Marie (mère de Jacques)

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La Mise au tombeau, Le Caravage
Marie de Clopas est à droite, les bras levés[1].

Marie mère de Jacques ou dans une traduction plus littérale Marie de Jacques (Μαρία ἡ Ἰακώβου) est une disciple de Jésus qui dans les seuls évangiles attribués à Marc et à Luc intervient après sa crucifixion, avec deux autres femmes, dont l'une est Marie la Magdaléenne, la seule qui est présente à cet instant dans tous les évangiles canoniques. Elles achètent des aromates « pour aller oindre le corps » de Jésus et se rendent ensuite toutes les trois au tombeau et constatent qu'il n'y est plus. Un jeune homme « vêtu d'une robe blanche » (Mc 16, 5), ou deux hommes « en habit éblouissant » (Lc. 24, 5), leur disent que Jésus est ressuscité.

Elle est très souvent identifiée à Marie de Clopas qui elle aussi avait un fils appelé Jacques et qui dans d'autres sources chrétiennes plus tardives est appelée Marie Jacobé, équivalant de l'appellation Marie de Jacques (Μαρία ἡ Ἰακώβου) que l'on trouve dans les évangiles.

Marie de Clopas est fêtée le 9 avril dans le Martyrologe romain[2].

Les textes des évangiles[modifier | modifier le code]

Marie de Jacques (Μαρία ἡ Ἰακώβου[3]), est une disciple de Jésus qui intervient avec d'autres femmes après sa crucifixion. Dans l'évangile attribué à Marc (Mc 16, 1-8), elle achète des aromates en compagnie de Marie la Magdaléenne et Salomé « pour aller oindre le corps » de Jésus. Elles se rendent ensuite toutes les trois au tombeau et constatent qu'il ne contient plus le corps de Jésus, mais y trouve « un jeune homme assis à droite, vêtu d'une robe blanche » qui leur dit que Jésus est ressuscité. Elles sont alors effrayées et s'enfuient du tombeau et « ne dirent rien à personne, car elles avaient peur. » Cette phrase terminait initialement l'évangile attribué à Marc, avant que des finales résumant les apparitions de Jésus racontées dans les évangiles attribués à Mathieu et à Luc, ne soient ajoutées vers les IIIe ‑ IVe siècle.

L'évangile attribué à Matthieu, qui reprend 70% du texte de Marc, contourne ce qui semble une difficulté, en disant simplement que Marie la Magdaléenne est accompagnée de « l'autre Marie ». Comme Salomé est en général identifiée à Marie Salomé, l'expression « l'autre Marie » est particulièrement ambiguë.

L'évangile attribué à Luc, qui est dépendant des deux précédents, résume l'épisode en mentionnant lui-aussi Marie mère de Jacques, mais remplace Salomé par Jeanne. De plus, ce n'est pas un jeune homme qui annonce la résurrection, mais « deux hommes qui se tiennent devant elles, en habit éblouissant. »

Dans l'évangile attribué à Jean, seule Marie la Magdaléenne se rend au tombeau. L'épisode raconté est clairement différent de celui des évangiles synoptiques.

Identification possible avec Marie de Clopas[modifier | modifier le code]

D'après Jean 19.25, certains identifient « Marie mère de Jacques » avec « Marie femme de Clopas » (ou de Cléophas), belle-sœur de Marie de Nazareth par son mariage avec Clopas, frère de Joseph selon Eusèbe de Césarée.

Marie de Clopas pourrait enfin être identifiée à Marie, mère de l'apôtre Jacques le mineur, si Clopas et Alphée désignaient la même personne, selon l'usage répandu d'un double nom[4]. Elle a assisté de loin aux derniers moments de Jésus. C'est la mère de Jacques le Mineur, de Joset, et de Siméon de Clopas, le successeur de Jacques le Juste à la tête de l'Église de Jérusalem.

Saint Jérôme et E.W. Bullinger pensent d'après Jean 19.25 que la Marie de Clopas est la sœur de Marie de Nazareth.

Autre parenté possible[modifier | modifier le code]

Marc 6,3 et Matthieu 13, 55-56 citent également, à côté de Jacques et de Joset, Simon et Jude comme « frères » de Jésus. Les Évangiles ne disent pas que cette Marie est leur mère.

Citations néotestamentaires[modifier | modifier le code]

Concernant Marie de Jacques[modifier | modifier le code]

  • Marc 16:1 : « Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie de Jacques, et Salomé, achetèrent des aromates, afin d'aller embaumer Jésus ».
  • Luc 24:10 : « Celles qui dirent ces choses aux apôtres étaient Marie de Magdala, Jeanne, Marie de Jacques, et les autres qui étaient avec elles».

Concernant Marie mère de Jacques et de Joset[modifier | modifier le code]

  • Matthieu 27:56 : « Parmi elles étaient Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée ».
  • Marc 15:40 : « Il y avait aussi des femmes qui regardaient de loin. Parmi elles étaient Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé ».

Concernant Marie mère de Joset[modifier | modifier le code]

  • Marc 15:47 : « Or Marie de Magdala, et Marie, mère de Joset regardaient où on l’avait mis.»

Concernant Marie de Clopas[modifier | modifier le code]

  • Jean 19:25 : « Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie la Magdaléenne ».
    • εἱστήκεισαν δὲ παρὰ τῷ σταυρῷ τοῦ Ἰησοῦ ἡ μήτηρ αὐτοῦ καὶ ἡ ἀδελφὴ τῆς μητρὸς αὐτοῦ, Μαρία ἡ τοῦ Κλωπᾶ καὶ Μαρία ἡ Μαγδαληνή.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Richard Bauckham, Gospel Women: Studies Of The Named Women In The Gospels, Mary of Clopas, T&T Clarck, Edinburgh, 2002, p. 203-225.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Déposition de Croix, Musées du Vatican.
  2. Augustin Calmet, Dictionnaire historique, critique, chronologique, géographique et littéral de la Bible, éd. N. Étienne Sens, 1783
  3. Évangile selon Luc, codex Bezae, 24, 10.
  4. André-Marie Gérard, Dictionnaire de la Bible, Paris, Robert Laffont, 1989, p. 885.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Dans les citations bibliques sur Marie de Cléophas il faut mentionner/Dans la passion selon St Jean / texte du Vendredi Saint (dans prions en Eglise)  : Or, prés de le croix de Jésus se tenait sa mère, avec la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas