Marie de Mecklembourg-Schwerin

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Photographie de la grande-duchesse Maria Pavlovna de Russie. Elle porte la fameuse tiare Vladimir, de perles et de diamants, vendue en 1921 par sa fille Hélène à la reine Mary d'Angleterre. Elle appartient aujourd'hui à Élisabeth II.

Marie Élisabeth Éléonore Alexandrine de Mecklembourg-Schwerin née le , morte le à Contrexéville (Vosges), est la fille du grand-duc Frédéric-François II de Mecklembourg-Schwerin et d'Augusta de Reuss zu Schleiz-Köstritz. Elle est donc la petite-nièce du Kaiser Guillaume Ier d'Allemagne.

En 1874, elle épousa le grand-duc Vladimir Alexandrovitch de Russie, troisième fils du tsar Alexandre II de Russie et de Marie de Hesse-Darmstadt. Lors de sa conversion à l'orthodoxie, qui n'eut lieu que bien plus tard, car elle resta longtemps attachée au luthérianisme, elle reçut le prénom que l'histoire retint en Russie Marie Pavlovna. Elle était appelée dans le grand monde, la grande-duchesse Wladimir[1] Cinq enfants sont nés de son union avec le grand-duc :

Biographie[modifier | modifier le code]

La grande-duchesse Wladimir[2] était célèbre à Paris pour sa munificence ; elle commandait régulièrement – notamment à la maison Cartier – des collections de bijoux, admirées par toutes les cours d'Europe. Elle passait généralement plusieurs mois à partir de novembre à Paris. Elle était reçue par la haute aristocratie, comme chez la comtesse Greffulhe, et retrouvait en particulier son amie, la comtesse de Chevigné[3].

Très imbue de son rang, elle ne voulut marier sa fille unique qu'à un prince souverain et fiança cette dernière au prince héritier du grand-duché de Bade, Maximilien (futur dernier chancelier de l'empire allemand) mais celui-ci rompit ses fiançailles provoquant l'ire de son ex-future belle-mère et les quolibets de la cour. Le prince Nicolas de Grèce, troisième fils du roi Georges Ier mais qui n'avait ni espoir de monter sur un trône, ni fortune personnelle, présenta alors sa demande et ce n'est qu'à regret que la grande-duchesse consentit à lui donner sa fille qui commençait à monter en graine. Le couple désargenté vécut en Russie jusqu'à la révolution avant de se retirer en Grèce. Ils eurent trois filles qui contractèrent de brillantes unions dont la future duchesse de Kent.

Veuve depuis 1909, mais fière d'avoir donné le jour à trois fils solides - potentiels héritiers du trône puisque la tsarine Alexandra, sa nièce par alliance, peinait à donner un héritier au trône - elle fut offusquée par le mariage de son aîné avec l'épouse divorcée du grand-duc de Hesse-Darmstadt (qui n'était autre que le frère de la tsarine et de sa belle-sœur, la grande-duchesse Serge) et qui perdit ainsi ses droits à la succession impériale.

Nonobstant, face à la maladie incurable du tsarévitch Alexis et au mariage morganatique du frère de l'empereur, le grand-duc grand-duc Michel qui à son tour perdit ses droits au trône en 1911, elle tenta de marier son second et préféré fils, le grand-duc Boris, un play boy invétéré trentenaire, mais qui avait alors de réelles possibilités de monter un jour sur le trône impérial, à la grande-duchesse Tatiana, fille cadette de l'empereur Nicolas II âgée de 15 ans et de vingt ans plus jeune que son cousin, ce que les souverains refusèrent avec hauteur. Les relations familiales, déjà mauvaises, ne purent qu'empirer.

Chapelle de la grande-duchesse Wladimir à Contrexéville

À la déclaration de guerre, l'empereur redonna aux membres de sa famille qu'il avait déchu de leurs droits leur grade dans l'armée russe et la possibilité de succéder au trône.

À la révolution, tandis que son fils Cyrille, trahissant son serment de fidélité à l'empereur, soutenait avec son régiment la Douma, Boris tenta de rejoindre son souverain et cousin au quartier général de Moguilev puis fut assigné à résidence avec sa mère et son frère André dans la ville d'eau de Kislovodsk dans le Caucase. Boris partit pour Anapa avec sa maîtresse et ensuite par bateau rejoignit Constantinople et la France. Ce n'est qu'un an plus et demi tard que la grande-duchesse et son fils André purent embarquer sur un navire italien en 1920 et gagner Venise puis la France. La grande-duchesse Wladimir dut, pour survivre, se séparer de ses fameux bijoux dont le prix servit essentiellement à assurer un train de vie confortable à Boris qui avait épousé sa maîtresse Zinaïda Rachewskaïa (fille d'un colonel mort à Port-Arthur), pendant un exil temporaire dans le nord de l'Italie.

La fin tragique de Nicolas II et des siens ainsi que du grand-duc Michel Alexandrovitch avait fait de Cyrille, qui venait d'avoir un fils - et bien que son action fût contestée par certains membres de la famille Romanov - l'héritier du trône de Russie ce qui en d'autres temps aurait comblé de fierté et de joie la grande-duchesse sa mère.

Marie Pavlovna après ces événements vécut peu de temps. Elle, qui avait sacrifié sa fortune à son ambition puis son amour pour ses fils, mourut dans la gêne à Contrexéville, ville d'eau vosgienne où elle avait ses habitudes avant la chute de l'Empire russe. Elle est enterrée avec certains de ses enfants dans la chapelle orthodoxe qu'elle y avait fait construire avant la révolution.

Ironie du sort, la grande-duchesse Wladimir, qui se voyait mère d'un tsar, est aujourd'hui l'aïeule de plusieurs prétendants au trône des empires déchus (Allemagne, Russie) et de princes cadets anglais…

Sort des bijoux[modifier | modifier le code]

La grande-duchesse Wladimir au bal de la cour de 1903, en costumes russes d'époque. On remarque ses émeraudes, dont la célèbre émeraude rectangulaire sur la poitrine

Un ami anglais de la famille a pu sauver les bijoux pendant le séjour forcé de la grande-duchesse dans le Caucase et les mettre au coffre à Londres. Les émeraudes (l'une d'entre elles est aujourd'hui en possession d'Elizabeth Taylor) sont données par la grande-duchesse à Boris, les rubis à André, les diamants à Hélène et les perles à Cyrille. Une partie des autres bijoux avaient été confiée en 1918 à la légation suédoise de Pétrograd par un homme de confiance de la grande-duchesse, son professeur de dessin Richard Bergholz, dans deux taies d'oreiller cousues. La grande-duchesse mourut sans avoir pu les récupérer, ne sachant où ils se trouvaient.

En août 2009, le ministère des Affaires étrangères de Suède fait savoir que les bijoux se trouvent dans ses archives[4] à Stockholm, qui avaient été descellées en 1952, mais que l'on ne trouvait plus... Il y a entre autres une soixantaine de porte-cigarettes et de boutons de manchette de la maison Fabergé ou de la maison suédoise Bulin, le tout en or ou argent, avec des pierres précieuses. Le gouvernement suédois les donne aux descendants.

La maison Sotheby's organise une vente aux enchères à Londres, le 30 novembre 2009, qui aboutit à une vente de sept millions de livres sterling. Le record venant d'un porte-cigarette d'August Holmstorm en quatre ors obtenu par un collectionneur américain pour 617 000 livres sterlings[5]. Un baguier recouvert de pierres précieuses et d'émail est vendu 601 000 livres sterlings. On peut y lire une mention gravée en anglais: « Alix et moi te demandons d'accepter ce petit souvenir en mémoire de ce jour! Nicky », de la part de Nicolas II.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir les journaux de l'époque, L'Illustration, Le Petit Journal, Le Gaulois, etc.
  2. C'est ainsi qu'elle est nommée dans les journaux de l'époque et la littérature contemporaine
  3. [George Painter], Marcel Proust, Paris, Marcure de France, 2de édition 1992
  4. Article de News.ru
  5. (ru) Article de la Rossiïskaïa Gazeta du 01/01/2009

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