Marine prussienne

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La Marine prussienne (Preußische Marine) était la marine militaire du royaume de Prusse. Elle a existé officiellement de 1701 à 1867. Elle par la suite été remplacée par la Norddeutsche Bundesmarine, la marine de la Confédération de l'Allemagne du Nord.

Au travers des siècles, la puissance militaire prussienne était principalement terrestre et n'atteint jamais une puissance similaire sur mer. Néanmoins, elle a commencé à exister dès le début de la Marche de Brandebourg, connue comme la marine brandebourgeoise.

La marine de l'électorat de Brandebourg[modifier | modifier le code]

Marine du Brandebourg (Lieve Pietersz Verschuir) 1684

La principauté du Brandebourg, qui a précédé le royaume de Prusse, possédait sa propre marine depuis le XVIe siècle, cependant c'est sous le règne de l'électeur Frédéric Guillaume (1620-1688) qu'elle prit véritablement son essor et atteignit son apogée. Pour ce souverain, la navigation et le commerce étaient parmi les plus nobles entreprises qu'un état puisse accomplir et il s'efforça de développer un empire colonial outre-mer. Les navires brandebourgeois ne se contentèrent donc plus de sillonner la Baltique, la mer du Nord et la Manche, mais croisèrent également en Méditerranée, aux Antilles et en Afrique. La marine de guerre devint un instrument efficace, avec lequel le souverain allemand pensa pouvoir défier l'Espagne, son ex-alliée des guerres de Hollande et de Scanie et qui s'était engagée à financer l'effort de guerre du Brandebourg et lui devait à ce titre la somme de 1 800 000 thalers qu'elle ne pouvait ou ne voulait pas payer[1]. Les escadres brandebourgeoises attaquèrent donc les bâtiments espagnols dans les années 1680 et tentèrent sans succès de s'emparer de la flotte de l'or en provenance d'Amérique du Sud. Le 30 septembre 1681, six vaisseaux brandebourgeois commandé par Thomas Alders furent toutefois mis en déroute par une flotte espagnole au large du cap Saint-Vincent[2] lors du principal engagement de ce conflit.

Les successeurs de Frédéric Guillaume Ier ne montrèrent pas le même intérêt pour la marine, les expéditions navales et l'expansion outre-mer. La marine brandebourgeoise périclita et sa fin coïncida avec la cession onéreuses aux Pays-Bas des possessions coloniales brandebourgeoises, par Frédéric Ier, fils de Frédéric Guillaume Ier et roi de Prusse à compter de 1701.

Le XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

La frégate Koenig von Preussen, 1750

Les souverains de la Prusse du XVIIIe siècle ne s'intéressèrent guère à la marine. Compte tenu à la fois d'une situation géographique principalement continentale et de l'absence de frontières naturelles, la Prusse devait consacrer l'essentiel de son effort militaire au profit de l'armée, comptant sur ses bonnes relations avec les puissances navales voisines, le Danemark et les Pays-Bas pour assurer sa défense maritime.

Frédéric II (« le Grand ») considérait ainsi que la Prusse n'avait rien à gagner à chercher à développer sa propre marine de guerre. Le royaume ne pouvait espérer rivaliser sur ce terrain avec les puissantes flottes de Grande-Bretagne, de France, d'Espagne, du Danemark ou de la Russie et il considérait que les batailles navales décidaient rarement de l'issue d'un conflit. Il estimait donc préférable de disposer de la meilleure armée de terre d'Europe plutôt que de doter son pays d'une marine insignifiante. Il ne put cependant faire l'économie d'une guerre fluviale contre la Suède, pendant la guerre de Sept Ans, qui fut menée avec des moyens de fortune et peu de succès, puisque la flottille prussienne fut battue le 10 septembre 1759 dans la lagune de Stettin, lors de la bataille de Neuwarp.

Cependant, malgré tout, le monarque prussien voulut que son pays participa au commerce maritime international et à cette fin, il créa ou favorisa la création de plusieurs sociétés de commerce à vocation maritime. Ainsi, une Société de Commerce maritime fut fondée en 1772, qui existe encore aujourd'hui sous la forme d'une fondation dénommée Preußische Seehandlung.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Pavillon de la marine de guerre prussienne
Frégate de la marine prussienne Thetis en 1867.

À la fin des guerres napoléoniennes, la Prusse commença à se doter d'une petite flotte destinée à sa défense côtière mais la priorité fut donnée au développement d'une flotte marchande, apte à se défendre par ses propres moyens et à assurer des missions militaires. Dans ce projet la Preußische Seehandlung joua un rôle décisif. Ses navires étaient armés et arboraient le pavillon prussien. Cette flotte fut en service jusqu'aux alentours des années 1850.

L'un des plus ardents promoteurs d'une flotte prussienne était le prince Adalbert de Prusse (1811-1873). Il avait entrepris un grand nombre de croisières et avait pu apprécier la valeur d'une marine pour soutenir les intérêts tant politiques qu'économiques d'une nation.


Notes[modifier | modifier le code]

  1. R.C. Anderson, Naval wars in the Baltic
  2. Von Mantey, Histoire de la marine allemande page 36

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • R.C. Anderson, Naval wars in the Baltic, Gilbert-Wood, Londres, 1910.
  • Vice-amiral E. von Mantey, Histoire de la marine allemande (1675-1926), Payot, Paris, 1930.

Voir aussi[modifier | modifier le code]