Marie Madeleine de la Peltrie

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Madeleine de la Peltrie

Marie-Madeleine de la Peltrie, née de Chauvigny le 25 mars 1603 à Alençon, France, et morte le 18 novembre 1671 à Québec, est une éducatrice au Canada et bienfaitrice pour la création du couvent des Ursulines de Québec.

Sa vie[modifier | modifier le code]

Née de l'union de Guillaume de Chauvigny et de Jeanne du Bouchet, Marie Madeleine de la Peltrie fut mariée contre son gré, à dix-sept ans, à Charles de Gruel, seigneur de la Peltrie (décédé en juillet 1628). Veuve à l’âge de vingt-deux ans (sa jeune fille étant décédée au berceau), Marie-Madeleine de la Peltrie, dont le désir initial était d’entrer en religion, éprouve en 1635, à la lecture de la Relation du père jésuite Lejeune[1], un ardent désir de partir en mission au Canada en dépit de l’opposition de son père qui l’a obligée à se remarier et du soutien actif de Saint Vincent de Paul. La mort de son père permet à cette femme libre et anticonformiste de faire annuler son mariage et de s’embarquer en 1639 pour le Canada accompagnée de trois Ursulines, comprenant Marie de Saint-Joseph et Marie de l'Incarnation, et d'une jeune femme, Charlotte Barré.

Dès son arrivée à Québec, le premier août 1639, elle y entreprend la conversion des Hurons et d’autres nations amérindiennes auxquelles elle enseigne également le français, la lecture ou le calcul. De retour d’un séjour de Montréal, elle décide de consacrer irrévocablement et entièrement sa vie et sa fortune à l’œuvre de Marie de l’Incarnation et fonde le couvent des Ursulines. Bien qu’elle n'ait jamais été, en dépit de ses requêtes, formellement admise au noviciat (elle rejoignit la compagnie de Sainte-Ursule en 1646, mais ce fut de courte durée), Marie-Madeleine de la Peltrie a néanmoins mené la vie humble et austère d'une vraie religieuse, en observant scrupuleusement la règle pour le restant de sa vie. Elle s'est éteinte d'une pleurésie, le 12 novembre 1671, et a été inhumée dans la chapelle des Ursulines.

La ville de Québec doit son origine à l’établissement des familles des premiers colons français autour du couvent qu’elle a fondé.

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • À Trois-Rivières, un district électoral, une rue et une école secondaire portent le nom de Chavigny qui fut donné par erreur en hommage à Madame de Chauvigny de la Peltrie. En effet, en 1963, pour le choix d’un nouveau nom désignant la municipalité de la paroisse de Trois-Rivières (la banlieue), créée en 1846, le conseil municipal avait proposé à la population les noms Trois-Rivières-Ouest et Val-Mauricie. Les deux tiers préféraient le premier. Insatisfaite, la Société Saint-Jean-Baptiste lança un concours auprès de la population. Le premier prix alla au nom Godefroy, le second au nom Radisson et le troisième au nom Chavigny. Le gouvernement trancha pour le nom Trois-Rivières-Ouest.

Le quotidien Le Nouvelliste rapporte que Chavigny est le nom « d’une grande dame des premiers temps de la colonie, Madame Veuve Madeleine de Chavigny. » Cette veuve n’était pas une Chavigny mais une Chauvigny. Mieux connue sous le nom de Madame de la Peltrie, Madeleine de Chauvigny fonda l’établissement des Ursulines en Nouvelle-France en 1639. La ville de Trois-Rivières-Ouest fut fusionnée avec cinq autres municipalités pour former l'actuelle ville de Trois-Rivières[2]. À ne pas confondre avec les Chavigny de La Chevrotière, à Deschambault.

  • À Saguenay, secteur Jonquière, un lieu-dit porte le nom de Chauvigny.
  • À Laval, à Québec et à Terrebonne, une rue porte le nom de Chauvigny.
  • Quatorze noms de lieux portent le nom de Chavigny (et non Chauvigny), qui renvoie probablement surtout à la famille Chavigny de La Chevrotière, seigneur de Deschambault, et peut-être, comme c'est le cas à Trois-Rivières, à Madame de la Peltrie.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Relation de ce qui s'est passé en la Nouvelle France, es années 1640 et 1641 envoyée au R. Pere provincial de la Compagnie de Jesus, de la province de France par le P. Barthelemy Vimont de la mesme compagnie, superieur de la residence de Kebec, Paris, Sebastien Cramoisy, 1662.
  2. René Beaudoin, « L'un des plus beaux endroits de tout le pays », dans Denis Charland (éd.), Rencontrer Trois-Rivières, 375e anniversaire de Trois-Rivières, Trois-Rivières, Éditions d'art Le Sabord, 2009.

Références[modifier | modifier le code]

  • Françoise Deroy-Pineau, Madeleine de La Peltrie, amazone du nouveau monde : Alençon 1603-Québec 1671, Bellarmin, Montréal, 1992.
  • Marie-Emmanuel Chabot, « Chauvigny Marie-Madeleine de  » dans George Brown (éd.), Marcel Trudel, Dictionnaire biographique du Canada, t.1, Les presses de l'université Laval/University of Toronto, Canada, 1966.
  • Scarlette Beauvalet-Boutouyrie, Les femmes à l'époque moderne (XVIe-XVIIIe siècles), Belin, France 2003, p. 173.
  • Wolfgang Leiner, Onze études sur l'image de la femme dans la littérature française du dix-septième siècle, Gunter Narr Verlag, 1984, p. 53.

Liens externes[modifier | modifier le code]