Marie von Wallersee-Larisch

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Marie von Wallersee

Marie-Louise von Wallersee, née le 24 février 1858, décédée le 4 juillet 1940, devenue comtesse Larisch par son mariage, est une nièce de l'impératrice d'Autriche Élisabeth de Wittelsbach, dite Sissi. Compromise dans le drame de Mayerling, elle laissa des "Mémoires".

Biographie[modifier | modifier le code]

Marie-Louise était la fille illégitime et morganatique de Louis-Guillaume en Bavière (1831-1920), duc en Bavière, et de l'actrice Henriette Mendel, qu'il épousa en 1859 et qui devint dès lors baronne von Wallersee.

Bien éduquée, jolie et excellente cavalière, elle ne pouvait pas fréquenter la cour du fait de ses origines. Elle plut cependant à sa tante l'impératrice d'Autriche, elle aussi fervente cavalière, qui lui accorda sa protection et la fit pénétrer dans les cercles aristocratiques, ce qui ne fut pas au goût de ceux qui trouvaient que cette fille d'actrice n'avait pas à sa place à la Cour. L'impératrice fit de Marie-Louise, alors âgée de 15 ans, une compagne de jeu pour sa fille de 7 ans Marie-Valérie, et une confidente.

L'impératrice arrangea le mariage de sa nièce avec un riche aristocrate de Bohême. En 1877, à l'âge de 19 ans, Marie-Louise épousa dans le palais hongrois de Gödöllö, propriété personnelle de l'impératrice, le comte Georges de Larisch-Moennisch (1855-1928). Ils s'installèrent à Troppau (Silésie) avant d'être nommés respectivement dame de la Cour et chambellan à Vienne, alors que les contacts avec l’impératrice s'espaçaient.

Durant cette union peu harmonieuse naquirent cinq enfants :

  • Franz-Joseph Ludwig Georg Maria, Comte Larisch de Moennich, Baron d'Ellgoth et Karwin (1878–1937), futur océanographe
  • Marie Valerie Franziska Georgine (1879–1915)
  • Marie Henriette Alexandra (1884–1907)
  • Georges Heinrich Maria (1886–1909)
  • Friedrich Karl Ludwig Maria (1894–1929)

Bien que tous reconnus par son époux, seuls les deux aînés sont indiscutablement légitimes. Marie Henriette et Georges sont issus de sa liaison avec Heinrich Baltazzi, l'oncle de la baronne Marie Vetsera ; Friedrich est lui le fruit de sa liaison avec Karl Ernst von Otto-Kreckwitz, conçu alors qu'elle vivait séparée de son mari depuis 1889.

L'archiduc héritier Rodolphe (1887)

La comtesse Larisch, ainsi qu'elle fut appelée à la Cour, y fréquentait son cousin du même âge, l'archiduc héritier Rodolphe. De sa cousine très dépensière, lui et Baltazzi règleront les nombreuses dettes, et il continua à le faire lorsque celui-ci décida qu’il avait suffisamment payé de "pension alimentaire". Redevable à son cousin dépressif, Marie-Louise lui présenta la nièce de son amant Marie Vetsera, âgée de 16 ans.

Compromise de par son rôle d'entremetteuse dans le Drame de Mayerling en 1889, la comtesse Larisch fut disgraciée par sa tante, qui lui refusa le droit de s'expliquer et lui interdit de reparaître. Son mari refusa de reprendre la vie commune et bien qu' ayant endossé la paternité de ses trois derniers enfant, afin de sauver les apparences, divorcera en 1896.

Marie-Louise se retira dans sa "Villa Valerie" de Rottach-Egern en Bavière. Sa mère, la discrète Henriette Mendel, mourut d'un cancer de l'estomac en 1891. Son père, toujours amateur de théâtre, se remaria avec une artiste de music-hall de 40 ans sa cadette. Marie-Louise, qui avait 13 ans de plus que la nouvelle épouse de son père, rompit toute relation avec lui.

Second mariage[modifier | modifier le code]

En 1897, Marie-Louise von Wallersee-Larisch épouse à Munich Otto Brucks (1854-1914), chanteur lyrique dont elle aura un fils, le sixième enfant de Marie-Louise :

  • Otto Brucks Junior (1899–1977).

Son mariage avec "cette comtesse Larisch" au passé scandaleux subit l'acrimonie voire les calomnies de la société et brisa la carrière d'artiste du célèbre ténor. Il sombrera dans l'alcoolisme. Ne pouvant plus paraître sur scène, il est nommé en 1906 directeur du théâtre de Metz, alors ville allemande.

Marie-Louise perd à court intervalle ses deux enfant conçus avec Heinrich Baltazzi. En 1907, sa fille Marie Henriette meurt de la variole. En 1909, son fils Georges, apprenant qui est son père et accablé par le lien de sa mère avec le drame de Mayerling, se suicide à Naples.

Après l'assassinat de l'impératrice en 1898, Marie écrit My Past avec l'aide d'un journaliste anglais (mémoires qui seront contestées quant à leur véracité) pour se justifier. La Cour de Vienne lui demande de renoncer à les publier contre contribution d'une pension à vie. Mais elle trahira ses engagements et ses Mémoires paraitront en 1913.

En 1914, son second mari meurt des complications d'une cirrhose du foie. La Première Guerre Mondiale éclate. Marie-Louise, âgée de 56 ans, s'engage comme infirmière.

Sa chère fille aînée Marie-Valerie décède en 1915 d'une maladie tropicale attrapée dans les missions.

En 1918, la monarchie des Habsbourg-Lorraine s'effondre. Marie-Louise, veuve et rejetée de tous, est ruinée. Elle en est réduite à devoir travailler. Elle devient gouvernante à Berlin, et jouera même en 1920 dans un film muet sur la vie de l'impératrice Élisabeth.

Troisième mariage[modifier | modifier le code]

En 1924, alors qu'elle est âgée de soixante-six ans, est publié à New York un article relatant son triste destin et où elle se déclare prête à épouser tout homme qui pourra lui faire quitter l'Europe avec son fils survivant. Un homme se porte candidat et en 1924, elle épouse l'Américain William Meyers.

Cet agriculteur de Floride, qui se faisait passer pour un naturopathe, était un homme violent et un imposteur qui pensait s'enrichir en épousant une comtesse européenne. Maltraitée, elle le quitte en 1926 et fuit s'installer dans le New Jersey. Ils divorcent en 1928.

Âgée de 70 ans, sans argent, elle est employée comme cuisinière et femme de ménage.

Retour en Europe et fin[modifier | modifier le code]

En 1929, elle retourne en Europe. Elle se bat contre des éditeurs américains et allemands qui présentent sa biographie sous un mauvais jour ou tentent de la gruger, et continue à lutter pour sa réhabilitation. Son fils cadet Friedrich meurt suivi en 1937 de son aîné François-Joseph. Son premier mari était décédé en 1928.

Âgée de 82 ans, ayant survécu à ses trois maris et à ses cinq enfants, la baronne de Wallersee meurt le 4 juillet 1940 dans un hospice d'Augsbourg, au début de la seconde guerre mondiale.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Brigitte Sokop, Jene Gräfin Larisch, Köln, Wien, Böhlau 1985, 4.ed 2006

Articles connexes[modifier | modifier le code]