Marthon

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Marthon
Le bourg et l'église Saint-Martin vus depuis le donjon
Le bourg et l'église Saint-Martin vus depuis le donjon
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Poitou-Charentes
Département Charente
Arrondissement Angoulême
Canton Montbron
Intercommunalité Communauté de communes Seuil Charente-Périgord
Maire
Mandat
Patrick Borie
2014-2020
Code postal 16380
Code commune 16211
Démographie
Gentilé Marthonnais
Population
municipale
604 hab. (2011)
Densité 47 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 36′ 46″ N 0° 26′ 43″ E / 45.6128, 0.445345° 36′ 46″ Nord 0° 26′ 43″ Est / 45.6128, 0.4453  
Altitude Min. 92 m – Max. 196 m
Superficie 12,82 km2
Localisation

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Marthon

Marthon (Marton en limousin, dialecte occitan) est une commune du sud-ouest de la France située dans le département de la Charente (région Poitou-Charentes).

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation et accès[modifier | modifier le code]

Le bourg de Marthon est situé à 8 km au sud-ouest de Montbron et 23 km au sud-est d'Angoulême, dans la vallée du Bandiat.

Marthon est aussi à 15 km au sud-est de La Rochefoucauld, 19 km au nord-ouest de Villebois-Lavalette et 19 km au nord-est de Nontron[1].

Deux voies principales se croisent dans le bourg de Marthon : la route d'Angoulême à Nontron (D 4 de Garat à Souffrignac), et la D 16 de Confolens à Montmoreau qui parcourt toute la commune du nord au sud[2].

Hameaux et lieux-dits[modifier | modifier le code]

Les principaux hameaux de la commune sont : Saint-Sauveur, dans le nord de la commune, autrefois siège d'une petite paroisse, réunie à Marthon au XVIIIe siècle ; chez Trape, sur la route de Montbron ; les Métairies ; le Maine, le Petit Breuil et le Grand Breuil, dans le sud de la commune, etc[2].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Marthon
Vouthon Montbron
Saint-Germain-de-Montbron Marthon Feuillade
Grassac

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Le terrain communal est calcaire et date du Jurassique moyen (Bajocien, Bathonien et Callovien). Les flancs de la vallée du Bandiat sont recouverts par endroits par des colluvions, sables argileux, ainsi que les plateaux au nord de la commune, tandis que le fond est occupé par des alluvions (sable et galets) datant du quaternaire (Pléistocène). Quelques failles est-ouest fissurent localement ces plateaux karstiques[3],[4],[5].

Article connexe : Géologie de la Charente.

Le relief de la commune est celui d'un plateau, plus vallonné au nord, traversé d'est en ouest par la vallée du Bandiat. Le point culminant est à une altitude de 196 m, situé sur la limite nord-est dans la forêt, au nord de Limérac. Le point le plus bas est à 92 m, situé au fond d'une fosse aux Guillemies, au sud-ouest. Le bourg, au bord du Bandiat, s'étage entre 100 et 120 m d'altitude[2].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le Bandiat à Marthon

Le centre de la commune de Marthon est occupé par la vallée du Bandiat, sous-affluent de la Charente. Au nord et au sud, la vallée est dominée par de hauts plateaux boisés, principalement au nord, où l'on cultive essentiellement des céréales.

Le bourg est situé sur la rive gauche du Bandiat.

Climat[modifier | modifier le code]

Comme dans les trois quarts sud et ouest du département, le climat est océanique aquitain.

Article connexe : Climat de la Charente.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les seigneurs avant la Révolution[modifier | modifier le code]

La châtellenie de Marthon est, jusqu'à la Révolution, l'une des plus importantes de l'Angoumois. Sa juridiction s'étend sur quatorze paroisses et ses seigneurs ont droit de haute, moyenne et basse justice dans toute l'étendue de la châtellenie. La situation de Marthon, aux confins de l'Angoumois et du Périgord, en fait une possession importante pour ses seigneurs qui, de là, peuvent surveiller toute la vallée du Bandiat.

Le témoin de cette ancienne splendeur est le vieux donjon, à moitié démantelé, qui domine le bourg[6].

Le plus ancien seigneur que l'on connaisse est Hugues de Marthon, fils de Robert de Montbron, lui-même petit-fils d'Hugues III de Lusignan, qui meurt dans les premières années du XIIe siècle. Il laisse trois enfants, dont l'aîné, Robert de Marthon, lui succède dans la baronnie. Ce dernier est un grand bienfaiteur de l'Église, faisant notamment d'importantes donations à l'Abbaye Notre-Dame de Grosbot et à l'Abbaye Notre-Dame de La Couronne.

Robert de Marthon s'est marié avec Emma de La Rochefoucauld, fille d'Adémar et héritière de Gui III de La Rochefoucauld. Après lui, la baronnie de Marthon passe aux mains de la famille de La Rochefoucauld, par Guy, fils d'Emma de La Rochefoucauld et Robert de Marthon. Gui a relevé le nom de La Rochefoucauld. Il apparaît dans la généalogie comme Gui IV de la Rochefoucauld, seigneur de La Rochefoucauld, Verteuil, Marthon et Blanzac[7].

Pendant la guerre de Cent Ans, les seigneurs de Marthon restent fidèles aux rois de France, en défendant vaillamment leur cause. Aussi, dans la nuit du 5 au 6 mai 1347, les Anglais mettent le feu au château de Marthon et ravagent toute la châtellenie. Plus tard, lors des démêlés du roi Louis XI avec son frère Charles, duc de Guyenne, l'armée royale trouve, dans le château de Marthon, un appui solide.

Jusqu'au XVIe siècle, la baronnie de Marthon appartient aux aînés de la famille de La Rochefoucauld. Mais en 1521 ou 1522, François Ier de La Rochefoucauld et sa femme, Louise de Crussol, abandonnent Marthon à leur fils cadet, Hubert de La Rochefoucauld qui sera le plus remarquable des seigneurs de Marthon ; il entre d'abord dans l'ordre de Malte, qu'il quitte en 1559, pour venir se fixer à Marthon.

Lorsqu'éclatent les guerres de religion, alors même que son neveu, François III de La Rochefoucauld, entraîne la plus grande partie de la noblesse angoumoisine dans le parti de la Réforme, le seigneur de Marthon reste fidèle à la foi de ses pères, et se met à la tête des troupes catholiques.

N'ayant pu reprendre aux protestants la ville d'Angoulême, il s'empare du château de Vouzan, dont le seigneur se trouve à Orléans, dans les rangs de l'armée protestante de son neveu, et le saccage, ainsi que ceux de Sers et Nanteuil.

Il vient alors assiéger Cognac, et, ne réussissant pas à reprendre cette place aux protestants, il se dirige vers Châteauneuf, dont il s'empare et où il se fortifie solidement.

Lorsque la paix est signée, le baron Hubert se retire à Marthon, où il meurt en 1566, sans laisser d'enfant.

Après sa mort, la baronnie de Marthon est partagée entre différents membres de la famille de La Rochefoucauld, et recouvre son unité seulement vers le milieu du XVIIe siècle, avec François de Roye, arrière-petit-neveu du baron Hubert.

Le 4 février 1712, ses héritiers vendent la baronnie de Marthon à Étienne Chérade, comte de Montbron. Ses descendants seront dépossédés à la Révolution. Le château est vendu comme bien national à Élie-Léonard Planty, premier maire de la commune en 1790.

Les fiefs de Marthon[modifier | modifier le code]

La paroisse de Marthon possédait plusieurs autres fiefs, dont les principaux étaient ceux de La Couronne[8] et de Limérac[9].

Le logis de La Couronne dépend de la baronnie de Marthon, « au devoir d'une paire d'éperons dorés, à nuance de seigneur et de vassal ». Dans le principe, ce domaine appartient aux moines de l'abbaye de La Couronne ; il faisait probablement partie des donations faites par Tobert de Marthon à cette abbaye. Par la suite, cette terre est arrentée par les moines à diverses personnes.

Vers la fin de la guerre de Cent Ans, le domaine est à peu près complètement ruiné. Le 8 mars 1449, il est acquis par Bertrand Farinard, capitaine du château et de la ville de Marthon. Ses héritiers le conservent jusqu'en 1564 où par mariage, Mathieu de Chambes, seigneur de Vilhonneur, acquiert ce fief. Cette famille le gardera jusqu'à la fin du XVIIe siècle.

À partir de cette époque, le domaine de La Couronne change fréquemment de propriétaire.

Le fief de Limérac relève de l'évêché d'Angoulême. Au XIIIe siècle, ce fief appartient à la famille Amigon, d'où il passe dans la famille Vigier.

En 1541, le seigneur de Limérac est Vincent Hastelet, écuyer, maître de forges de Planchemesnier et, en 1554, ce fief est légué par Jean Hélie de Colonges à sa sœur Marguerite, qui a épousé Jacques de Devezeau, seigneur de Rancogne.

Le 1er avril 1585, ce dernier vend Limérac à Jean Béchade, juge assesseur de Marthon, dont le fils Étienne n'a pas d'enfant ; Limérac passe donc à Jacques de Fornel, mari d'Anne de Villars[10].

Administration[modifier | modifier le code]

La mairie de Marthon

Créée sous le nom de Marton en 1793 et chef-lieu de canton, la commune devient Marthon dans le canton de Montbron en 1801.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1995 en cours Patrick Borie SE Retraité SNCF
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 604 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1841 1846 1851 1856
506 520 547 569 627 624 629 657 654
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
659 656 606 620 716 672 646 588 597
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
598 596 563 537 504 508 521 525 537
1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009 2011
509 554 509 529 556 598 601 605 604
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2004[12].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges à Marthon en 2007 en pourcentage[13].
Hommes Classe d’âge Femmes
1,4 
90  ans ou +
6,7 
12,7 
75 à 89 ans
16,1 
12,4 
60 à 74 ans
15,2 
22,3 
45 à 59 ans
18,4 
15,9 
30 à 44 ans
18,1 
18,0 
15 à 29 ans
11,5 
17,3 
0 à 14 ans
14,0 
Pyramide des âges du département de la Charente en 2007 en pourcentage[14].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,5 
90  ans ou +
1,6 
8,2 
75 à 89 ans
11,8 
15,2 
60 à 74 ans
15,8 
22,3 
45 à 59 ans
21,5 
20,0 
30 à 44 ans
19,2 
16,7 
15 à 29 ans
14,7 
17,1 
0 à 14 ans
15,4 

Remarques[modifier | modifier le code]

Marthon fait preuve d'une grande stabilité démographique.

Économie[modifier | modifier le code]

Commerces[modifier | modifier le code]

Commerces

Marthon offre de nombreux commerces de proximité.

Équipements, services et vie locale[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

Marthon possède une école primaire publique comprenant quatre classes (une classe maternelle et trois élémentaires). Le secteur du collège est Montbron[15].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

Donjon[modifier | modifier le code]

Le donjon vu du centre bourg

Vestiges du donjon de Marthon des XIIe et XIIIe siècles, inscrit aux monuments historiques depuis 1928[6].

Article détaillé : Donjon de Marthon.

Château-neuf[modifier | modifier le code]

Le Château-neuf

Construit sur l'emplacement d'un château roman incendié en 1347, le Château-neuf date de la Renaissance. Il a été fortement remanié au début du XXe siècle à l'initiative de Maurice Raynaud, député de la Charente.

Château du Colombier[modifier | modifier le code]

Château du Colombier

Situé à l'ouest de la commune, ce château a été transformé en hôtel.

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

Église Saint-Martin[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Martin, romane, date du XIIe siècle; c'est l'église paroissiale, également inscrite monument historique depuis le 15 mai 1925[16].

Église Saint-Martin
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Ancien prieuré de Saint-Sauveur[modifier | modifier le code]

Vestiges de l'église de Saint-Sauveur

L'ancien prieuré Saint-Sylvestre est situé au lieu-dit Saint-Sauveur. On y voit les vestiges de l'église des XIe et XIIe siècles, vicairie bénédictine perpétuelle de l'abbaye Saint-Florent de Saumur[17], et dont les registres commencent en 1638[18]. Ce prieuré est inscrit monument historique depuis le 20 mars 1978[19].

Chapelle-porte[modifier | modifier le code]

Ancienne chapelle-porte

En contrebas du donjon, la chapelle-porte Saint-Jean-l'Évangéliste, d'architecture romane, permettait d'accéder au château. C'est aussi un logis.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Maurice Raynaud (1860-1927), homme politique français, député et ministre, est né à Marthon.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Distances orthodromiques prises sous ACME Mapper
  2. a, b et c Carte IGN sous Géoportail
  3. Visualisateur Infoterre, site du BRGM
  4. Carte du BRGM sous Géoportail
  5. [PDF] BRGM, « Notice de la feuille de Montbron », sur Infoterre,‎ 1986 (consulté le 12 novembre 2011)
  6. a et b « Vestiges du donjon de Marthon », base Mérimée, ministère français de la Culture
  7. Marie Vallée - La Rochefoucauld. Un château, une famille - Château de La Rochefoucauld - ISBN 2-9526830-2-6
  8. La Couronne, Marthon sur Géoportail.
  9. Limérac, Marthon sur Géoportail.
  10. Jules Martin-Buchey, Géographie historique et communale de la Charente, vol. I : Arrondissement d'Angoulême, Martin-Buchey, Châteauneuf,‎ 1914 (réimpr. Éd. de la Tour Gile, 1996), 672 p. (ISBN 2-878022-6-88)
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  13. « Evolution et structure de la population à Marthon en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 31 juillet 2010)
  14. « Résultats du recensement de la population de la Charente en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 31 juillet 2010)
  15. Site de l'inspection académique de la Charente, « Annuaire des écoles » (consulté le 8 juillet 2012)
  16. « Église de Marthon », base Mérimée, ministère français de la Culture
  17. Archives de la France monastique, vol. 10, Abbaye Saint-Martin,‎ 1910 (lire en ligne), p. 138
  18. Société archéologique et historique de la Charente, Mémoires, Bulletins et mémoires, Constantin,‎ 1896 (lire en ligne), p. 293, 304
  19. « Prieuré Saint-Sylvestre de Saint-Sauveur », base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]