Marie de l'Incarnation

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Sainte Marie Guyart (Marie de l'Incarnation)

Sainte Marie Guyart (née le à Tours (France), morte le à Québec), aussi connue sous le nom en religion de Marie de l'Incarnation, ursuline de Tours et de Québec, est une mystique et missionnaire catholique. Elle a fondé les Ursulines de la Nouvelle-France.

Elle est béatifiée par le pape Jean-Paul II le 22 juin 1980, puis canonisée par le pape François le 3 avril 2014[1],[2] ; celui-ci a utilisé le rare processus de canonisation équipollente[3]. Sa fête a été fixée au 30 avril.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marie Guyart est née en France, à Tours, probablement rue des Tanneurs. Ses parents, Florent Guyart et Jeanne Michelet, sont maîtres-boulangers et ils ont eu sept enfants. C'est un foyer catholique où les enfants sont encouragés à s'instruire.

Jeunesse, grâces mystiques[modifier | modifier le code]

À l'âge de sept ans, elle a eu une première grâce mystique qui la conduit à se donner au Christ. Ses parents n'ont pas compris son aspiration à la vie religieuse et l'ont mariée à 17 ans avec le maître ouvrier en soie Claude Martin. De leur union naît Claude le 2 avril 1619. Six mois plus tard, elle devient veuve à 19 ans alors que la petite fabrique est en faillite. Elle se retrouve avec des biens à liquider et des dettes sur les bras.

En 1625, les grâces mystiques la conduisent à l'union au Christ. Elle ne peut entrer en religion parce qu'elle doit élever son fils Claude, mais elle fait déjà à cette époque vœu de chasteté, de pauvreté et d'obéissance.

Pour assurer sa subsistance et celle de son fils, Marie Guyart entre en 1621 au service de sa sœur Claude Guyart et du mari de celle-ci, Paul Buisson, qui opèrent une compagnie de transport fluvial. Marie désire y mener une vie d’abnégation et de servitude. Pourtant, ses talents d’administratrice sont reconnus et elle prend parfois le rôle de gérante lorsque les deux patrons en titre sont hors de la ville.

Religieuse missionnaire à Québec[modifier | modifier le code]

Le , elle entre au couvent des Ursulines de Tours. Si elle rêve de devenir missionnaire, il n'est pas normal à l'époque qu'une femme, une religieuse de surcroît, fasse le voyage outre-mer pour devenir enseignante. Finalement, sa rencontre avec une autre femme, riche et pieuse, Madeleine de la Peltrie, sera déterminante car elle obtiendra les fonds nécessaires à la fondation de son monastère à Québec.

En 1639, elle part avec deux autres Ursulines, Marie Madeleine de la Peltrie et une servante, Charlotte Barré, pour fonder un monastère à Québec. L'objectif est de veiller à l'instruction des petites Amérindiennes. Elle cherche à convertir au catholicisme les filles qui lui sont confiées: d'abord les Montagnaises et les Abénakises, puis les Huronnes et les Iroquoises.

Pourtant, elles auront de la difficulté à franciser les Amérindiennes qui résistent parfois à l'assimilation. Avec le déclin démographique qui bouleverse la population amérindienne et une réticence de plus en plus grande des parents amérindiens à confier leurs filles aux Ursulines, Marie de l'Incarnation devra s'éloigner de son rôle de missionnaire pour se consacrer davantage à l'instruction des jeunes filles françaises de la colonie.

Même si elle est cloîtrée, Marie de l'Incarnation joue un rôle actif dans la vie de la colonie. En 1663, elle est témoin d'un tremblement de terre à Québec. Elle narre l'évènement dans l'abondante correspondance qu'elle a avec son fils. L'ursuline voit dans la catastrophe un signe de Dieu punissant le commerce d'alcool entre les colons et les Amérindiens. Elle se voit aussi mêlée à une épidémie de vérole qui atteint durement les peuples autochtones : son monastère se voit transformé en hôpital à quelques reprises. Elle commente aussi abondamment les guerres franco-iroquoises et la destruction de la Huronnie.

Elle meurt de vieillesse le à Québec. Elle est associée à la vie de la petite colonie française fondée à Québec, en 1608, qui, sans elle et ses compagnes, aurait difficilement survécu.

Hommages[modifier | modifier le code]

Bossuet la proclamait la «  Thérèse » de la Nouvelle-France.

Henri Bremond a contribué à sa popularité croissante depuis un quart de siècle.

Aujourd'hui, elle suscite l'intérêt de nombreuses personnes et de groupes. Des équipes de recherche se consacrent à l'étude de ses écrits principalement contenus dans sa correspondance. Sa figure spirituelle, sa densité humaine et sa solidité psychologique fascinent des contemporains[4],[5].

En 2008, Jean-Daniel Lafond a réalisé le docufiction Folle de Dieu, avec Marie Tifo dans le rôle de Guyart[6].

L'édifice Marie-Guyart du gouvernement du Québec a été nommé en son honneur en 1989.

Citation[modifier | modifier le code]

Dieu ne quitte jamais ceux qui le traitent d'ami et le préfèrent à toutes choses et à eux-mêmes – Marie Guyart[7]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Québec a ses deux premiers saints », sur La Presse/Le Soleil,‎ avril 2014
    Le titre de l’article du Soleil réfère évidemment à la ville de Québec.
  2. Deux nouveaux saints au Québec, radio-canada.ca, 3 avril 2014
  3. « Qu’est-ce qu’une canonisation équipollente », sur L’Osservatore Romano,‎ 12 mai 2012 (consulté le 9 avril 2014)
  4. Centre d’études Marie-de-l’Incarnation (Université Laval)
  5. L’itinéraire mystique d’une femme, Rencontre avec Marie de l’Incarnation, ouvrage recensé par Guy-Marie Oury, Études d’histoire religieuse, vol. 62, 1996, p.71-73
  6. "Un projet né il y a près de 30 ans", Denise Martel, Le Journal de Québec
  7. Prions en Église, numéro 256, page 21

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie de l’Incarnation - Femme d’affaires, mystique et mère de la Nouvelle-France, Françoise Deroy-Pineau, 2008, Bibliothèque Québécoise.
  • Livre sur la vie de la mère Marie paru en 1677 par son fils, Claude Martin.
  • La vie de la mère Marie de l'Incarnation. par Pierre-François-Xavier de Charlevoix. Antoine-Claude Briasson, à Paris. 1724. Cet ouvrage rédigé à l'aide des lettres adressées à son fils est précieux pour l'histoire du Canada et surtout du Québec où les religieuses effectuèrent de nombreuses missions tant auprès des indiens que des colons.
  • Marie de L’Incarnation Ursuline de Tours, fondatrice des Ursulines de la Nouvelle-France, Tours 1599 – Québec 1672: la mystique insigne, la grande française, la mère de la patrie. Conférence donnée à Québec, sous les auspices de l’Université Laval le mardi 19 octobre 1926 par Dom A. Jamet, de l’Abbaye de Solesmes, Tours, 1927, XXIII, 54 p.
  • Marie de l'Incarnation ursuline (1599-1672) - Correspondance, nouvelle édition par Dom Oury moine de Solesmes; préface de S.E. le cardinal Charles Journet, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 1971. Cet ouvrage comporte une bibliographie de plus de vingt pages et 278 lettres: de 1626 à 1639, alors qu'elle est encore en France, puis de Québec de 1639 à 1671.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Québec a ses deux premiers saints », sur La Presse/Le Soleil,‎ avril 2014
    Le titre de l’article du Soleil réfère évidemment à la ville de Québec.
  2. Deux nouveaux saints au Québec, radio-canada.ca, 3 avril 2014
  3. « Qu’est-ce qu’une canonisation équipollente », sur L’Osservatore Romano,‎ 12 mai 2012 (consulté le 9 avril 2014)
  4. Centre d’études Marie-de-l’Incarnation (Université Laval)
  5. L’itinéraire mystique d’une femme, Rencontre avec Marie de l’Incarnation, ouvrage recensé par Guy-Marie Oury, Études d’histoire religieuse, vol. 62, 1996, p.71-73
  6. "Un projet né il y a près de 30 ans", Denise Martel, Le Journal de Québec
  7. Prions en Église, numéro 256, page 21