Marie-Valérie d'Autriche

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Marie-Valérie d'Autriche
Marie-Valérie vers l'âge de 22 ans
Marie-Valérie vers l'âge de 22 ans

Biographie
Dynastie Habsbourg-Lorraine
Naissance 22 avril 1868
Budapest
Décès 6 septembre 1924 (à 56 ans)
Wallsee
Père François Joseph Ier d'Autriche
Mère Elisabeth de Wittelsbach
Conjoint François-Salvator de Habsbourg-Toscane
Enfants Elisabeth (1892-1930)
François-Charles (1893-1918)
Hubert-Salvator (1894-1971)
Hedwige (1896-1970)
Théodore-Salvator (1899-1978)
Gertrude (1900-1962)
Marie-Élisabeth (1901-1936)
Clément-Salvator (1904-1974)
Mathilde (1906-1991)
Agnès (1911-1911)

Marie Valérie Mathilde Amélie, archiduchesse d'Autriche, princesse de Hongrie puis archiduchesse d'Autriche-Toscane (née le 22 avril 1868 à Buda (Budapest) et morte le 6 septembre 1924 à Wallsee) était la plus jeune fille de François-Joseph Ier, empereur d'Autriche et roi de Hongrie et de son épouse, l'impératrice et reine Elisabeth, la célèbre Sissi.

Fille de la Hongrie[modifier | modifier le code]

Marie-Valérie vers l'âge de deux ans

Elle fut la seule de ses quatre enfants que l'impératrice éleva elle-même.

Après la naissance de l'archiduc héritier Rodolphe en 1858, l'impératrice s'éloigne de la cour pour raison de santé. Ayant pris fait et cause pour les Hongrois, elle se réconcilie avec l'empereur puis, après la création de la double monarchie et leur couronnement à Budapest, lui propose de concevoir un autre enfant (1867). La souveraine souhaite ardemment un fils qui deviendrait un roi pour la Hongrie. Ce sera une fille. L'impératrice et reine, défiant la tradition impériale, donne à cette enfant, en hommage à la Hongrie, un prénom inusité dans les familles royales : Marie-Valérie (Valéria est le nom de la région de Budapest)…

Née en Hongrie, à Ofen (Budapest), la petite archiduchesse, « l'enfant de la Hongrie », était le quatrième enfant du couple impérial. Elle était la préférée de sa mère, la Kedvesem (c'est-à-dire « ma chérie » en hongrois), la seule de ses enfants que l'impératrice eût désirée. Elle est née dix ans après ses aînés, après le couronnement à Budapest et la création de la double-monarchie en 1867. Ce fait a laissé supposer à quelques-uns que Marie-Valérie n'était pas la fille de l'empereur et roi, mais du comte Andrassy, mentor de l'impératrice et reine[1]. La rumeur s'estompera avec le temps, tant la ressemblance physique entre Marie-Valérie et son père s'accentuera avec les années.

Archiduchesse d’Autriche[modifier | modifier le code]

Issue de la Maison de Habsbourg-Lorraine, Marie-Valérie est la troisième et dernière fille de l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche et de l'impératrice Elisabeth d'Autriche (née duchesse Elisabeth en Bavière). Elle est la sœur cadette de l'archiduc Rodolphe et de l'archiduchesse Gisèle.

Elle a 4 ans quand meurt sa terrible mais affectueuse grand-mère l'archiduchesse Sophie et quand sa sœur Gisèle, âgée de 16 ans, est fiancée (puis mariée l'année suivante) à un cousin, le prince Léopold de Bavière.

Adolescente, elle souffre des taquineries de son frère, le Kronprinz Rodolphe, un tant soi peu jaloux de la préférence qu'accorde sa mère à sa plus jeune enfant (la seule qu'elle ait vraiment désirée).

Un mariage « révolutionnaire »[modifier | modifier le code]

Marie-Valérie et son mari vers 1890

On avait espéré qu'elle épouserait quelqu'un comme le prince héritier de Saxe ou le prince Michel de Bragance, prétendant au trône de Portugal, voire l'héritier du trône d'Italie mais elle s'y refusa catégoriquement et sa mère la soutint avec efficacité. Le prince Alphonse de Bavière n'eut pas plus de succès.

En effet, fait important et des plus inhabituels pour l'époque et dans ce milieu social, l'impératrice, forte de son expérience et de ses souffrances, refusa que sa fille ne soit qu'un pion sur l'échiquier politico-matrimonial.

L'impératrice conseilla à sa fille de ne pas se marier trop jeune (ce qu'elle n'avait pas fait avec Gisèle mariée à 16 ans) et de choisir judicieusement son époux après avoir rencontré d'autres jeunes gens. Ainsi écarta-t-elle le prince Alphonse de Bavière (qui épousera la cousine et amie de Marie-Valérie, Louise fille du duc et de la duchesse d'Alençon).

En 1886, l'archiduchesse s'éprend d'un cousin de la branche de Toscane François-Salvator.

Mais les drames familiaux repoussent d'année en année la célébration du mariage. D'abord les morts violentes du roi Louis II de Bavière et du comte de Trani, époux de sa tante Mathilde (1886); puis celle de son grand-père l'original duc Maximilien en Bavière (1888). Enfin et la plus tragique de toutes, celle de son frère, retrouvé mort à côté de sa maîtresse, Marie Vetsera, jeune fille mineure de 17 ans, le 30 janvier 1889, dans le pavillon de chasse de Mayerling, privant l'Autriche-Hongrie d'un héritier et semant un parfum de scandale sur la Maison de Habsbourg-Lorraine.

Nonobstant, le 31 juillet 1890, Marie-Valérie, 22 ans, épousa enfin à Bad Ischl son cousin, l'archiduc François-Salvator de Habsbourg-Toscane de deux ans son aîné.

Marie-Valérie était la fille la plus raisonnable et quand vint le temps de se marier, elle avait préféré, sous l'égide de sa mère, l'amour à un mariage dynastique.

Les débuts du couple seront heureux mais avec le temps, l'archiduc se tournera de plus en plus vers d'autres femmes et aura notamment un fils d'une liaison avec une danseuse de l'Opéra de Vienne, Stephanie Richter. Pour étouffer le scandale, la jeune femme fut mariée en hâte à Londres avec un prince de Hohenlohe qui accepta d'endosser cette paternité adultérine et prénomma l'enfant François-Joseph (né en 1914).

Une princesse allemande[modifier | modifier le code]

« Fille de la Hongrie », l'archiduchesse ne partageait pas avec sa mère l'amour de ce pays. Elle souffrit également de l'amour possessif de l'impératrice.

De même, elle se rapprocha de plus en plus de son père, notamment après la mort violente de sa mère (1898), même si elle avouait que les relations avec le vieil homme étaient compliquées.

En 1916, l'empereur François-Joseph Ier mourut assité de Marie-Valérie qui lui ferma les yeux[2]. Il laissait le trône à son petit-neveu l' archiduc Charles, François, Joseph âgé de 28 ans. Il laisse son château de Persenbeug à l'archiduchesse.

Cependant, la monarchie austro-hongroise ne survécut pas à la Première Guerre mondiale, le jeune empereur renonça à toute activité politique le 12 novembre 1918 et dut s'exiler en Suisse avec sa famille tandis que ses biens étaient confisqués. Des républiques indépendantes furent proclamées dans tous les territoires de l'Autriche-Hongrie.

Plutôt pan-germaniste, Marie-Valérie resta en Autriche suite à la révolution de 1918. Seule enfant du couple impérial à être restée autrichienne (Gisèle, par son mariage, était de nationalité allemande), elle avait hérité, à la mort de son père, de la Kaiservilla de Bad Ischl, jadis villégiature préférée de ses parents.

« L'Ange de Wallsee »[modifier | modifier le code]

Très cultivée, Marie-Valérie tenait un Journal et publia quelques poèmes. Sa grande charité (elle fonda des hôpitaux et des hospices), la fit surnommer de son vivant l'Ange de Wallsee.

Elle mourut, âgée seulement de 56 ans, en 1924. Elle est enterrée dans le cimetière de Sindelburg, près de Wallsee. Son époux l'y suivit en 1939 après s'être remarié.

Une famille nombreuse[modifier | modifier le code]

Marie-Valérie d'Autriche, son mari et leurs enfants

De leur union sont issus dix enfants :

  • Elisabeth (1892-1930), en 1918 elle épousa le comte Georges de Walburg-Zeil
  • François-Charles (1893-1918)
  • Hubert-Salvator (1894-1971), en 1926, épouse la princesse Rosemary de Salm-Salm (1904-2001)
  • Hedwige (1896-1970), en 1918 elle épousa le comte Bernard de Stolberg-Stolberg
  • Théodore-Salvator (1899-1978), en 1926 il épousa la comtesse Marie-Thérèse de Walburg (postérité)
  • Gertrude (1900-1962), en 1931 elle épousa le comte Georges de Walburg-Zeil
  • Marie-Élisabeth (1901-1936)
  • Clément-Salvator (1904-1974), en 1930 il épousa Élisabeth Ressequier de Miremont (1906-2000) (postérité)
  • Mathilde (1906-1991), en 1947 elle épousa Ernest Hefel
  • Agnès (1911-1911)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Erika Bestenreiner, Sissi, ses frères et sœurs, Pygmalion 2004, p.84-85
  2. Jean-Paul Bled, L'agonie d'une monarchie. Autriche-Hongrie 1914-1920, Tallandier 2014, p. 236

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