Marie Madeleine Dreux d'Aubray, marquise de Brinvilliers

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Portrait de Marie Madeleine de Brinvilliers par Charles Le Brun, le jour de son exécution (1676)

Marie Madeleine Dreux d'Aubray, marquise de Brinvilliers, née le 2 juillet 1630, rendue célèbre par l'Affaire des poisons, fut jugée le 16 juillet 1676 et exécutée le lendemain pour crime de fratricide[1] par empoisonnement.

Des années brillantes[modifier | modifier le code]

Entrée actuelle de l'ancien hôtel d'Aubray, 12 rue Charles-V (Paris 4e).

La marquise est l'aînée des cinq enfants d'Antoine Dreux d'Aubray (1600-1666), seigneur d'Offémont et lieutenant civil du Châtelet de Paris à l'époque de la Fronde (il apparaît à ce titre dans les Mémoires du cardinal de Retz), et de Marie Olier († 1666). Elle est par sa mère la nièce de Jean-Jacques Olier, membre éminent du parti des dévots, car fondateur de la compagnie des prêtres de Saint-Sulpice[2].

Orpheline de mère morte en couches, elle est violée par un domestique à sept ans[3]. Sa réputation sulfureuse lui prête ensuite, sans la moindre preuve, des relations incestueuses avec un de ses frères dès l'âge de dix ans[4].

Richement dotée de deux cent mille livres, elle épouse le 20 décembre 1651 Antoine Gobelin, marquis de Brinvilliers, mestre de camp, qui a commandé le régiment d'Auvergne, et joueur. Des témoignages contemporains nous la présentent à l’époque comme un joli brin de femme avec un air d’innocence désarmant[4]. Issue de la noblesse de robe, elle reçoit une bonne éducation : Marie-Madeleine devient une femme assez instruite si l'on regarde son écriture d'après certaines sources d'époque. Elle fait peu de fautes d'orthographe et possède une bonne syntaxe. Ce n'est pas négligeable dans un temps où une majorité de femmes (également dans la noblesse) ne savent ni lire, ni écrire et se trouvent même incapables de signer par leur nom. Elle deviendra mère de sept enfants, dont quatre illégitimes[5]. Les époux Brinvilliers vivent dans un hôtel particulier 10, rue Saint-Paul à Paris[6].

La marquise devient amie de Pierre Louis Reich de Pennautier, trésorier des états de Languedoc, homme d'affaires, qui devient en 1669 receveur général du clergé[7].

Elle devient l'amante de Godin de Sainte-Croix, un officier de cavalerie passionné par l'alchimie, qui lui est présenté par son mari. Dépensant sans compter pour satisfaire ses goûts de luxe et ceux de son amant, se lançant dans des placements aventureux conseillés par Pennautier, elle vivra des années brillantes sans cesser d'être au bord de la ruine. Antoine de Brinvilliers ne se soucie guère de la relation de sa femme avec Sainte-Croix, entretenant lui-même plusieurs maîtresses et dépensant sa fortune au jeu[8].

Le secret des poisons découvert à la Bastille[modifier | modifier le code]

Dreux d'Aubray, irrité de la conduite de sa fille, fait emprisonner en 1663 le séducteur à La Bastille par une lettre de cachet. Sainte-Croix y devient l'ami de son compagnon de cellule, l'empoisonneur italien Exili, qui avait déjà commis de nombreux empoisonnements[4]. Le chevalier a déjà été formé à cet art en suivant les cours de Christophe Glaser au Jardin royal des plantes[9].

À sa sortie au bout de 6 semaines d'embastillement, il retrouve sa maîtresse et lui enseigne l'art qu’il vient d’apprendre. Devenue experte et certainement sous l'influence de son amant, Marie Madeleine achète des fioles chez Glaser et aurait exercé ses « talents » sur des malades de l'Hôtel-Dieu et sur sa femme de chambre, notant tout (doses, symptômes, longueur de l'agonie). Elle réussit à empoisonner successivement son père (le 10 septembre 1666), puis ses deux frères et sa sœur, à six mois d'intervalle, (en 1670) afin de faire disparaître les obstacles à sa liaison[4] et de toucher seule l'héritage qui se révèle dérisoire[8]. L'empoisonnement du premier frère en 1670 coïncide avec le décès d'Henriette d'Angleterre, qui ne fut pas empoisonnée, contrairement à ce qu'en pensa l'opinion (porphyrie aiguë intermittente probable[10]ou péritonite biliaire[11]).

Son mari, soupçonneux et craignant pour sa vie, préfère se retirer dans ses terres[12].

La cassette au contenu accusateur[modifier | modifier le code]

Afin de faire chanter la marquise et de continuer à lui soutirer de l'argent[réf. nécessaire], Sainte-Croix enferme des preuves de la culpabilité (confession écrite de sa main dans son journal intime, des lettres d'amour de la marquise ainsi que des fioles de poison) de sa maîtresse dans une cassette «à n'ouvrir qu'en cas de mort antérieure à celle de la Marquise». Et malheureusement pour elle, Godin de Sainte-Croix meurt accidentellement en 1672. La cassette trouvée et ouverte, la Marquise est recherchée et s'enfuit successivement à Londres, d'où Colbert tente de la ramener de force en France, puis aux Provinces-Unies et à Liège et peut-être en Flandre[12].

Le valet de Sainte-Croix, La Chaussée, qui avait aidé la Marquise, est arrêté. Soumis à la question, il passe une confession complète[4].

Elle-même, condamnée par contumace en 1673, est retrouvée dans un couvent à Liège et ramenée en France en 1676 par la ruse d'un exempt de police déguisé en prêtre, François Desgrez. Sa tentative de suicide échoue. Au cours de son long procès (29 avril - 16 juillet 1676), elle refuse tout aveu malgré la question. Elle est condamnée à une amende honorable, c'est-à-dire que son exécution est rendue publique.
Conduite en place de Grève en robe de bure, elle est décapitée, les yeux bandés, à l'épée, par le bourreau de Paris André Guillaume, qui porte ensuite son corps jusqu'au bûcher. Puis le bourreau prend la tête encore bandée et la jette dans le brasier devant la foule qui se bouscule. Les valets du bourreau dispersent ses cendres dans la Seine ainsi que l'ensemble des fioles et poudres trouvées tandis que ses biens confisqués[4].

Le mystère de la popularité d'une parricide[modifier | modifier le code]

Les raisons avancées pour ces assassinats répétés, de sang-froid, furent variées sans qu'aucune d'entre elles suffise : prise de contrôle de l'héritage familial, volonté de s'émanciper de sa famille, énorme besoin d'argent pour son train de vie, ou tout simplement le goût du meurtre. Sa vindicte contre sa famille et son terrible passé furent évoqués : dès l'âge de sept ans, elle est violée par un de ses domestiques et vers l'âge de dix ans, elle se « donne » à ses jeunes frères.

L'usage du poison est commun à la plupart des tueuses qui évitent l'acte physique. La marquise a utilisé des mélanges incluant de nombreux produits, dont l'arsenic, qu'elle sut habilement doser, selon le temps dont elle disposait. C'est le temps pris pour empoisonner son père qui épouvanta le plus. Mme de Sévigné écrira plus tard : « Assassiner est le plus sûr (...) ; c’est une bagatelle en comparaison d’être huit mois à tuer son père, et à recevoir toutes ses caresses et toutes ses douceurs, où elle ne répondoit qu’en doublant toujours la dose. »[13]

En même temps, son courage sous la torture et son extraordinaire piété en prison émurent nombre de ses contemporains, qui virent en elle une « sainte ».

La Marquise de Brinvilliers torturée

Après sa mort, une réputation de sainte[modifier | modifier le code]

Son avocat, Maître Nivelle, plaida le manque de preuves et l'absence d'aveu. Ce n'est qu'après son procès, dans l'attente de son exécution, qu'elle accepte de se confier à un confesseur, l'abbé Pirot. Edmond Pirot, théologien, fut désigné par le président Guillaume Ier de Lamoignon pour assister La Brinvilliers afin d'obtenir les renseignements que la justice n'avait pu obtenir. Pirot dira qu'il était en face d'une sainte et qu'il aurait souhaité être à la place de la marquise.

Lors de l'exécution, le 17 juillet 1676, sa piété impressionne la foule, même si son corps sera brûlé et ses cendres dispersées.

Son procès, sa condamnation et son exécution sont rapportées dans les Crimes Célèbres d'Alexandre Dumas et dans la correspondance de Madame de Sévigné qui écrit : « Le lendemain on cherchoit ses os, parce que le peuple disoit qu’elle etoit sainte. »[14],[15]. Une sainte dont on a dit qu'elle aurait voulu punir l'alliance franco-anglaise de 1670 en empoisonnant Madame Henriette d'Angleterre, tout comme on avait tenté en 1658 d'empêcher l'alliance de Mazarin avec une puissance hérétique[15]. Actuellement, nombre d'auteurs, dont Agnès Walch ont reconsidéré le procès de madame de Brinvilliers. Sans lui enlever la responsabilité de ses crimes, ils pensent d'une part que le chevalier de Sainte-Croix avait pris l'initiative des meurtres, et d'autre part, que la marquise ne put guère se défendre au cours de son procès. Si l'on reprend les témoignages de l'abbé Pirot, ses juges voulurent surtout connaître le nom de ses complices. En prenant en compte les intrigues politiques de l'époque, certains auraient par exemple souhaité voir le receveur du clergé Pierre Louis Reich de Pennautier compromis. Mais jamais Marie-Madeleine de Brinvilliers ne l'accusa de complicité. Par ailleurs, certains témoignages abusifs de ses anciens domestiques ont contribué à renforcer une légende noire autour du personnage.

Le poison utilisé plusieurs fois au même moment[modifier | modifier le code]

Selon l'historien Michel Vergé-Franceschi, il est très probable que les poisons de la marquise aient servi à assassiner Madame Henriette d'Angleterre à son retour d'Angleterre, ce qui semble infirmé par la découverte récente d'une maladie sanguine rare (voir supra), 13 jours après que la marquise assassine son frère, sans pouvoir prétendre à l'héritage familial car l'autre frère et sa sœur sont encore en vie.

Cousine du roi Louis XIV, Henriette d'Angleterre contribua au traité de Douvres, scellant le rapprochement entre son frère Charles II (restauré en 1660) et Louis XIV et empêchant la France d'appuyer l'Espagne. Deux semaines après son retour de Londres Madame, âgée de 26 ans, fut saisie de violentes douleurs après avoir bu un verre de chicorée, ce qui ne prouve évidemment pas la signature du poison. Son agonie dura à peine quelques heures, dans la nuit du 30 juin 1670, au château de Saint-Cloud (voir supra).

Les poisons de la marquise auraient un an plus tôt également été commandés par les Vénitiens, lors de deux tentatives d'empoisonner Colbert :

  • juste avant que le roi ne le nomme secrétaire d'État à la Marine, le 18 février 1669
  • lors de son passage à Marseille avec le roi, le 5 mai 1669. Au même moment, le 2 mai 1669, l'ami de la marquise Pierre Louis Reich de Pennautier est accusé d'avoir empoisonné l'ancien receveur du Clergé de France pour pouvoir prendre possession de sa charge, ce qu'il fit effectivement le 12 juin 1669, soit seulement un mois après[16]. C'est en tout cas ce dont l'accusa au procès Mme Hanivel de Saint Laurens, la veuve du receveur.

Dans les deux cas, selon l'historien, la proximité chronologique des empoisonnements s'explique par l'utilisation du même produit, difficile à fabriquer et conserver, le premier assassinat permettant à chaque fois de vérifier si le dosage est suffisant[16].

La première tentative d'empoisonnement de Colbert daterait du 17 février 1669, veille de sa nomination et date du document liant Pennautier et la marquise. La seconde, opérée par le vénitien Giafferi, selon les correspondances de Madame de Sévigné, se traduit par des maux de ventre du ministre pendant plusieurs mois[17].

Colbert était déjà soupçonné de trahir la papauté et son alliée Venise dans leur long combat contre les turcs, le clergé réclamant avec force l'expédition de Candie (Crète) pour rétablir l'autorité de la papauté, mais aussi renforcer l'influence des Français au Vatican.

Louis XIV envoie 6 000 hommes et 42 navires qui combattent à Candie sous la bannière du pape pour dissimuler son double jeu à ses alliés Ottomans, mais le 21 août 1669 la flotte française et les alliés lèvent l'ancre pour le retour. Le 6 septembre, signature d'un traité entre le chef militaire vénitien Morosini et le grand vizir Ahmed Köprülü : les Vénitiens sont vaincus et perdent la Crête, dernière possession hors de l'Adriatique.

À la fin juin 1669, aux débuts de l'expédition, le parti des dévots commença ensuite à orchestrer une campagne pour faire de Colbert le commanditaire de la mort au combat du Duc de Beaufort[18]François de Vendôme.

Crimes[modifier | modifier le code]

  • Pour se débarrasser de la surveillance de son père sur ses mœurs, la marquise se mit à tester divers poisons à la faveur de la nuit dans les hôpitaux, selon des rumeurs non avérées : les malades dont elle s'approchait et à qui elle distribuait des biscuits plus ou moins imprégnés de poison, n'auraient pas tardé à succomber en d'horribles souffrances. Rien ne prouve cependant la véracité de ces faits, qui semblent tenir de l'affabulation. Le procès de la marquise vit défiler de nombreux témoins dont le témoignage n'est pas toujours crédible.
  • Le 13 juin 1666, son père souffrait depuis plusieurs mois de maux étranges. Priant sa fille de le rejoindre à son château d'Offémont, il fut pris d'affreux vomissements qui continuèrent jusqu'à sa mort, le 10 septembre à Paris, malgré les meilleurs médecins. La Marquise avouera qu'il fut empoisonné 28 ou 30 fois, par elle ou par le laquais de son amant, La Chaussée, qu'elle fit embaucher chez son père.
  • En 1670, ses deux frères furent empoisonnés par le même La Chaussée, le premier le 17 juin 1670, soit treize jours seulement avant la mort d'Henriette d'Angleterre, et le second en novembre 1670. Lors de l'autopsie, des « traces suspectes » furent décelées, mais l'affaire en resta là. La marquise avait une sœur, qui avait sagement choisi de ne plus la revoir après les décès des frères.
  • Elle tenta de s'en prendre à son mari, nous dit son confesseur, en multipliant les doses infimes pour que l'on croie qu'il souffrait d'une fluxion dans les jambes. Mais son amant, sentant qu'il était lui-même en danger, administra au mari un antidote pour le sauver.
  • La marquise n'avait pas intérêt à tuer son ex-amant, mais à récupérer les preuves conservées par ce maître-chanteur, qui s'éloigna d'elle et enferma dans une cassette les reconnaissances de dettes, les lettres d'amour de la marquise, plusieurs fioles de poison et une lettre accusatrice.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Un court métrage français, Les condiments irréguliers, est réalisé par Adrien Beau en 2011. Avec Mélodie Richard (la marquise), Erwan Ribard (le marquis), Coline Veith (Martine, la servante), Anne Blanchard (Toinette, la servante empoisonnée), Agathe Cury (la gouvernante). Sur le point de mettre fin à ses jours, une marquise se découvre une passion pour l'empoisonnement, qu'elle envisage comme un art et exerce sur son entourage, et finit dans la folie. L'histoire muette et très expressive, assez anticléricale et caricaturale, est librement inspirée par la vie de la Marquise de Brinvilliers. Ce court métrage d'une grand beauté photographique et aux maquillages expressifs se rapprochant de l'art du mime, a été diffusé sur France 2 la nuit du 19 février 2012, dans un cycle d'histoires courtes les Extravagants.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Registre d'écrou de la Conciergerie du 6 avril 1673
  2. Luc-Normand Tellier, Face aux Colbert : les Le Tellier, Vauban, Turgot et l'avènement du libéralisme, PUQ,‎ 1987 (lire en ligne), p. 718
  3. Jean-Christian Petitfils, La marquise aux poisons in Dans les secrets de la police
  4. a, b, c, d, e et f « 16 juillet 1676. Cette poison de marquise de Brinvilliers est décapitée pour avoir tué père et frères », sur Le Point.fr,‎ 15 juillet 2012
  5. Ibid
  6. Rue Saint-Paul
  7. La Marquise des ombres - La vie de Marie-Madeleine d'Aubray, marquise de Brinvilliers
  8. a et b Marie-Madeleine d’Aubray, marquise de Brinvilliers
  9. La Marquise de Brinvilliers
  10. « Histoire de la médecin » in Le Quotidien du médecin 20 février 2003
  11. Thèse Doct.en médecine de Robert Marchesseau, Bordeaux 1947
  12. a et b Jacques Pradel, « L'affaire des Poisons », émission L'heure du crime sur RTL, 3 janvier 2013
  13. Madame de Sévigné, Lettre du 29 juillet 1676, adressée à Madame de Grignan, consultable sur Wikisource.
  14. Madame de Sévigné, Lettre du 22 juillet 1676, adressée à Madame de Grignan, consultable sur Wikisource. Cette phrase est rapportée avec de légères variations par Michel Vergé-Franceschi : « Le lendemain, on cherchait ses os parce que le peuple disait qu'elle était une sainte. »
  15. a et b Colbert, la politique du bon sens, Michel Vergé-Franceschi, Petite Bibliothèque Payot (2003), page 293
  16. a et b Colbert, la politique du bon sens, Michel Vergé-Franceschi, Petite Bibliothèque Payot (2003), page 291
  17. Colbert, la politique du bon sens, Michel Vergé-Franceschi, Petite Bibliothèque Payot (2003), page 244
  18. Colbert, la politique du bon sens, Michel Vergé-Franceschi, Petite Bibliothèque Payot (2003), page 2

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En langue française
Autres langues
  • (en) Conan Doyle: The Leather Funnel Tales of Terror and Mystery (1922)[1]
  • (de) Eckart von Naso: Die Chronik der Giftmischerin, Gustav Kiepenheuer Verlag, Potsdam 1926
  • (de) Henri Robert: Ryktbara kvinnogestalter, 1926
  • (de) Louis Lewin: Die Gifte in der Weltgeschichte - Toxikologische allgemeinverständliche Untersuchungen der historischen Quellen. Reprographischer Nachdruck der Ausgabe von Springer, Berlin 1920. Gerstenberg, Hildesheim 1984, (ISBN 3-8067-2013-4)
  • (de) Arthu (de) Brigitte Luciani: Die Marquise de Brinvilliers und das Erbschaftspulver – oder wie schaffe ich mir meine Familie vom Hals? Aviva, Berlin 1997, (ISBN 3-932338-01-4)
  • (de) Maximilian Jacta (alias Erich Schwinge): Berühmte Strafprozesse. Sonderausgabe. Orbis-Verlag, München 2001, (ISBN 3-572-01242-2)
  • (de) François Gayot de Pitaval: Unerhörte Kriminalfälle. Eine Sammlung berühmter und merkwürdiger Kriminalfälle. Nach der 1792-1794 von Friedrich Schiller herausgegebenen Auswahl und Übersetzung, neu bearb. und zsgest. Voltmedia, Paderborn 2005, (ISBN 3-937229-03-5)
  • Nadine Monfils, Les Fleurs brûlées, 2001, Editions Labor, Collection Espace Nord, Zone J, (ISBN 2-8040-2083-5)

Articles connexes[modifier | modifier le code]