis le dernier verre du condamné, un verre de Madère[54].

À six heures quarante-cinq, on propose à Dumollard d'utiliser la voiture à cheval pour aller à l’échafaud (distant de 150 mètres), ce qu'il refuse. Accompagné de l'abbé Béroud et du curé Carrel ainsi que des bourreaux de justice, et devant une foule de 5 000 personnes[Note 6], Dumollard s'avance donc à pied jusqu'à la place Bourgeat (actuelle place Carnot) où est installé l'échafaud, sur lequel il accepte de s'agenouiller et d'embrasser le crucifix présenté[54]. Il est alors exécuté vers sept heures du matin.

L'affaire Dumollard et l'histoire criminelle[modifier | modifier le code]

Les affaires de tueurs en série semblent apparaître en France au cours de la seconde moitié du XIXe siècle : l'affaire Dumollard est d'ailleurs souvent rapprochée de celle de Joseph Philippe (assassin de prostituées en France vers 1866), de celle d'Eusèbe Pieydagnelle (tueur de six jeunes filles vers 1871) ou encore de l'affaire Joseph Vacher qui se déroule également et partiellement dans l'Ain au milieu des années 1890[55]. Dumollard est régulièrement présenté comme le premier tueur en série identifié, en terme chronologique, en Europe occidentale[56].

Postérité[modifier | modifier le code]

La tête de Dumollard[modifier | modifier le code]

Photo sépia. Façade d'un immeuble.
L'ancien hôpital Desgenettes, où est étudié le crâne de Dumollard dans les années 1960.
Reconstitution du visage de Dumollard.
Visage de Dumollard reconstitué à partir de sa peau et de son cuir chevelu mettant en évidence son angiome labial (conservé au musée Testut-Latarjet).
Représentation du visage de Dumollard.
Résultat de la méthode DMP appliquée à Dumollard et conservé au musée Testut-Latarjet.

À la suite de son guillotinage, le corps de Dumollard est enterré dans un lieu indéterminé, même si une forte présomption place sa sépulture à l'orée du cimetière jouxtant la chapelle Saint-Barthélémy de Montluel[57],[58]. La tête du condamné est envoyée (dans un caisson spécial) à l'école de médecine de Lyon dès début mars 1862[57],[58]. Dès réception, des études sont lancées pour analyser le crâne de Dumollard : ainsi plusieurs plâtres moulés sont conservés au musée Testut-Latarjet[57].

Toutefois, le crâne est peu à peu délaissé puis oublié avant d'être à nouveau analysé durant les années 1960. Ainsi des travaux effectués sur le crâne, à l'hôpital d'instruction des armées Desgenettes, concluent que Dumollard avait un angiome à la lèvre[57].

Au milieu des années 1980, trois chercheurs lyonnais, Claire Desbois[Note 7], Claude Mallet et Raoul Perrot[Note 8], mettent au point une méthode de reconstitution du visage à partir des données issues de la seule structure osseuse[59]. Ils la nomment « DMP »[60], ce qui correspond aux initiales des trois chercheurs. Ils vont expérimenter cette méthode sur le crâne de Dumollard et grâce à celle-ci obtenir une sculpture en trois dimensions de son visage[59]. La comparaison avec les photographies d'époque valide cette nouvelle méthode[59]. Le résultat de cette expérimentation ainsi que le buste réalisé à partir de la tête de Dumollard après exécution et la face reconstituée à partir de la véritable peau de Dumollard sont tous trois conservés au musée Testut-Latarjet à Lyon.

Références artistiques[modifier | modifier le code]

Page couverture d'un livre.
Couverture du livret de la Véritable et authentique complainte de Dumollard.

Victor Hugo fait une référence explicite à Martin Dumollard, dans le Tome I de son roman Les Misérables[61].

« Cinq ans, dira-t-on, c’est invraisemblable. Hélas, c’est vrai. La souffrance sociale commence à tout âge. N’avons-nous pas vu, récemment, le procès d’un nommé Dumolard, orphelin devenu bandit, qui, dès l’âge de cinq ans, disent les documents officiels, étant seul au monde « travaillait pour vivre, et volait ». »

— Victor Hugo, Les Misérables, Tome I : Fantine

Dans son ouvrage Bouvard, Flaubert et Pécuchet traitant de Bouvard et Pécuchet, Roger Kempf explique que Gustave Flaubert, très marqué par l'affaire Dumollard, nomme dans un premier temps l'un des personnages « Dumolard », qui devient par la suite « Dubolard », et finalement « Bouvard »[62].

L'affaire Dumollard fait également l'objet d'une bande dessinée publiée dans Le crime ne paie pas du quotidien France-Soir.

À la télévision, en 1967, un épisode de la série télévisée En votre âme et conscience intitulé L'Affaire Dumollard est consacré au tueur en série[63],[37]. Il est réalisé par Jean Bertho et c'est l'acteur Étienne Bierry qui interprète Martin Dumollard[64]. En 2011, Stéphane Bourgoin réalise un documentaire de 15 minutes sur l'affaire Dumollard[65].

Enfin, un refrain lyonnais du XIXe siècle nommé Véritable et authentique complainte de Dumollard raconte la vie de Dumollard.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Un virage du boulevard périphérique de Lyon situé à proximité se nomme le « virage de la femme morte ».
  2. Des examens post mortem ont indiqué que Dumollard avait un angiome à la lèvre.
  3. Le bois de Montmain s'étendait sur 3 à 4 hectares, à 3 kilomètres au nord de Dagneux.
  4. Le bois des Communes s'étendait alors sur une superficie d'environ 25 hectares. Il est situé à 3 kilomètres de Pizay et 6 kilomètres de Montluel. Il est à présent appelé « Bois de la Morte » (45° 52′ 38″ N 5° 04′ 25″ E / 45.8772, 5.0735 (Bois de la Morte)).
  5. Lardière, parfois orthographié Lardières, selon les sources.
  6. À titre indicatif, la population de Montluel en 1862 est d'environ 2 700 habitants.
  7. Page professionnelle de Claire Desbois.
  8. Page professionnelle de Raoul Perrot.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Cuisinier 2008, p. 68-69.
  2. Bibliothèque du Moniteur judiciaire 1903, p. 7.
  3. « Martin Dumollard, un orphelin devenu serial killer de jeunes filles », sur leprogres.fr, Le Progrès,‎ 19 octobre 2013.
  4. Cuisinier 2008, p. 126.
  5. Souvenirs d'un bourreau de Paris, Sceaux, impr. de Charaire et fils,‎ 1877, 782 p. (lire en ligne), p. 84 et 90.
  6. Bibliothèque du Moniteur judiciaire 1903, p. 9.
  7. a et b Bibliothèque du Moniteur judiciaire 1903, p. 8.
  8. a et b Cuisinier 2008, p. 70.
  9. a, b, c, d, e et f Cuisinier 2008, p. 87-88.
  10. Chauvaud 2007, p. 42.
  11. a et b Cuisinier 2008, p. 9.
  12. Stéphane Bourgoin, Tueurs, Grasset,‎ novembre 2010, 288 p. (lire en ligne).
  13. Cuisinier 2008, p. 10.
  14. Cuisinier 2008, p. 12.
  15. a et b Cuisinier 2008, p. 16.
  16. a, b, c et d Cuisinier 2008, p. 17.
  17. a, b, c, d et e Cuisinier 2008, p. 18-19.
  18. Cuisinier 2008, p. 20-21.
  19. a, b, c, d, e et f Cuisinier 2008, p. 22-23.
  20. a, b et c Cuisinier 2008, p. 24-25.
  21. a, b, c et d Cuisinier 2008, p. 55-57.
  22. a, b, c et d Cuisinier 2008, p. 26-27.
  23. a, b, c, d, e et f Cuisinier 2008, p. 28-29.
  24. Cuisinier 2008, p. 127-129 comprend la liste des soixante-et-onze témoins du procès Dumollard.
  25. a, b et c Cuisinier 2008, p. 30-31.
  26. a, b, c, d, e, f et g Cuisinier 2008, p. 32-36.
  27. a, b, c, d et e Cuisinier 2008, p. 60-63.
  28. a, b, c, d, e et f Cuisinier 2008, p. 58-59.
  29. a et b Ouvrage collectif, Richesses touristiques et archéologiques du canton de Montluel : Montluel, Balan, Béligneux, Bressolles, Dagneux, La Boisse, Niévroz, Pizay, Sainte-Croix,‎ 1999, 296 p. (ISBN 2-907656-30-9), p. 250.
  30. « La croix disparue du bois de la morte », le site de la mairie de Pizay (consulté le 18 novembre 2013).
  31. Le Breton 2013, p. 201.
  32. Le Breton 2013, p. 202.
  33. a et b Le Breton 2013, p. 203.
  34. Cuisinier 2008, p. 37.
  35. Le Breton 2013, p. 204.
  36. a, b et c Le Breton 2013, p. 205.
  37. a et b « En votre âme et conscience : L'Affaire Dumollard, 1967 » [vidéo], sur ina.fr. Consulté le 3 mai 2013.
  38. a et b Le Breton 2013, p. 206-207.
  39. a, b et c Cuisinier 2008, p. 43-44.
  40. a et b Cuisinier 2008, p. 120.
  41. a, b et c Cuisinier 2008, p. 122-123.
  42. a, b et c Cuisinier 2008, p. 124.
  43. a et b Cuisinier 2008, p. 125-126.
  44. Jean Tisseur, Caprices et petites œuvres, Lyon,‎ 1885, p. 318.

    « Il avait en effet défendu Dumollard, son compatriote, dans une plaidoirie célèbre, « après s’être, disait-il en commençant, agenouillé sur le tombeau de sa mère, au cimetière de Dagneux ». »

  45. Cuisinier 2008, p. 130-138.
  46. Cuisinier 2008, p. 139-167.
  47. Cuisinier 2008, p. 188.
  48. Cuisinier 2008, p. 189-198.
  49. Cuisinier 2008, p. 199-201.
  50. Archives départementales de la Haute-Marne en ligne, Auberive, 4 avril 1875, acte no 8, vue 47 ; transcription sur le registre de Dagneux (Ain), Archives départementales de l'Ain, 24 juin 1875, acte no 22, vue 19.
  51. a, b, c, d et e Cuisinier 2008, p. 202-203.
  52. a et b Cuisinier 2008, p. 204-205.
  53. a, b et c Cuisinier 2008, p. 206-207.
  54. a et b Cuisinier 2008, p. 210-211.
  55. Philippe Chassaigne, Ville et violence : tensions et conflits dans la Grande-Bretagne victorienne (1840-1914), Presses Paris Sorbonne, coll. « Collection Roland Mousnier »,‎ 2005, 369 p. (ISBN 9782840503385, lire en ligne), p. 61.
  56. (en) Pieter Spierenburg, A History of Murder: Personal Violence in Europe from the Middle Ages to the Present, Presses Paris Sorbonne, coll. « John Wiley & Sons »,‎ 2013, 300 p. (ISBN 9780745658636, lire en ligne) :

    « One of the candidates for the first serial killer is an inconspicuous villager called Martin Dumollard »

  57. a, b, c et d Georges 2011, p. 143.
  58. a et b Cuisinier 2008, p. 214.
  59. a, b et c Georges 2011, p. 144.
  60. [PDF]Claire Desbois, Claude Mallet et Raoul Perrot, « La méthode DMP de reconstitution faciale dans l'identification médico-légale », PaléoBios, vol. 8, no 1-2,‎ 1992, p. 1-21 (ISSN 0294-121 X, lire en ligne).
  61. Victor Hugo, Les Misérables, t. I, Paris, Émile Testard,‎ 1890, p. 296.
  62. Roger Kempf, Bouvard, Flaubert et Pécuchet, Grasset,‎ 1990, 294 p. (ISBN 9782246438496, lire en ligne).
  63. « En votre âme et conscience : L'affaire Dumollard », sur Le site du cinéma français tout en images (1920 - 1999).
  64. Ouvrage collectif, Télévision et justice, L'Harmattan,‎ 2010, 308 p. (ISBN 9782296255753, lire en ligne), p. 20.
  65. « Stéphane Bourgoin raconte : Martin Dumollard, le tueur de bonnes (épisode 17) », sur tvmag.lefigaro.fr, Le Figaro,‎ 20 novembre 2013.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Chauvaud, Justice et déviance à l'époque contemporaine : l'imaginaire, l'enquête et le scandale, Presses Universitaires de Rennes,‎ 2007, 392 p. (ISBN 978-2-7535-0466-0) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Bénédicte Georges, « La tête du guillotiné de l'Ain au service de la science », Le Progrès, vol. 40 faits divers extraordinaires. Rhône, Ain, Jura et région (hors-série),‎ novembre 2011, p. 142-145 (ISBN 978-2-918756-07-1) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Stéphane Bourgoin, Tueurs, Grasset,‎ novembre 2010, 288 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Monographies[modifier | modifier le code]

  • Rémi Cuisinier, Dumollard, L'assassin des bonnes, La Taillanderie,‎ juillet 2008, 223 p. (ISBN 2-876293-89-7) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Lécrivain et Toubon, Procès célèbres. Affaire Dumollard devant la cour d'assises de l'Ain, Paris,‎ 1862, 34 p. (présentation en ligne)
  • Maxime Guffroy, Dumollard, ou L'assassin des servantes, Avignon,‎ 1869 (lire en ligne)
  • L'affaire Dumollard : le tueur de bonnes, Lyon, coll. « Bibliothèque du Moniteur judiciaire de Lyon »,‎ 1903, 188 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Maurice Jogand, Les amours de Dumollard, Paris, Dénoc et Marmorat,‎ 1884, 1200 p. (lire en ligne)
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