Marraine de guerre

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L'expression « marraines de guerre » désigne les femmes ou les jeunes filles qui entretiennent des correspondances avec des soldats au front durant la Première Guerre mondiale afin de les soutenir moralement, psychologiquement voire affectivement. Il s'agissait souvent de soldats livrés à eux-mêmes, ayant par exemple perdu leur famille. La marraine de guerre faisait parvenir des lettres à son soldat mais pouvait également envoyer des colis, des cadeaux, des photographies.

Cette institution populaire a laissé un souvenir marquant qui explique sa réapparition en 1939 lors de la Seconde Guerre mondiale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les marraines de guerre voient le jour en 1915 avec la création le 11 janvier de la première association des marraines de guerre par Marguerite De Lens: La Famille du Soldat. Elle bénéficie notamment du soutien de la publicité gratuite de L'Écho de Paris.

Par la suite, une autre association voit le jour : Mon Soldat, fondée par Madame Bérard et soutenue par Alexandre Millerand, ministre de la guerre.

Les journaux comme intermédiaire[modifier | modifier le code]

En mai 1915, le journal Fantasio lance une opération baptisée le flirt sur le front et propose de servir d’intermédiaire entre les jeunes hommes de l’avant et les jeunes femmes de l’arrière. Six mois plus tard, submergé de demandes militaires, le journal met un terme à son initiative.

Le 4 décembre 1915, la revue La Vie Parisienne prend le relais et ouvre à son tour ses colonnes aux petites annonces des mobilisés. Le succès est tel que six mois plus tard, la revue hebdomadaire fait paraître deux pleines pages d’annonces de filleuls en quête d’adoption[1].

D'autres journaux publieront des lettres de soldats en demande de marraines : L'Homme libre, La Croix ou encore Le Journal.

Réactions[modifier | modifier le code]

Le but qui était initialement d'offrir un réconfort et un encouragement aux poilus a laissé place à des relations sentimentales entre jeunes hommes et jeunes femmes. Par conséquent, peu à peu, les marraines de guerre ne sont plus vantées dans la presse comme l'incarnation du patriotisme et de l'Union sacrée mais dénigrées, présentées comme des vieilles filles qui se lancent dans le jeu de la séduction en profitant des circonstances. Les moralistes portent de vives critiques à leur encontre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1], les marraines de guerre sur le site Chemins de mémoire.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henriette de Vismes, Histoire authentique et touchante des marraines et des filleuls de guerre, Paris, Perrin, 1918.

Articles connexes[modifier | modifier le code]