Marteau de président

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Un marteau de président est un petit maillet fait de bois dur (noyer, chêne, frêne ou érable par exemple) que l'on frappe habituellement contre un tas (ou socle). Il est utilisé par le président d'une assemblée délibérante pour ouvrir et clore les débats, ou réclamer l'attention ou le silence.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'origine du marteau de président est incertaine. Toutefois, les francs-maçons utilisaient une masse posée d'aplomb sur le tas, usage attesté dès le XVIIIè siècle.

Il s'agit de nos jours d'une tradition principalement anglo-saxonne, et plus particulièrement nord-américaine. Les présidents d'assemblées, de commissions ou de réunions, ainsi que les juges du siège dirigent les débats avec un marteau, appelé gavel en anglais. L'expression gavel to gavel exprime la continuité des délibérations, symboliquement du premier coup jusqu'au dernier.

L'ouvrage américain Robert's Rules of Order donne des conseils sur la bonne utilisation du marteau.

Symbolique[modifier | modifier le code]

Le marteau, instrument du chef de groupe, symbolise l'autorité, le respect des règles et l'arbitrage. Employé à l'ouverture et à la clôture d'une assemblée (ou pour suspendre celle-ci lors d'une pause), il marque sa délimitation dans le temps. Plus généralement, il symbolise la décision, bonne ou mauvaise : ce qui est décidé est décidé.

En France[modifier | modifier le code]

Les commissaires-priseurs président les ventes aux enchères publiques, et lors de l'adjudication, frappent leur pupitre avec un marteau au manche long, dont le « fer » était autrefois en ivoire (aujourd'hui en imitation). Le commissaire-priseur est d'ailleurs appelé parfois « teneur de marteau ».

Dans les loges maçonniques, le vénérable maître utilise généralement un maillet pouvant comporter des gravures (équerre et compas, par exemple) et un tas triangulaire. Il s'en sert pour ouvrir et clore les tenues, c’est-à-dire les réunions des frères.

Le président d'une assemblée quelconque (commission, association) peut, s'il le désire, utiliser le marteau pour diriger les débats ou donner un caractère plus solennel à ces derniers, bien que l'usage ne soit pas très répandu. Le marteau étant un symbole anglo-saxon, son utilisation ne constitue pas une usurpation des symboles appartenant aux autorités et institutions françaises. On peut donc l'utiliser sans craindre les sanctions énumérées aux articles 433-14, -15 et -16 du Code pénal.

Les magistrats français n'utilisent pas de marteau. Ils préfèrent une cloche, ou plus souvent de nos jours, une sonnette électrique.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Au Sénat des États-Unis, on utilise un marteau en ivoire sans manche, ressemblant davantage à un heurtoir en forme de sablier. Richard Nixon, en 1954, l'ébrécha lors d'un débat houleux sur l'énergie atomique. Dans l'impossibilité d'obtenir un morceau d'ivoire suffisamment gros pour procéder à un remplacement, le Sénat fit appel à l'ambassadeur de l'Inde qui se chargea, la même année, d'en fournir un nouveau, toujours en usage.

Le marteau de la Chambre des représentants, est quant à lui, en bois clair et pourvu d'un manche. Certains débats se révélant assez intenses, il arrive que le marteau casse. Le président de la Chambre des représentants dispose alors de marteaux de rechange rangés sous son pupitre.