Marmite norvégienne

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On appelle marmite norvégienne un procédé de fin de cuisson des aliments consistant à les placer dans un récipient lui-même contenu dans un réceptacle isolant : après avoir été chauffés de façon traditionnelle — mais moins longtemps que le temps de cuisson habituel —, les aliments peuvent y finir de cuire de façon autonome, sans nouvelle dépense d'énergie. Contrairement à ce que le nom indique, il ne s'agit pas forcément d'une marmite et il n'est pas sûr qu'elle soit d'origine norvégienne[1].

Principe[modifier | modifier le code]

C'est une caisse isotherme dans laquelle on place une marmite (ou un autre récipient muni d'un couvercle) contenant un plat dont la cuisson a été démarrée sur le feu : dans cette caisse isolée, il va continuer à cuire quelques heures sans aucune source d'énergie extérieure.

Il suffit de préparer le plat un peu en avance, de l'amener à ébullition et de laisser bouillir quelques minutes (cela est variable selon le plat), puis de placer le récipient fermé par un couvercle efficace dans la marmite norvégienne, qui peut être une caisse ou même juste un carton bourré de lainages. Dans cette enceinte isolée, les déperditions de chaleur sont réduites au minimum, et le plat continue à cuire tout seul sans aucun apport d'énergie extérieure. Au bout d'une heure ou deux (là aussi c'est en fonction du plat), le repas est prêt et chaud.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce principe est fort ancien : il était employé depuis longtemps dans les campagnes où l'on mettait la cocotte prévue pour le repas à finir de cuire sous l'édredon. Dans les pays scandinaves et d'Europe centrale, c'était plutôt sous la paille que les fermières avaient coutume d'enfouir le récipient contenant le plat, laissé à finir de cuire sans feu, et prêt à déguster au retour des champs. C'est d'ailleurs ce qui a inspiré l'un des premiers détenteurs du brevet de la marmite, un Norvégien qui a présenté les premières « cuisines automatiques norvégiennes » officielles vers la fin du XIXe siècle. Il y avait déjà eu des inventions françaises bien avant, mais elles n'avaient pas eu de succès : c'est le terme « marmite norvégienne » qui est resté[1].

On l'appelle ailleurs plus justement « caisse à cuire » (Kochkiste en allemand), ou « caisse à foin » (Heukiste en allemand ou haybox en anglais) car l'isolant de la caisse peut très bien être du foin. En effet, l'efficacité de ce système de préservation de la chaleur repose sur l'isolant. Cela peut aller de l'édredon dans lequel on emmitoufle la cocotte jusqu'au coffre soigneusement isolé, avec du polystyrène ou du liège. La place vide autour du récipient est comblée avec des lainages ou une couverture de façon à ce qu'il y ait le moins de perte de chaleur possible. La caisse est prestement refermée avec un couvercle, si possible lui-même isolé.

Avantages et développement actuel[modifier | modifier le code]

La marmite norvégienne permet d'économiser au moins 50 % de l'énergie consacrée à la cuisson, parfois jusqu'à 75 % selon les plats[2].

La marmite norvégienne, très prisée pendant les deux Guerres mondiales durant lesquelles elle a rendu de grands services aux populations démunies, a peu à peu sombré dans l'oubli dès l'abondance revenue. Au début des années 2000, elle a été réhabilitée et remise en avant dans le cadre de l'opération Négawatts : lancée par Les Amis de la Terre en 2004, l'objectif est de réduire de moitié la consommation énergétique familiale afin de réduire les émissions de CO2. Grâce à internet, on trouve de plus en plus de documentation à son sujet[3].

Des ONG s'emploient activement à la diffuser dans des pays où les ressources énergétiques sont rares et chères. Par exemple, on la connaît en Afrique sous les dénominations de « magic box », « panier-thermos », « cuisson thermos » ou encore « wonder box ».

La marmite norvégienne est facile à bricoler avec peu de matériaux[4] mais il existe des modèles professionnels en inox pour la restauration, que l'armée utilise aussi.

Notes et références[modifier | modifier le code]