Marie-Thérèse d'Espagne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Marie-Thérèse, infante d’Espagne.

Marie-Thérèse d’Espagne

Description de cette image, également commentée ci-après

L'infante Marie-Thérèse d’Espagne par Daniel Klein.

Biographie
Titulature Infante d’Espagne
Dauphine de France
Dynastie Maison de Bourbon
Nom de naissance María Teresa Rafaela de Borbón y Farnese
Naissance 11 juin 1726
Madrid (Espagne)
Décès 22 juillet 1746 (à 20 ans)
Versailles (France)
Père Philippe V d’Espagne
Mère Élisabeth Farnèse
Conjoint Louis, dauphin de France
Enfant Marie-Thérèse de France
Religion Catholicisme romain

Marie Thérèse Raphaëlle d’Espagne, infante d’Espagne et dauphine de France, née le 11 juin 1726 à l’alcazar royal de Madrid (Espagne) et décédée le 22 juillet 1746 au palais de Versailles (France), est une princesse espagnole, fille de Philippe V, roi d’Espagne et d’Élisabeth Farnèse[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Dauphine de France[modifier | modifier le code]

Son mariage avec le dauphin Louis-Ferdinand de France marquait la réconciliation entre la France et l’Espagne, parallèlement à celui de Madame Première avec l'infant Philippe après l'échec des fiançailles de Louis XV et de Marie-Anne-Victoire, sœur aînée de Marie-Thérèse et Philippe.

Le mariage eut lieu le 23 février 1745[2] C'est au cours des festivités du mariage que le roi pris comme maîtresse madame d'Etiolles (qu'il fit bientôt marquise de Pompadour).

Très timide, distante, la dauphine préférait la plupart du temps demeurer dans ses appartements et détestait le jeu.

Le mariage ne fut pas consommé dans ses premiers temps, ce qui gêna la dauphine vis-à-vis de son époux et de la cour qui faisait courir le bruit que le dauphin, âgé de 16 ans, était impuissant. L'union ne fut consommée que sept mois après les noces en septembre 1745. Cet événement rapprocha les époux, qui passèrent dès lors la plupart du temps ensemble, dans une grande dévotion, à l’opposé du roi qui vivait séparé de la reine depuis près de dix ans, ne pouvait plus communier depuis des années, mais fréquentait surtout les appartements de sa nouvelle favorite.

La marquise de Pompadour était tout autant détestée par le jeune dauphin qui, avec ses sœurs, l'appelait par ironie et irrévérence Maman Putain que par Marie-Thérèse. En effet, la dauphine de 20 ans fut tout aussi hostile au monarque et prétendait que «sa timidité l’empêche totalement de lui parler».

Décès[modifier | modifier le code]

Peu après, Marie-Thérèse se trouva enceinte. L’accouchement était prévu pour le début juillet 1746, mais le terme se fit attendre[3], ce qui exaspérait la patience de Louis XV, des diplomates, de la cour et du peuple.

Finalement, la princesse mit au monde, le 19 juillet 1746, une petite fille que le dauphin, profondément épris, fit baptiser sous le nom de Marie-Thérèse pour rendre hommage à son épouse adorée.

La dauphine ne se remit pas de son accouchement et mourut le 22 juillet, c'est-à-dire trois jours plus tard. Son époux éprouva un chagrin extrême qui persista même après son remariage.

En effet, la cour de Madrid, qui tenait à l'alliance française, proposa immédiatement de remarier le dauphin avec l'infante Marie-Antoinette, sœur cadette de Marie-Thérèse. Louis XV refusa cet arrangement, mais le dauphin, devant fournir un héritier à sa dynastie, dut tout de même convoler une seconde fois.

Il épousa à contre cœur l'année suivante Marie-Josèphe de Saxe, princesse intelligente de 15 ans qui sut, malgré sa jeunesse, apprivoiser l'inconsolable veuf de 19 ans qu'on lui avait donné pour mari.

La petite Marie-Thérèse de France, suivit bientôt sa mère dans la tombe. Elle mourut en avril 1748, âgée de 21 mois.

Son cœur fut porté à la chapelle Sainte-Anne (nommée la « chapelle des cœurs » renfermant les cœurs embaumés de quarante-cinq rois et reines de France) de l'église du Val-de-Grâce. Lorsque cette petite chapelle fut profanée par les révolutionnaires en 1793, l'architecte Petit-Radel s'empara de l'urne reliquaire en vermeil contenant notamment le cœur de Marie-Thérèse, le vendit ou l'échangea contre des tableaux à des peintres qui recherchaient la substance issue de l'embaumement ou « mummie » – très rare et hors de prix – alors réputée, une fois mêlée à de l'huile, donner un glacis incomparable aux tableaux[4].

Ascendants[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Arbre généalogique de Philippe V d’Anjou roi d’Espagne », sur www.roi-france.com (consulté en 3 décembre 2010)
  2. (fr) « Marie-Thérèse-Raphaëlle de Bourbon-Espagne », sur www.histoire-et-secrets.com (consulté en 3 décembre 2010)
  3. (fr) « Marie-Raphaëlle de Bourbon-Espagne, belle-fille de Louis XV », sur enviedhistoire.canalblog.com (consulté en 3 décembre 2010)
  4. André Castelot, L'Histoire insolite, Paris, Perrin,‎ 1982, 427 p. (ISBN 2-262-00248-7), p. 171

Voir aussi[modifier | modifier le code]