Marina Petrella

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Marina Petrella (née en 1954) est une terroriste italienne, membre du groupe d'extrême gauche les Brigades rouges.

[modifier] Biographie

La cour d'assises de Rome l'a condamnée le 6 mars 1992 à la prison à perpétuité pour des crimes commis entre 1977 et 1982, notamment l'assassinat d'un commissaire de police (avec refus de donner l'identité des complices), la séquestration d'un magistrat, et quatre autres agressions. Elle a toujours été présente à ses différents procès et s'est enfuie en France juste après sa condamnation définitive[réf. nécessaire]. Marina Petrella a résidé en France pour échapper à la justice italienne. Arrêtée le 21 août 2007, elle a tenté de s'opposer à son extradition vers Rome, mais la procédure d'extradition vers l'Italie suivit son cours. En août 2007, Jacques Gaillot et Jean-Jacques Karman ont signé une pétition exigeant « la remise en liberté immédiate de Marina Petrella et l’arrêt complet de toutes les procédures d’extradition à son encontre » ainsi que « l’arrêt des procédures contre Cesare Battisti et sa remise en liberté ». Elle reçoit également le soutien d'organisations comme la Ligue des Droits de l'homme.

Le 9 juin 2008, le Premier ministre français François Fillon a signé le décret d’extradition de Marina Petrella. Le 8 juillet 2008, Nicolas Sarkozy confirme l'extradition de Marina Petrella. Il indique en même temps avoir demandé à la présidence du Conseil italien d'intervenir en faveur de la grâce en raison de l'ancienneté de la condamnation et de l'état de santé de l'intéressée[1].

L'État italien répond par un communiqué que le Président de la République italienne est seul habilité à délivrer des grâces et que Marina Petrella est « une personne condamnée à la prison à perpétuité pour de nombreux et très graves crimes de terrorisme et ayant jusqu'à présent échappé à la justice »[2]. Les familles des victimes, les partis politiques (droite et gauche confondues) et les autorités judiciaires estiment que les « exilés » doivent rendre des comptes à la justice. Le sujet est d’autant plus sensible en Italie que les héritiers des Brigades rouges ont de nouveau tué, en 1999, 2002 et 2003 (deux conseillers du gouvernement et un policier), et qu'un réseau « Nouvelles Brigades rouges » a été démantelé en février 2007[3].

À cause d'un état de santé précaire dû à une dépression et à une grève de la faim et de la soif, elle est remise en liberté sous contrôle judiciaire[4]. Le 12 octobre 2008, Nicolas Sarkozy annonce que la France renonce à l'extrader vers l'Italie[5]. Les interventions de l'épouse du président Sarkozy et de sa sœur Valeria Bruni-Tedeschi dans cette affaire ont été critiquées[6] notamment du fait que c'est Carla Bruni-Sarkozy qui aurait annoncé à l'ex-brigadiste qu'elle ne serait pas extradée quatre jours avant l'annonce officielle. De nombreux intellectuels italiens, tel Claudio Magris[7], ont critiqué cette décision comme étant indigne d'un état de droit. La décision du président a aussi été perçue en Italie comme un signe de l'arrogance française et elle illustre la différence de perception de l'affaire dans les deux pays, la fille d'un syndicaliste abattu dénonçant l'image de héros romantiques dont les Brigades rouges bénéficieraient[8].

[modifier] Notes et références

  1. AFP : Sarkozy confirme que Petrella sera extradée mais se prononce pour sa grâce
  2. Le Monde, 09 juillet 2008 : Affaire Petrella : le président italien agacé par la demande de Sarkozy
  3. Josée Pochat : Le casse-tête Petrella, Valeurs Actuelles (07.08.2008). Consulté le 10.10.2008.
  4. Marina Petrella est remise en liberté sous contrôle judiciaire, Le Monde, 5 août 2008
  5. Marina Petrella ne sera pas extradée Libération, 12 octobre 2008
  6. [1], L'affaire Petrella et Carla Bruni
  7. [2] Corriere della Sera, 16 octobre 2008
  8. Le Point 16 octobre 2008, Petrella : l'indignation italienne
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