Marie Ire d'Écosse

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Marie Ire
Image illustrative de l'article Marie Ire d'Écosse
Titre
Reine d’Écosse
14 décembre 154224 juillet 1567
(&&&&&&&&&&&0898824 ans, 7 mois et 10 jours)
Couronnement 9 septembre 1543
Régent James Hamilton (1542-1554)
Marie de Guise (1554-1560)
Prédécesseur Jacques V
Successeur Jacques VI
Reine consort de France
10 juillet 15595 décembre 1560
Monarque François II
Prédécesseur Catherine de Médicis
Successeur Élisabeth d’Autriche
Héritière présomptive du trône d'Angleterre
17 novembre 15588 février 1587
Monarque Élisabeth Ire
Prédécesseur Élisabeth
Successeur Jacques VI
Biographie
Dynastie Maison Stuart
Date de naissance 8 décembre 1542
Lieu de naissance Palais de Linlithgow (West Lothian, Écosse)
Date de décès 8 février 1587 (à 44 ans)
Lieu de décès Château de Fotheringhay (Northamptonshire, Angleterre)
Sépulture Abbaye de Westminster
Père Jacques V d’Écosse
Mère Marie de Guise
Conjoint François II de France (1558-1560)
Henry Stuart (1565-1567)
James Hepburn (1567-1578)
Enfant(s) Jacques VI Red crown.png

Signature

Marie Ire d'Écosse
Monarques de Grande-Bretagne

Marie Ire d’Écosse — également connue dans sa forme gaélique écossaise de « Mairi Ire » ou encore sous le nom de « Marie, reine des Écossais » (Mary, Queen of Scots en anglais) — née Marie Stuart (8 décembre 1542 et morte le 8 février 1587), était une souveraine du royaume d’Écosse qui fut emprisonnée en Angleterre par sa cousine, la reine Élisabeth Ire d’Angleterre. Après avoir été condamnée pour trahison, elle fut exécutée en 1587.

Fille de Marie de Guise et de Jacques V d’Écosse, elle doit son nom de Stuart à la francisation de la maison Stewart, nom de la branche dynastique de son père[1].

Marie Stuart fut reine d’Écosse à la mort de son père, quasiment dès sa naissance — elle n'a alors que six jours — du 14 décembre 1542 au 24 juillet 1567. Elle est probablement la plus connue des souverains écossais, en grande partie à cause de son destin tragique qui inspira écrivains, compositeurs et cinéastes. Elle fut aussi reine de France à dix-sept ans (de 1559 à 1560), après l’accession au trône de son époux François II. De fait, en Europe, elle fait partie des rares reines régnantes d’un État donné, à avoir été reines consorts d’un autre État, à l’instar de Marie Ire d’Angleterre qui fut juste avant elle reine consort de l’Espagne dirigée par Philippe II.

Marie se maria trois fois. À 15 ans, elle épousa tout d’abord, le 24 avril 1558 à Paris, François de France (fils de Henri II alors âgé lui de 14 ans) qui devint roi de France en 1559 sous le nom de François II. Six ans plus tard, elle épouse en secondes noces à Édimbourg, Henry Stuart, dit « Lord Darnley » et comte de Lennox qui devint par ce mariage duc d’Albany et roi consort d’Écosse. Enfin le 15 mai 1567 [2], elle s’unit à James Hepburn, comte de Bothwell qui devint duc d’Orkney et prince consort d’Écosse.

Naissance et contexte politique initial (1542-1543)[modifier | modifier le code]

Naissance[modifier | modifier le code]

Jacques V, le père de Marie Stuart, décède lorsqu'elle a six jours. Huile, vers 1579, 41,3 × 33 cm, Édimbourg, National Gallery of Scotland.

Jacques V d'Écosse et Marie de Guise eurent deux fils, qui moururent peu après leur naissance[3], puis une fille, Marie Stuart. Celle-ci naquit le 7 ou 8 décembre 1542 au palais de Linlithgow, West Lothian : bien que le 7 soit inscrit dans le registre officiel du Lothian, le 8 sera conservé comme date officielle de l'anniversaire, peut-être en raison de sa concordance avec la date de l'immaculée conception[4]. L'enfant fut baptisée presque immédiatement à l'église de Saint Michel à Linlithgow[5].

Le roi, très malade, se trouvait au palais de Falkland lorsqu'un messager lui annonça que la reine avait accouché d'une fille ; il répondit à la nouvelle : « Tout a commencé par une fille, tout finira par une fille »[note 1], faisant référence à Marjorie Bruce (en), l'héritière de Robert Bruce qui avait transmis la couronne à sa famille, et prédisant ainsi un destin tragique à sa fille[note 2]. Avec la mort du roi Jacques le 13 décembre du choléra[6], soit une semaine plus tard, de nombreuses rumeurs circulèrent sur la santé de sa fille, quoique infondées, comme celles voulant qu'elle soit un nouveau-né prématuré et qu'elle soit le seul enfant légitime de Jacques V à survivre[7]. Ainsi, Eustace Chapuys, ambassadeur du Saint-Empire romain germanique, écrivit le 23 que Marie de Guise et sa fille étaient très malades, bien que Sir George Douglas ait constaté le 19 que l'enfant était bien portante[4].

Établissement de la Régence[modifier | modifier le code]

La reine-douairière et mère de Marie Stuart, Marie de Guise.

James Hamilton, comte d'Arran, le plus proche héritier de la couronne, devint Régent d'Écosse, tandis que la garde de l'enfant revenait à sa mère, Marie de Guise. Cependant, « Arran n'avait pas les talents qu'exigeait une aussi haute charge : il était indolent, irrésolu, et se laissait gouverner par ceux qui l'approchaient »[3].

Ainsi, le cardinal David Beaton, chef du parti catholique, aurait pensé que la nomination d'Arran n'allait pas dans les intérêts du pays en une période de crise et qu'un homme fort était nécessaire. Il lutta donc contre la nomination d'Arran, faisant valoir un testament que le roi aurait signé sur son lit de mort. Ce document, exécuté par le révérend Henry Balfour du diocèse de Dunkeld, partageait la régence entre le Cardinal Beaton, James, comte de Moray, George, 4e comte de Huntly et Archibald Campbell, 5e comte d'Argyll[8].

La lutte entre Arran et Beaton porta sur la nature du document, accusé d'être un faux. Cela aurait pu se vérifier en faisant appel aux témoins cités sur le testament, mais certains d'entre eux étaient particulièrement hostiles à Beaton, comme William Kirkcaldy of Grange qui fut en partie responsable du meurtre du cardinal en 1546. Par ailleurs, ce testament répartit la régence sans même y inclure Arran : Henri VIII d'Angleterre fait ainsi dire à Arran, par l'intermédiaire de son secrétaire d'État Ralph Sadler : « pouvez-vous penser que vous devriez continuer comme gouverneur quand d'autres partis, d'après un testament avec vous, ou plutôt sans vous, devraient avoir autorité »[4].

Finalement, le 3 janvier, Arran fut proclamé Régent et le cardinal fut arrêté le 28 janvier alors même qu'il siégeait au conseil, puis conduit au Palais de Dalkeith (en) et transféré au château de Blackness[9], à la suite de quoi « les églises furent fermées et les prêtres refusèrent d'administrer les sacrements et d'enterrer les morts »[10].

Projets d'union entre l'Écosse et l'Angleterre[modifier | modifier le code]

Dans le même temps, Henri VIII envisageait une nouvelle approche destinée à unir les couronnes d'Écosse et d'Angleterre ; plutôt que de prendre l'Écosse par les armes comme du temps du roi Jacques V, il entendait unir son fils Édouard à Marie Stuart. Pour mener à bien ce projet, il disposait d'un avantage conféré par sa victoire à la bataille de Solway Moss : de nombreux nobles écossais étant restés prisonniers d'Henri, ces derniers furent contraints à demander publiquement que Marie soit confiée à Henri et la principale forteresse transférée sous sa garde.

Parmi ces nobles, on compte Gilbert, 3e Comte de Cassilis (en), Alexander, 5e Comte de Glencairn (en), James, 6ème Lord Somerville, Patrick, Lord Gray, Robert, 4e Lord Maxwell (en), Laurence, Lord Oliphant et Malcolm, 3e Lord Fleming (en)[3]. Les deux autres principaux agents d'Henri en Écosse étaient Archibald Douglas, comte d'Angus, et son frère George Douglas. Toutefois, George Douglas joua un double rôle, faisant son possible pour faire vaciller la politique d'Henri en obtenant notamment, le 18 janvier, une lettre du régent Arran pour Henri, dans laquelle le régent exprimait son désir de forger de nouvelles relations avec l'Angleterre, mettant l'accent sur une approche diplomatique au moment même où Henri ordonnait la prise de la forteresse et de Marie[4].

Le Traité de Greenwich et le Rough Wooing (1543-1548)[modifier | modifier le code]

Couronnement de Marie Stuart[modifier | modifier le code]

Le cardinal David Beaton, meneur du parti catholique en Écosse, et principal opposant à Henri VIII d'Angleterre.

Le cardinal Beaton fut transféré à son propre château de St-Andrews, où il restait en théorie confiné ; son pouvoir sur la scène politique demeura malgré tout intact sinon renforcé. Avec l'appui du parti français, il fit rentrer le comte de Lennox de France, le présentant comme l'héritier de la couronne face à Arran, et disposant ainsi d'un moyen de pression supplémentaire. Arran, n'ayant aucune confiance en Beaton, se trouva dans une position délicate ; il ne pouvait plus en effet continuer de soutenir le protestantisme sans dépendre pleinement de l'aide d'Henri, dont les vues sur l'Écosse étaient claires, et ne pouvait non plus appeler la France à son secours sans l'aide du cardinal.

Cependant, Beaton ne fit aucune objection ouverte aux négociations de mariage entre Marie Stuart et le fils d'Henri. Ainsi, le 1er juillet 1543 le traité de Greenwich, qui promettait Marie à Édouard, fut signé, Henri y étant invité sur les conseils de son secrétaire d'État Ralph Sadler. Ce traité satisfaisait l'essentiel des demandes des Écossais, au premier plan desquelles figuraient le fait que Marie resterait en Écosse jusqu'à son dixième anniversaire et que son pays conserverait ses lois propres. Cependant, Henri n'entendait pas respecter ce traité, pas plus qu'il ne pouvait s'accommoder du cardinal.

Beaton rassembla donc six à sept mille de ses partisans à Stirling le 26 juillet, et marcha le jour suivant sur Linlithgow où se trouvait Marie. Le cardinal ne souhaitait pas une révolte, ni renverser le régent ou s'opposer à la ratification du traité : il demandait que la sécurité de l'enfant (et de sa mère) soit assurée en la transférant au château de Stirling, sous la protection de quatre gardiens (les lords Graham, Lindsay, Erskine et Livingstone[11])[4]. La position d'Arran devenant intenable face à Henri qui entendait prendre l'enfant de force, Arran sortit à cheval d'Édimbourg et rencontra Beaton. Ensemble, ils se rendirent à Stirling, où Marie de Guise et sa fille furent transférées sous l'escorte de 2 500 cavaliers et d'un millier de fantassins[12]. Le 8 septembre, Arran retourna au sein de l'Église catholique, recevant l'absolution du cardinal. Le lendemain, Marie Stuart fut couronnée dans la chapelle du château de Stirling par le cardinal Beaton ; Arran portait la couronne, Lennox le sceptre et le comte d'Argyll l'épée de l'État[11],[12].

Genèse du Rough Wooing[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rough Wooing.
James Hamilton, comte d'Arran et régent d'Écosse, portant autour du cou la distinction de l'Ordre de Saint-Michel.

Apprenant la réconciliation d'Arran avec le Cardinal, Henri commença alors une politique guerrière connue sous le nom de rough wooing. Il suggéra tout d'abord un raid sur Édimbourg au Henry Grey, 1er duc de Suffolk (en), mais ce projet fut reporté à l'automne par George Douglas. Le 23 septembre, le Cardinal se plaignit à Sadler d'une violation du traité puisque Henri avait, quelques mois plus tôt, saisi des navires écossais naviguant vers la France. De plus, le Cardinal déclara que par le refus d'Henri de ratifier le traité, celui-ci cessait de prendre effet sur l'Écosse. Ces deux raisons ne signifient pas qu'il y avait une faute exclusive de l'Angleterre dans ses engagements, puisque les Écossais n'avaient pas non plus respecté leur part en ne renvoyant pas les otages promis à Henri : cela marque une rupture volontaire du traité, et un changement de politique.

Ce changement se traduisit de façon immédiate sur l'Écosse : le parlement renouvela l'alliance avec la France, le Cardinal fut confirmé dans sa charge de Lord High Chancellor, et les nobles Angus et Cassilis, qui soutenaient auparavant Henri, signèrent un document dans lequel ils soutenaient Arran contre l'Angleterre et défendaient l'église catholique. Par ailleurs, ces évènements marquent un tournant dans ce qui allait être les éléments essentiels de la vie de Marie : elle serait sous l'influence française et catholique au lieu d'anglaise et protestante[4].

Lennox et Glencairn furent poussés par Henri à prendre les armes contre Arran mais furent défaits le 26 mai vers Glasgow ; Glencairn se réfugia au château de Dumbarton tandis que Lennox fuyait en Angleterre. Cependant, George Douglas continuait de mener double jeu ; afin de pacifier Henri, il se vanta d'être l'instigateur de la convention des nobles ayant abouti à retirer à Arran sa charge de régent[note 3]. La raison invoquée fut qu'Arran, sur les conseils du Cardinal, avait brisé la paix et le contrat de mariage, aboutissant donc à la situation délicate dans laquelle le pays se trouvait. Cette convention renversait également le Cardinal, qui avait perdu la confiance de la reine-douairière. En effet, celle-ci comptait sur le Cardinal pour défendre les intérêts de Marie, contrairement à Arran qui tentait de la marier à son fils, mais, à la suite de la réconciliation du Cardinal et d'Arran, ils se trouvèrent tous deux d'accord afin de marier Marie au fils d'Arran.

Nouvelle répartition des alliances[modifier | modifier le code]

Les oncles de Marie Stuart, le duc François (ici peint par François Clouet) et le cardinal Charles auront une influence décisive sur le nouveau roi de France, Henri II.

La reine-douairière s'engagea ainsi dans une nouvelle alliance avec Angus, qui fut promu lieutenant-général au sud du Forth. Le 12 décembre, Angus et son frère Sir George furent pardonnés de leurs trahisons passées : Henri perdit alors foi en eux comme agents de l'Angleterre, et accorda à Ralph Eure toutes les terres qu'il pourrait conquérir sur Angus, ce qui conduit à la bataille d'Ancrum Moor le 27 février 1545. Par la suite, l'Écosse reçut des renforts français (3 000 fantassins et 500 cavaliers), mais les Douglas tentèrent de renouer avec leur double jeu et laissèrent Henri dévaster le sud de l'Écosse (soit 43 villages et 16 places fortes en ruine), pensant que cela effrayerait les Écossais et qu'ils se montreraient plus favorables à un traité de mariage.

Finalement, les principaux acteurs sont renouvelés : le cardinal fut assassiné le 29 mai 1546, et Henri mourut le 28 juin 1547. François Ier de France décéda le 31 mars, laissant le trône à son fils Henri II de France. Opposant plus vigoureux que son père aux Anglais, Henri II se trouvait en outre sous l'influence des frères François, et Charles de Guise. Leur nièce Marie Stuart devint un objet de mariage clair avec le dauphin de France, François II[4]. Henri Clutin, seigneur d'Oysel et de Villeparisis[note 4] fut dépêché en Écosse en tant qu'ambassadeur de France pour confirmer l'alliance entre les deux pays et, comme signe de bonne volonté du roi de France, des galères furent envoyées pour capturer le château de St Andrews, où les meurtriers du cardinal Beaton s'étaient retranchés. Un résultat inattendu de la prise du château fut le registre d'Henry Balnaves : ancien secrétaire du gouvernement de Marie, Balnaves était un agent payé pour la cause de l'Angleterre, et son registre contenait les noms de nombreux nobles en faveur de l'Angleterre, parmi lesquels Gray, Cassilis, Lennox et Glencairn mais aussi Patrick Hepburn, Comte de Bothwell (en) (père de celui qui serait le 3e époux de Marie Stuart).

Départ pour la France[modifier | modifier le code]

Les incursions anglaises en territoire écossais ne prirent pas fin avec la mort d'Henri VIII d'Angleterre, et furent maintenues par son successeur, le régent Somerset. Après leur victoire à la bataille de Pinkie Cleugh le 10 septembre 1547, les Anglais avancèrent jusqu'à Leith sur le Firth of Forth : la reine-douairière et Marie se retirèrent discrètement[note 5] du château de Stirling pour le monastère de l'île d'Inchmahome, puis rentrèrent à Stirling après le retrait des Anglais.

Devant la poursuite des invasions anglaises, en 1548, Marie est transférée au Château de Dumbarton et, le 7 juillet 1548, des envoyés français et écossais signent au couvent d'Haddington un traité qui promet de marier Marie Stuart au dauphin de France et place l'Écosse sous la protection du roi de France[13].

Deux éléments permirent de lever les objections initiales à l'envoi de Marie en France. D'une part, l'aide de la France était devenue nécessaire à l'Écosse lorsque Haddington, importante ville écossaise, fut occupée par les Anglais. D'autre part, des titres français furent offerts à plusieurs nobles écossais : Arran reçut le titre et les bénéfices du Duché de Châtellerault, tandis que les comtes de Huntly, Argyll et Angus furent faits chevaliers de Saint-Michel.

En août 1548, Marie embarqua à Dumbarton à bord de la flotte envoyée par Henri II de France (comprenant le navire royal d'Henri) sous le commandement de Nicolas Durand de Villegagnon. Naviguant le long des côtes d'Irlande pour éviter la flotte anglaise, elle accosta en France à Roscoff[note 6] puis à Morlaix. Elle rencontre ensuite sa grand-mère maternelle, Antoinette de Bourbon-Vendôme (duchesse douairière de Guise), sur ses terres de Joinville, puis arrive à Carrières-sur-Seine le 16 octobre[5]. La reine douairière, Marie de Guise, ne s'embarqua pas avec sa fille. Elle continuait en effet de représenter le parti pro-français en Écosse et jouissait de la faveur politique, utilisant ses propres finances pour la guerre et se montrant plus impartiale qu'Arran[13].

Lieux où résida Marie avant son départ pour la France


Jeunesse en France (1548-1561)[modifier | modifier le code]

Éducation (1548-1557)[modifier | modifier le code]

Divertissements de cours[modifier | modifier le code]

La famille royale de France, avec en haut à gauche, Marie Stuart et François II.
Marie Stuart en 1555, âgée de treize ans, par le portraitiste français François Clouet.

Marie Stuart fut éduquée à la cour de France, où elle partageait sa chambre avec Élisabeth, fille du roi régnant Henri II[note 7]. Les nombreux Écossais qui accompagnaient Marie furent renvoyés, excepté, sur l'insistance de Marie de Guise, sa gouvernante, Lady Fleming, et sa nurse, Jean Sinclair. Henri préférait en effet l'entourer de Français pour lui faciliter l'apprentissage de la langue, et la cour considérait que « les compatriotes de Marie étaient assez laids, frustes et mal lavés et, ainsi, des compagnons inadaptés pour la future femme du Dauphin »[12]. Les quatre Marie furent ainsi envoyées dans un couvent dominicain.

Marie fut instruite dans les matières importantes pour les divertissements en vogue à la cour de France, tels que la fauconnerie et l'équitation, où elle apprend à monter à la mode française (à califourchon, i.e. une jambe de chaque côté) plutôt qu'en amazone à la mode anglaise (i.e. les deux jambes du côté gauche). Elle fut également versée dans la broderie, enseignée par le brodeur personnel du roi, et la musique, pour laquelle l'écrivain Pierre de Bourdeille, dit Brantôme, rapporta qu'elle chantait en s'accompagnant du luth. D'autres auteurs décrivirent qu'elle jouait également de la cithare, de la harpe et du virginal. Henri II montrera son habilité de danseur à la fin d'avril 1548 en la faisant parader devant l'ambassadeur d'Angleterre aux festivités du mariage de François de Guise avec Anne d'Este. Pour ces occasions, Marie dispose d'une garde-robe conséquente contenant des « [robes] damassées dorée et satin vénitien pourpre sur de la soie pourpre et un riche taffetas noir, tandis que les coiffes sont brodées minutieusement, ses gants faits du meilleur cuir » et ses trois coffres en cuivre pouvaient à peine contenir tous ses bijoux[12].

Humanités[modifier | modifier le code]

Marie Stuart compta parmi ses tuteurs mademoiselle de Curel, Claude Millot et Antoine Fouquelin. Ce dernier lui enseigna la rhétorique, tandis que Pierre de Ronsard la formait à la poésie. D'après Michel de Castelnau, Marie appréciait particulièrement les œuvres de Pierre de Ronsard, Joachim du Bellay et Étienne de Maisonfleur. Elle lut Plutarque, Plaute et Cicéron en latin, ainsi qu'Érasme et des extraits de La République de Platon traduit en français ; bien qu'elle ait possédé les œuvres complètes en grec, sa maitrise de cette langue était insuffisante pour en permettre l'étude.

En mai 1555, elle donna un discours en latin devant la Cour dans le grand hall du Louvre, où elle affirma qu'une éducation dans les lettres et les sciences humaines est adéquate pour une femme. Enfin, Marie reçut des cours de littérature française, géographie et histoire, et fut versée dans plusieurs langues vivantes (espagnol, anglais, italien) qui viennent compléter sa langue maternelle, le scots, et le français[14].

Éducation religieuse[modifier | modifier le code]

Selon Joseph Stevenson[15], l'éducation religieuse de Marie aurait été assurée par sa grand-mère maternelle, Antoinette de Bourbon-Vendôme[note 8]; l'étude plus récente de Henderson[14] conclut cependant que, quel qu'ait été le personnage prodiguant l'éducation religieuse, elle était un intérêt majeur en arrière-plan de son oncle, le cardinal de Guise.

Intendance[modifier | modifier le code]

L'intendance de l'éducation des enfants royaux, c'est-à-dire la gestion des gouvernantes et le choix des précepteurs, était la charge de Diane de Poitiers. La gestion du personnel de Marie fut dévolue à Jean de Humières puis, après sa mort en juillet 1550, à Claude d'Urfé jusqu'en 1553.

Henri II ne payant que pour l'éducation de Marie, les fonds destinés aux domestiques et à l'intendance provenaient de sa mère et étaient limités. La grand-mère de Marie s'alarma ainsi du faible nombre de domestiques, qui quittaient fréquemment leur poste pour des emplois mieux rémunérés. Le Cardinal suggéra des économies sur le train de vie, mais Marie refusa, afin de ne pas se couper de la mode.

Lady Fleming devint la maîtresse du roi et tomba enceinte. Elle lui donna un fils, Henri d'Angoulême puis fut renvoyée en Écosse. Marie devenant alors une jeune femme, ses oncles décidèrent de lui donner comme nouvelle gouvernante une catholique fervente, Françoise d'Estamville, de bonne réputation.

L'opposition à Françoise d'Estamville est le seul acte d'autorité dont Marie ait fait preuve dans sa jeunesse[12]. À la fin de 1555, Marie donna des robes qui n'étaient plus à sa taille à ses tantes abbesses, qui souhaitaient utiliser le tissu pour leurs autels. Françoise d'Estamville s'y opposa, demandant les robes pour elle-même, et devant la querelle retourna à Paris avant de démissionner, ou d'être renvoyée, en 1557.

Visite de Marie de Guise (1550-1551)[modifier | modifier le code]

En septembre 1550, la reine-douairière d'Écosse, Marie de Guise, se rendit en France accompagnée d'un grand nombre de nobles, après deux ans de séparation d'avec sa fille, qu'elle retrouva vers le 25 septembre. Elles assistèrent ensemble, en octobre, à l'entrée royale de Henri II à Rouen.

Le but du voyage de Marie de Guise était essentiellement d'impressionner ses nobles ; la mise en scène du pouvoir politique lors de l'entrée à Rouen était probablement l'évènement le plus coûteux organisé en France en 1550, tandis que des comtés et présents variés étaient offerts aux nobles écossais. L'ensemble fut qualifié de « lavage de cerveau » par Gordon Donaldson[note 9], professeur d'histoire écossaise à l'Université d'Édimbourg[5], tandis que l'ambassadeur vénitien déclara que « le roi acheta [les nobles] complètement, de sorte qu'il n'y avait en France pas un duc, Lord, ou prélat écossais […] qui ne soit pas manifestement soudoyé »[14]. À Rouen, le roi se posa également en sauveur de l'Écosse, et un groupe portait des bannières représentant les endroits où l'armée française était intervenue en Écosse[13] :

Spectacle nautique lors de l'entrée royale de Henri II de France à Rouen.

« Voici Dundee, Haddington, Broughty Craig,
Thermes, avec Essé, reçu l'honneur
De devenir chevalier de ton ordre.
Tout le pays où la nation anglaise
Avait osé occuper le territoire écossais
A été rendu par la force française[note 10]. »

Durant sa visite, Marie de Guise découvrit un complot mené par Robert Stuart, qui visait à éliminer Marie Stuart en soudoyant un cuisinier pour empoisonner son mets favori, les beignets aux poires[12].

En 1551, la question de la régence d'Écosse fut débattue. Initialement utilisée pendant la minorité de Marie, la régence était appelée à devenir un poste permanent puisque Marie resterait auprès de son époux en France. De plus, le parlement français déclara que la majorité de Marie daterait du commencement et non de la fin de l'année de sa majorité, ce qui la rendrait effective le 8 décembre 1553 ; ce changement faisait suite à l'attitude instable d'Arran, prêt à abandonner l'alliance française, et dont la régence devait en conséquence se terminer aussi vite que possible. Le choix du régent était ainsi crucial. Marie de Guise était fortement appuyée par les Écossais, et ses frères de Guise, ce qui lui permit d'obtenir la régence. La réticence d'Arran fut vaincue grâce aux offres d'Henri II (telles que la jouissance du duché de Châtellerault) et par des lettres envoyées par des nobles, tels que le comte de Huntly; Marie de Guise fut officiellement investie dans ses fonctions le 12 avril 1554. Elle perdit son seul fils, François III d'Orléans et duc de Longueville, le 22 septembre 1551 avant son voyage de retour en Écosse ; issu de son premier mariage, il était le demi-frère de Marie Stuart[13].

Préparatifs et cérémonie de mariage (1557-1558)[modifier | modifier le code]

François II et Marie Stuart
Livre d'heures de Catherine de Médicis
Médaille commémorative du mariage.

Le 30 octobre 1557, Henri invita les Écossais à envoyer des représentants afin de discuter des termes du mariage. Le 14 décembre, le parlement écossais dépêcha neuf députés, demandant des conditions avantageuses pour son indépendance nationale : si Marie Stuart venait à décéder sans descendance, la France devrait aider à la succession du trône d'Écosse par l'héritier le plus proche par le sang. Henri accepta les conditions, et le parlement français naturalisa tous les sujets écossais comme français le 8 juillet 1558. En réponse, les Écossais naturalisèrent tous les sujets français. Les conditions furent ensuite changées en secret entre Marie Stuart et Henri II le 4 avril 1558 : si elle venait à mourir, tous les droits de Marie à la couronne d'Angleterre seraient transférés à la France sans contrepartie, et la France se rembourserait par les revenus écossais de ses investissements dans la défense de l'Écosse. Elle scella également le contrat en renonçant à tout autre arrangement qui ne respecte pas ces conditions. Selon Susan Doran, historienne à Christ Church (Université d'Oxford), il n'est pas certain que Marie ait lu ces documents puisqu'elle signait déjà des documents vierges transmis à sa mère pour des actes officiels.

Le 19 avril 1558, la cérémonie du handfasting (en) entre Marie et François eut lieu dans le grand hall du Louvre. Le mariage se tint le 24 à la cathédrale Notre-Dame de Paris. L'évènement revêtait une importance particulière pour la ville, car c'était en deux cents ans la première fois que le dauphin se mariait à Paris. Les époux furent reçus à la porte ouest par le cardinal de Bourbon, puis l'évêque de Paris délivra un discours sous une voûte en fleurs de lis et continua la messe à l'intérieur. Plusieurs observateurs firent part d'une grande différence entre le physique des deux époux, considérant parfois que cela conférait un côté « grotesque » à la cérémonie. En effet, Marie fit forte impression aux côtés de François, de santé fragile et de stature plus légère que son épouse, dont la tenue était particulièrement riche[12] :

« [Sa] robe blanche était couverte de bijoux et décorée avec des broderies blanches, tandis que sa longue traîne de velours gris était tenue par deux jeunes filles. À son cou se trouvait un pendant étincelant orné de bijoux, un cadeau de son beau-père, et sur sa tête une couronne en or spécialement commissionnée, émaillée de rubis, saphirs et perles ; la rumeur disait que la pierre imposante au centre avait coûté la somme énorme de plus d'un demi-million de couronnes. »

Après la cérémonie, la procession traversa les rues de Paris jusqu'au Palais de Justice, où un grand banquet fut tenu. Celui-ci se termina avec six galions parés de draps d'or qui traversèrent la salle de bal : chacun avait un prince masqué à son bord, et ils embarquèrent les six femmes de plus haut rang[14].

La couronne d'Angleterre (1552-1559)[modifier | modifier le code]

Henri II sur son lit de mort. De profil, à côté du barreau du lit, Marie Stuart et à gauche son époux, François II.

Après le décès d'Henri VIII, Édouard VI d'Angleterre, le nouveau souverain était mineur et l'Angleterre était donc dirigée par un Lord Protecteur, Edward Seymour. Tombant en disgrâce, il fut décapité le 22 janvier 1552 ; Édouard VI décéda un an plus tard. La suivante dans la succession était sa demi-sœur Marie Tudor : comme Édouard était protestant et Marie Tudor catholique, il avait tenté de l'empêcher d'hériter en désignant Jeanne Grey pour lui succéder, mais celle-ci fut renversée par Marie Tudor qui la fit décapiter le 12 février 1554. Pour les catholiques, Marie Tudor était la dernière héritière d'Henri VIII d'Angleterre ; le divorce entre Henri et Catherine d'Aragon (mère de Marie Tudor) n'ayant jamais été reconnu par le pape, son remariage avec Anne Boleyn, dont était issue Élisabeth, était considéré comme illégitime.

Ainsi, l'héritière après Marie Tudor à la couronne d'Angleterre devait venir de la sœur aînée d'Henri VIII, Marguerite Tudor, dont la descendante directe était Marie Stuart. Aussi, lorsque Marie Tudor mourut le 17 novembre 1558, Marie Stuart pouvait prétendre à la couronne d'Angleterre. Par ordre de son beau-père Henri II, elle fut alors proclamée à Paris reine d'Angleterre, d'Irlande et d'Écosse ; elle prit, avec son mari, les armes d'Angleterre. Cette proclamation se situe dans la rivalité entre la France et l'Espagne, pour qui l'Angleterre et l'Écosse n'étaient alors que deux pions de leurs vues impériales. Le pape, bien que poussé par les agents français, refusa de prendre parti pour Marie car il ne désirait pas offenser Philippe II d'Espagne, déterminé à ne pas laisser l'Angleterre tomber sous le contrôle de la France.

Toutefois, Élisabeth monta sur le trône d'Angleterre ; la situation entre la France et l'Espagne changea rapidement, leurs finances ne permettant plus de supporter des politiques impérialistes. La paix du Cateau-Cambrésis entre l'Espagne et la France fut signée au début du mois d'avril 1559, et Philippe II d'Espagne épousa Élisabeth de France. Un tournoi fut donné le 30 juin en l'honneur de ce mariage, et de celui devant suivre peu après entre Marguerite de France et le duc de Savoie : Henri II y fut blessé accidentellement et mourut le 10 juillet, ce qui mit définitivement fin à la politique française d'extension sur les îles britanniques[16].

Reine de France (1559-1560)[modifier | modifier le code]

Marie Stuart représentée en reine blanche (tenue de deuil blanc).
Portrait commandé par la reine à la mort d'Henri II en 1559[17]

Après le mariage, Marie et son époux habitèrent aux appartements royaux de Saint-Germain. Conformément à la coutume, Marie demanda à Diane de Poitiers un inventaire des bijoux que cette dernière avait reçus de Henri II et les récupéra.

Le tempérament du roi et sa santé ne lui permettant pas de faire face aux nécessités de la vie quotidienne, il pouvait encore moins gouverner. Ainsi, son couronnement, initialement prévu le dimanche 17 septembre 1559, dut être exceptionnellement reporté d'un jour en raison de sa maladie. De ce fait, François II fut le premier roi à ne pas être couronné ni un dimanche, ni un jour serein. Écoutant les conseils de son épouse, il confia le pouvoir à ses oncles de Guise. François indiqua au parlement qu'il donnait au duc de Guise le contrôle de l'armée tandis que le cardinal prenait en charge l'administration et les finances. En théorie, sa mère, Catherine de Médicis, devait toujours être consultée, mais l'autorité réelle revenait aux frères de Guise, devenus les dirigeants du royaume.

La situation était donc excellente pour les Guise, mais ils savaient qu'elle était fragile : la mauvaise santé de François ne devant pas lui permettre de vivre longtemps, tous leurs espoirs étaient qu'il ait un enfant avec Marie. Toutefois la santé de Marie était altérée en raison de l'anxiété que lui causait la situation délicate de sa mère en Écosse. Cependant les dames d'honneur de la cour mirent les symptômes de Marie sur le compte d'une grossesse. Les Guise ne souhaitant que trop qu'elle soit enceinte, ils répandirent ces rumeurs, et Marie finit par y adhérer en adoptant les vêtements flottants portés par les dames enceintes.

Elle comprend toutefois à la fin septembre 1560 qu'il n'en est rien. Le 16 novembre, après une chasse vers Orléans, François prend froid et se plaint de douleurs à la tête. La santé déclinante du roi ne pouvait être officialisée pour les Guise, en raison d'une situation intérieure avec les huguenots et ils la dissimulèrent à la cour et aux ambassadeurs. Cependant, la maladie de François, localisée dans l'oreille gauche, commença à s'étendre au cerveau et lui causa de fréquentes crises de délire. Les Guise firent tout leur possible pour sauver le roi, leur succès étant lié à son éventuelle descendance avec Marie. Sous l'influence du cardinal, des processions partent de toutes les églises de la ville tandis que la cour entière prie, mais François décède le 5 décembre 1560.

Devenue veuve, Marie céda la couronne au jeune Charles IX, dont la mère, Catherine de Médicis prit le pouvoir en tant que régente et demanda l'inventaire des bijoux. Marie se retira ensuite pour mener le deuil, en suivant la tradition de rester dans une chambre noire pour quarante jours. Elle choisit pour cela l’abbaye Saint-Pierre-les-Dames[note 11] dont sa tante, Renée de Lorraine était abbesse. C'est aussi dans cette région, la Champagne-Ardenne, qu'elle reçut en douaire la ville et seigneurie d’Épernay. L'ensemble de ses propriétés par le contrat de mariage lui rapportait 60 000 livres tournois par an, ce qui permettait de vivre confortablement, mais Marie et ses oncles poursuivirent leurs ambitions[14].

L'Écosse était divisée sur la question religieuse. Du fait des troubles religieux en France, il devenait plus difficile pour les Guise de secourir les partisans écossais de Marie. Selon les termes du traité d'Édimbourg signé par les représentants de Marie le 6 juillet 1560, suivant la mort de Marie de Guise, la France décida de retirer ses troupes d'Écosse et de reconnaître les droits d'Élisabeth sur le royaume d'Angleterre. Marie refusa de ratifier ce traité.

Elle portait alors les deuils successifs de son mari et de sa mère, dont les restes venaient d’être apportés d’Édimbourg à Reims. C’est de là, enfin, qu’elle partit pour s’embarquer à Calais et quitter définitivement la France, le 14 août 1561.

Le retour en Écosse[modifier | modifier le code]

Évolution de la politique intérieure (1557-1561)[modifier | modifier le code]

John Knox, figure importante de la réforme écossaise

Bien que des nobles protestants fissent partie du gouvernement écossais formé par Marie de Guise, un petit nombre d'entre eux ne lui faisaient pas confiance et se rassemblèrent comme Lords de la Congrégation en décembre 1557. En 1559, John Knox, figure de la réforme écossaise rentra en Écosse, recherchant le soutien des nobles pour promouvoir sa cause, et entreprit donc un tour du pays. Chez James Sandilands (en), il arriva à rallier deux personnages importants : Archibald Campbell (en) et James Stuart, le demi-frère de Marie Stuart. Il continua son tour, gagnant d'autres nobles comme John Erskine (en), et séjourna à Édimbourg, Ochiltree (demeure de Lord Ochiltree) et chez le Comte de Glencairn. Galvanisés, les Lords de la Congrégation émirent des revendications pour un changement religieux ; Marie de Guise dut faire appel à l'aide militaire de la France, recevant à la fin août 1 800 soldats[16],[20].

Dans le même temps, Marie de Guise enregistra des défections dans son gouvernement. William Maitland of Lethington, son secrétaire d'état, réalisa qu'elle œuvrait pour l'annexion de l'Écosse à la France, menaçant ainsi la souveraineté nationale. Alors que les Lords de la Congrégation occupaient Édimbourg à la fin octobre, il y vit l'occasion idéale pour déserter de Leith (port d'Édimbourg où la reine douairière était réfugiée) : quelques jours plus tard, apprenant que Marie de Guise désirait l'annexion de l'Écosse, les Lords la déposèrent.

Marie de Guise parvint à revenir brièvement à Édimbourg, mais Élisabeth d'Angleterre s'impliqua dans le conflit : pensant que la présence de l'armée française et la défaite des protestants pouvait être un plan pour installer Marie Stuart sur le trône d'Angleterre, elle décida d'envoyer des fonds aux Lords et demanda à l'Amiral Winter (en) de bloquer Leith[20]. Fin février, Maitland fut envoyé en émissaire auprès d'Élisabeth, et ils signèrent le traité de Berwick par lequel Élisabeth envoyait des troupes pour soutenir les protestants. L'armée conduite par Lord Grey assiégea Leith en mars. La situation en France ne permettait plus par ailleurs l'envoi de renforts militaires.

Les efforts diplomatiques de Maitland conduisirent à la ratification, par un grand nombre de nobles, d'un document signant l'expulsion des troupes françaises et la défense de la réforme religieuse. Parmi les signataires figuraient Huntly, Morton (en), Borthwick, et les Kerr (en).

Marie de Guise mourut le 12 juin 1560.

Vie en Écosse[modifier | modifier le code]

Henry Stuart, roi consort d'Écosse
Jacques, le fils de Marie et Lord Darnley

La jeune veuve retourna en Écosse l'année suivante. Malgré son éducation, elle n'était pas préparée aux intrigues de la cour d'Écosse de cette époque. La religion divisait le peuple et le frère illégitime de Marie, Jacques Stuart, comte de Moray était le meneur de la faction protestante. Marie, en catholique fervente, était vue avec soupçon par une grande partie de ses sujets. Son goût pour la danse et les robes sophistiquées étaient dénoncés par des réformateurs protestants comme John Knox.

Marie ne prit pas la tête du parti catholique, ce qui en déçut les partisans. Au contraire, tolérant les protestants, elle avait gardé Jacques Stuart, son demi-frère protestant comme plus proche conseiller et prenait acte de son manque de forces militaires face aux seigneurs protestants. Elle réduisit encore sa marge de manœuvre en se joignant à Jacques Stuart dans l'anéantissement du chef catholique Lord Huntly en 1562.

Loch Leven, and Castle engraving by William Miller after C Stanfield.jpg

En 1561, Marie invita Élisabeth Ire en Écosse afin de réchauffer leurs relations diplomatiques ; Élisabeth refusa et le désaccord se creusa encore entre elles.

Le 29 juillet 1565, Marie épousa sans préavis Henry Stuart, lord Darnley, un petit neveu du roi Henri VIII, et son cousin germain. Ce mariage avec un meneur catholique précipita son demi-frère Jacques dans le parti protestant en rébellion. Ils[Qui ?] furent mis en déroute lors du raid de Chaseabout.

Avant longtemps, Marie tomba enceinte, mais Darnley devint arrogant, insistant sur ce que son titre de roi lui donnait du pouvoir. Il était jaloux de l'amitié de Marie avec son secrétaire privé David Rizzio et, en mars 1566, Darnley entra dans une conspiration secrète avec les nobles qui s'étaient rebellés précédemment. Le 9 mars, un groupe de seigneurs accompagné par Darnley assassina Rizzio pendant qu'il était en conférence avec la reine dans le palais de Holyrood. Cette action précipita la fin de leur mariage. Darnley changea d'allégeance et peu après attaqua Marie et tenta sans succès de provoquer un avortement.

En juin 1566, Marie commença une liaison avec Jacques Hepburn, 4e comte de Bothwell, un aventurier qui devint son troisième époux. Un complot fut mis en place pour éliminer Darnley, déjà malade (peut-être de la syphilis), mais à qui Marie rendait régulièrement visite, ce qui pouvait laisser penser qu’une réconciliation était possible. En octobre 1566, les troubles nerveux et les crises douloureuses abdominales dont elle souffraient depuis l'adolescence empirèrent (les historiens ont suspecté le stress mental, des hémorragies d'un ulcère gastrique ou la porphyrie[21]) au point de perdre la vue et la parole. Considérée comme mourante, elle recouvre la santé à la compétence de ses médecins français[22]. En février 1567, alors qu'il était en convalescence à Kirk o' Field (en) dans une maison d'Édimbourg, une explosion survint dans la maison et Darnley fut retrouvé mort dans le jardin, apparemment étranglé. Cet événement qui aurait dû sauver Marie ne fit que salir sa réputation. Bothwell fut généralement considéré comme coupable mais un tribunal de complaisance l'acquitta. Le 24 avril 1567, il fit enlever la reine et abusa peut-être d'elle, la forçant à l'épouser pour éviter le déshonneur[23]. Il semble cependant que Marie était amoureuse de Bothwell et que le mythe du viol soit inventé dans l'ouvrage Rhime in Defence of the Queen of Scots de l'évêque de Ross, John Lesley[24]. Quoi qu'il en soit, la nouvelle qu’elle l'avait épousé scella son destin.

Arrêtée par une confédération de nobles écossais, Marie fut emprisonnée au château de Loch Leven, situé sur une île au milieu du loch, en juin 1567. Entre les 18 et 24 juillet 1567, Marie avorta de jumeaux. Le 24 juillet, elle abdiqua le trône d’Écosse en faveur de son fils Jacques, alors âgé d'un an.

Évasion en Angleterre[modifier | modifier le code]

Marie Stuart exilée en Angleterre

Le 2 mai 1568, Marie Stuart s'évada et leva une petite armée. Trois jours après sa défaite à la bataille de Langside le 13 mai, elle s'enfuit en Angleterre, où elle fut emprisonnée par les officiers d'Élisabeth à Carlisle le 19 mai. Elle prononça alors cette phrase célèbre « En ma Fin gît mon Commencement », qu'elle broda sur sa robe.

Après quelques hésitations sur l'accusation du meurtre de Darnley, Élisabeth ordonna une enquête plutôt qu'un procès. Marie fut détenue à Bolton d'octobre 1568 à janvier 1569 tandis qu'une commision d'enquête, chargée d'évaluer les preuves de sa culpabilité, se déroula à York[25],[2]. L'enquête était sous influence politique - Élisabeth ne souhaitait pas la condamner pour meurtre et Marie refusait de reconnaître l'autorité de quelque cour que ce soit. Il suffisait de la garder hors d'Écosse et de contrôler ses partisans.

Le cas tenait dans les huit lettres du coffret qui auraient été écrites par Marie à Bothwell et découvertes par le comte de Morton. Marie ne fut pas autorisée à les voir ni à parler pour sa défense. Elle refusa d'offrir une défense écrite à moins qu'un verdict de non culpabilité lui soit assuré, ce que refusa Élisabeth.

Bien qu'une analyse graphologique attribuât ces lettres à Marie, le tribunal ne put conclure à la culpabilité. Les lettres originales furent perdues en 1584 et les copies ne sont pas complètes.

Comme Élisabeth considérait les prétentions de Marie au trône comme un complot, elle l'assigna à résidence pendant dix-huit ans sous la garde de George Talbot, 6e comte de Shrewsbury et sa redoutable épouse Bess of Hardwick, dont la fille épousa le frère du deuxième époux de Marie et eut un enfant, Arbella Stuart. Bothwell fut emprisonné au Danemark, devint fou et mourut en 1578 encore en prison.

Exécution[modifier | modifier le code]

Exécution de Marie Stuart (Jane Kennedy bandant les yeux de la reine)
par Alexandre-Denis Abel de Pujol (1787-1861)
Tombeau de Marie Stuart à Westminster

Marie devint finalement une charge qu'Élisabeth ne pouvait plus tolérer en raison de nombreux rapports de complots projetant de la tuer ; certains historiens suspectent qu'ils étaient fomentés par les ennemis de Marie.

Marie Stuart était experte dans l'art du Chiffre. En France, ses intérêts avaient été défendus dès 1565 par le mathématicien et cryptologue François Viète avec qui elle partageait ce talent. Les lettres codées qu'elle échangeait avec ses partisans dans sa prison furent interceptées puis déchiffrées et probablement truquées par les services d'Élisabeth ; elles servirent de prétexte à sa condamnation.

Marie Stuart fut exécutée au château de Fotheringhay le 8 février 1587 à dix heures du matin, comme suspecte dans la participation du complot d'Anthony Babington. Elle choisit de porter une tenue rouge sous sa robe d'apparat, se déclarant elle-même une martyre catholique. Son crucifix fut écrasé au sol. Les témoignages confirment que son bourreau était saoul le jour de son exécution, et qu'il eut besoin de trois coups de hache (le glaive, symbole de la justice divine, commun en France, lui avait été refusé) pour exécuter la sentence. Lorsque ses servantes s'avancèrent pour la déshabiller, les bourreaux se précipitèrent, car la coutume voulait qu'ils récupèrent pour eux les vêtements des condamnés. Marie s'offusqua, disant qu'elle ne s'était jamais déshabillée devant autant d'hommes. Mais elle finit par se résigner sans se dénuder totalement. Voyant alors sa détresse de se trouver nue, une de ses servantes s'avança et lui noua un foulard sur les yeux. Elle se mit alors en place, et le premier coup lui fit juste une entaille sur l'occiput. Puis le deuxième tomba sur la nuque sans complètement couper le cou, et ce ne fut qu'au troisième que la tête se décolla. Le bourreau la ramassa pour la présenter au peuple mais il ne s'était pas rendu compte que la perruque était encore sur le crâne. Elle lui resta dans les mains, la tête tombant sur le sol. Le bourreau la mit en exposition sur un balcon proche où elle resta exposée une journée.

Marie Stuart, victime des passions religieuses qui divisèrent l’Écosse, souhaitait être inhumée à Reims, à côté de sa mère, de son oncle le cardinal, de sa tante l’abbesse. Elle fut toutefois initialement enterrée à la cathédrale de Peterborough (par Scarlett Robert); son corps fut exhumé en 1612 lorsque son fils Jacques VI d'Écosse ordonna qu'il fût placé à l'Abbaye de Westminster où il repose depuis, à dix mètres du tombeau de sa cousine Élisabeth. Marie Stuart est l'ancêtre de tous les rois qui succédèrent à Élisabeth.

Une reine poète[modifier | modifier le code]

La BNF recense 52 documents données BNF dont La Harangue de... Marie d'Estvart, Royne d'Escosse, Douairiere de France, faite en l'assemblée des Estats de son Royaume, tenuz au moys de May dernier passé. Avec le Sermon Funebre fait à Nancy, aux obseques & funerailles de... François de Lorraine, Duc de Guyse, en l'église des Cordeliers... Par Bernard Dominici, de l'ordre de la saincte Trinité,... (en ligne sur Gallica) ; ainsi que Adieu France !, mis en musique par Edmond de Polignac (exemplaire Gallica). (Certains donnent ce poème comme “attribué à” Marie Stuart). La Société Marie Stuart (anglaise) donne ces deux poèmes Mary Stuart: The Poet. Le “ Queen Mary's book” (a collection of poems and essays. Edited by Mrs. P. Stewart-Mackenzie Arbuthnot. Published 1907 by G. Bell in London) propose ses Œuvres complètes

Marie Stuart dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Marie Stuart a fait l'objet de très nombreux ouvrages, dans une perspective historique ou romanesque[26]. Le docteur Jenny Wormald, membre honoraire d'histoire écossaise à l'Université d'Édimbourg, déclara — non sans humour — que la seule Marie ayant fait l'objet de davantage de publications que Marie Stuart était la Vierge Marie :

« Comme sujet d'études historiques, et héroïne romantique d'œuvres de fiction, Marie, reine d'Écosse, prédomine sur toutes les Marie qui l'ont précédée, seule la Vierge faisant mieux. [Dans le catalogue de 1962 des livres à la British Library], la Vierge Marie a 150 pages qui lui sont dévolues, Marie reine d'Écosse 455 livres, et la reine anglaise Marie Tudor dite « la sanglante» 73[27]. »

Théâtre[modifier | modifier le code]

La majorité des œuvres retraçant la vie d’Élisabeth Ire d’Angleterre font également référence à Marie Stuart et/ou la mettent en scène.

Musique[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Madame de Lafayette, La Princesse de Clèves, 1678. Marie Stuart, alors dauphine, est l'un des personnages principaux du roman.
  • Walter Scott, dans son roman L'Abbé, évoque la période juin 1567 à mai 1568 : la captivité de Marie Stuart à Loch Leven, son évasion, la défaite de Langside, la fuite en Angleterre.
  • Honoré de Balzac la met en scène dans Sur Catherine de Médicis (1830-1842), en rappelant les liens de parenté des deux reines[29].
  • Joseph Brodsky, 20 sonnets à Marie Stuart (20 sonetov k Marii Stuart), 1972. Ce cycle de 20 sonnets est dédié à Marie Stuart, qui rappelle au poète une femme qu'il a aimée. Il a ceci de remarquable que le schéma de rime varie avec chaque sonnet.
  • Stefan Zweig, "Marie Stuart", 1936. Zweig retrace la vie romanesque de la Reine d'Écosse et dépeint les tréfonds de son âme tels qu'ils les a lus.
  • Jean Plaidy "Marie Stuart, Femme & Reine" 1956.
  • Danny Saunders, "Marie Stuart, la reine captive", 2010. Ce roman historique raconte - de manière plutôt romancée - la vie de la reine des Écossais.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Botanique[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Thierry Crépin-Leblond (dir.), Marie Stuart, Le destin français d'une reine d'Écosse, RMN, 2008
  • Stefan Zweig, Marie Stuart, 1935, Livre de poche, 2001.
  • Michel Duchein, Marie Stuart. La femme et le mythe, Paris, Fayard, 1987.
  • Antonia Fraser, Marie Stuart, reine de France et d'Écosse, Laffont, 1973
  • Y. de Marles, Marie Stuart, Mame éditeur 1896
  • (en) Mike Ashley The Mammoth Book of British Kings & Queens Robinson (Londres 1998) (ISBN 1841190969) « Mary queen of Scotland and France » p. 571-575.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. It cam with an las and it will pas with ane las.
  2. Une certaine dose de sensationnel entoure d'une part les circonstances du décès de Jacques V, et d'autre part la phrase qu'il aurait prononcée sur la couronne. Pour le premier cas, dans l'émission Secrets d'histoires, diffusée en France, Hortense Dufour déclara que « quand Jacques V d’Écosse a su qu’il avait une fille, il s’est tourné contre un mur et il est mort; mort de désespoir, et de mélancolie ». La voix off ajouta que « [le père de Marie Stuart] se suicide à l’annonce de sa naissance […] et c’est Marie de Guise, sa mère, qui exercera le pouvoir en son nom ». Les deux déclarations sont erronées, Jacques V ne s'étant pas suicidé et n'étant pas davantage mort de désespoir mais du choléra. Pour le second cas, la citation pourrait être un apocryphe, et elle ne se réalisa pas puisque le dernier membre de la Maison de Stuart à régner sur l'Écosse fut Anne et non Marie Stuart. Cependant, elle apporte un éclairage sur la façon dont ses contemporains voyaient Marie, puisque la citation fut écrite pour la première fois par John Knox, opposant à Marie, dans les années 1560.
  3. La marge de manœuvre d'Arran était très faible, mais il conserva cependant son rôle de régent jusqu'en 1550, quand Marie de Guise devint officiellement régente. L'issue de la convention des nobles est donc plus faible que ce dont se vantait George Douglas, et consiste plutôt en un renforcement de la gestion de Marie Stuart par sa mère.
  4. Différentes orthographes cohabitent quant au nom de l'ambassadeur. Il est parfois écrit Cleutin au lieu de Clutin, ou Oisel à la place de Oysel. Certaines de ses lettres dans les archives de France furent publiées par Teulet (1807-1866) dans le 7e volume de Papiers D'État, Pièces Et Documents Inédits Ou Peu Connus Relatifs a L'Histoire De L'Écosse Au Xvie Siècle.
  5. Il est connu que Marie a été retirée de Stirling, mais l'endroit où elle est emmenée est gardé secret. Odet de Selve, ambassadeur de France en Angleterre, écrira ainsi qu'elle fut envoyée au « pays des sauvages », ce qui était la dénomination pour les Highlands.
  6. Il existe une discussion quant à l'endroit où Marie débarqua en premier lieu. Un de ses biographies, l'évêque John Lesley, a proposé Brest. Cependant, Henri II parle de Roscoff dans sa correspondance. De Brézé, qui fut envoyé par Henri II pour aller chercher Marie avec la flotte, pourrait éclaircir la situation et il envoya en effet deux lettres : le 18 août 1548, il envoya une lettre à Marie de Guise, et une autre à François de Guise. Au premier abord, ces lettres pourraient sembler incohérentes puisque celle destinée à Marie de Guise indique un débarquement à Saint-Pol-de-Léon tandis que celle adressée à François parle de Roscoff, et serait ainsi la source reprise par Henri II. Cependant, Roscoff était un petit village de pêche et le port qui desservait la ville de Saint-Pol : Marie aurait donc débarqué à Roscoff puis se serait reposée à Saint-Pol. Voir sur le sujet : (en) Lord Guthrie - Mary Stuart and Roscoff, Proceedings of the Society of Antiquaries of Scotland, Volume 42 (1907-08).
  7. Dans ce contexte, la « cour de France » ne désigne pas un endroit bien précis mais une des résidences du roi de France. Parmi les résidences qui eurent le plus d'importance pour Marie se trouvent le château de Saint-Germain-en-Laye et le château d'Anet, commandé par Henri II pour Diane de Poitiers.
  8. Stevenson semble avoir apprécié la morale d'Antoinette, et en dresse un portrait hagiographique qui permet de comprendre clairement que son rôle puisse avoir été exagéré :

    « [A la mort de son mari], Antoinette dévoua le reste de sa vie au soin des pauvres, des veuves et des orphelins, auxquels elle prodiguait elle-même les soins. Dans sa biographie, Jean Gontery la tient en estime comme un miroir de la perfection, une princesse d'une vertu rare, une femme admirable pour sa charité, sa patience chrétienne et son entière dévotion à son mari. Elle tient sa maison avec une économie mesurée, et gouverne ses nombreux domestiques avec un mélange d'autorité et de douceur. [...] Après un veuvage de presque 33 ans, passé surtout en dévotion à Dieu, et en charité pour les pauvres et les nécessiteux, cette excellente dame décéda le 20 janvier 1583. »

  9. Jane Dawson répondit à ce commentaire indirectement en déclarant que, « bien qu'il ne s'agît pas d'un lavage de cerveau, le roi de France ne perdit aucune occasion d'éblouir les Écossais avec son pouvoir et son prestige, leur montrant qu'il était le protecteur généreux et soucieux [de leur] royaume du Nord ».
  10. Le poème fut réalisé en français. La version donnée ici, s'aidant d'une traduction en anglais moderne, ne cherche pas à conserver la poésie mais à rendre le sens explicite.
  11. Avant la démolition, en 1919, des bâtiments qui bordaient la rue dont le nom évoque aujourd’hui la fastueuse abbaye, on montrait encore, dans les ruines, la fenêtre de la chambre qu’aurait occupée Marie Stuart pendant son séjour à Reims.
  12. Cf note 2 pour les déclarations erronées lors de cette émission.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Kings and Queens of Scotland », Official web site of the British Monarchy (consulté le 2008-12-31)
  2. a et b Julian Goodare, « Mary (1542–1587) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004 ; édition en ligne, mai 2007.
  3. a, b et c (fr) Jules Gauthier - Histoire de Marie Stuart, E. Thorin, seconde édition, 1875.
  4. a, b, c, d, e, f et g (en) T. F. Henderson - Mary Queen of Scots: Her Environment and Tragedy, volume 1, Haskell House Publishers, New York, 1969. Chapitre 1 : Childhood in Scotland, pages 1 - 68.
  5. a, b et c (en) Marcus Merriman - The rough wooings: Mary Queen of Scots 1542-1551, Tuckwell Press, 2000, (ISBN 186232090X).
  6. (en) Richard Oram, The Kings and Queens of Scotland, Stroud, 2004, (ISBN 0-7524-2971-X).
  7. (en) Antonia Fraser, Mary Queen of Scots, Weidenfeld and Nicolson,‎ 1994, p. 13
  8. (en) H. F. Morland Simpson, « Cardinal Beaton and the Will of James V », The English Historical Review, volume 21, numéro 81, pages 112-118, 1906, Oxford University Press.
  9. (fr) Jean Henri Merle d'Aubigné, Histoire de la Réformation en Europe au temps de Calvin, Calmann Lévy, 1875.
  10. (fr) Léon Galibert et Clément Pellé - L'Univers, livre 6 : Période des Tudors, Firmin Didot Frères éditeurs, Paris, 1842.
  11. a et b (en) Charles Mackie - The Castles, Palaces, and Prisons of Mary of Scotland, C. Cox, 1850.
  12. a, b, c, d, e, f et g (en) Susan Doran - Mary Queen of Scots, British Library, 2007, (ISBN 978-0-7123-4916-1). Chapitre I : Early life in Scotland and France 1542-1558, pages 12-39.
  13. a, b, c et d (en) Jane E. A. Dawson - Scotland re-formed 1488-1587, Edinburgh University Press, 2007, (ISBN 0-7486-1455-9). Chapitre 8 : Franco-Scotland (1550-1560), pages 176-199.
  14. a, b, c, d et e (en) T. F. Henderson - Mary Queen of Scots: Her Environment and Tragedy, volume 1, Haskell House Publishers, New York, 1969. Chapitre 2 : The favourite of France, pages 69-114.
  15. (en) Joseph Stevenson - Mary Stuart: a narrative of the first eighteen years of her life: a narrative of the first eighteen years of her life, Paterson, 1886.
  16. a et b (en) Susan Doran - Mary Queen of Scots, British Library, 2007, (ISBN 978-0-7123-4916-1). Chapitre II : Queen-Dauphine and Queen of France 1558-1660, pages 40-59.
  17. Alexandra Zvereva, <La beauté triomphante de la reine endeuillée : les portraits de Marie Stuart>, in Thierry Crépin-Leblond (dir), Marie Stuart, Le destin français d'une reine d'Écosse, RMN, 2008, p. 80.
  18. (fr) Pierre René Anguis - Les Poètes françois, depuis le XIIe siècle jusqu'à Malherbe, Impr. de Crapelet, 1824.
  19. http://www.geocities.com/les_valois/sources_primaires_mariestuart1561.htm
  20. a et b (en) T. F. Henderson - Mary Queen of Scots: Her Environment and Tragedy, volume 1, Haskell House Publishers, New York, 1969. Chapitre 3 : The widowed queen, pages 115-170.
  21. Jean Bernard, Marcel Bessis, Jacques-Louis Binet, Histoire illustrée de l'hématologie : de l'Antiquité à nos jours, Editions R. Dacosta,‎ 1992, p. 158
  22. Antonia Fraser, p. 275–276
  23. Antonia Fraser, p. 317
  24. Jayne Lewis, Mary Queen of Scots. Romance and Nation, Routledge,‎ 2005, p. 25-26
  25. Antonia Fraser, Mary Queen of Scots, London: Weidenfeld and Nicolson, 1994 (première édition : 1969), p. 385-390.
  26. [Monique Weis] a consacré un cycle d'exposés à ce sujet « Marie Stuart : héroïne romantique entre haine et vénération » (2009).
  27. (en) Jenny Wormald - Mary, Queen of Scots, Tauris Parke Paperbacks, London, 2001, (ISBN 1-86064-588-7). Première édition George Philip en 1988.
  28. Hélène Cao et Hélène Boisson, Anthologie du lied, Paris, Buchet-Chastel, 2010, p. 187
  29. Sur Catherine de Médicis, première partie, éditions Furne, 1845, vol.15, p.485

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