Martial Joseph Armand Herman

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Martial Joseph Armand Herman

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Portrait d'Herman d'après l'interrogatoire de Marie-Antoinette, par Pierre Bouillon

Nom de naissance Martial Joseph Armand Herman
Naissance 29 août 1759
Saint-Pol-sur-Ternoise
Décès 7 mai 1795 (à 35 ans)
Paris
Nationalité Français
Profession
Autres activités
Signature de Martial Joseph Armand Herman

Armand Joseph Martial Herman, dit Martial Herman, né le 29 août 1759 à Saint-Pol-sur-Ternoise, dans le Pas-de-Calais, mort guillotiné le 7 mai 1795 à Paris, est un homme politique de la Révolution française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une vieille famille de robe de la région artésienne, il est le fils naturel du roi Louis XV. Herman est admis avocat le 29 juillet 1783, puis nommé substitut de l'avocat général du Conseil provincial d'Artois en 1786. À la suppression des anciennes justices, il accepte la fonction de juge au tribunal de district de Saint-Pol-sur-Ternoise puis d'Arras en 1791. En avril 1790, il participe à la création de la Société des Amis de la Constitution, affiliée au Club des jacobins de Paris, en compagnie de son frère Herman jeune, Marie Joseph Emmanuel Lanne et Augustin Darthé, et en prend la présidence au mois de mai[1].

Le 22 octobre 1792, il épouse Vedasline Prudence Foucquart, âgée de 26 ans et native du village de Willerval. Le mariage est célébré par le futur conventionnel Joseph Le Bon. Parmi l'assistance figure notamment, Jean-Marie Daillet, futur maire d'Arras. Le couple a un enfant, Aristide, né le 16 mai 1793.

Président du Directoire du département du Pas-de-Calais en 1792, il est nommé le 16 novembre 1792 président du tribunal criminel du département, siégeant à Arras. Six mois après sa nomination, le 1er avril 1793, il est de nouveau appelé aux fonctions d'administrateur du département, cumulant aussi les fonctions de membre du Conseil de la commune d'Arras[2].

La tradition historique veut que ce soit l'amitié de Robespierre qui l'ait fait nommer à la tête du Tribunal révolutionnaire le 28 août 1793, en remplacement du président Montané, jugé trop modéré et compromis dans l'affaire Corday. Aucune preuve historique ne vient corroborer cette hypothèse mais on peut imaginer que Robespierre, par les contacts qu'il avait dans sa ville natale ou par l'intermédiaire de son frère Augustin, ait eu vent de la réputation de probité d'Herman[3].

Il préside, alors, les procès de Marie-Antoinette et des Girondins en octobre 1793, puis des Hébertistes en mars 1794 et des Dantonistes en avril. Il est remplacé le 8 avril 1794 par René-François Dumas.

Nommé provisoirement ministre de l'intérieur le 18 germinal an II et chargé de la signature des Affaires étrangères le lendemain par arrêté du Comité de salut public[4], il prit part à sa première séance du Conseil exécutif le 19. Nommé par décret de la Convention nationale le 29 germinal, commissaire à la Commission des administrations civiles, police et tribunaux (équivalent de ministre de l'Intérieur et de la justice), il participe à la mise en place des douze commissions exécutives créées le 12 germinal (1er avril) pour remplacer les six ministères et leurs bureaux.

Resté à son poste dans la soirée du 9 thermidor an II (27 juillet 1794), il fait tout son possible, le lendemain, avec son adjoint Lanne, chef de l'Agence des lois, pour empêcher ou retarder l'exécution du décret de la Convention prévoyant « que le tribunal soit dispensé de l'assistance de deux magistrats municipaux » pour constater l'identité des robespierristes, préalable à leur exécution[5]. Deux jours plus tard, il est décrété d'arrestation, avec son adjoint, comme « terroriste », suite aux dénonciations du député André Dumont à la Convention nationale.

Il est jugé lors du procès du Tribunal révolutionnaire. Compromis pour sa participation controversée à la Conspiration des prisons, il est condamné à mort. Lors du verdict, il jette un livre à la figure du président du tribunal.

Il est guillotiné le 7 mai 1795 avec Fouquier-Tinville, l'accusateur public du Tribunal révolutionnaire ; Lanne (juge) ; Renaudin (juré du Tribunal révolutionnaire) ; Leroy, dit « dix août » (juré) ; Foucault (juge) ; Vilate (juré) ; Scellier (vice-président du tribunal révolutionnaire) ; Garnier-Launay (juge) ; Prieur (juré) ; Châtelet (juré) ; Girard (juré) ; Boyanval ; Benoît Trey ; Verney et Dupaumier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gérard Walter, Maximilien de Robespierre, Gallimard,‎ 1989, p. 689.
  2. Julien Boutboul, Un Rouage du Gouvernement révolutionnaire: « La Commission des Administrations civiles, police et tribunaux (germinal an II-brumaire an IV) », vol. II, Paris,‎ 2004, p. 143-146, mémoire de maîtrise, sous la direction de Jean-Clément Martin et de Françoise Brunel.
  3. Julien Boutboul, Un Rouage du Gouvernement révolutionnaire: « La Commission des Administrations civiles, police et tribunaux (germinal an II-brumaire an IV) », vol. II, Paris,‎ 2004, p. 146-147, mémoire de maîtrise, sous la direction de Jean-Clément Martin et de Françoise Brunel.
  4. Alphonse Aulard, Recueil des actes du Comité de salut public avec la correspondance officielle des Représentants du peuple en mission et le registre du Conseil exécutif provisoire, vol. 12 (26 ventôse an II-3 floréal an II), Paris,‎ 1869.
  5. Gérard Walter, Maximilien de Robespierre, Gallimard,‎ 1989, p. 487-488.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert Mathiez, Autour de Robespierre, Payot,‎ 1925, 257 p., « Herman ».
  • Raymonde Monnier et Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, PUF, coll. « Quadrige »,‎ 2005, « Herman Martial Joseph Armand », p. 550-551.
  • Henri Wallon, Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le journal de ses actes, Hachette,‎ 1880-1882, 6 volumes.
  • Julien Boutboul, Un Rouage du Gouvernement révolutionnaire: « La Commission des Administrations civiles, police et tribunaux (germinal an II-brumaire an IV) », vol. II, Paris,‎ 2004, mémoire de maîtrise, sous la direction de Jean-Clément Martin et de Françoise Brunel.