Martín d'Azpilcueta

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Martin d'Azpilcueta, né à Barásoain en Navarre en 1492, et mort à Rome en 1586, surnommé « Doctor Navarrus », était l'un des plus grands intellectuels de son temps ; il appartenait à l'École de Salamanque.

Martín de Azpilicueta

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études de philosophie et de théologie à l'université d'Alcalá de Henares, puis de droit canonique à l'université de Toulouse, il enseigne à Cahors et à Toulouse, où il dirige la chaire de droit canonique à 26 ans. Il entre chez les chanoines réguliers de Roncevaux en 1524. Il devient professeur de Décret puis de Prime (la chaire la plus importante) à l'université de Salamanque. Il passe à l'université de Coimbra au Portugal en 1538, comme professeur de Prime de droit canonique. Il prend sa retraite en 1555 et rentre en Espagne.

Le roi Philippe II d'Espagne et le roi Jean III de Portugal le consultent sur les affaires politiques importantes, de même que les papes Pie V, Grégoire XIII et Sixte V. Juriste, économiste, autorité reconnue par ses contemporains en matière de droit et de morale, il est avec les théologiens dominicains Francisco de Vitoria et Domingo de Soto l'un des intellectuels les plus marquants de l'École de Salamanque.

Il assura la défense de l'archevêque de Tolède Bartolomé de Carranza, arrêté en 1559 par l'Inquisition sous l'accusation d'hérésie. En 1567 le procès fut transféré à Rome sur ordre du Pape Pie V. Martin se rendit donc à Rome pour poursuivre la défense de Carranza. Il y resta jusqu'en 1586, date de sa mort à l'âge de 94 ans.

Travaux[modifier | modifier le code]

Les réflexions économiques d'Azpilcueta portent sur les effets de l'arrivée en grande quantité de métaux précieux des Amériques, et l'inflation européenne qui en découle. C'est la quantité de métal précieux dans un pays qui détermine le pouvoir d'achat de la monnaie.

Il définit la théorie de la valeur-rareté : tout bien devient plus cher lorsque la demande est plus forte que l'offre. Ces réflexions font de lui un précurseur de la théorie quantitative de la monnaie. Il défend le prêt à intérêt, contre les recommandations d'alors de l'Église catholique.

Son Manual de confesores le situe comme l'un des fondateurs de la casuistique moderne[1].

Écrits[modifier | modifier le code]

Son œuvre complète a été publiée à titre posthume, à Venise, sous le titre suivant :

  • Compendium horum omnium Navarri operum, (1598)
  • Doctoris Navarri… Opera, Cologne, 1606, 5 vol. in fol. : la meilleure édition latine de ses œuvres.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. cf. notice du Scholasticon

Liens externes[modifier | modifier le code]